Planète HD - Les tests Planete HD Zend_Feed_Writer 1.11.0 (http://framework.zend.com) http://www.planete-hd.com Los Angeles Alerte Maximum Depuis un certain mardi de septembre 2001, les films traitant de menaces terroristes, de scénarios apocalyptiques, de fin du monde provoqué par les méchants sont en nombres impressionnants. Que ce soit par le biais de la reconstitution avec Vol 93, du clin d'oeil tendance zédar avec Des Serpents dans l'Avion, par le biais de l'anticipation avec Children of Men, ou par le patriotisme dégoulinant  avec World Trade Center, ce genre est en pleine expansion, et aujourd'hui, intéressons-nous à la première réalisation de Chris Gorak, Right At Your Door, affreusement traduit par Los Angeles Alerte Maximum.

Je ne vous cacherais que le jour où j'ai vu ce film dans les linéaires (mon oeil fût attiré par le masque à gaz), j'ai immédiatement pensé à un gros Z bien pourri, mais c'est lorsque j'ai vu le titre original, Right at Your Door, écrit en tout petit en bas de l'affiche photoshopée, que mon sang n'a fait qu'un tour, et que je me suis précipité vers la caisse, tenant fermement ma précieuse découverte. En effet, j'avais lu un ou deux trucs dans Mad Movies sur ce film, et j'étais très intéressé, par un côté apparemment très intimiste, tourné en huis-clos du film.


Un jour à Los Angeles (ou Loos-en-Gelaisse - pour les ch'tis), une bombe explose, et l'état déclare l'état d'urgence. Les habitants de L.A sont obligés de rester chez eux, et de calfeutrer les issues afin que l'air extérieur ne pénètre pas chez eux, puisqu'il est empoisonné.

Il serait aisé même durant les premières minutes du métrage de croire que l'on va assister à un bon gros blockbuster décérébré, mais dès l'instant où l'explosion se produit, le constat est sans appel : il ne s'agira pas d'un actionner, puisque l'explosion se produit hors champ, on ne voit que de la fumée.
Car ce n'est pas ça le principal objectif de ce low budget indie : montrer la peur, la panique d'une façon plus intimiste que le tout venant. Il est alors indispensable de disposer d'acteurs solides (le casting doit se limiter à 4 ou 5 acteurs), et le couple que nous suivons incarné par Rory Cochrane, que l'on avait déjà vu dans l'immense Dazed & Confused (1993), et dans l'adaptation de A Scanner Darkly (oui, c'est Charles Freck) de Linklater. Sa moitié est jouée par Mary McCormack, l'actrice principale de Chambre 1408. Et leur jeu est tout simplement excellent.
En réalité la faiblesse de Loos-en-Gelaisse à L'airte Mach 6 Môme (c'est aussi con que le vrai titre français, je trouve), vient du fait que l'on a souvent l'impression d'être devant un court-métrage ou à la rigueur un moyen métrage que l'on tente d'étirer pour en faire un long, et le fait que Chris Gorak vienne agiter sa caméra dans tous les sens pour reproduire un mouvement alors qu'il ne passe rien n'arrange pas nos bidons.



D'autant que l'intégralité du film fait dans le crédible et ne nous prend jamais pour des cons. Cochrane se barricade avec un type ayant frappé à sa porte avant le message de calfeutrage, il se prépare à passer un long moment enfermé pour en pas dire prisonnier, et alors que tout est prêt pour cette longue isolation, vient la crève-coeur et tout le sujet du film : Son épouse revient à la maison, et veux rentrer chez elle! Que faire? La laisser dehors? La laisser entrer (et ainsi se contaminer potentiellement)?
Voilà la partie la plus angoissante du film, car c'est bien à cela que l'on pense lors d'une catastrophe : ceux que l'on aime. Et je peux vous assurer que c'est plus fort que nous : en regardant ce film, on pense à cette situation transposée à notre pays, à notre ville. et je me demandais comment pourrait bien ce passer telle catastrophe chez nous? En plus, je n'ai pas assez de Chaterton... Faut que je fasse les courses du coup...
Non sans rire, Chris Gorak présente son film comme le naufrage d’une société industrialisée, dans laquelle, un jour, un attentat provoque l’état d’urgence. Les habitants, anéantis par la précipitation de l’événement, sombrent dans le chaos contraints de rester à leur domicile, privés de moyens de déplacement. Nous ne sommes pas très loin de la science-fiction post-apocalyptique, non? Ce film illustre ce que les attentats du World Trade Center ou de René Barjavel (Ravage) interprétaient des années auparavant : la peur et l’angoisse, et l'on sent bien le traumastisme américain de ce mardi de septembre 2001. Il permet au réalisateur de brosser le portrait d’une société plongée dans la frayeur d’une attaque terroriste bactériologique et de montrer toute la gestion d’une crise dans un pays en état d’alerte maximum, non sans se poser des questions sur la sécurité d’un pays où l’encadrement par les autorités, les pouvoirs publics, l’armée, et la logistique indispensable nécessitent un colossal travail de préparation.

L'ambiance est là, oppressante, nous rendant presque claustrophobique, et même si l'ensemble paraît un peu étiré, les quelques sceptiques restants auront le cerveau retourné par la fin du film! Une jolie découverte, une bonne surprise, et en plus une exclu blu-ray pour les français ! Trouvable pour pas cher, il serait dommage de passer à côté de ce petit indie...
Je vous laisse, je vais chercher du chaterton et des rouleaux de plastique, au cas où...

Intégralement tourné en DV, Right at Your Door ne risque pas de concourir pour la place de la Démo ultime en Blu-Ray.
Quoiqu'il en soit, ce Blu-Ray édité par Metropolitan ne s'en sort globalement pas trop mal, malgré certaines au fourmillement limite désagréable. Comme il s'agit d'un huis-clos, inutile de chercher une quelconque profondeur de champ, et le niveau est relativement bon. Alors, pourquoi 6/10, et pas moins? Parce que cette image un peu délavée, limite pourrie par moment correspond parfaitement à l'ambiance, et à ce côté "urgent" du film.

 

Deux pistes : Une VO DTS-HD Master Audio 5.1, et une piste comico-française dans le même format sonore. Comico-française, parce que c'est mauvais ! Aucune implication de la part des doubleurs, du coup l'effet catastrophe est amoindri.
Par contre dans les deux versions, on a à faire à quelques effets plutôt sympathique comme ces sonneries de téléphone qui se déclenchant dans une autre pièce de la maison, se retrouvent par exemple sur les arrières, nous plongeant un peu plus DANS la maison.
Le caisson aura deux trois occasions de nous rappeler qu'il est allumé.
Non, franchement, si vous ajoutez en plus des dialogues bien étalonnés sur la centrale vous aurez une piste VO (je ne préfère pas parler de la VF, parce que je vais être vulgaire !) plutôt bien balancée, sans avoir besoin d'en faire des caisses !

 

Quelques bonus, intéressants, mais malheureusement pour les anglophobes, le commentaire audio n'est pas sous titré...

  • Entretien avec Chris Gorak : Supplément qui est le plus sympathique de tout le disque, puisque le réalisateur va parler de son expérience, avant et pendant le film. Intéressant, cette featurette l'est clairement, et les anglophones entendront quelques similitudes avec le commentaire audio...(576p - DD 2.0 - 25'49").

 

  • Comment réaliser un film indépendant? : Hosted par le réalisateur himself, il va nous livrer quelques clés afin de réaliser un film "indie". Agréable et pas prise de tête, ça en serait presque trop court...(576p - DD2.0 - 14'32")

 

  • Commentaire Audio (VO) : Malheureusement en VO NON SOUS TITREE !! Non mais où sommes-nous? Chez Warner? C'est vraiment révoltant, d'autant que le réalisateur livre ici un commentaire très sympathique, avec son lot d'anecdotes et de technique.

 

  • Bande annonce : En VF (ah ah ah !! Pardon.) ou en VF, et en HD (j'aurais préféré voir les autres suppléments en HD, mais bon).

 

  • En Blu-Ray : A chaque en HD, et en VF ou VO : 

         * Le Dernier des Templiers
         * Nous sommes la Nuit
         * Dark Country
         * Le Dernier Présage
         * Terreur

  • Internet : une bête page affichant une capture et l'url du site de Metropolitan.

 

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Wed, 16 May 2012 08:23:34 +0200 http://www.planete-hd.com/Los-Angeles-Alerte-Maximum-test-t1058.html http://www.planete-hd.com/Los-Angeles-Alerte-Maximum-test-t1058.html Depuis un certain mardi de septembre 2001, les films traitant de menaces terroristes, de scénarios apocalyptiques, de fin du monde provoqué par les méchants sont en nombres impressionnants. Que ce soit par le biais de la reconstitution avec Vol 93, du clin d'oeil tendance zédar avec Des Serpents dans l'Avion, par le biais de l'anticipation avec Children of Men, ou par le patriotisme dégoulinant  avec World Trade Center, ce genre est en pleine expansion, et aujourd'hui, intéressons-nous à la première réalisation de Chris Gorak, Right At Your Door, affreusement traduit par Los Angeles Alerte Maximum.

Je ne vous cacherais que le jour où j'ai vu ce film dans les linéaires (mon oeil fût attiré par le masque à gaz), j'ai immédiatement pensé à un gros Z bien pourri, mais c'est lorsque j'ai vu le titre original, Right at Your Door, écrit en tout petit en bas de l'affiche photoshopée, que mon sang n'a fait qu'un tour, et que je me suis précipité vers la caisse, tenant fermement ma précieuse découverte. En effet, j'avais lu un ou deux trucs dans Mad Movies sur ce film, et j'étais très intéressé, par un côté apparemment très intimiste, tourné en huis-clos du film.


Un jour à Los Angeles (ou Loos-en-Gelaisse - pour les ch'tis), une bombe explose, et l'état déclare l'état d'urgence. Les habitants de L.A sont obligés de rester chez eux, et de calfeutrer les issues afin que l'air extérieur ne pénètre pas chez eux, puisqu'il est empoisonné.

Il serait aisé même durant les premières minutes du métrage de croire que l'on va assister à un bon gros blockbuster décérébré, mais dès l'instant où l'explosion se produit, le constat est sans appel : il ne s'agira pas d'un actionner, puisque l'explosion se produit hors champ, on ne voit que de la fumée.
Car ce n'est pas ça le principal objectif de ce low budget indie : montrer la peur, la panique d'une façon plus intimiste que le tout venant. Il est alors indispensable de disposer d'acteurs solides (le casting doit se limiter à 4 ou 5 acteurs), et le couple que nous suivons incarné par Rory Cochrane, que l'on avait déjà vu dans l'immense Dazed & Confused (1993), et dans l'adaptation de A Scanner Darkly (oui, c'est Charles Freck) de Linklater. Sa moitié est jouée par Mary McCormack, l'actrice principale de Chambre 1408. Et leur jeu est tout simplement excellent.
En réalité la faiblesse de Loos-en-Gelaisse à L'airte Mach 6 Môme (c'est aussi con que le vrai titre français, je trouve), vient du fait que l'on a souvent l'impression d'être devant un court-métrage ou à la rigueur un moyen métrage que l'on tente d'étirer pour en faire un long, et le fait que Chris Gorak vienne agiter sa caméra dans tous les sens pour reproduire un mouvement alors qu'il ne passe rien n'arrange pas nos bidons.



D'autant que l'intégralité du film fait dans le crédible et ne nous prend jamais pour des cons. Cochrane se barricade avec un type ayant frappé à sa porte avant le message de calfeutrage, il se prépare à passer un long moment enfermé pour en pas dire prisonnier, et alors que tout est prêt pour cette longue isolation, vient la crève-coeur et tout le sujet du film : Son épouse revient à la maison, et veux rentrer chez elle! Que faire? La laisser dehors? La laisser entrer (et ainsi se contaminer potentiellement)?
Voilà la partie la plus angoissante du film, car c'est bien à cela que l'on pense lors d'une catastrophe : ceux que l'on aime. Et je peux vous assurer que c'est plus fort que nous : en regardant ce film, on pense à cette situation transposée à notre pays, à notre ville. et je me demandais comment pourrait bien ce passer telle catastrophe chez nous? En plus, je n'ai pas assez de Chaterton... Faut que je fasse les courses du coup...
Non sans rire, Chris Gorak présente son film comme le naufrage d’une société industrialisée, dans laquelle, un jour, un attentat provoque l’état d’urgence. Les habitants, anéantis par la précipitation de l’événement, sombrent dans le chaos contraints de rester à leur domicile, privés de moyens de déplacement. Nous ne sommes pas très loin de la science-fiction post-apocalyptique, non? Ce film illustre ce que les attentats du World Trade Center ou de René Barjavel (Ravage) interprétaient des années auparavant : la peur et l’angoisse, et l'on sent bien le traumastisme américain de ce mardi de septembre 2001. Il permet au réalisateur de brosser le portrait d’une société plongée dans la frayeur d’une attaque terroriste bactériologique et de montrer toute la gestion d’une crise dans un pays en état d’alerte maximum, non sans se poser des questions sur la sécurité d’un pays où l’encadrement par les autorités, les pouvoirs publics, l’armée, et la logistique indispensable nécessitent un colossal travail de préparation.

L'ambiance est là, oppressante, nous rendant presque claustrophobique, et même si l'ensemble paraît un peu étiré, les quelques sceptiques restants auront le cerveau retourné par la fin du film! Une jolie découverte, une bonne surprise, et en plus une exclu blu-ray pour les français ! Trouvable pour pas cher, il serait dommage de passer à côté de ce petit indie...
Je vous laisse, je vais chercher du chaterton et des rouleaux de plastique, au cas où...

Intégralement tourné en DV, Right at Your Door ne risque pas de concourir pour la place de la Démo ultime en Blu-Ray.
Quoiqu'il en soit, ce Blu-Ray édité par Metropolitan ne s'en sort globalement pas trop mal, malgré certaines au fourmillement limite désagréable. Comme il s'agit d'un huis-clos, inutile de chercher une quelconque profondeur de champ, et le niveau est relativement bon. Alors, pourquoi 6/10, et pas moins? Parce que cette image un peu délavée, limite pourrie par moment correspond parfaitement à l'ambiance, et à ce côté "urgent" du film.

 

Deux pistes : Une VO DTS-HD Master Audio 5.1, et une piste comico-française dans le même format sonore. Comico-française, parce que c'est mauvais ! Aucune implication de la part des doubleurs, du coup l'effet catastrophe est amoindri.
Par contre dans les deux versions, on a à faire à quelques effets plutôt sympathique comme ces sonneries de téléphone qui se déclenchant dans une autre pièce de la maison, se retrouvent par exemple sur les arrières, nous plongeant un peu plus DANS la maison.
Le caisson aura deux trois occasions de nous rappeler qu'il est allumé.
Non, franchement, si vous ajoutez en plus des dialogues bien étalonnés sur la centrale vous aurez une piste VO (je ne préfère pas parler de la VF, parce que je vais être vulgaire !) plutôt bien balancée, sans avoir besoin d'en faire des caisses !

 

Quelques bonus, intéressants, mais malheureusement pour les anglophobes, le commentaire audio n'est pas sous titré...

  • Entretien avec Chris Gorak : Supplément qui est le plus sympathique de tout le disque, puisque le réalisateur va parler de son expérience, avant et pendant le film. Intéressant, cette featurette l'est clairement, et les anglophones entendront quelques similitudes avec le commentaire audio...(576p - DD 2.0 - 25'49").

 

  • Comment réaliser un film indépendant? : Hosted par le réalisateur himself, il va nous livrer quelques clés afin de réaliser un film "indie". Agréable et pas prise de tête, ça en serait presque trop court...(576p - DD2.0 - 14'32")

 

  • Commentaire Audio (VO) : Malheureusement en VO NON SOUS TITREE !! Non mais où sommes-nous? Chez Warner? C'est vraiment révoltant, d'autant que le réalisateur livre ici un commentaire très sympathique, avec son lot d'anecdotes et de technique.

 

  • Bande annonce : En VF (ah ah ah !! Pardon.) ou en VF, et en HD (j'aurais préféré voir les autres suppléments en HD, mais bon).

 

  • En Blu-Ray : A chaque en HD, et en VF ou VO : 

         * Le Dernier des Templiers
         * Nous sommes la Nuit
         * Dark Country
         * Le Dernier Présage
         * Terreur

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Hara-kiri Japon, terre de contraste et de mystères où les traditions prennent autant d'importance que la modernité. Un pays qui a su concilier plusieurs aspects de son Histoire, de son origine. La cohabitation de ces deux univers ne s'est pas faite du jour au lendemain et surtout, pas sans heurts.
Beaucoup de personnes y ont perdu quelque chose et certaines orientations culturelles du pays, s'en trouveront à jamais changées.

Vu que nous ne sommes pas sur France 3 Japon, on va laisser de côté le ton légèrement pompeux des documentaires que la chaîne adore nous offrir (on le reprendra quand Louis la Brocante sortira en Blu-Ray) et on va se concentrer sur ce dont il va être question ici, les samouraïs.
Rien que l'évocation de ce nom suffit à faire fonctionner l'imaginaire de chacun à plein régime. Le simple fait d'imaginer ces hommes, sabres à la main, possède quelque chose d'extraordinaire.
Pourtant, malgré tout ce que l'on peut fantasmer sur le sujet et malgré l'imagerie du samouraï que l'on a en tête, on en est finalement bien loin.



On a beau avoir lu, vu, entendu d'innombrables histoires sur le sujet, les samouraïs restent des êtres humains à part entière. Ce sont les fictions que l'on en a fait qui nous donnent cette façon de voir ces hommes.

Il suffit de creuser un peu pour constater que ces gens-là ne sont que des hommes donc, bien loin de l'aura fantasmagorique que leur statut peut dégager.
On pense notamment à Miyamoto Musashi, le plus grand samouraï que la Terre ait portée. Lui l'inventeur du Nito Ryu (combat à 2 sabres), lui encore qui porte un regard très philosophique sur ses propres actes. Ses écrits (dont le plus reconnu est le Go rin no sho (Le traité des cinq roues)) sont autant d'enseignements qui nous permettent d'un peu mieux comprendre la stature du personnage mais aussi d'a voir une approche différente du monde des samouraïs.

On pourrait dire que c'est un peu grâce à ce personnage mythique que les samouraïs sont autant représentés dans l'imaginaire collectif. On ne compte plus le nombre d'œuvres dans lesquelles ils sont présents. Que ce soit au cinéma, dans l'animation, dans les livres, les samouraïs sont finalement assez bien représentés et pas que dans des œuvres japonaises d'ailleurs.
Je ne saurai pas vraiment l'expliquer mais la personnification du samouraï plaît à bon nombres d'auteurs. Peut-être ce côté qui mélange force et calme ou encore la part de mystère qui fait que l'on en sait jamais vraiment beaucoup sur ces personnes.
Quoi qu'il en soit, le samouraï trouve souvent droit de citer, quelque que soit le support. Forcément, le septième art ne déroge pas à la règle.



Mais pour le film dont on parle aujourd'hui, on n'est pas dans le produit 100% original puisqu'il s'agit de l'adaptation d'une nouvelle, écrite par Yasuhiko Takiguchi en l'occurrence. De cette nouvelle va donc être tiré un film, Hara-kiri.
Vous l'aurez compris, le sujet principal du film sera le fameux suicide qui consiste à s'ouvrir le ventre. On ne sera pas là pour être le témoin de l'historique complet concernant le rituel mais il sera l'élément déclencheur du film et il pèsera comme une chape de plomb sur la tête de certains personnages. On pourrait presque le voir comme un prétexte en ce qui concerne le film.
En effet, on nous explique qu'après avoir vu le clan auquel il appartenait être déchu, Tsugumo, devenu un rônin (un samouraï sans maître) va voir sa condition de vie totalement péricliter. Il va vivre dans une extrême pauvreté et pour mourir dignement, va demander à un autre clan s'il peut profiter des lieux pour pouvoir assouvir son désir de mettre fin à ses jours de par le suicide rituel.

Mais tout n'étant pas simple en ce bas monde, le seigneur du clan où il a fait sa demande, va lui poser beaucoup de conditions avant d'accéder à sa requête. Il se murmure que bons nombres de rônins profitent de cette demande pour que les seigneurs les prennent en pitié et leur offrent de l'argent voire un emploi. Le respect de la tradition en prend un sacré coup donc et forcément, les seigneurs vont se montrer de plus en plus méfiant vis à vis des différentes demandes. Ça tombe bien, Tsugumo est tombé sur un seigneur qui ne transigera pas avec le rituel. On s'apercevra que le choix de Tsugumo pour ce seigneur là, n'est pas si anodin.



Résumer le film est assez complexe parce qu'il s'avère très riche et qu'il faudrait en dévoiler bon nombre d'aspects s'il fallait en parler plus en détails. Si vous vous dites que le résumé n'a pas grand chose d'intéressant et que l'on va être dans quelque chose de relativement pénible à suivre, détrompez-vous. Hara-kiri est très bien rythmé et il ne faut pas se fier à l'apparente simplicité de l'histoire, c'est beaucoup plus complexe. Enfin complexe n'est peut-être pas le bon mot pour vous donner envie de voir le film, disons que ça sera beaucoup plus dense et qu'il ne faudra pas écouter le film d'une oreille sous peine de passer à côté de beaucoup d'éléments importants pour la compréhension.
L'image se suffit également à elle même, pas de peur à avoir là-dessus mais il est clair que les dialogues apportent une couche supplémentaire aux motivations des différents personnages. Le film est très verbeux mais pas dans le sens péjoratif du terme. Mis à part dans le début du film, le temps que les éléments se mettent en place, on ne subit pas les dialogues, on les écoute attentivement car s'ils se révèlent simples, ils permettront de comprendre la finalité de tout cela.


Hara-kiri est un film qui appartient au genre chanbara (films de sabres) mais il ne faut pas vous attendre à voir beaucoup de séquences de combats. Il y en aura mais ne feront pas partie des éléments les plus importants du film, comme pour la question du suicide rituel, elles seront là pour prétexte. D'autant que seulement une de ces scènes aura une durée relativement conséquente, les autres pouvant plus être vu comme des évocations qu'autre chose.
Cela étant, le film répond parfaitement aux codes qui correspondent au genre. On retrouve donc, sans ordre d'importance, le héros solitaire, les références au bushidô (code moral des samouraïs), les batailles de sabres et les séquences sanglantes. Un vrai chanbara donc mais loin de ce qu'on pourrait avoir l'habitude de voir comme, par exemple, dans la saga des Baby Cart. Hara-kiri est beaucoup plus posé, moins rythmé par des séquences d'actions, j'aurai envie de dire qu'Hara-kiri est le représentant intimiste du chanbara.




Mais sinon, c'est quoi un Hara-kiri ? Comme je le disais, il s'agit d'une tradition qui consiste a se suicider selon un rituel bien précis. Vous voyez le rituel du thé et comment il s'opère ? Avec le hara-kiri c'est la même chose, aucune chose n'est laissée au hasard et on ne peut pas faire ça n'importe comment. Un certaine scénographie est obligatoire, un certaine type d'arme et, le plus important, les gestes ne sont pas anodins. Pour ceux qui ne connaîtraient pas la finalité de ce rituel, il s'agit de se suicider en s'ouvrant le ventre horizontalement mais il existe une variante qui ajoute une coupe verticale, comme si la première solution n'était pas assez douloureuse comme ça.
Le rituel est parfait si et seulement si les intestins sortent de la coupure qui a été faite, si c'est le cas, un coup de grâce par décapitation est administré. Sinon, il faut recommencer jusqu'à ce que ça soit le cas. Ça vous laisse imaginer l'horreur de cette pratique mais également le sentiment d'honneur qui en ressortait. Il fallait en avoir une sacrée paire pour prendre la décision de le pratiquer.

Autre point intéressant sur ce rituel, c'est la différence d'appellation qui existe. Pour les Occidentaux c'est hara-kiri, alors que les Japonais utiliseront plus facilement le terme « seppuku ». Aucune différence sauf que « seppuku » a plus un caractère officiel, donc plus respectueux, que hara-kiri qui pourrait être vu comme quelque chose se rapprochant de l'argot. En tout les cas, les deux mots sont valables.

Dans Hara-kiri on va s'intéresser aux hommes plutôt qu'à leur art de se battre avec des sabres. Le personnage de Tsugumo en est l'exemple le plus concret. De par ses paroles, on comprendra que pour lui son pays est en train de changer et que ce changement ne lui correspond peut-être plus. Il ne va pas non plus critiquer ouvertement les pouvoirs en place, mais certaines allusions et le désir qui l'habite, vont être autant de preuves de la façon qu'il a d'appréhender son pays.
D'ailleurs, il y a une image très forte vers la fin du film, remplie de symbolisme. On y voit Tsugumo prendre une statue représentant un guerrier samouraï, lui l'ancien samouraï miséreux toucher un symbole aussi fort que celui là, ce n'est clairement pas quelque chose d'anodin. Alors on peut très bien voir le film en passant à côté de cette scène là mais sa présence n'est clairement pas un hasard et on sent bien ce que Tsugumo a voulu faire passer comme message mais également le réalisateur, Masaki Kobayashi, qui nous propose ici une critique assez virulente de la société japonaise et de ces traditions qui sont encore bien présentes comme je vous l'annonçais plus haut.



Kobayashi est le genre de réalisateur qui se sert du cinéma pour faire passer un message, pour donner son ressenti. Il a été véritablement ébranlé par la vision de la guerre et les images de celle-ci resteront à jamais gravé dans sa mémoire.
Il se servira de celles-ci pour proposer des films comme Hara-kiri donc mais, l'œuvre pour laquelle on le retient (enfin l'oeuvre qu'on cite le plus facilement), sa fresque cinématographique de près de 9h, La Condition de L'homme (quand vous voulez Carlotta pour le sortir en Blu-Ray). Kobayashi nous délivre une vision peu glorieuse du Japon de l'époque en nous proposant de suivre un jeune homme tentant de survivre dans le Japon de la seconde guerre mondiale. Quand on voit Hara-kiri (qui est sorti après) on comprend ce que Kobayashi a voulu faire et, avec ces deux films, on capte l'essence du cinéma de ce réalisateur.


En plus de nous offrir des thématiques qu'il affectionne, Kobayashi va de nouveau faire appel à son acteur fétiche pour incarner Tsugumo, l'immense Tatsuya Nakadai.
A une certaine époque le paysage cinématographique japonais était représenté par deux excellents acteurs, Toshirô Mifune et Tatsuya Nakadai. Pas plus, pas moins. Bon c'est réducteur de limiter les acteurs japonais à ces deux noms là mais ce sont ceux qui étaient les plus reconnus à l'époque (et encore aujourd'hui). Quand on évoquer l'un de ces deux acteurs là, la représentation du samouraï n'était jamais bien loin.
Il faut bien dire que ces deux là, se sont « disputés » de très grands rôles de ce genre. Ils ont également tous les deux travaillés pour des réalisateurs de renoms et ont participé à des films dont la réputation n'est plus à faire. Tatsuya Nakadai a quand même été le protagoniste de film comme Ran, Kagemusha, Goyokin et c'est lui que l'on suivra pendant près de 9 heures dans La Condition de L'homme, ça laisse rêveur quant à ses capacités. Dire que dans Hara-kiri il nous montre l'étendu de son talent est un doux euphémisme tant l'acteur bouffe littéralement l'écran.
Malgré la condition de son personnage, il suinte de charisme, de classe. Pas besoin d'avoir un look ravageur ou d'être un poseur pour pouvoir prétendre au titre de personnage le plus classe du monde. La force de l'interprétation fait beaucoup aussi et autant dire que pour incarner Tsugumo il fallait un acteur de cette trempe.



Nakadai est parfait dans ce rôle de rônin miséreux (qui ressemble étrangement au Miyamoto Musashi de Vagabond de Takehiko Inoue), il fait autant de peine qu'il impose le respect. L'acteur fait véritablement vivre son personnage, on a l'impression qu'il ne joue plus, qu'il est Tsugumo. Le regard qu'il possède est perçant et met, selon les scènes, mal à l'aise. Le genre de rôle marquant, dont on se souvient très longtemps et qui fait passer le reste des acteurs pour des amateurs. Ce qu'ils ne sont pas bien entendu mais la prestation de Nakadai est tellement forte que les autres paraissent un peu en retrait.

Malgré cela, les autres acteurs ne sont pas non plus totalement écrasés par la prestation de l'acteur principal, ils arrivent à sortir leur épingles du jeu mais leurs rôles ne leur permettent pas de réellement exploser. 
Citons tout de même Akira Ishihama qui incarne un personnage au destin funeste et qui arrive à bien le retranscrire à l'écran. Une prestation très touchante.

A l'époque de sa sortie, le film avait défrayé la chronique parce qu'il posséderait des scènes d'une incroyable cruauté. C'est on ne peut plus vrai mais ne vous attendez pas à de la cruauté graphique comme on peut le voir dans bons nombres de films contemporains. De la violence visuelle il y en a mais ça serait plus vers le propos que la cruauté gagnerait ses jalons. C'est véritablement triste, froid, cruel, pas le genre de film que l'on regarde pour se détendre après une journée difficile.
On souffre tout autant que les personnages et, surtout, on se met à leur place en se demandant ce que l'on pourrait bien faire dans cette situation. 
Le film a réussi l'exploit de me faire détourner les yeux lors d'une certaine séquence que je tairai ici. Criant de réalisme et ajoutant un peu plus de noirceur à un tableau qu'il l'est déjà beaucoup sur de nombreux points.



Si avec Hara-kiri vous vous attendez a voir un film de samouraï spectaculaire, passez votre chemin. Kobayashi nous livre plus un film lorgnant vers le huis-clos, le drame (avec une pointe de thriller même) et nous propose une vision du Japon féodal pas très reluisante. Un cinéma engagé, sans concession mais qui ne laisse pas le spectateur en rade. Takashi Miike en a réalisé un remake il y a peu de temps (là aussi quand vous voulez pour le sortir en vidéo) et il se murmure qu'il serait particulièrement réussi.

La forcé évocatrice, le jeu de Tatsuya Nakadai, les différentes thématiques font d'Hara-kiri un chef d'œuvre du septième art qu'il ne faut rater sous aucun prétexte.

Hara-Kiri était déjà disponible en Blu-Ray aux Etats-Unis chez Criterion et en Grande-Bretagne chez Eureka. Lorsqu'on les compare avec l'édition sortie par Carlotta (sur DVDbeaver par exemple), il semblerait que l'éditeur français utilise le master britannique (et au vu de l'image légèrement recadrée sur le Criterion, ce n'est pas plus mal).

On constatera donc que le master est très propre et que le noir et blanc fait, une fois de plus, des merveilles sur support HD. Concernant la technique on aura droit à un contraste très solide, de très nombreux détails et des noirs bien profonds. Le seule reproche que je ferai à l'image c'est que les blancs peuvent paraître un poil trop fort à certains endroits. Rien de bien méchant et surtout, rien qui nuise à découvrir ou redécouvrir le film.



 

Une seule piste disponible sur le disque et les allergique de la VO vont prendre cher. On aura donc droit à une seule DTS HD MA 1.0 et qui n'en fait pas plus qu'il n'en faut. Comprendre par là qu'aucun effet sonore inutile n'a été ajouté, on se retrouve avec la piste d'origine et c'est tant mieux.

Techniquement c'est une piste bien étonnante puisqu'elle ne souffre que de peu de défauts (notamment un souffle si on pousse le volume un poil trop haut) et qu'elle offre des dialogues (la partie la plus importante du film) particulièrement audibles sans qu'ils prennent le pas sur les autres caractéristiques de la piste. La musique a également le droit a un très bon rendu. Une piste pas loin d'être parfaite donc.



 

La partie qui sonne le plus comme une fausse note. Pas que les documents n'y sont pas intéressants mais il n'y a absolument rien de neuf par rapport à l'édition DVD de 2006. La plupart du temps avec Carlotta on a le droit a un ou deux bonus inédits, là rien. Si vous avez déjà le DVD en votre possession ne comptez pas sur le Blu-Ray pour avoir plus de bonus à vous mettre sous la dent.

 

  • De l'art de bien mourir (SD, 8 mins) : Si vous avez toujours voulu en savoir plus sur le rituel du seppuku, c'est ici que ça se passe. Claire Akiko-Brisset nous donne quelques clefs pour mieux appréhender le film. Très intéressant et on aurait aimé passer beaucoup plus de temps à l'écouter nous expliquer le rituel.

 

  • Entretien avec Christophe Gans (SD, 30 mins) : Là aussi on aurait aimé passer plus de temps avec le metteur en scène. Il va nous expliquer comment il a découvert le film, ce qu'il a ressenti lorsqu'il l'a vu pour la première fois. Il va également le remettre dans le contexte de l'époque et nous donner quelques interprétations. Un mec toujours autant intéressant dès qu'il parle de cinéma. A écouter les oreilles grandes ouvertes.

 

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Mon, 14 May 2012 15:28:24 +0200 http://www.planete-hd.com/Hara-kiri-test-t1063.html http://www.planete-hd.com/Hara-kiri-test-t1063.html Japon, terre de contraste et de mystères où les traditions prennent autant d'importance que la modernité. Un pays qui a su concilier plusieurs aspects de son Histoire, de son origine. La cohabitation de ces deux univers ne s'est pas faite du jour au lendemain et surtout, pas sans heurts.
Beaucoup de personnes y ont perdu quelque chose et certaines orientations culturelles du pays, s'en trouveront à jamais changées.

Vu que nous ne sommes pas sur France 3 Japon, on va laisser de côté le ton légèrement pompeux des documentaires que la chaîne adore nous offrir (on le reprendra quand Louis la Brocante sortira en Blu-Ray) et on va se concentrer sur ce dont il va être question ici, les samouraïs.
Rien que l'évocation de ce nom suffit à faire fonctionner l'imaginaire de chacun à plein régime. Le simple fait d'imaginer ces hommes, sabres à la main, possède quelque chose d'extraordinaire.
Pourtant, malgré tout ce que l'on peut fantasmer sur le sujet et malgré l'imagerie du samouraï que l'on a en tête, on en est finalement bien loin.



On a beau avoir lu, vu, entendu d'innombrables histoires sur le sujet, les samouraïs restent des êtres humains à part entière. Ce sont les fictions que l'on en a fait qui nous donnent cette façon de voir ces hommes.

Il suffit de creuser un peu pour constater que ces gens-là ne sont que des hommes donc, bien loin de l'aura fantasmagorique que leur statut peut dégager.
On pense notamment à Miyamoto Musashi, le plus grand samouraï que la Terre ait portée. Lui l'inventeur du Nito Ryu (combat à 2 sabres), lui encore qui porte un regard très philosophique sur ses propres actes. Ses écrits (dont le plus reconnu est le Go rin no sho (Le traité des cinq roues)) sont autant d'enseignements qui nous permettent d'un peu mieux comprendre la stature du personnage mais aussi d'a voir une approche différente du monde des samouraïs.

On pourrait dire que c'est un peu grâce à ce personnage mythique que les samouraïs sont autant représentés dans l'imaginaire collectif. On ne compte plus le nombre d'œuvres dans lesquelles ils sont présents. Que ce soit au cinéma, dans l'animation, dans les livres, les samouraïs sont finalement assez bien représentés et pas que dans des œuvres japonaises d'ailleurs.
Je ne saurai pas vraiment l'expliquer mais la personnification du samouraï plaît à bon nombres d'auteurs. Peut-être ce côté qui mélange force et calme ou encore la part de mystère qui fait que l'on en sait jamais vraiment beaucoup sur ces personnes.
Quoi qu'il en soit, le samouraï trouve souvent droit de citer, quelque que soit le support. Forcément, le septième art ne déroge pas à la règle.



Mais pour le film dont on parle aujourd'hui, on n'est pas dans le produit 100% original puisqu'il s'agit de l'adaptation d'une nouvelle, écrite par Yasuhiko Takiguchi en l'occurrence. De cette nouvelle va donc être tiré un film, Hara-kiri.
Vous l'aurez compris, le sujet principal du film sera le fameux suicide qui consiste à s'ouvrir le ventre. On ne sera pas là pour être le témoin de l'historique complet concernant le rituel mais il sera l'élément déclencheur du film et il pèsera comme une chape de plomb sur la tête de certains personnages. On pourrait presque le voir comme un prétexte en ce qui concerne le film.
En effet, on nous explique qu'après avoir vu le clan auquel il appartenait être déchu, Tsugumo, devenu un rônin (un samouraï sans maître) va voir sa condition de vie totalement péricliter. Il va vivre dans une extrême pauvreté et pour mourir dignement, va demander à un autre clan s'il peut profiter des lieux pour pouvoir assouvir son désir de mettre fin à ses jours de par le suicide rituel.

Mais tout n'étant pas simple en ce bas monde, le seigneur du clan où il a fait sa demande, va lui poser beaucoup de conditions avant d'accéder à sa requête. Il se murmure que bons nombres de rônins profitent de cette demande pour que les seigneurs les prennent en pitié et leur offrent de l'argent voire un emploi. Le respect de la tradition en prend un sacré coup donc et forcément, les seigneurs vont se montrer de plus en plus méfiant vis à vis des différentes demandes. Ça tombe bien, Tsugumo est tombé sur un seigneur qui ne transigera pas avec le rituel. On s'apercevra que le choix de Tsugumo pour ce seigneur là, n'est pas si anodin.



Résumer le film est assez complexe parce qu'il s'avère très riche et qu'il faudrait en dévoiler bon nombre d'aspects s'il fallait en parler plus en détails. Si vous vous dites que le résumé n'a pas grand chose d'intéressant et que l'on va être dans quelque chose de relativement pénible à suivre, détrompez-vous. Hara-kiri est très bien rythmé et il ne faut pas se fier à l'apparente simplicité de l'histoire, c'est beaucoup plus complexe. Enfin complexe n'est peut-être pas le bon mot pour vous donner envie de voir le film, disons que ça sera beaucoup plus dense et qu'il ne faudra pas écouter le film d'une oreille sous peine de passer à côté de beaucoup d'éléments importants pour la compréhension.
L'image se suffit également à elle même, pas de peur à avoir là-dessus mais il est clair que les dialogues apportent une couche supplémentaire aux motivations des différents personnages. Le film est très verbeux mais pas dans le sens péjoratif du terme. Mis à part dans le début du film, le temps que les éléments se mettent en place, on ne subit pas les dialogues, on les écoute attentivement car s'ils se révèlent simples, ils permettront de comprendre la finalité de tout cela.


Hara-kiri est un film qui appartient au genre chanbara (films de sabres) mais il ne faut pas vous attendre à voir beaucoup de séquences de combats. Il y en aura mais ne feront pas partie des éléments les plus importants du film, comme pour la question du suicide rituel, elles seront là pour prétexte. D'autant que seulement une de ces scènes aura une durée relativement conséquente, les autres pouvant plus être vu comme des évocations qu'autre chose.
Cela étant, le film répond parfaitement aux codes qui correspondent au genre. On retrouve donc, sans ordre d'importance, le héros solitaire, les références au bushidô (code moral des samouraïs), les batailles de sabres et les séquences sanglantes. Un vrai chanbara donc mais loin de ce qu'on pourrait avoir l'habitude de voir comme, par exemple, dans la saga des Baby Cart. Hara-kiri est beaucoup plus posé, moins rythmé par des séquences d'actions, j'aurai envie de dire qu'Hara-kiri est le représentant intimiste du chanbara.




Mais sinon, c'est quoi un Hara-kiri ? Comme je le disais, il s'agit d'une tradition qui consiste a se suicider selon un rituel bien précis. Vous voyez le rituel du thé et comment il s'opère ? Avec le hara-kiri c'est la même chose, aucune chose n'est laissée au hasard et on ne peut pas faire ça n'importe comment. Un certaine scénographie est obligatoire, un certaine type d'arme et, le plus important, les gestes ne sont pas anodins. Pour ceux qui ne connaîtraient pas la finalité de ce rituel, il s'agit de se suicider en s'ouvrant le ventre horizontalement mais il existe une variante qui ajoute une coupe verticale, comme si la première solution n'était pas assez douloureuse comme ça.
Le rituel est parfait si et seulement si les intestins sortent de la coupure qui a été faite, si c'est le cas, un coup de grâce par décapitation est administré. Sinon, il faut recommencer jusqu'à ce que ça soit le cas. Ça vous laisse imaginer l'horreur de cette pratique mais également le sentiment d'honneur qui en ressortait. Il fallait en avoir une sacrée paire pour prendre la décision de le pratiquer.

Autre point intéressant sur ce rituel, c'est la différence d'appellation qui existe. Pour les Occidentaux c'est hara-kiri, alors que les Japonais utiliseront plus facilement le terme « seppuku ». Aucune différence sauf que « seppuku » a plus un caractère officiel, donc plus respectueux, que hara-kiri qui pourrait être vu comme quelque chose se rapprochant de l'argot. En tout les cas, les deux mots sont valables.

Dans Hara-kiri on va s'intéresser aux hommes plutôt qu'à leur art de se battre avec des sabres. Le personnage de Tsugumo en est l'exemple le plus concret. De par ses paroles, on comprendra que pour lui son pays est en train de changer et que ce changement ne lui correspond peut-être plus. Il ne va pas non plus critiquer ouvertement les pouvoirs en place, mais certaines allusions et le désir qui l'habite, vont être autant de preuves de la façon qu'il a d'appréhender son pays.
D'ailleurs, il y a une image très forte vers la fin du film, remplie de symbolisme. On y voit Tsugumo prendre une statue représentant un guerrier samouraï, lui l'ancien samouraï miséreux toucher un symbole aussi fort que celui là, ce n'est clairement pas quelque chose d'anodin. Alors on peut très bien voir le film en passant à côté de cette scène là mais sa présence n'est clairement pas un hasard et on sent bien ce que Tsugumo a voulu faire passer comme message mais également le réalisateur, Masaki Kobayashi, qui nous propose ici une critique assez virulente de la société japonaise et de ces traditions qui sont encore bien présentes comme je vous l'annonçais plus haut.



Kobayashi est le genre de réalisateur qui se sert du cinéma pour faire passer un message, pour donner son ressenti. Il a été véritablement ébranlé par la vision de la guerre et les images de celle-ci resteront à jamais gravé dans sa mémoire.
Il se servira de celles-ci pour proposer des films comme Hara-kiri donc mais, l'œuvre pour laquelle on le retient (enfin l'oeuvre qu'on cite le plus facilement), sa fresque cinématographique de près de 9h, La Condition de L'homme (quand vous voulez Carlotta pour le sortir en Blu-Ray). Kobayashi nous délivre une vision peu glorieuse du Japon de l'époque en nous proposant de suivre un jeune homme tentant de survivre dans le Japon de la seconde guerre mondiale. Quand on voit Hara-kiri (qui est sorti après) on comprend ce que Kobayashi a voulu faire et, avec ces deux films, on capte l'essence du cinéma de ce réalisateur.


En plus de nous offrir des thématiques qu'il affectionne, Kobayashi va de nouveau faire appel à son acteur fétiche pour incarner Tsugumo, l'immense Tatsuya Nakadai.
A une certaine époque le paysage cinématographique japonais était représenté par deux excellents acteurs, Toshirô Mifune et Tatsuya Nakadai. Pas plus, pas moins. Bon c'est réducteur de limiter les acteurs japonais à ces deux noms là mais ce sont ceux qui étaient les plus reconnus à l'époque (et encore aujourd'hui). Quand on évoquer l'un de ces deux acteurs là, la représentation du samouraï n'était jamais bien loin.
Il faut bien dire que ces deux là, se sont « disputés » de très grands rôles de ce genre. Ils ont également tous les deux travaillés pour des réalisateurs de renoms et ont participé à des films dont la réputation n'est plus à faire. Tatsuya Nakadai a quand même été le protagoniste de film comme Ran, Kagemusha, Goyokin et c'est lui que l'on suivra pendant près de 9 heures dans La Condition de L'homme, ça laisse rêveur quant à ses capacités. Dire que dans Hara-kiri il nous montre l'étendu de son talent est un doux euphémisme tant l'acteur bouffe littéralement l'écran.
Malgré la condition de son personnage, il suinte de charisme, de classe. Pas besoin d'avoir un look ravageur ou d'être un poseur pour pouvoir prétendre au titre de personnage le plus classe du monde. La force de l'interprétation fait beaucoup aussi et autant dire que pour incarner Tsugumo il fallait un acteur de cette trempe.



Nakadai est parfait dans ce rôle de rônin miséreux (qui ressemble étrangement au Miyamoto Musashi de Vagabond de Takehiko Inoue), il fait autant de peine qu'il impose le respect. L'acteur fait véritablement vivre son personnage, on a l'impression qu'il ne joue plus, qu'il est Tsugumo. Le regard qu'il possède est perçant et met, selon les scènes, mal à l'aise. Le genre de rôle marquant, dont on se souvient très longtemps et qui fait passer le reste des acteurs pour des amateurs. Ce qu'ils ne sont pas bien entendu mais la prestation de Nakadai est tellement forte que les autres paraissent un peu en retrait.

Malgré cela, les autres acteurs ne sont pas non plus totalement écrasés par la prestation de l'acteur principal, ils arrivent à sortir leur épingles du jeu mais leurs rôles ne leur permettent pas de réellement exploser. 
Citons tout de même Akira Ishihama qui incarne un personnage au destin funeste et qui arrive à bien le retranscrire à l'écran. Une prestation très touchante.

A l'époque de sa sortie, le film avait défrayé la chronique parce qu'il posséderait des scènes d'une incroyable cruauté. C'est on ne peut plus vrai mais ne vous attendez pas à de la cruauté graphique comme on peut le voir dans bons nombres de films contemporains. De la violence visuelle il y en a mais ça serait plus vers le propos que la cruauté gagnerait ses jalons. C'est véritablement triste, froid, cruel, pas le genre de film que l'on regarde pour se détendre après une journée difficile.
On souffre tout autant que les personnages et, surtout, on se met à leur place en se demandant ce que l'on pourrait bien faire dans cette situation. 
Le film a réussi l'exploit de me faire détourner les yeux lors d'une certaine séquence que je tairai ici. Criant de réalisme et ajoutant un peu plus de noirceur à un tableau qu'il l'est déjà beaucoup sur de nombreux points.



Si avec Hara-kiri vous vous attendez a voir un film de samouraï spectaculaire, passez votre chemin. Kobayashi nous livre plus un film lorgnant vers le huis-clos, le drame (avec une pointe de thriller même) et nous propose une vision du Japon féodal pas très reluisante. Un cinéma engagé, sans concession mais qui ne laisse pas le spectateur en rade. Takashi Miike en a réalisé un remake il y a peu de temps (là aussi quand vous voulez pour le sortir en vidéo) et il se murmure qu'il serait particulièrement réussi.

La forcé évocatrice, le jeu de Tatsuya Nakadai, les différentes thématiques font d'Hara-kiri un chef d'œuvre du septième art qu'il ne faut rater sous aucun prétexte.

Hara-Kiri était déjà disponible en Blu-Ray aux Etats-Unis chez Criterion et en Grande-Bretagne chez Eureka. Lorsqu'on les compare avec l'édition sortie par Carlotta (sur DVDbeaver par exemple), il semblerait que l'éditeur français utilise le master britannique (et au vu de l'image légèrement recadrée sur le Criterion, ce n'est pas plus mal).

On constatera donc que le master est très propre et que le noir et blanc fait, une fois de plus, des merveilles sur support HD. Concernant la technique on aura droit à un contraste très solide, de très nombreux détails et des noirs bien profonds. Le seule reproche que je ferai à l'image c'est que les blancs peuvent paraître un poil trop fort à certains endroits. Rien de bien méchant et surtout, rien qui nuise à découvrir ou redécouvrir le film.



 

Une seule piste disponible sur le disque et les allergique de la VO vont prendre cher. On aura donc droit à une seule DTS HD MA 1.0 et qui n'en fait pas plus qu'il n'en faut. Comprendre par là qu'aucun effet sonore inutile n'a été ajouté, on se retrouve avec la piste d'origine et c'est tant mieux.

Techniquement c'est une piste bien étonnante puisqu'elle ne souffre que de peu de défauts (notamment un souffle si on pousse le volume un poil trop haut) et qu'elle offre des dialogues (la partie la plus importante du film) particulièrement audibles sans qu'ils prennent le pas sur les autres caractéristiques de la piste. La musique a également le droit a un très bon rendu. Une piste pas loin d'être parfaite donc.



 

La partie qui sonne le plus comme une fausse note. Pas que les documents n'y sont pas intéressants mais il n'y a absolument rien de neuf par rapport à l'édition DVD de 2006. La plupart du temps avec Carlotta on a le droit a un ou deux bonus inédits, là rien. Si vous avez déjà le DVD en votre possession ne comptez pas sur le Blu-Ray pour avoir plus de bonus à vous mettre sous la dent.

 

  • De l'art de bien mourir (SD, 8 mins) : Si vous avez toujours voulu en savoir plus sur le rituel du seppuku, c'est ici que ça se passe. Claire Akiko-Brisset nous donne quelques clefs pour mieux appréhender le film. Très intéressant et on aurait aimé passer beaucoup plus de temps à l'écouter nous expliquer le rituel.

 

  • Entretien avec Christophe Gans (SD, 30 mins) : Là aussi on aurait aimé passer plus de temps avec le metteur en scène. Il va nous expliquer comment il a découvert le film, ce qu'il a ressenti lorsqu'il l'a vu pour la première fois. Il va également le remettre dans le contexte de l'époque et nous donner quelques interprétations. Un mec toujours autant intéressant dès qu'il parle de cinéma. A écouter les oreilles grandes ouvertes.

 

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Retreat Tiens, encore un film qui parle de maladie ! C'est que c'est devenu un sacré phénomène ces dernières années, avec une chiée de réalisations l'abordant sous toutes ses formes. Sauf que ce serait oublier un peu vite que Retreat est un film britannique et qu'ils ont prouvé à travers pas mal de sorties, qu'ils excellent dans une certaine roublardise. Retreat n'est donc pas forcément le film que l'on croit.

Comme d'habitude, c'est dans la simplicité de son postulat de base que Retreat tire sa principale force. Un couple au bord de la rupture prend un petit séjour de repos sur une île, loin de tout et de tous, pour souffler. Une île sur laquelle ils sont déjà venus, quelques années auparavant. Sauf que, cette fois ci, au dela des choses qui, désormais, séparent ces deux personnes, un élément extérieur et perturbateur va rapidement montrer le bout de son nez. Un soldat débarque et explique au couple qu'une grippe mortelle fait rage dans le monde, tuant tout sur son passage. Et qu'ils doivent se barricader, dans la maison, pour résister à ceux qui souhaiteraient y trouver refuge, ce qui ne peut manquer d'arriver. Tout ça dans l'attente que l'armée, le gouvernement, les scientifiques, bref quelqu'un trouve une solution. Et, fatalement, la cohabitation entre ces trois personnes, les zones d'ombre qui entourent le soldat et l'absence de contact avec le reste du monde va entraîner une franche suspicion. Cet homme raconte-t-il tout simplement la vérité ?

Encore une fois donc, Retreat parle de maladies, sujet à la mode ces derniers temps. Sauf qu'à la différence de tous les autres, la maladie ne va être qu'un prétexte, une menace sourde et diffuse. Retreat s'impose très vite comme un huit clos étouffant, celui concernant trois personnes, coincées dans une maison, sur une île, avec l'obligation de ne pas en sortir. La maladie, ici, existe donc comme risque et comme moyen permettant au huit clos de naître. C'est en cela que Retreat est différent.

 

 

Comme je le disais plus haut, les Britanniques ont prouvé depuis un petit moment une véritable intelligence dans l'écriture et une saine capacité à mélanger les genres pour mieux en tirer autre chose. Tout cela dans le but de mieux brouiller les pistes. Concentrés sur la réalisation de film de genre, ils s'essayent à respecter les canons du genre tout en trouvant une voie permettant d'exprimer leur différence. En cela, Retreat ne déroge clairement pas à la règle. Mais il se révèle nettement plus simple dans sa construction qu'un Poursuite Mortelle ou un Kill List. Car, le film se révèle très vite être un huit clos et si la maladie est une part importante de son histoire, il ne s'agira jamais de sa composante la plus importante. Ici, elle n'est qu'un outil, un moyen de mise en scène, une raison pour rassembler trois personnes dans un lieu, coupé de tout, d'étudier leurs rapports et comment la situation, à force de mensonges, de cachoteries, de méfiance, va fortement et forcément se dégrader.

En fait, inutile de postuler plus longtemps sur l'histoire de maladie, de grippe hyper aggressive, car ce n'est bien que le cadre du film, comme je le dis plus haut, la raison d'être de Retreat, mais sûrement pas une fin en soi. Retreat est un huit clos, et son histoire n'est qu'un moyen de mettre en place trois personnes, dans une maison, sur une île avec l'impossibilité de sortir de la maison et de l'île du fait d'une présumée menace. Laissez bouillir le tout et voyez ce qu'il en ressort.

Car tout le problème pour notre couple et la raison principale de leur défiance vis à vis du militaire, c'est qu'ils n'ont aucun moyen de communication avec l'extérieur. Pas de téléphone, de Wi-Fi et la radio ne fonctionne plus. Autant dire que quand un militaire blessé arrive chez eux, leur lachant cette terrible histoire d'une maladie qui se répand comme une trainée de poudre à la surface du globe, tuant tout sur son passage, Martin et Kate n'y croient pas, ou pas réellement. Surtout, ils se méfient de ce jeune soldat, arrivé couvert de sang, expliquant de façon assez brouillonne et peu cohérente qu'il a été envoyé ici par l'armée, pour couvrir et déterminer la nature du terrain en vue de contenir la maladie, mais que désormais, ils doivent s'enfermer, tout faire pour transformer la maison en bastion, afin de se prémunir de porteurs de maladies qui ne manqueront pas de venir ici, quand bien même on est loin de tout. Très vite, son extrême nervosité, sa façon de prendre en main les choses, très "manu-militari" ou pour rendre hommage à Sir Alex Ferguson "My way or the highway" et l'absence d'infos extérieurs qui permettraient d'avoir confiance ont tôt fait d'entretenir un climat de défiance. Surtout qu'entre Martin et Kate tout ne va pas pour le mieux. Et que Jack, le militaire, est pas clair.

 

 

Voilà la recette sur laquelle repose Retreat, simple comme bonjour. Prenez un lieu coupé de tout, un couple qui ne s'entend plus trop bien, un troisième personnage avec de franches zones d'ombre, une menace extérieure et un lieu où ils sont cloitrés, et attendez de voir ce qu'il se passe. Rien de plus, rien de moins. A ce niveau là, les deux scénaristes (Carl Tibbets, également réalisateur, et Janice Hallett) ne prennent aucun risque, ce que l'on peut d'ailleurs leur reprocher de façon très légitime. De près ou de loin, leur film ne sort pas forcément du lot. Ainsi, que l'on ait aimé ou pas, un film comme Buried avait au moins l'avantage de proposer de l'inédit avec son seul personnage bloqué dans un cercueil. Ici, on a déjà vu ça ailleurs, et même le background et la raison d'être de ce retranchement, la maladie, n'est pas inédite.

Dans les faits, cela n'empêche pas Retreat de se suivre de façon agréable. Je n'ai pas ressenti le déroulement du film, finalement assez attendu comme une gêne car, après tout, mieux vaut un bon copieur qu'un mauvais innovateur. Retreat a au moins l'avantage de nous transporter en terrain connu et l'un des intérêts du huit clos se situe plus sur les relations entre personnages (car après tout, l'enfer c'est les autres) et leur évolution. C'est ceci qui va donc se révéler être le coeur du film avec en tête les questions sur le militaire : dit-il la vérité ?

Autant dire tout de suite que si Retreat est efficace en ce qui concerne les personnages, leurs relations et les réactions qu'ont chacun d'entre eux vis à vis des autres, il pêche sur un truc tout con mais qui peut rapidement devenir plombant sur un film, à savoir la gestion de son rythme. Là où un Buried, bien obligé, nous matraquait une succession d'évènements pour maintenir l'intérêt, Retreat pêche beaucoup dans son absence ou presque de rebondissements disons, jusqu'aux révélations finales. Jusque là, il ne se passe pas grand-chose et ce pas grand-chose couvre tout de même 45 mn soit la moitié du film. La première demi heure servant à poser le film (en gros jusqu'à l'arrivée du militaire) et le dernier quart d'heure étant la partie que l'on pourrait appelé The Truth.

 

 

Ce qui fait que, sans aller jusqu'à dire que l'on s'ennuie dans Retreat, c'est vrai que l'on n'est pas forcément emballé. Pourtant, les trois acteurs du film font ce qu'ils peuvent pour maintenir l'intérêt avec une mention spéciale pour Cillian Murphy et Jamie Bell. Murphy, on le connait depuis 28 jours plus tard, est un excellent acteur. Il le prouve encore dans le rôle de Martin, architecte qui voit sa relation avec sa femme s'éfilocher suite à un certain évènement et qui pense que repartir sur cette île qui, quelques années auparavant, fut le lieu de bons souvenirs. Une interprétation au top pour un personnage, sorte de contrepoids à son corps défendant de Jack. Idem pour Jamie Bell qui fait son petit bonhomme de chemin depuis Billy Eliot. Là encore, c'est excellent, Bell se révélant particulièrement flippant et anxiogène dans le rôle de ce militaire qui cache visiblement des choses et qui, très vite, a tendance à prendre les choses en main, de façon physique et violente s'il le faut. Ca vaudrait le coup d'ailleurs de le revoir dans ce type de rôle, tant il se révèle efficace, bouffant littéralement l'écran et portant quasiment le film sur ses épaules à lui tout seul.

L'autre acteur, une actrice en fait, est sûrement la moins bonne des trois et c'est Thandie Newton. Pour tout dire, elle a un rôle et un jeu aussi énervant ou presque que le sien dans L'empire des ombres (ceux qui l'on vu apprécieront). Bon en même temps c'est pas sa faute, mais Kate, la femme de Martin, est chiante au possible, geignarde et braquée contre son mari (certes elle a ses raisons). Cela dit, dans le jeu, Thandie Newton n'est pas toujours irréprochable, et même si ça tient la route, elle se révèle franchement en retrait par rapport à ses deux partenaires masculins.

Alors loupé Retreat ? Non, pas franchement parce que ça reste assez facile à suivre et que l'on s'attache au destin de notre couple, particulièrement Martin (surtout par le jeu de Cillian Murphy) et que l'on cherche à obtenir le fin mot de l'histoire. D'ailleurs, à ce titre, la fin, sans en dire le contenu bien entendu, à le mérite d'être bien abrupte comme il faut et clairement réussie. Oui mais faudrat-il encore passer sur la lenteur des évènements, tendance tenace à nous faire perdre le fil. 

 

 

Bref Retreat c'est sympa, c'est pas loupé mais ça n'invente rien, ça prend pas de risques et ça manque de ce petit quelque chose qui aurait pu nous surprendre ou nous tenir en haleine. Retreat vise clairement la paranoïa mais n'arrive pas toujours à nous impliquer suffisament. Alors oui, y a du potentiel, ça lorgne du côté des classiques du genre, Bug de William Friedkin entre autres choses, dans ce type de huit clos à forte teneur en thriller paranoiaque. Mais Retreat pêche clairement sur l'intérêt porté au final sur le film, quand bien même le personnage de Jack (le gros plus du film) et la volonté de découvrir le fin mot de l'histoire, tout comme cette fin, sauvent à mon sens le film, laissant un goût finalement pas désagréable du tout. Ce n'est pas mauvais loin de là mais il reste trop de défauts, que l'on mettra sur "l'inexpérience" d'un réalisateur dont ce n'est que le premier film. Reconnaissons qu'il a du potientiel. A voir donc pour les adeptes du genre ou les curieux !

C'est plutôt solide et très bien réussi dans l'ensemble, une marque de l'éditeur E1. La définition accuse bien quelques baisses par moments, principalement dans les scènes sombres, avec un grain un peu trop intrusif, sans que ce soit très gênant non plus. Pour le reste, le support met très bien en valeur les passages en extérieur et la direction photo réussie du film.

 

DTS-HD Master Audio 5.1 en VO et VF. La VO s'en sort plus que bien, soutenant avec une égale mesure dialogues, bruitages et ambiance sonore en générale. La VF suit de pas loin, tout en étant un poil moins "équilibrée" que son homologue VO.

 

De la matière, c'est bien de la part de l'éditeur, même si l'ensemble se révèle soit trop promo, soit trop court, voire les deux. On salue néanmoins l'initiative pour ce qui ne reste qu'un DTV chez nous.

° Making of : Revient sur la création du film, toujours utile vu son absence de visibilité chez nous.

° Derrière la caméra : Extrait de tournage, sans grand intérêt.

° Interview des acteurs, du réalisateur et du producteur : Anecdotique pour les acteurs, plus intéressants pour le réal et le producteur.

 

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Mon, 05 Nov 2012 09:27:41 +0100 http://www.planete-hd.com/Retreat-test-t1057.html http://www.planete-hd.com/Retreat-test-t1057.html Tiens, encore un film qui parle de maladie ! C'est que c'est devenu un sacré phénomène ces dernières années, avec une chiée de réalisations l'abordant sous toutes ses formes. Sauf que ce serait oublier un peu vite que Retreat est un film britannique et qu'ils ont prouvé à travers pas mal de sorties, qu'ils excellent dans une certaine roublardise. Retreat n'est donc pas forcément le film que l'on croit.

Comme d'habitude, c'est dans la simplicité de son postulat de base que Retreat tire sa principale force. Un couple au bord de la rupture prend un petit séjour de repos sur une île, loin de tout et de tous, pour souffler. Une île sur laquelle ils sont déjà venus, quelques années auparavant. Sauf que, cette fois ci, au dela des choses qui, désormais, séparent ces deux personnes, un élément extérieur et perturbateur va rapidement montrer le bout de son nez. Un soldat débarque et explique au couple qu'une grippe mortelle fait rage dans le monde, tuant tout sur son passage. Et qu'ils doivent se barricader, dans la maison, pour résister à ceux qui souhaiteraient y trouver refuge, ce qui ne peut manquer d'arriver. Tout ça dans l'attente que l'armée, le gouvernement, les scientifiques, bref quelqu'un trouve une solution. Et, fatalement, la cohabitation entre ces trois personnes, les zones d'ombre qui entourent le soldat et l'absence de contact avec le reste du monde va entraîner une franche suspicion. Cet homme raconte-t-il tout simplement la vérité ?

Encore une fois donc, Retreat parle de maladies, sujet à la mode ces derniers temps. Sauf qu'à la différence de tous les autres, la maladie ne va être qu'un prétexte, une menace sourde et diffuse. Retreat s'impose très vite comme un huit clos étouffant, celui concernant trois personnes, coincées dans une maison, sur une île, avec l'obligation de ne pas en sortir. La maladie, ici, existe donc comme risque et comme moyen permettant au huit clos de naître. C'est en cela que Retreat est différent.

 

 

Comme je le disais plus haut, les Britanniques ont prouvé depuis un petit moment une véritable intelligence dans l'écriture et une saine capacité à mélanger les genres pour mieux en tirer autre chose. Tout cela dans le but de mieux brouiller les pistes. Concentrés sur la réalisation de film de genre, ils s'essayent à respecter les canons du genre tout en trouvant une voie permettant d'exprimer leur différence. En cela, Retreat ne déroge clairement pas à la règle. Mais il se révèle nettement plus simple dans sa construction qu'un Poursuite Mortelle ou un Kill List. Car, le film se révèle très vite être un huit clos et si la maladie est une part importante de son histoire, il ne s'agira jamais de sa composante la plus importante. Ici, elle n'est qu'un outil, un moyen de mise en scène, une raison pour rassembler trois personnes dans un lieu, coupé de tout, d'étudier leurs rapports et comment la situation, à force de mensonges, de cachoteries, de méfiance, va fortement et forcément se dégrader.

En fait, inutile de postuler plus longtemps sur l'histoire de maladie, de grippe hyper aggressive, car ce n'est bien que le cadre du film, comme je le dis plus haut, la raison d'être de Retreat, mais sûrement pas une fin en soi. Retreat est un huit clos, et son histoire n'est qu'un moyen de mettre en place trois personnes, dans une maison, sur une île avec l'impossibilité de sortir de la maison et de l'île du fait d'une présumée menace. Laissez bouillir le tout et voyez ce qu'il en ressort.

Car tout le problème pour notre couple et la raison principale de leur défiance vis à vis du militaire, c'est qu'ils n'ont aucun moyen de communication avec l'extérieur. Pas de téléphone, de Wi-Fi et la radio ne fonctionne plus. Autant dire que quand un militaire blessé arrive chez eux, leur lachant cette terrible histoire d'une maladie qui se répand comme une trainée de poudre à la surface du globe, tuant tout sur son passage, Martin et Kate n'y croient pas, ou pas réellement. Surtout, ils se méfient de ce jeune soldat, arrivé couvert de sang, expliquant de façon assez brouillonne et peu cohérente qu'il a été envoyé ici par l'armée, pour couvrir et déterminer la nature du terrain en vue de contenir la maladie, mais que désormais, ils doivent s'enfermer, tout faire pour transformer la maison en bastion, afin de se prémunir de porteurs de maladies qui ne manqueront pas de venir ici, quand bien même on est loin de tout. Très vite, son extrême nervosité, sa façon de prendre en main les choses, très "manu-militari" ou pour rendre hommage à Sir Alex Ferguson "My way or the highway" et l'absence d'infos extérieurs qui permettraient d'avoir confiance ont tôt fait d'entretenir un climat de défiance. Surtout qu'entre Martin et Kate tout ne va pas pour le mieux. Et que Jack, le militaire, est pas clair.

 

 

Voilà la recette sur laquelle repose Retreat, simple comme bonjour. Prenez un lieu coupé de tout, un couple qui ne s'entend plus trop bien, un troisième personnage avec de franches zones d'ombre, une menace extérieure et un lieu où ils sont cloitrés, et attendez de voir ce qu'il se passe. Rien de plus, rien de moins. A ce niveau là, les deux scénaristes (Carl Tibbets, également réalisateur, et Janice Hallett) ne prennent aucun risque, ce que l'on peut d'ailleurs leur reprocher de façon très légitime. De près ou de loin, leur film ne sort pas forcément du lot. Ainsi, que l'on ait aimé ou pas, un film comme Buried avait au moins l'avantage de proposer de l'inédit avec son seul personnage bloqué dans un cercueil. Ici, on a déjà vu ça ailleurs, et même le background et la raison d'être de ce retranchement, la maladie, n'est pas inédite.

Dans les faits, cela n'empêche pas Retreat de se suivre de façon agréable. Je n'ai pas ressenti le déroulement du film, finalement assez attendu comme une gêne car, après tout, mieux vaut un bon copieur qu'un mauvais innovateur. Retreat a au moins l'avantage de nous transporter en terrain connu et l'un des intérêts du huit clos se situe plus sur les relations entre personnages (car après tout, l'enfer c'est les autres) et leur évolution. C'est ceci qui va donc se révéler être le coeur du film avec en tête les questions sur le militaire : dit-il la vérité ?

Autant dire tout de suite que si Retreat est efficace en ce qui concerne les personnages, leurs relations et les réactions qu'ont chacun d'entre eux vis à vis des autres, il pêche sur un truc tout con mais qui peut rapidement devenir plombant sur un film, à savoir la gestion de son rythme. Là où un Buried, bien obligé, nous matraquait une succession d'évènements pour maintenir l'intérêt, Retreat pêche beaucoup dans son absence ou presque de rebondissements disons, jusqu'aux révélations finales. Jusque là, il ne se passe pas grand-chose et ce pas grand-chose couvre tout de même 45 mn soit la moitié du film. La première demi heure servant à poser le film (en gros jusqu'à l'arrivée du militaire) et le dernier quart d'heure étant la partie que l'on pourrait appelé The Truth.

 

 

Ce qui fait que, sans aller jusqu'à dire que l'on s'ennuie dans Retreat, c'est vrai que l'on n'est pas forcément emballé. Pourtant, les trois acteurs du film font ce qu'ils peuvent pour maintenir l'intérêt avec une mention spéciale pour Cillian Murphy et Jamie Bell. Murphy, on le connait depuis 28 jours plus tard, est un excellent acteur. Il le prouve encore dans le rôle de Martin, architecte qui voit sa relation avec sa femme s'éfilocher suite à un certain évènement et qui pense que repartir sur cette île qui, quelques années auparavant, fut le lieu de bons souvenirs. Une interprétation au top pour un personnage, sorte de contrepoids à son corps défendant de Jack. Idem pour Jamie Bell qui fait son petit bonhomme de chemin depuis Billy Eliot. Là encore, c'est excellent, Bell se révélant particulièrement flippant et anxiogène dans le rôle de ce militaire qui cache visiblement des choses et qui, très vite, a tendance à prendre les choses en main, de façon physique et violente s'il le faut. Ca vaudrait le coup d'ailleurs de le revoir dans ce type de rôle, tant il se révèle efficace, bouffant littéralement l'écran et portant quasiment le film sur ses épaules à lui tout seul.

L'autre acteur, une actrice en fait, est sûrement la moins bonne des trois et c'est Thandie Newton. Pour tout dire, elle a un rôle et un jeu aussi énervant ou presque que le sien dans L'empire des ombres (ceux qui l'on vu apprécieront). Bon en même temps c'est pas sa faute, mais Kate, la femme de Martin, est chiante au possible, geignarde et braquée contre son mari (certes elle a ses raisons). Cela dit, dans le jeu, Thandie Newton n'est pas toujours irréprochable, et même si ça tient la route, elle se révèle franchement en retrait par rapport à ses deux partenaires masculins.

Alors loupé Retreat ? Non, pas franchement parce que ça reste assez facile à suivre et que l'on s'attache au destin de notre couple, particulièrement Martin (surtout par le jeu de Cillian Murphy) et que l'on cherche à obtenir le fin mot de l'histoire. D'ailleurs, à ce titre, la fin, sans en dire le contenu bien entendu, à le mérite d'être bien abrupte comme il faut et clairement réussie. Oui mais faudrat-il encore passer sur la lenteur des évènements, tendance tenace à nous faire perdre le fil. 

 

 

Bref Retreat c'est sympa, c'est pas loupé mais ça n'invente rien, ça prend pas de risques et ça manque de ce petit quelque chose qui aurait pu nous surprendre ou nous tenir en haleine. Retreat vise clairement la paranoïa mais n'arrive pas toujours à nous impliquer suffisament. Alors oui, y a du potentiel, ça lorgne du côté des classiques du genre, Bug de William Friedkin entre autres choses, dans ce type de huit clos à forte teneur en thriller paranoiaque. Mais Retreat pêche clairement sur l'intérêt porté au final sur le film, quand bien même le personnage de Jack (le gros plus du film) et la volonté de découvrir le fin mot de l'histoire, tout comme cette fin, sauvent à mon sens le film, laissant un goût finalement pas désagréable du tout. Ce n'est pas mauvais loin de là mais il reste trop de défauts, que l'on mettra sur "l'inexpérience" d'un réalisateur dont ce n'est que le premier film. Reconnaissons qu'il a du potientiel. A voir donc pour les adeptes du genre ou les curieux !

C'est plutôt solide et très bien réussi dans l'ensemble, une marque de l'éditeur E1. La définition accuse bien quelques baisses par moments, principalement dans les scènes sombres, avec un grain un peu trop intrusif, sans que ce soit très gênant non plus. Pour le reste, le support met très bien en valeur les passages en extérieur et la direction photo réussie du film.

 

DTS-HD Master Audio 5.1 en VO et VF. La VO s'en sort plus que bien, soutenant avec une égale mesure dialogues, bruitages et ambiance sonore en générale. La VF suit de pas loin, tout en étant un poil moins "équilibrée" que son homologue VO.

 

De la matière, c'est bien de la part de l'éditeur, même si l'ensemble se révèle soit trop promo, soit trop court, voire les deux. On salue néanmoins l'initiative pour ce qui ne reste qu'un DTV chez nous.

° Making of : Revient sur la création du film, toujours utile vu son absence de visibilité chez nous.

° Derrière la caméra : Extrait de tournage, sans grand intérêt.

° Interview des acteurs, du réalisateur et du producteur : Anecdotique pour les acteurs, plus intéressants pour le réal et le producteur.

 

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Cat o'Nine Tails En 1970, le monde entier se prosternait aux pieds de l'italien Dario Argento. Bon j'exagère un peu, mais tout le monde est resté bouche bée devant la maitrise de ce jeune réalisateur transalpin dans son premier long métrage : L'Uccello dalle piume di Cristallo (L'Oiseau au Plumage de Cristal, chroniqué il y a peu sur Planète-HD,  ICI ).
Ainsi, les studios américains pensent immédiatement aux juteux cachets qu'ils pourraient encaisser grâce à un réalisateur européen inexpérimenté, non rompu aux bassesses hollywoodiennes…
En effet, par un habile tour de passe-passe, Dario Argento va se retrouver contraint de réaliser un second film, "dans la même veine" que son succès précédent. Bien évidemment, inutile de dire que "My friend Dario" (merci Vitalic) gardera sa patte (de velours).



Le cinéaste en reprend une louchée dans le "Whodunit", et très influencé par le cinéma policier américain, voire par moment, le film noir. Un second "épisode" moins ambitieux car moins personnelle, mais portant la "griffe" du maitre. Par contre, nous avons maintenant droit à une plus grosse production, tournée en anglais intégralement, avec des acteurs américains imposés par la production.

Giallo? Profondo !
C'est une fois le film terminé que transparaissent les petits traits de folie typiques d'Argento, qui les mèneront aux cimes du Giallo (genre qu'il aura contribué à anoblir, et continue encore de nos jours avec de nombreux films policiers) avec les deux plus grands giallis que nous aurons vu : Profondo Rosso (Les Frissons de l'Angoisse), et Tenebrae (déjà chroniqué ICI par votre serviteur). Avec ce Chat à neuf queues, nous sommes encore à des années lumière des extravagances érotico-fétichistes de Profondo Rosso, mais l'on découvre déjà les prouesses inspirées du réalisateur, comme les apparitions du tueur, en POV (Point of View) nous rendant complice de ce meurtrier. Vous trouvez que c'est hyper cliché? Peut-être que ça l'est devenu, mais à l'époque, c'était une nouveauté, qui donnait une dimension supplémentaire. Cette construction saupoudrée de scènes de meurtre d'une cruauté assez impressionnante va nous poser une ambiance flippante, un climat glacial. Par ailleurs, Ce Chat à neuf queues (le rêve de tout homme quoi) détient une impressionnante collection d'angle de caméra audacieux, accompagnés de gros plans très "arty" (typique d'un film d'Argento), qui ne seront que le commencement de cette bouffée d'innovation du cinéma transalpin des seventies.


Il Gato a novo code
L'histoire de ce classique de 1971, est au final, et ce malgré ses quelques 41 années d'ancienneté ! En effet, dans ce second film de Dario Argento, le gardien d'un institut de recherche génétique est assassiné. Ce centre faisait des recherches sur le facteur XXY, qui se retrouveraient selon eux chez les personnes enclines à la violence, au meurtre, bref, aux vilains matous. Un journaliste aidé d'un aveugle amateur de puzzles vont mener l'enquête…

Vous allez me dire que ce n'est pas super bandant comme histoire. C'est pas faux, mais reconnaissez que le coup de la génétique est on ne peut plus actuel (si je vous dis castration chimique, ça vous cause?). C'est bien entendu dans sa construction que le film va prendre son ampleur. En effet, le fait de ne pas connaitre le tueur est déjà un point important, et comme dans tout bon giallo, son identité ne sera révélée qu'à la fin du film alors qu'il tente de tuer celui qui le traque. Mais là où Dario Argento fait (une fois de plus) très fort, c'est dans ce déluge de fausses pistes, même si l'on peut lui reprocher de ne pas assez utiliser celle de la génétique, qui sont au nombre de 9! Oui, comme dans le titre. Et pour ce qui est du chat du titre, c'est parce que le final du film se déroulera sur les toits (et les afficionados du giallo seront outrés par la vitesse avec laquelle le réalisateur de Phenomena expédiera la révélation des l'identité du tueur. Quoiqu'il en soit, malgré quelques faiblesses notamment quand on le compare à son illustre prédécesseur, Il Gato a Nove Code se visionne avec un plaisir intact, à un humour utilisé avec parcimonie, il est inutile de tenter de résister au plaisir (pour peu que vous ayez quelque accointance avec le Giallo) de découvrir, ou de redécouvrir un film sincère, porté par un casting, ou plutôt un binôme impressionnant, avec Karl Maden dans le rôle de l'aveugle qui est tout simplement excellent, et que vous pouvez retrouver dans Un Tramway Nommé Désir ou dans Les Rues de San Francisco, et James Franciscus que l'on peut voir dans le sympathique Le secret de la Planète des Singes (c'est Brent !!). Enfin, l'actrice principale, tendance femme fatale n'est autre que l'altoséquanaise (les habitants des Hauts de Seine, quoi) Catherine Spaak (sublime dans Hôtel Saint-Gregory). D'excellents acteurs en somme !
D'ailleurs, si la mise en scène est un sujet qui vous plait, ce second film de la trilogie animalière va vous en mettre plein la vue, avec quelques scènes absolument sublimes, comme la scène du lait, véritable summum de l'angoisse. Alors, oui, dit comme ça, vous vous demandez certainement ce que j'ai fumé, mais je vous assure que c'est à se décrocher la mâchoire ! Et la scène finale sur les toits est tout simplement une preuve irréfutable d'une maitrise du cadre, et de la construction de Dario Argento qui fait de véritables miracles quand il se donne la peine de se sortir les doigts.


Vous aurez bien évidemment compris, qu'afin de laisser toute surprise dans le traitement du sujet, je ne mentionne que très peu le film. Ne vous inquiétez pas, c'est voulu, car la surprise est l'effet choc des films d'Argento. Alors je m'arrête là, et vous encourage à découvrir ce très bon film porté par la musique d'Ennio Morricone.

Un classique, check! Un second épisode moins bon que son ainé? Aussi. Un film à découvrir d'urgence? Clairement. Maintenant, je vous laisse, je dois aller récupérer mes gants en cuir noir chez le peaussier…

J'achète toutes les sorties Blue-Underground lorsqu'elles sortent, et je suis à chaque fois ou presque surpris par les restaurations opérées par les équipes de Lustig.
Le transfert d'Il Gato a Nove Code est simplement impressionnant de précision, la peau, les couleurs, sont excellentes, les noirs bien découpés, et si le film affiche un grain d'époque savoureux, il ne gêne en rien le visionnage de ce matou.
La profondeur de champ est parfois sensationnelle, mais toujours à un niveau d'excellence qui pourrait en laisser pantois quelques uns! Un travail vraiment méticuleux, car si l'éditions DVD française comportait des pétouilles désagréables, le blu-ray US, est simplement splendide, et lui apporte une seconde jeunesse!

 

Pas moins de quatre pistes nous sont proposées ici ! Deux pistes anglaises, l'une en DTS-HD Master Audio Mono, et l'autre en DTS-HD Master Audio 2.0, une VF d'époque en Dolby Digital 2.0, et enfin une Version Italienne en Dolby Digital 2.0.

 

Si les VF et VI sont équivalebntes à un piste DVD, il faut reconnaitre une absence de souffle plutôt agréable, d'autant que le doublage d'époque est excellent! Mais c'est surtout sur les pistes anglaises qu'il vaudra mieux se tourner, et si l'une comme l'autre ne présente pas de souffle non pluès, il faut reconnaitre que la version 2.0 manque de coffre, de portée.

Même si les dialogues sont toujours parfaitement audibles, la musique d'Ennio Morricone se retrouve noyée dans l'ambiance, sauf pour le générique, et cela se ressent beaucoup plus sur la Mono. 

Malgré tout ces deux VO sont d'une qualité plutôt agréable, et les attentifs seront surpris par la clarté de la mono!

 

Le point de cette édition! Je ne pensais pas dire cela d'une édition Blue-Underground, car ils nous ont habitué à pléthore de suppléments, mais pas ici. Dommage. Car si l'éditeur nous en mets de brouettes, ce n'est jamais promo, et toujours passionnant.

Ici, nous aurons des suppléments intéressants, mais effleurant certaisn aspects du film...

 

  • Tales of the Cat - Interviews with Writer/Director Dario Argento, Co-Writer Dardano Sacchetti, and Composer Ennio Morricone : Ces interviews sont tout simplement passionnantes, et sont au final l'unique supplément qui vaille quelque chose dans cette édition. Le réalisateur est honnête, et l'intervention du compositeur est tout simplement réjouissante. Par contre, c'est en italien sous titré anglais... (MPEG-2 - 13'53")

 

  • Theatrical Trailers : Deux trailers : l'international et l'américain. Notez que le trailer international en HD... (1'51" et 1'38")

 

  • TV Spots : 2 spots TV, l'un de 1'02" et l'autre de 0'32". Curisuement c'est celui de 32 secondes qui est le plus sympa.

 

  • Radio Spots : 2 spots Radio, l'un de 0'58", et l'autre de 0'31". 

 

  • Radio Interviews with stars James Franciscus and Karl Malden : Excellentes interviews de deux acteurs principaux. 
    Si celle de James Franciscus, d'une durée de 7'35" est très intéressante, c'est sans compter sur l'hypnose procur&ée par la voix de Karl Malden pendant les 7 minutes et 50 secondes qui lui sont accordées. Passionnant ! 

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Wed, 05 Sep 2012 10:51:52 +0200 http://www.planete-hd.com/Cat-o-Nine-Tails-test-t1062.html http://www.planete-hd.com/Cat-o-Nine-Tails-test-t1062.html En 1970, le monde entier se prosternait aux pieds de l'italien Dario Argento. Bon j'exagère un peu, mais tout le monde est resté bouche bée devant la maitrise de ce jeune réalisateur transalpin dans son premier long métrage : L'Uccello dalle piume di Cristallo (L'Oiseau au Plumage de Cristal, chroniqué il y a peu sur Planète-HD,  ICI ).
Ainsi, les studios américains pensent immédiatement aux juteux cachets qu'ils pourraient encaisser grâce à un réalisateur européen inexpérimenté, non rompu aux bassesses hollywoodiennes…
En effet, par un habile tour de passe-passe, Dario Argento va se retrouver contraint de réaliser un second film, "dans la même veine" que son succès précédent. Bien évidemment, inutile de dire que "My friend Dario" (merci Vitalic) gardera sa patte (de velours).



Le cinéaste en reprend une louchée dans le "Whodunit", et très influencé par le cinéma policier américain, voire par moment, le film noir. Un second "épisode" moins ambitieux car moins personnelle, mais portant la "griffe" du maitre. Par contre, nous avons maintenant droit à une plus grosse production, tournée en anglais intégralement, avec des acteurs américains imposés par la production.

Giallo? Profondo !
C'est une fois le film terminé que transparaissent les petits traits de folie typiques d'Argento, qui les mèneront aux cimes du Giallo (genre qu'il aura contribué à anoblir, et continue encore de nos jours avec de nombreux films policiers) avec les deux plus grands giallis que nous aurons vu : Profondo Rosso (Les Frissons de l'Angoisse), et Tenebrae (déjà chroniqué ICI par votre serviteur). Avec ce Chat à neuf queues, nous sommes encore à des années lumière des extravagances érotico-fétichistes de Profondo Rosso, mais l'on découvre déjà les prouesses inspirées du réalisateur, comme les apparitions du tueur, en POV (Point of View) nous rendant complice de ce meurtrier. Vous trouvez que c'est hyper cliché? Peut-être que ça l'est devenu, mais à l'époque, c'était une nouveauté, qui donnait une dimension supplémentaire. Cette construction saupoudrée de scènes de meurtre d'une cruauté assez impressionnante va nous poser une ambiance flippante, un climat glacial. Par ailleurs, Ce Chat à neuf queues (le rêve de tout homme quoi) détient une impressionnante collection d'angle de caméra audacieux, accompagnés de gros plans très "arty" (typique d'un film d'Argento), qui ne seront que le commencement de cette bouffée d'innovation du cinéma transalpin des seventies.


Il Gato a novo code
L'histoire de ce classique de 1971, est au final, et ce malgré ses quelques 41 années d'ancienneté ! En effet, dans ce second film de Dario Argento, le gardien d'un institut de recherche génétique est assassiné. Ce centre faisait des recherches sur le facteur XXY, qui se retrouveraient selon eux chez les personnes enclines à la violence, au meurtre, bref, aux vilains matous. Un journaliste aidé d'un aveugle amateur de puzzles vont mener l'enquête…

Vous allez me dire que ce n'est pas super bandant comme histoire. C'est pas faux, mais reconnaissez que le coup de la génétique est on ne peut plus actuel (si je vous dis castration chimique, ça vous cause?). C'est bien entendu dans sa construction que le film va prendre son ampleur. En effet, le fait de ne pas connaitre le tueur est déjà un point important, et comme dans tout bon giallo, son identité ne sera révélée qu'à la fin du film alors qu'il tente de tuer celui qui le traque. Mais là où Dario Argento fait (une fois de plus) très fort, c'est dans ce déluge de fausses pistes, même si l'on peut lui reprocher de ne pas assez utiliser celle de la génétique, qui sont au nombre de 9! Oui, comme dans le titre. Et pour ce qui est du chat du titre, c'est parce que le final du film se déroulera sur les toits (et les afficionados du giallo seront outrés par la vitesse avec laquelle le réalisateur de Phenomena expédiera la révélation des l'identité du tueur. Quoiqu'il en soit, malgré quelques faiblesses notamment quand on le compare à son illustre prédécesseur, Il Gato a Nove Code se visionne avec un plaisir intact, à un humour utilisé avec parcimonie, il est inutile de tenter de résister au plaisir (pour peu que vous ayez quelque accointance avec le Giallo) de découvrir, ou de redécouvrir un film sincère, porté par un casting, ou plutôt un binôme impressionnant, avec Karl Maden dans le rôle de l'aveugle qui est tout simplement excellent, et que vous pouvez retrouver dans Un Tramway Nommé Désir ou dans Les Rues de San Francisco, et James Franciscus que l'on peut voir dans le sympathique Le secret de la Planète des Singes (c'est Brent !!). Enfin, l'actrice principale, tendance femme fatale n'est autre que l'altoséquanaise (les habitants des Hauts de Seine, quoi) Catherine Spaak (sublime dans Hôtel Saint-Gregory). D'excellents acteurs en somme !
D'ailleurs, si la mise en scène est un sujet qui vous plait, ce second film de la trilogie animalière va vous en mettre plein la vue, avec quelques scènes absolument sublimes, comme la scène du lait, véritable summum de l'angoisse. Alors, oui, dit comme ça, vous vous demandez certainement ce que j'ai fumé, mais je vous assure que c'est à se décrocher la mâchoire ! Et la scène finale sur les toits est tout simplement une preuve irréfutable d'une maitrise du cadre, et de la construction de Dario Argento qui fait de véritables miracles quand il se donne la peine de se sortir les doigts.


Vous aurez bien évidemment compris, qu'afin de laisser toute surprise dans le traitement du sujet, je ne mentionne que très peu le film. Ne vous inquiétez pas, c'est voulu, car la surprise est l'effet choc des films d'Argento. Alors je m'arrête là, et vous encourage à découvrir ce très bon film porté par la musique d'Ennio Morricone.

Un classique, check! Un second épisode moins bon que son ainé? Aussi. Un film à découvrir d'urgence? Clairement. Maintenant, je vous laisse, je dois aller récupérer mes gants en cuir noir chez le peaussier…

J'achète toutes les sorties Blue-Underground lorsqu'elles sortent, et je suis à chaque fois ou presque surpris par les restaurations opérées par les équipes de Lustig.
Le transfert d'Il Gato a Nove Code est simplement impressionnant de précision, la peau, les couleurs, sont excellentes, les noirs bien découpés, et si le film affiche un grain d'époque savoureux, il ne gêne en rien le visionnage de ce matou.
La profondeur de champ est parfois sensationnelle, mais toujours à un niveau d'excellence qui pourrait en laisser pantois quelques uns! Un travail vraiment méticuleux, car si l'éditions DVD française comportait des pétouilles désagréables, le blu-ray US, est simplement splendide, et lui apporte une seconde jeunesse!

 

Pas moins de quatre pistes nous sont proposées ici ! Deux pistes anglaises, l'une en DTS-HD Master Audio Mono, et l'autre en DTS-HD Master Audio 2.0, une VF d'époque en Dolby Digital 2.0, et enfin une Version Italienne en Dolby Digital 2.0.

 

Si les VF et VI sont équivalebntes à un piste DVD, il faut reconnaitre une absence de souffle plutôt agréable, d'autant que le doublage d'époque est excellent! Mais c'est surtout sur les pistes anglaises qu'il vaudra mieux se tourner, et si l'une comme l'autre ne présente pas de souffle non pluès, il faut reconnaitre que la version 2.0 manque de coffre, de portée.

Même si les dialogues sont toujours parfaitement audibles, la musique d'Ennio Morricone se retrouve noyée dans l'ambiance, sauf pour le générique, et cela se ressent beaucoup plus sur la Mono. 

Malgré tout ces deux VO sont d'une qualité plutôt agréable, et les attentifs seront surpris par la clarté de la mono!

 

Le point de cette édition! Je ne pensais pas dire cela d'une édition Blue-Underground, car ils nous ont habitué à pléthore de suppléments, mais pas ici. Dommage. Car si l'éditeur nous en mets de brouettes, ce n'est jamais promo, et toujours passionnant.

Ici, nous aurons des suppléments intéressants, mais effleurant certaisn aspects du film...

 

  • Tales of the Cat - Interviews with Writer/Director Dario Argento, Co-Writer Dardano Sacchetti, and Composer Ennio Morricone : Ces interviews sont tout simplement passionnantes, et sont au final l'unique supplément qui vaille quelque chose dans cette édition. Le réalisateur est honnête, et l'intervention du compositeur est tout simplement réjouissante. Par contre, c'est en italien sous titré anglais... (MPEG-2 - 13'53")

 

  • Theatrical Trailers : Deux trailers : l'international et l'américain. Notez que le trailer international en HD... (1'51" et 1'38")

 

  • TV Spots : 2 spots TV, l'un de 1'02" et l'autre de 0'32". Curisuement c'est celui de 32 secondes qui est le plus sympa.

 

  • Radio Spots : 2 spots Radio, l'un de 0'58", et l'autre de 0'31". 

 

  • Radio Interviews with stars James Franciscus and Karl Malden : Excellentes interviews de deux acteurs principaux. 
    Si celle de James Franciscus, d'une durée de 7'35" est très intéressante, c'est sans compter sur l'hypnose procur&ée par la voix de Karl Malden pendant les 7 minutes et 50 secondes qui lui sont accordées. Passionnant ! 

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Intouchables « Tu l'as vu toi ? » « Oui, bien sûr, c'est génial ! Et toi ? » « Franchement c'est quoi cette question ? Évidemment et plus d'une fois ! »
A chaque fois qu'un film fonctionne très bien en salles, c'est le genre de dialogues que l'on peut entendre dans beaucoup de discussions. Alors si en plus le film est français, on passe pour un vrai gland dans son entourage si on annonce qu'on ne l'a pas encore vu.
Personnellement, je me méfie toujours quand un film français arrive à rameuter du monde. Rien de réducteur, juste que mes goûts personnels sont rarement en adéquation avec ceux du public qui s'est rendu massivement dans les salles. Cela arrive, mais c'est rare.



Vu tout le foin qui a été fait autour du dernier gros carton au box-office français, j'ai sagement attendu de pouvoir le voir dans les meilleures conditions possibles, c'est à dire chez moi. Le film amenait tellement de monde dans les salles que ça aurait, très certainement, été une mauvaise expérience. Les gens étant ce qu'ils sont dans une salle de cinéma, il aurait été étonnant de passer une séance tranquille installé dans son siège.

Intouchables est rapidement devenu le nouveau phénomène de mode cinématographique. Tout le monde en a parlé, tout le monde l'a vu et tout le monde a un avis dessus. Même les gens qui ne l'ont pas encore vu y vont de leurs petites palabres. C'est vrai qu'on a l'impression d'être « obligé » d'avoir un truc à dire sur le film, histoire de ne pas passer pour un paria aux yeux de la société. Entre ça et l'abondance de sujet par les médias divers et variés, on frôle le gavage. C'est normal après tout, près de 20 millions de personnes se déplacent en salles, l'émulsion sera à plus grande échelle.
Forcément, voir tous ces gens nous dire que c'est un succès mérité, qu'il s'agit là du meilleur film français depuis bien longtemps et que c'est un film nécessaire (j'y reviendrai), n'est pas très excitant et ne me donne pas réellement très envie de me déplacer.
En plus d'avoir un blocage pour aller le voir en salle, j'ai commencé à me faire des films sur le film. Vu tout ce qui se disait dessus, j'étais parti sur l'idée d'un film chiant, plombant, où pendant pas loin de deux heures on va nous montrer la difficile vie des personnes handicapées. Pour moi ça allait forcément être chiant et surtout très moralisateur.
J'étais bien loin de penser que le résultat serait clairement à la hauteur de ce que j'attendais personnellement sur le sujet et aussi, ce que j'attendais du duo de réalisateurs.



Olivier Nakache et Eric Toledano, ne m'ont jamais déçu. Un cinéma familial, drôle, qui ne se prend pas la tronche et, le plus important, où je n'ai pas l'impression d'être pris pour un con. Dans un pays où les comédies ont énormément de mal à se renouveler, ce n'est pas un mince exploit. D'autant que les deux loustics ont toujours la bonne idée de raconter des histoires qui touchent. Elles ne sont pas forcément très originales mais on peut être sûr que ça nous parlera, que l'on aura déjà vécu certaines des situations qui nous sont montrées.
Force est de constater que les deux réalisateurs n'ont absolument pas changé leur façon de faire des films. Si vous aimez les films du duo, vous aimerez aussi Intouchables et réciproquement. Pour les réfractaires à leurs films, pas sûr que ça change vraiment grand chose, mais on sait jamais.
Bref, malgré le sujet, malgré le fait que ce soit tiré d'une histoire vraie, on y croit et on a l'impression de se sentir concerné. Peut-être moins que dans les autres films des réalisateurs mais ils su ont gardé ce qui fait la force de leur cinéma.

Moi qui m'attendais à quelque chose de plombant, j'ai été agréablement surpris de voir qu'en vérité, on se marre du début à la fin. Les situations qui nous sont montrées baignent assez souvent dans la bonne humeur et il ne sera pas rare de rire aux éclats à la relation qu'entretiennent les deux personnages. C'est fait dans l'idée de faire rire les gens et pas beaucoup plus. Enfin, pas beaucoup plus c'est peut-être exagéré puisque, comme toujours dans leurs films, il y a cette petite pointe d'émotion qui touchera, ou pas, le spectateur, selon son ressenti, son parcours mais à 90%, c'est le rire qui prendra le dessus. Sincèrement, au vu du sujet, ça aurait pu vite tourner au n'importe quoi ou à la beaufferie la plus pure. Fidèles à eux-mêmes Nakache et Toledano, proposent un divertissement plutôt malin.



On est loin de l'exemple de comédie française dont on nous abreuve depuis quelques années (du genre Camping...). On se marre mais c'est pas totalement débile, pas sans fond. On a aucunement l'impression d'être devant un film qui aurait très bien pu faire un one-man show. Pas vraiment facile à expliquer mais les moments où l'on rigolera seront des moments très simples, où l'un des personnages aura une réponse un peu étrange par rapport à la question posée, une attitude ou tout simplement un regard, rien de vraiment extraordinaire donc. La vraie force de cet humour c'est qu'il s'enchaîne facilement tout au long du film, à aucun moment on ne devinera que la prochaine scène va être tordante, il n'y a aura pas d'indications à l'écran, rien qui puisse nous mettre sur la voie. En disant ça je pense en fait à un film avec un acteur comme Frank Dubosc ou Jean-Marie Bigard. Le simple fait qu'un acteur de ce genre soit à l'écran, on peut être sûr qu'il y aura une scène un tant soit peu marrante à l'arrivée (enfin si on est réceptif à leur style d'humour, ça c'est pas gagné). Comme si on ne pouvait pas faire autrement du fait de la stature de l'acteur.
Pour Intouchables il n'y a pas autant de personnages que dans les précédents films de Nakache et Toledano. Là où dans Nos jours heureux et Tellement proches ça ressemblait plus à du film chorale, ici c'est nettement plus resserré. Les protagonistes ne seront que deux, Driss et Philippe (en plus de quelques personnages satellites), avec une visibilité plus forte pour le personnage de Driss.
Je ne vais pas revenir sur le rôle de chacun d'eux, parce que soit vous avez vu le film et vous vous en foutez ou alors vous ne l'avez pas encore vu et vous avez envie de le découvrir par vous-même.
Je vous dirai juste que c'est un duo qui fonctionne très bien, qui propose quelque chose de pas franchement très inédit mais qui, néanmoins, semble très crédible et réaliste et que ces deux-là, se sont très bien trouvés.



Tout comme le duo d'acteurs qui les incarne même si au départ, j'étais très réticent de voir que l'on avait confié l'un des rôles principaux à François Cluzet. Faut dire que l'acteur a vite le don de m'agacer et de toujours en faire des caisses, je garde en tête son énervant jeu dans Les Petits Mouchoirs ou dans Ne le dis à personne. Le genre d'acteur qui pourrait vite flinguer un film. Mais là, je suis obligé de m'incliner puisqu'il est d'une très grande sobriété. Il est crédible en tétraplégique plein aux as et arrive à être touchant par moment. Jamais je n'aurai cru dire ça de cet acteur là un jour, comme quoi tout arrive. Ce qui arrive aussi c'est que des metteurs en scènes montre le vrai visage d'un acteur. On sait les diriger ou on ne sait pas. Nakache et Toledano nous prouvent encore une fois qu'ils laissent vivre les acteurs mais sans jamais les laisser livrés à eux-même. Ce qui fait que tous les acteurs qui sont passés chez eux ont tous été sobres, comme Jean-Paul Rouve dans Nos Jours Heureux, qui nous offre un rôle très loin de ce qu'on avait l'habitude de voir chez lui.

Pour le second rôle principal du film, c'est une prestation tout aussi agréable mais moins surprenante, celle d'Omar Sy. L'acteur fétiche des deux réalisateurs, les rejoint pour une troisième fois et on voit bien que ces trois là se connaissent bien et que travailler ensemble n'est absolument pas un problème. A chaque fois qu'Omar a joué dans un film du duo, il en est ressorti grandi. On aurait pu s'attendre à ce qu'il fasse du Omar mais en fait pas du tout, enfin pas tant que ça. Dans sa prestance, dans son jeu physique c'est du Omar pur jus mais dans sa sensibilité, son émotion, on a là un vrai acteur et pas seulement l'un des trublions les plus connus du PAF. On avait déjà pu s'en rendre compte dans Tellement proches où il avait le même genre d'approche que pour Intouchables, une suite logique donc.



Ensuite, la question que l'on peut se poser c'est, est-ce qu'il mérite son César de Meilleur Acteur ? Au vu de sa prestation je dirai qu'il ne mérite pas plus qu'un autre puisque ce n'est quand même pas le rôle d'une vie mais au vu de son début de carrière, je pense qu'il le mérite, comme pour le féliciter et l'encourager à rester dans cette voie (au contraire de son pote Fred qui ne semble pas prendre trop de risques dans la voie des comédies bien de chez nous).

Autre question que l'on pourrait se poser, c'est de savoir si Intouchables est véritablement le film nécessaire que l'on nous vend depuis que le film est sorti au cinéma. Pour ma part, je n'ai pas attendu le film pour avoir un avis sur la condition des personnes handicapées. Intouchables n'a pas été une illumination, je n'ai pas découvert la vie des handicapés avec le film. Si ça l'a été pour d'autres personnes tant mieux, c'est très bien mais que les médias de masse arrête avec leur bien pensance édifiante. Et si le film avait fonctionné parce qu'il était drôle, tout simplement ? Et pas parce qu'il pose un certain regard sur la société. Il le fait mais ce n'est clairement pas le but premier du film. A un moment donné, il faudrait remettre en question ce que les médias nous vendent. Ça commence à être bien pénible. Enfin en même temps, quand on voit comment sont traités les jeux paralympiques à la télévision française, ce n'est pas étonnant. Et c'est un exemple parmi tant d'autres.



Alors oui Intouchables nous parle de l'histoire d'un homme en fauteuil roulant qui n'a plus vraiment l'envie de vivre, qui n'a plus d'étincelles mais qui va comprendre qu'il est bel et bien vivant quand il rencontrera son nouvel auxiliaire de vie. On aurait très bien pu tomber dans le pathos le plus profond qui soit mais c'était sans compter l'intelligence des deux réalisateurs qui sont à la barre de ce projet. Pas la comédie française la plus inoubliable mais pas non plus un mauvais film. On rit, beaucoup, on s'émeut aussi et on passe un excellent moment, du genre qui met la pêche. Franchement, peu sont les films français qui réussissent à combiner chacun de ces éléments.

TF1 Video se charge de sortir Intouchables en Blu-Ray et ils relèvent le pari haut-la-main, c'est le moins que l'on puisse dire. Le film est très sobre visuellement parlant et l'apport HD se fera sur l'importance des détails, sur le piqué, la retranscription des couleurs. Le grain est présent mais sans jamais trop l'être.

Un joli Blu-Ray pour un joli film.



 

Concernant l'audio, l'éditeur nous offrira le même sérieux que pour la vidéo. La seule piste présente (DTS HD MA 5.1) remplie très bien son office. Les dialogues sont très claires et très bien centrés, la musique (toujours aussi présente et importante) nous enveloppe et nous immerge dans cette belle histoire.

Une très bonne piste, très sobre. A l'image du film.

L'éditeur a eu la bonne idée de proposer une piste en audiodescrption et des sous-titres pour sourds et malentendants.



 

Pas loin de deux heures de bonus (hors commentaire audio) et qui n'entrent absolument pas dans la catégorie des bonus un peu inutiles, que l'on nous ressert un peu trop souvent à mon goût en ce moment. 

 

  • Commentaire audio des deux réalisateurs

 

  • Making-of (HD, 29 mins) : Comme son nom l'indique très bien, ça sera ce document qu'il vous faudra voir si vous vous en savoir plus sur la conception du film. On y voit plusieurs séquences de tournages, des discussions entre les différents intervenants. C'est intéressant et très pertinent.

 

  • Scènes coupées (HD, 7 mins) : Pas grand chose à se mettre sous la dent. Malgré tout, l'ajout d'un commentaire audio pour ces scènes supprimées est une bonne idée qui permet de comprendre un peu mieux les raisons de leurs évictions.


  • Portraits d'Intouchables (HD, 47 mins) : LE bonus de cette édition. Si on avait déjà eu droit à un making-of du film, ce documentaire là pourrait s'apparenter à un making-of sur l'histoire du film. On va nous parler des deux personnes dont l'histoire du film a été tiré (et qui avait déjà été le sujet d'un livre),  Philippe Pozzo di Borgo et Abdel Sellou. Les deux hommes donneront leur ressenti aux acteurs et aux réalisateurs, on en apprendra plus sur leur histoire respective, sur les différences par rapport au film. Un document intéressant et qui offre un autre regard sur le film. On y apprendra également que certains producteurs voulaient que le personnage de François Cluzet retrouve l'usage de ses bras à la fin du film, pour que ça paraisse moins hard dans le propos. Certains producteurs ne devraient jamais avoir leur mot à dire sur le film pour lequel il donne de l'argent...




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Thu, 05 Jul 2012 15:49:23 +0200 http://www.planete-hd.com/Intouchables-test-t1059.html http://www.planete-hd.com/Intouchables-test-t1059.html « Tu l'as vu toi ? » « Oui, bien sûr, c'est génial ! Et toi ? » « Franchement c'est quoi cette question ? Évidemment et plus d'une fois ! »
A chaque fois qu'un film fonctionne très bien en salles, c'est le genre de dialogues que l'on peut entendre dans beaucoup de discussions. Alors si en plus le film est français, on passe pour un vrai gland dans son entourage si on annonce qu'on ne l'a pas encore vu.
Personnellement, je me méfie toujours quand un film français arrive à rameuter du monde. Rien de réducteur, juste que mes goûts personnels sont rarement en adéquation avec ceux du public qui s'est rendu massivement dans les salles. Cela arrive, mais c'est rare.



Vu tout le foin qui a été fait autour du dernier gros carton au box-office français, j'ai sagement attendu de pouvoir le voir dans les meilleures conditions possibles, c'est à dire chez moi. Le film amenait tellement de monde dans les salles que ça aurait, très certainement, été une mauvaise expérience. Les gens étant ce qu'ils sont dans une salle de cinéma, il aurait été étonnant de passer une séance tranquille installé dans son siège.

Intouchables est rapidement devenu le nouveau phénomène de mode cinématographique. Tout le monde en a parlé, tout le monde l'a vu et tout le monde a un avis dessus. Même les gens qui ne l'ont pas encore vu y vont de leurs petites palabres. C'est vrai qu'on a l'impression d'être « obligé » d'avoir un truc à dire sur le film, histoire de ne pas passer pour un paria aux yeux de la société. Entre ça et l'abondance de sujet par les médias divers et variés, on frôle le gavage. C'est normal après tout, près de 20 millions de personnes se déplacent en salles, l'émulsion sera à plus grande échelle.
Forcément, voir tous ces gens nous dire que c'est un succès mérité, qu'il s'agit là du meilleur film français depuis bien longtemps et que c'est un film nécessaire (j'y reviendrai), n'est pas très excitant et ne me donne pas réellement très envie de me déplacer.
En plus d'avoir un blocage pour aller le voir en salle, j'ai commencé à me faire des films sur le film. Vu tout ce qui se disait dessus, j'étais parti sur l'idée d'un film chiant, plombant, où pendant pas loin de deux heures on va nous montrer la difficile vie des personnes handicapées. Pour moi ça allait forcément être chiant et surtout très moralisateur.
J'étais bien loin de penser que le résultat serait clairement à la hauteur de ce que j'attendais personnellement sur le sujet et aussi, ce que j'attendais du duo de réalisateurs.



Olivier Nakache et Eric Toledano, ne m'ont jamais déçu. Un cinéma familial, drôle, qui ne se prend pas la tronche et, le plus important, où je n'ai pas l'impression d'être pris pour un con. Dans un pays où les comédies ont énormément de mal à se renouveler, ce n'est pas un mince exploit. D'autant que les deux loustics ont toujours la bonne idée de raconter des histoires qui touchent. Elles ne sont pas forcément très originales mais on peut être sûr que ça nous parlera, que l'on aura déjà vécu certaines des situations qui nous sont montrées.
Force est de constater que les deux réalisateurs n'ont absolument pas changé leur façon de faire des films. Si vous aimez les films du duo, vous aimerez aussi Intouchables et réciproquement. Pour les réfractaires à leurs films, pas sûr que ça change vraiment grand chose, mais on sait jamais.
Bref, malgré le sujet, malgré le fait que ce soit tiré d'une histoire vraie, on y croit et on a l'impression de se sentir concerné. Peut-être moins que dans les autres films des réalisateurs mais ils su ont gardé ce qui fait la force de leur cinéma.

Moi qui m'attendais à quelque chose de plombant, j'ai été agréablement surpris de voir qu'en vérité, on se marre du début à la fin. Les situations qui nous sont montrées baignent assez souvent dans la bonne humeur et il ne sera pas rare de rire aux éclats à la relation qu'entretiennent les deux personnages. C'est fait dans l'idée de faire rire les gens et pas beaucoup plus. Enfin, pas beaucoup plus c'est peut-être exagéré puisque, comme toujours dans leurs films, il y a cette petite pointe d'émotion qui touchera, ou pas, le spectateur, selon son ressenti, son parcours mais à 90%, c'est le rire qui prendra le dessus. Sincèrement, au vu du sujet, ça aurait pu vite tourner au n'importe quoi ou à la beaufferie la plus pure. Fidèles à eux-mêmes Nakache et Toledano, proposent un divertissement plutôt malin.



On est loin de l'exemple de comédie française dont on nous abreuve depuis quelques années (du genre Camping...). On se marre mais c'est pas totalement débile, pas sans fond. On a aucunement l'impression d'être devant un film qui aurait très bien pu faire un one-man show. Pas vraiment facile à expliquer mais les moments où l'on rigolera seront des moments très simples, où l'un des personnages aura une réponse un peu étrange par rapport à la question posée, une attitude ou tout simplement un regard, rien de vraiment extraordinaire donc. La vraie force de cet humour c'est qu'il s'enchaîne facilement tout au long du film, à aucun moment on ne devinera que la prochaine scène va être tordante, il n'y a aura pas d'indications à l'écran, rien qui puisse nous mettre sur la voie. En disant ça je pense en fait à un film avec un acteur comme Frank Dubosc ou Jean-Marie Bigard. Le simple fait qu'un acteur de ce genre soit à l'écran, on peut être sûr qu'il y aura une scène un tant soit peu marrante à l'arrivée (enfin si on est réceptif à leur style d'humour, ça c'est pas gagné). Comme si on ne pouvait pas faire autrement du fait de la stature de l'acteur.
Pour Intouchables il n'y a pas autant de personnages que dans les précédents films de Nakache et Toledano. Là où dans Nos jours heureux et Tellement proches ça ressemblait plus à du film chorale, ici c'est nettement plus resserré. Les protagonistes ne seront que deux, Driss et Philippe (en plus de quelques personnages satellites), avec une visibilité plus forte pour le personnage de Driss.
Je ne vais pas revenir sur le rôle de chacun d'eux, parce que soit vous avez vu le film et vous vous en foutez ou alors vous ne l'avez pas encore vu et vous avez envie de le découvrir par vous-même.
Je vous dirai juste que c'est un duo qui fonctionne très bien, qui propose quelque chose de pas franchement très inédit mais qui, néanmoins, semble très crédible et réaliste et que ces deux-là, se sont très bien trouvés.



Tout comme le duo d'acteurs qui les incarne même si au départ, j'étais très réticent de voir que l'on avait confié l'un des rôles principaux à François Cluzet. Faut dire que l'acteur a vite le don de m'agacer et de toujours en faire des caisses, je garde en tête son énervant jeu dans Les Petits Mouchoirs ou dans Ne le dis à personne. Le genre d'acteur qui pourrait vite flinguer un film. Mais là, je suis obligé de m'incliner puisqu'il est d'une très grande sobriété. Il est crédible en tétraplégique plein aux as et arrive à être touchant par moment. Jamais je n'aurai cru dire ça de cet acteur là un jour, comme quoi tout arrive. Ce qui arrive aussi c'est que des metteurs en scènes montre le vrai visage d'un acteur. On sait les diriger ou on ne sait pas. Nakache et Toledano nous prouvent encore une fois qu'ils laissent vivre les acteurs mais sans jamais les laisser livrés à eux-même. Ce qui fait que tous les acteurs qui sont passés chez eux ont tous été sobres, comme Jean-Paul Rouve dans Nos Jours Heureux, qui nous offre un rôle très loin de ce qu'on avait l'habitude de voir chez lui.

Pour le second rôle principal du film, c'est une prestation tout aussi agréable mais moins surprenante, celle d'Omar Sy. L'acteur fétiche des deux réalisateurs, les rejoint pour une troisième fois et on voit bien que ces trois là se connaissent bien et que travailler ensemble n'est absolument pas un problème. A chaque fois qu'Omar a joué dans un film du duo, il en est ressorti grandi. On aurait pu s'attendre à ce qu'il fasse du Omar mais en fait pas du tout, enfin pas tant que ça. Dans sa prestance, dans son jeu physique c'est du Omar pur jus mais dans sa sensibilité, son émotion, on a là un vrai acteur et pas seulement l'un des trublions les plus connus du PAF. On avait déjà pu s'en rendre compte dans Tellement proches où il avait le même genre d'approche que pour Intouchables, une suite logique donc.



Ensuite, la question que l'on peut se poser c'est, est-ce qu'il mérite son César de Meilleur Acteur ? Au vu de sa prestation je dirai qu'il ne mérite pas plus qu'un autre puisque ce n'est quand même pas le rôle d'une vie mais au vu de son début de carrière, je pense qu'il le mérite, comme pour le féliciter et l'encourager à rester dans cette voie (au contraire de son pote Fred qui ne semble pas prendre trop de risques dans la voie des comédies bien de chez nous).

Autre question que l'on pourrait se poser, c'est de savoir si Intouchables est véritablement le film nécessaire que l'on nous vend depuis que le film est sorti au cinéma. Pour ma part, je n'ai pas attendu le film pour avoir un avis sur la condition des personnes handicapées. Intouchables n'a pas été une illumination, je n'ai pas découvert la vie des handicapés avec le film. Si ça l'a été pour d'autres personnes tant mieux, c'est très bien mais que les médias de masse arrête avec leur bien pensance édifiante. Et si le film avait fonctionné parce qu'il était drôle, tout simplement ? Et pas parce qu'il pose un certain regard sur la société. Il le fait mais ce n'est clairement pas le but premier du film. A un moment donné, il faudrait remettre en question ce que les médias nous vendent. Ça commence à être bien pénible. Enfin en même temps, quand on voit comment sont traités les jeux paralympiques à la télévision française, ce n'est pas étonnant. Et c'est un exemple parmi tant d'autres.



Alors oui Intouchables nous parle de l'histoire d'un homme en fauteuil roulant qui n'a plus vraiment l'envie de vivre, qui n'a plus d'étincelles mais qui va comprendre qu'il est bel et bien vivant quand il rencontrera son nouvel auxiliaire de vie. On aurait très bien pu tomber dans le pathos le plus profond qui soit mais c'était sans compter l'intelligence des deux réalisateurs qui sont à la barre de ce projet. Pas la comédie française la plus inoubliable mais pas non plus un mauvais film. On rit, beaucoup, on s'émeut aussi et on passe un excellent moment, du genre qui met la pêche. Franchement, peu sont les films français qui réussissent à combiner chacun de ces éléments.

TF1 Video se charge de sortir Intouchables en Blu-Ray et ils relèvent le pari haut-la-main, c'est le moins que l'on puisse dire. Le film est très sobre visuellement parlant et l'apport HD se fera sur l'importance des détails, sur le piqué, la retranscription des couleurs. Le grain est présent mais sans jamais trop l'être.

Un joli Blu-Ray pour un joli film.



 

Concernant l'audio, l'éditeur nous offrira le même sérieux que pour la vidéo. La seule piste présente (DTS HD MA 5.1) remplie très bien son office. Les dialogues sont très claires et très bien centrés, la musique (toujours aussi présente et importante) nous enveloppe et nous immerge dans cette belle histoire.

Une très bonne piste, très sobre. A l'image du film.

L'éditeur a eu la bonne idée de proposer une piste en audiodescrption et des sous-titres pour sourds et malentendants.



 

Pas loin de deux heures de bonus (hors commentaire audio) et qui n'entrent absolument pas dans la catégorie des bonus un peu inutiles, que l'on nous ressert un peu trop souvent à mon goût en ce moment. 

 

  • Commentaire audio des deux réalisateurs

 

  • Making-of (HD, 29 mins) : Comme son nom l'indique très bien, ça sera ce document qu'il vous faudra voir si vous vous en savoir plus sur la conception du film. On y voit plusieurs séquences de tournages, des discussions entre les différents intervenants. C'est intéressant et très pertinent.

 

  • Scènes coupées (HD, 7 mins) : Pas grand chose à se mettre sous la dent. Malgré tout, l'ajout d'un commentaire audio pour ces scènes supprimées est une bonne idée qui permet de comprendre un peu mieux les raisons de leurs évictions.


  • Portraits d'Intouchables (HD, 47 mins) : LE bonus de cette édition. Si on avait déjà eu droit à un making-of du film, ce documentaire là pourrait s'apparenter à un making-of sur l'histoire du film. On va nous parler des deux personnes dont l'histoire du film a été tiré (et qui avait déjà été le sujet d'un livre),  Philippe Pozzo di Borgo et Abdel Sellou. Les deux hommes donneront leur ressenti aux acteurs et aux réalisateurs, on en apprendra plus sur leur histoire respective, sur les différences par rapport au film. Un document intéressant et qui offre un autre regard sur le film. On y apprendra également que certains producteurs voulaient que le personnage de François Cluzet retrouve l'usage de ses bras à la fin du film, pour que ça paraisse moins hard dans le propos. Certains producteurs ne devraient jamais avoir leur mot à dire sur le film pour lequel il donne de l'argent...




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Contagion On vous le dit et on vous le répète, une contagion vous guette. Ca fait la une des journaux, ça fait rire les oiseaux et pourtant ça finirait presque par nous foutre les jetons. Parce que le risque pandémique est important à notre époque de déplacement, et que, si l'on s'en réfère aux épidémiologistes, une pandémie frappe l'humanité tous les cent ans, en moyenne. La dernière, c'était la grippe espagnole (moins digeste que la paëlla) entre 1918 et 1919. Faites le calcul par vous-même.

Fatalement, un sujet aussi fort, aussi sensible, susceptible de toucher autant de monde et donc d'inquiéter autant de monde, ne peut qu'intéresser les studios. Ce qui explique tous les films que, par souci de facilité, je rangerais dans la case "maladies et autres virus". Ils pullulent, littéralement, depuis quelques années et s'attachent à exprimer, le plus souvent, une maladie sous toutes ses formes et les résultats de l'expansion de cette ou ces maladies. Que ce soit une bonne vieille grippe (ou autres maladies du même acabit) comme dans Infectés ou une transformation en zombies, le résultat est le même et l'on parle de maladie. 

Contagion n'est pas le premier film donc, à s'intéresser au sujet, et ne sera sûrement pas le dernier, vu l'engouement, sous toutes ces formes, pour cette psychose qui nous touche tous et toutes. Suffit de voir les infos, les rappels constants sur l'hygiène, notre connaissance des modes de transmissions jusqu'à l'incroyable bordel autour de la campagne de vaccination pour H1N1 pour comprendre que l'humanité flippe et que les médias / l'OMS / les gouvernements / l'industrie pharmaceutique, ne font rien pour qu'on se libère de cette épée de Damoclès qui trône, tranquille, au dessus de nos têtes.

 

 

Qu'est-ce qui peut, aujourd'hui, permettre à un film, de sortir du lot, quand tant d'autres ont étudié le sujet en long, en large et en travers et sous toutes ses formes ? Contagion va, pour se faire, jouer la carte du scientifique. Certes, avant lui, Alerte, en 1995, jouait également cette carte. Pour autant Contagion va prendre ses distances, en abordant le problème sous l'angle du "non-sensationnalisme". Contagion sera froid, sérieux, anxiogène par moments, mais ne jouera jamais sur le registre d'une Terre dévastée devenue un no man's land ou sur des émeutes mondiales et autres survies entre survivants. Contagion va seulement se concentrer sur la naissance d'un virus mutant de la grippe, son expansion à l'échelle mondiale de façon dramatique, les résultats de cette expansion et sa solution. L'idée ici n'est pas de parler d'un "décimateur" qui, détruisant tout sur son passage, renverrait les rares survivants à l'âge de Mad Max, mais plutôt de l'aborder comme toutes les maladies l'ont été jusqu'ici, une pandémie, responsable de nombreux morts et les moyens mis en oeuvre pour circonscrire la menace dans un premier temps, puis le développement et la distribution d'un vaccin.

C'est ce côté scientifique, méthodique, froid, certains diront impersonnel, qui donne son identité à Contagion. Ca se retrouve d'ailleurs dans l'aspect visuel du film, sublimé par le Blu-ray, adoptant des teintes froides, grises ou bleues. Le paradoxe dans ce choix du "non-bigger than life", est l'adoption d'un casting large et cinq étoiles. Moins surprenant vu que c'est un film de Soderbergh qui s'est fait une spécialité du film choral depuis Traffic. Quand je parle paradoxe, c'est que l'apport de tant de personnes, et de tant d'acteurs, va un peu à l'encontre de la volonté de s'attacher, parfois de façon clinique, à aborder la maladie avec la tête froide (signe de bonne santé). Mais j'y reviendrais un peu plus bas. En revanche, sur l'aspect technique, force est de constater que Soderbergh confirme encore et toujours un indéniable talent. C'est réellement très bien filmé, avec souvent de vrais choix en matière artistique ou de mise en scène, d'aspect du film, dans son visuel. Il est difficile de tracer une ligne droite dans la filmo du réalisateur, tant il semble aimer changer de sujet, mais force est de reconnaître que l'homme est doué, a des choses à dire et qu'il se taille et s'est déjà taillé, une filmographie de premier ordre. Dernier bon point, l'excellente BO du compère de Soderbergh, Cliff Martinez, à base de sons rétros, électro, aussi froids que le film peut l'être, donc en totale adéquation pour la part, jusqu'à l'aspect anxiogène que le film peut revêtir par moments.

Casting large donc et présence de nombre de personnages qui permettent, à la base, d'aborder le problème sous différents angles et problématiques et d'essayer, dans son sens le plus large, d'évoquer les multiples intervenants qui peuvent se retrouver mêlés au problème d'une pandémie. Car, finalement, si l'on parle de maladie, on va surtout s'intéresser au traitement de l'information (ou à sa rétention), à la façon dont les médias traitent le problème, la façon dont des organisations comme le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) ou l'OMS se chargent d'y trouver une solution, voire à la façon dont le public doit apprendre à gérer la maladie et, plus que ça, l'autre, quand il devient une source de risque. Contagion, de façon intelligente, s'attachera même à évoquer la blogosphère et la façon dont la diffusion de l'information a changé à notre époque d'Internet 2.0 et de réseaux sociaux, et la façon dont ceci pourrait influencer (en bien ou en mal) l'humanité.

 

 

On suit donc différents personnages, pour plusieurs regards sur la maladie, qu'ils soient scientifiques, politiques ou simples particuliers, malades ou non. Pêle-mêle, on aura Thomas Emhoff, mari du patient zéro, le docteur Erin Mears, employée du CDC, chargée de circonscrire la maladie et d'organiser au niveau local les centres de soin et la prise en charge des malades. Il y aura également le docteur Leonora Orantes, de l'OMS, qui enquête sur les débuts de cette maladie, Alan Krumwiede, blogueur influent et adepte de la théorie du complot, le docteur Ellis Cheever, directeur du CDC ou encore le docteur Ally Hextal, qui travaille à trouver un remède à cette maladie. Entre autres, puisque d'autres personnages, plus ou moins importants, apparaîtront régulièrement ou pas. Ceci afin de vous donner une vague idée de la difficulté de faire cohabiter tout ce beau monde.

Et fatalement, dans un film d'1h45, plutôt construit et dense en informations, avoir tant de points de vue, d'intervenants, d'avis et sons de cloche différents conduit forcément à des choix en matière de présence à l'écran et / ou d'importance de la story line. Sans traiter tous les personnages et leurs inconvénients, manques ou tout ce que vous voulez, il est clair que tous ne bénéficient pas du même temps de présence à l'écran. Certains tiennent de l'éclair, genre Gwyneth Paltrow, pas aussi court que Malcom McDowell dans The Artist tout de même, mais qui, paradoxalement, est hyper importante pour le film quand bien même elle n'est Paltrow là (désolé pour le jeu de mot, mais je le médite depuis que j'ai vu le film...). Et bien entendu, qui dit petite présence à l'écran, dit généralement performance peu marquante.

C'est ainsi que se détachent franchement Matt Damon, qui joue Thomas Emhoff, Kate Winslet, pour Erin Mears, Laurence Fishburne, pour Ellis Cheever, et Jude Law, qui joue Alan Krumwlede. Matt Damon se révèle particulièrement bon en mari et père, mari qui découvre les infidélités de sa femme, la patiente zéro, et père qui fait ce qu'il peut pour protéger sa fille et lui offrir la situation la plus normale possible. De même Kate Winslet, qui elle, au plus près de la maladie et des malades, va tenter, mandatée par le CDC, d'organiser tout ce beau bordel au niveau local. Mention spéciale également à Jude Law, qui va exceller dans le rôle de ce blogueur dégueulasse, adepte de la théorie du complot et responsable, à son niveau d'un certain nombre de choses.

 

 

Pour le reste, c'est trop souvent trop peu, en présence et en importance, parfois au détriment du film d'ailleurs ou des différentes pistes évoquées dans le film. C'est d'ailleurs ici que l'on touche certaines faiblesses de Contagion qui, à trop vouloir aborder le sujet de façon exhaustive, ne finit que par en effleurer certains. Ainsi le rôle de Marion Cotillard, celle d'une enquêtrice de l'OMS, qui pour le coup ne sert pas à grand-chose, alors que, sur le chapitre enquête il y avait des choses à révéler, le film se contentant de nous servir, de façon ultime, le mécanisme qui a conduit à la déclaration de la maladie. De même, toujours pour ce personnage qui va se retrouver à affronter certaines difficultés, la résolution de ces problèmes, pour cynique qu'elle soit, est trop rapide pour réellement servir le propos (oui les gouvernements ne sont pas des gentils et mentent facilement, qui en doute aujourd'hui ? ou le don d'enfoncer des portes ouvertes).

Autre petite faiblesse, la charge du film contre la blogosphère, pour fonder qu'elle soit, a tendance parfois à sembler à charge. Contagion n'occulte pas les différents profiteurs ou autres empêcheurs de "soigner en rond" qui peuvent exister dans de telles situations, pour autant, ici, le blog et la façon dont les réseaux sociaux diffusent l'info, n'apparaissent que sous leur plus mauvais jour, personnifié par Jude Law. Or, et si ce système d'info sociale peut porter à caution, on en est bien conscient, il peut également servir, et dans le bon sens. Or Contagion évite soigneusement le sujet.

Enfin, dernier "petit" problème de Contagion, c'est qu'à force de jouer le froid, le non-sensationnalisme, il finit par être un peu "chiant", un peu impersonnel, au point même qu'à force de ne pas jouer le pathos, bon point pourtant en sa faveur, on finit par ne s'attacher réellement à personne, alors que c'est bien une pandémie qui se déroule devant nos yeux, avec son cortège de morts, de situations terribles, de dépradations, etc... J'ai pu lire à droite et à gauche, que c'était l'emploi de tant de "grands" noms qui finissait par nous détacher du film, ce que je trouve totalement ridicule. En revanche, il est clair que le film a les défauts de ses qualités. 

 

 

Pour autant, et pour peu que l'on accroche au thème, Contagion reste un bon film, peut-être trop peu marquant, trop peu différent. Difficile de lui enlever qu'à vouloir l'aborder, la maladie, sous un certain angle, il finit paradoxalement par se tirer une balle dans le pied, pour autant, difficile également de ne pas saluer la volonté de traiter le sujet de façon différente, plus complète et plus concernée, ceci afin de faire prendre conscience qu'une maladie entraîne une cascade d'obligations et d'intervenants et que la résolution ne peut être simple. Contagion se veut réaliste à défaut de sensationnel, et montre une vision très plausible d'une pandémie, dans notre société actuelle. Un dernier mot sur la construction du film, au jour le jour et démarrant au "Jour 2" pour suivre l'évolution et la résolution pour finir sur le "Jour 1". J'ai beaucoup aimé cette idée de cycle, rappelée à différents moments du film, pour mieux nous faire comprendre que l'émergence d'une nouvelle maladie n'est qu'une étape, qu'il y en aura toujours une autre, un jour, et que tout sera à refaire. Une leçon à méditer.

Inutile de s'étendre là dessus, c'est Warner, c'est un film récent, donc c'est beau, très précis. L'image est le plus souvent sublimée par le support qui permet, à chaque fois, d'aborder le visuel conjointement avec les volontés de l'équipe technique. Ainsi, ce sera toujours froid, parfois à dominence grise, d'autres bleues, mais toujours très précis. Du très bon boulot, on n'en attendait pas moins.

 

Comme d'habitude, DTS-HD Master Audio 5.1 pour la VO, Dolby Digital 5.1 pour les autres. Là encore, c'est bien entendu la VO qui est à privilégier, supérieure sur tous les point à la VF, même si elle reste de qualité, que ce soit en puissance, en précision, en équilibre ou en ampleur.

 

Peu de choses, le parent pauvre de l'édition... C'est dans l'ensemble trop rapide pour être réellement intéressant.

° Contagion : Les vrais risques

° Les experts de la contagion

° Comment un virus peut changer le monde

° Bande annonce

 


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Thu, 05 Apr 2012 08:50:30 +0200 http://www.planete-hd.com/Contagion-test-t1051.html http://www.planete-hd.com/Contagion-test-t1051.html On vous le dit et on vous le répète, une contagion vous guette. Ca fait la une des journaux, ça fait rire les oiseaux et pourtant ça finirait presque par nous foutre les jetons. Parce que le risque pandémique est important à notre époque de déplacement, et que, si l'on s'en réfère aux épidémiologistes, une pandémie frappe l'humanité tous les cent ans, en moyenne. La dernière, c'était la grippe espagnole (moins digeste que la paëlla) entre 1918 et 1919. Faites le calcul par vous-même.

Fatalement, un sujet aussi fort, aussi sensible, susceptible de toucher autant de monde et donc d'inquiéter autant de monde, ne peut qu'intéresser les studios. Ce qui explique tous les films que, par souci de facilité, je rangerais dans la case "maladies et autres virus". Ils pullulent, littéralement, depuis quelques années et s'attachent à exprimer, le plus souvent, une maladie sous toutes ses formes et les résultats de l'expansion de cette ou ces maladies. Que ce soit une bonne vieille grippe (ou autres maladies du même acabit) comme dans Infectés ou une transformation en zombies, le résultat est le même et l'on parle de maladie. 

Contagion n'est pas le premier film donc, à s'intéresser au sujet, et ne sera sûrement pas le dernier, vu l'engouement, sous toutes ces formes, pour cette psychose qui nous touche tous et toutes. Suffit de voir les infos, les rappels constants sur l'hygiène, notre connaissance des modes de transmissions jusqu'à l'incroyable bordel autour de la campagne de vaccination pour H1N1 pour comprendre que l'humanité flippe et que les médias / l'OMS / les gouvernements / l'industrie pharmaceutique, ne font rien pour qu'on se libère de cette épée de Damoclès qui trône, tranquille, au dessus de nos têtes.

 

 

Qu'est-ce qui peut, aujourd'hui, permettre à un film, de sortir du lot, quand tant d'autres ont étudié le sujet en long, en large et en travers et sous toutes ses formes ? Contagion va, pour se faire, jouer la carte du scientifique. Certes, avant lui, Alerte, en 1995, jouait également cette carte. Pour autant Contagion va prendre ses distances, en abordant le problème sous l'angle du "non-sensationnalisme". Contagion sera froid, sérieux, anxiogène par moments, mais ne jouera jamais sur le registre d'une Terre dévastée devenue un no man's land ou sur des émeutes mondiales et autres survies entre survivants. Contagion va seulement se concentrer sur la naissance d'un virus mutant de la grippe, son expansion à l'échelle mondiale de façon dramatique, les résultats de cette expansion et sa solution. L'idée ici n'est pas de parler d'un "décimateur" qui, détruisant tout sur son passage, renverrait les rares survivants à l'âge de Mad Max, mais plutôt de l'aborder comme toutes les maladies l'ont été jusqu'ici, une pandémie, responsable de nombreux morts et les moyens mis en oeuvre pour circonscrire la menace dans un premier temps, puis le développement et la distribution d'un vaccin.

C'est ce côté scientifique, méthodique, froid, certains diront impersonnel, qui donne son identité à Contagion. Ca se retrouve d'ailleurs dans l'aspect visuel du film, sublimé par le Blu-ray, adoptant des teintes froides, grises ou bleues. Le paradoxe dans ce choix du "non-bigger than life", est l'adoption d'un casting large et cinq étoiles. Moins surprenant vu que c'est un film de Soderbergh qui s'est fait une spécialité du film choral depuis Traffic. Quand je parle paradoxe, c'est que l'apport de tant de personnes, et de tant d'acteurs, va un peu à l'encontre de la volonté de s'attacher, parfois de façon clinique, à aborder la maladie avec la tête froide (signe de bonne santé). Mais j'y reviendrais un peu plus bas. En revanche, sur l'aspect technique, force est de constater que Soderbergh confirme encore et toujours un indéniable talent. C'est réellement très bien filmé, avec souvent de vrais choix en matière artistique ou de mise en scène, d'aspect du film, dans son visuel. Il est difficile de tracer une ligne droite dans la filmo du réalisateur, tant il semble aimer changer de sujet, mais force est de reconnaître que l'homme est doué, a des choses à dire et qu'il se taille et s'est déjà taillé, une filmographie de premier ordre. Dernier bon point, l'excellente BO du compère de Soderbergh, Cliff Martinez, à base de sons rétros, électro, aussi froids que le film peut l'être, donc en totale adéquation pour la part, jusqu'à l'aspect anxiogène que le film peut revêtir par moments.

Casting large donc et présence de nombre de personnages qui permettent, à la base, d'aborder le problème sous différents angles et problématiques et d'essayer, dans son sens le plus large, d'évoquer les multiples intervenants qui peuvent se retrouver mêlés au problème d'une pandémie. Car, finalement, si l'on parle de maladie, on va surtout s'intéresser au traitement de l'information (ou à sa rétention), à la façon dont les médias traitent le problème, la façon dont des organisations comme le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) ou l'OMS se chargent d'y trouver une solution, voire à la façon dont le public doit apprendre à gérer la maladie et, plus que ça, l'autre, quand il devient une source de risque. Contagion, de façon intelligente, s'attachera même à évoquer la blogosphère et la façon dont la diffusion de l'information a changé à notre époque d'Internet 2.0 et de réseaux sociaux, et la façon dont ceci pourrait influencer (en bien ou en mal) l'humanité.

 

 

On suit donc différents personnages, pour plusieurs regards sur la maladie, qu'ils soient scientifiques, politiques ou simples particuliers, malades ou non. Pêle-mêle, on aura Thomas Emhoff, mari du patient zéro, le docteur Erin Mears, employée du CDC, chargée de circonscrire la maladie et d'organiser au niveau local les centres de soin et la prise en charge des malades. Il y aura également le docteur Leonora Orantes, de l'OMS, qui enquête sur les débuts de cette maladie, Alan Krumwiede, blogueur influent et adepte de la théorie du complot, le docteur Ellis Cheever, directeur du CDC ou encore le docteur Ally Hextal, qui travaille à trouver un remède à cette maladie. Entre autres, puisque d'autres personnages, plus ou moins importants, apparaîtront régulièrement ou pas. Ceci afin de vous donner une vague idée de la difficulté de faire cohabiter tout ce beau monde.

Et fatalement, dans un film d'1h45, plutôt construit et dense en informations, avoir tant de points de vue, d'intervenants, d'avis et sons de cloche différents conduit forcément à des choix en matière de présence à l'écran et / ou d'importance de la story line. Sans traiter tous les personnages et leurs inconvénients, manques ou tout ce que vous voulez, il est clair que tous ne bénéficient pas du même temps de présence à l'écran. Certains tiennent de l'éclair, genre Gwyneth Paltrow, pas aussi court que Malcom McDowell dans The Artist tout de même, mais qui, paradoxalement, est hyper importante pour le film quand bien même elle n'est Paltrow là (désolé pour le jeu de mot, mais je le médite depuis que j'ai vu le film...). Et bien entendu, qui dit petite présence à l'écran, dit généralement performance peu marquante.

C'est ainsi que se détachent franchement Matt Damon, qui joue Thomas Emhoff, Kate Winslet, pour Erin Mears, Laurence Fishburne, pour Ellis Cheever, et Jude Law, qui joue Alan Krumwlede. Matt Damon se révèle particulièrement bon en mari et père, mari qui découvre les infidélités de sa femme, la patiente zéro, et père qui fait ce qu'il peut pour protéger sa fille et lui offrir la situation la plus normale possible. De même Kate Winslet, qui elle, au plus près de la maladie et des malades, va tenter, mandatée par le CDC, d'organiser tout ce beau bordel au niveau local. Mention spéciale également à Jude Law, qui va exceller dans le rôle de ce blogueur dégueulasse, adepte de la théorie du complot et responsable, à son niveau d'un certain nombre de choses.

 

 

Pour le reste, c'est trop souvent trop peu, en présence et en importance, parfois au détriment du film d'ailleurs ou des différentes pistes évoquées dans le film. C'est d'ailleurs ici que l'on touche certaines faiblesses de Contagion qui, à trop vouloir aborder le sujet de façon exhaustive, ne finit que par en effleurer certains. Ainsi le rôle de Marion Cotillard, celle d'une enquêtrice de l'OMS, qui pour le coup ne sert pas à grand-chose, alors que, sur le chapitre enquête il y avait des choses à révéler, le film se contentant de nous servir, de façon ultime, le mécanisme qui a conduit à la déclaration de la maladie. De même, toujours pour ce personnage qui va se retrouver à affronter certaines difficultés, la résolution de ces problèmes, pour cynique qu'elle soit, est trop rapide pour réellement servir le propos (oui les gouvernements ne sont pas des gentils et mentent facilement, qui en doute aujourd'hui ? ou le don d'enfoncer des portes ouvertes).

Autre petite faiblesse, la charge du film contre la blogosphère, pour fonder qu'elle soit, a tendance parfois à sembler à charge. Contagion n'occulte pas les différents profiteurs ou autres empêcheurs de "soigner en rond" qui peuvent exister dans de telles situations, pour autant, ici, le blog et la façon dont les réseaux sociaux diffusent l'info, n'apparaissent que sous leur plus mauvais jour, personnifié par Jude Law. Or, et si ce système d'info sociale peut porter à caution, on en est bien conscient, il peut également servir, et dans le bon sens. Or Contagion évite soigneusement le sujet.

Enfin, dernier "petit" problème de Contagion, c'est qu'à force de jouer le froid, le non-sensationnalisme, il finit par être un peu "chiant", un peu impersonnel, au point même qu'à force de ne pas jouer le pathos, bon point pourtant en sa faveur, on finit par ne s'attacher réellement à personne, alors que c'est bien une pandémie qui se déroule devant nos yeux, avec son cortège de morts, de situations terribles, de dépradations, etc... J'ai pu lire à droite et à gauche, que c'était l'emploi de tant de "grands" noms qui finissait par nous détacher du film, ce que je trouve totalement ridicule. En revanche, il est clair que le film a les défauts de ses qualités. 

 

 

Pour autant, et pour peu que l'on accroche au thème, Contagion reste un bon film, peut-être trop peu marquant, trop peu différent. Difficile de lui enlever qu'à vouloir l'aborder, la maladie, sous un certain angle, il finit paradoxalement par se tirer une balle dans le pied, pour autant, difficile également de ne pas saluer la volonté de traiter le sujet de façon différente, plus complète et plus concernée, ceci afin de faire prendre conscience qu'une maladie entraîne une cascade d'obligations et d'intervenants et que la résolution ne peut être simple. Contagion se veut réaliste à défaut de sensationnel, et montre une vision très plausible d'une pandémie, dans notre société actuelle. Un dernier mot sur la construction du film, au jour le jour et démarrant au "Jour 2" pour suivre l'évolution et la résolution pour finir sur le "Jour 1". J'ai beaucoup aimé cette idée de cycle, rappelée à différents moments du film, pour mieux nous faire comprendre que l'émergence d'une nouvelle maladie n'est qu'une étape, qu'il y en aura toujours une autre, un jour, et que tout sera à refaire. Une leçon à méditer.

Inutile de s'étendre là dessus, c'est Warner, c'est un film récent, donc c'est beau, très précis. L'image est le plus souvent sublimée par le support qui permet, à chaque fois, d'aborder le visuel conjointement avec les volontés de l'équipe technique. Ainsi, ce sera toujours froid, parfois à dominence grise, d'autres bleues, mais toujours très précis. Du très bon boulot, on n'en attendait pas moins.

 

Comme d'habitude, DTS-HD Master Audio 5.1 pour la VO, Dolby Digital 5.1 pour les autres. Là encore, c'est bien entendu la VO qui est à privilégier, supérieure sur tous les point à la VF, même si elle reste de qualité, que ce soit en puissance, en précision, en équilibre ou en ampleur.

 

Peu de choses, le parent pauvre de l'édition... C'est dans l'ensemble trop rapide pour être réellement intéressant.

° Contagion : Les vrais risques

° Les experts de la contagion

° Comment un virus peut changer le monde

° Bande annonce

 


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The Bird with the Crystal Plumage Avant-propos : L'article qui suit traite d'un grand film de 1970 : L'ulcello di piume di cristallo (ou the Bird with the Crystal Plumage, ou encore : L'oiseau au plumage de cristal) dans son édition Blu-Ray, par Blue-Underground, la boîte de William Lustig, le réalisateur de Maniac (voir ici l'article le concernant). Toujours est-il qu'il vous sera sans doute difficile de trouver ce film, car suite à un problème de droits, la boite spécialisée dans la ressortie de vieilles pépites seventies a arrêté la production de ce film. Ainsi ce sera sur la toile qu'il vous faudra trouver ce film, et à prix fort élevé (comptez plus $60).

Le Giallo, ou le phénix qui renaît de ses cendres.
Le Giallo est un genre cinématographique particulier, directement issu de ce beau pays qu'est l'Italie. Malheureusement beaucoup de spectateurs pensent (à tort) que si ça vient d'Italie c'est forcément frippon et/ou mauvais. En général, je jette des pierres à ces individus... D'autant que si l'Italie a longtemps été considérée comme un pays de recycleurs éhontés (voir les Mattei, et compagnie), il s'agirait de ne pas oublier qu'elle fut un pays de réalisateurs pionniers, comme l'Espagne est actuellement considérée pour le fantastique et l'horreur. Et c'est dans ce pays ensoleillé que les films les plus sombres d'une époque furent tournés : les Giallis.
Initialement utilisé pour désigner la couleur de ces romans de gare policiers (giallo = jaune), c'est devenu une collection de livres édités par les éditions Mondadori de 1929 à 1960, et c'est Mario Bava, qui en 1963, lui donnera ses lettres de noblesse au cinéma avec son inoubliable La Ragazza che sapeva troppo (La Fille qui en savait trop, que je vous recommande chaudement).
Même si le courant "littéraire" italien fut initialement influencé par le Krimi allemand (avec les écrits d'Edgar Wallace), il a su se parer de ses propres codes, pour devenir un genre à part entière au cinéma.

D'ailleurs, anecdote assez drôle, le Giallo reposant sur le concept du whodunit (contraction de Who Done it? - qui a fait ça), des écrits ultra populaires dans les autres pays comme les livres d'Agatha Christie ou Georges Simenon sortirent en Italie dans cette collection.



Le Giallo a ses propres codes et sont pour les principaux de grandes scènes de meurtres excessivement sanglantes, un jeu de caméra très stylisé et une musique inhabituelle (ceci est particulièrement vrai pour Dario Argento qui collabora avec Ennio Morricone puis avec le groupe Goblin). L'élément whodunit est conservé mais combiné au slasher, filtré par la longue tradition italienne de l'opéra et du grand guignol. D'ailleurs le tueur est toujours ou presque armé d'une arme tranchante (de préférence un rasoir), et ganté de cuir noir. Ces deux dernières caractéristiques ayant été créées par Bava lui-même pour son Six Femmes pour l'Assassin (1964 - celui-ci aussi je vous le recommande !).

Donc, comme je le disais plus haut, Mario Bava "lançait" ce genre avec La Ragazza che sapeva troppo (clin d'oeil évident au film d'Hitchcock, l'Homme qui en savait trop - histoire d'affirmer leur lien d'affiliation avec la culture anglo-saxonne), et quelques autres puis fût rejoint par d'autres grands noms, comme Lucio Fulci et son Perversion Story en 1969, Antonio Margheriti, avec Nude... si muore (Naked You Die - 1968), ou encore Umberto Lenzi avec Così dolce... così perversa (Si douces, Si perverses en 1969).
Mais, c'est en 1970 qu'un jeune réalisateur va littéralement mettre les autres à la rue : il s'agit de Dario Argento. Bon d'accord, j'y vais un peu fort, puisque les autres continueront, mais non sans avoir mis la pédale douce, tant ce jeune homme a placé la barre haute !
Alors âgé de 29 ans, le jeune Dario Argento intéresse les producteurs italiens, suite au succès d'Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone, dont Dario Argento est le co-scénariste (l'autre étant "juste" Bernardo Bertolucci).



L'idée du film L'Oiseau au plumage de Cristal est venue d'une discussion avec Bernardo Bertolucci, et de la lecture de l'ouvrage de Fredric Brown, The Screaming Mimi. Par contre, il va opérer une refonte totale du livre, tout en y ajoutant des références évidentes à "La Fille qui en savait Trop" (comme le personnage principal qui vient de l'étranger, qui est témoin d’un meurtre -ou d'une tentative-, qui doit mener sa propre enquête, etc.).
Il ne reste au jeune Dario qu'à trouver un producteur, ce qui est particulièrement difficile. Le script plaît, mais le réalisateur est jugé trop jeune. Un producteur veut lui acheter son script afin de le faire réaliser par Terrence Young, ce que l'italien refuse. Finalement, il trouvera sa production en la personne de Lombardo. Problème : Ce dernier n'est que rarement d'accord avec le réalisateur, et veut s'en débarrasser, dès le visionnage des premiers rushes, au profit de Ferdinando Baldi (réalisateur de Django, Prépares ton cercueil - avec Terrence Hill et George Eastman, en 1968).
Heureusement pour Dario, une clause dans le contrat signé par les deux hommes donnera raison au réalisateur, et Lombardo laissera sa place à Salvatore Argento (son père).

C'est suite à cela que le réalisateur, ayant dès lors les coudées franches, pourra lui donner une tournure toute personnelle, lui permettant ainsi de se faire un nom dans la profession.

Plutôt que d'utiliser le titre américain (puisque le blu-ray chroniqué ici vient de là-bas), je préfère utiliser le titre italien : L'Uccello dalle piume di cristallo. Ce film est le premier volet d'une trilogie giallesque, bien souvent appelée "la trilogie animalière d'Argento". En effet, ces trois films, n'entretenant aucun rapport les uns avec les autres, porteront tous trois des titres aux noms d'animaux. Le suivant est Le Chat à Neuf Queues (Il Gatto a nove code), et le troisième, 4 Mosche di velluto grigio (Quatre Mouches de Velours Gris).
Cette trilogie fut un réel renouveau du genre de par ses innovations.



Mais, que vous ayez vu ou pas ce film, vous en avez sûrement déjà entendu parler. Alors pour que ça fasse autant de bruit, inutile de dire que le réalisateur doit être talentueux. Et du talent, il en a des caisses complètes! Car jouant constamment sur l'inspiration plagiaire (Hitchcock et son Homme qui en savait trop et Psychose en tête, ou encore Pulsions de De Palma -pour la scène de l'ascenseur), et l'inspiration personnelle du monsieur, le film a un air d'astuce indéniable, grâce à un scénario extrêmement bien ficelé.

Dario Argento réussit à réaliser un film organisé, bénéficiant d'une structure claire, sans être linéaire, surprenant par son monde gothico-onirique, jouant dès ce premier long métrage sur les effets de lumière tout en contraste, et en alternant judicieusement entre réalité et rêveries : le constat est là, dès son premier film Argento nous entraîne ou plutôt nous propulse sur la voie de l'illusion.
Sans dévoiler aucune scène du film, je peux vous assurer que vous vous ferez berner comme tout le monde !
Toujours est-il que les couleurs sont d'une importance capitale dans la filmographie de Dario Argento (souvenez-vous Suspiria), mais d'autres caractéristique de son cinéma font déjà leur apparition dans L'Uccello dalle piume di cristallo.
En effet, et mis à part les bases giallesques, on retrouve un héros (ou personnage principal, au choix) qui travaille dans le milieu artistique, puisqu'il est écrivain (celui de Profondo Rosso est pianiste, et j'en passe). Mais on y retrouve également les œuvres d'art aussi inquiétantes que terrifiantes, qui ont une sorte de pouvoir surnaturel (rappelant immédiatement la Sindrome di Stendhal), la peinture qui y est omniprésente (d'ailleurs, les séquences de meurtres semblent sortir de quelque toile de peintre malade et romantique, à tendance fétichiste - le cuir, l'arme blanche). La musique y est lancinante et angoissante : Dario Argento sait dans quelle direction il va, et impose une patte, une touche personnelle indéniable, et ce, dès son premier long métrage !

Car si pour vous le film peut paraître n'être qu'un bête film policier, vous vous trompez ! Il s'agit d'un thriller solide, dans un environnement moderne, urbain, où le tueur peut venir de n'importe où. Tout se passe à Rome (comme la majorité de ses films), et sa connaissance de sa ville lui permet de nous rabâcher la même phrase : "Faites attention à ce que vous voyez !"
Dans le fond, c'est un film particulièrement ingénieux, détournant les images, les décalant, nous perdant sans cesse, avec ses personnages fouillés (incarnés par d'excellents acteurs), des personnages secondaires croustillants, permettant même à Dario Argento d'introduire des touches d'humour se mariant parfaitement avec leurs séquences (l'antiquaire gay, ou l'artiste mangeur de chats (?)).



Sur la forme, je n'irai pas par quatre chemins : c'est du génie ! (sans bouillir). En emboîtant le pas à de nombreux films d'horreur, les scènes du tueur, en vue subjective (et respiration maladive) nous rendent complices à notre corps défendant de ce malade. D'ailleurs les mises en scène de "meurtres" sont impressionnantes de modernisme, et graphiquement très violentes, sans faire surannées (et loin d'être illisible comme c'est la mode aujourd'hui) : grâce à un montage posé, le réalisateur continue à distiller une ambiance propre à sa vision. La réalisation est empreinte d'un modernisme qui renvoie les détracteurs d'Argento dans leurs derniers retranchements, le tout porté par une musique lancinante et angoissante signée Ennio Morricone ('scusez du peu, hein). A mi-chemin entre cinéma populaire et cinéma expérimental, ce film est proche de la perfection, ne serait-ce que dans cette perversion illusionniste des images, des photographies, de ce qui nous est montré (la première scène offre ainsi une vision incomplète où réside une pièce manquante cruciale dans la résolution de l'enquête).

Niveau suspense, vous serez servi, comme rarement, et démarra à son époque un engouement certain pour le giallo (car jusqu'ici, même les giallis de Mario Bava n'avaient qu'un succès relatif). L'Uccello dalle piume di cristallo est comme une peinture en mouvement, tant l'exercice de style est convaincant et impressionnant !
Je ne veux absolument pas tenter de résumer le film, mais l'histoire pourrait tenir en ces lignes : Sam Dalmas (Tony Musante), un écrivain américain s'étant installé à Rome est le témoin d'une tentative de meurtre dans une galerie d'art la veille de son retour vers l'Amérique. La police confisque son passeport, afin qu'il reste en Italie, car il est un témoin important. Sam est dès lors hanté par ce qu'il a vu cette nuit-là, persuadé qu'un détail important lui échappe.

Et je ne vous en dirai pas plus, si ce n'est qu'il FAUT absolument regarder cette bombe. Avant-gardiste, ténébreux, artistique, expérimental, et surtout passionnant ! Pleurez devant la construction tout simplement parfaite de l'agression de la galerie d'art, et ses sous-entendus (les vitres, et les sons en sourdine, témoins visuels et auditifs d'une impuissance totale).
Un grand giallo, un grand film, un chef d'œuvre, le premier d'une carrière ! Véritablement un immanquable du patrimoine cinématographique européen !
Je sais pertinemment qu'il peut-être difficile pour certains de regarder de vieux films, mais celui-ci, mis à part les coupes de cheveux, et les pantalons en velours côtelé, il est on ne peut plus actuel et moderne...

Je ne vois pas comment vous convaincre de regarder ce chef d'œuvre qui a inspiré bon nombre de réalisateurs pour leurs réalisations... Notez qu'une édition anglaise, de chez Arrow Vidéo est prévue pour début Mai. Il n'y aura pasde piste française, mais ne coûtera pas le prix de cette édition américaine, désormais Sold-Out.

Ce n'est pas The Bird with the Cristal Plumage qui deviendra la démo Blu-Ray ultime, mais c'est clairement devant une belle restauration, et surtout la meilleure façon de regarder ce film que nous nous trouvons !
Les couleurs sont superbes (et le rouge du sang ressort particulièrement), les textures sont richissimes (voir le mur en brique dans l'appartement de Sam Dalmas), ou d'une manière générale bien mises en valeur (les étoffes).
Aucune pixellisation dans les plans sombres ou "brumeux", mais un peu de bruit malgré tout vient gâcher tout ça. Le grain erst très présent durant toute la durée du film, et le spectateur attentif notera la présence de quelques pétouilles sur l'image. Mais l'ensemble fait plaisir à voir, et l'on sent le travail effectué sur ce classique.

 

Comme à son habitude, Blue-Underground propose moultes pistes multicanales. Par contre, sachez que les seuls sous titres présents sont des sous titres anglais. Typique des premières éditions de Lustig, les suivantes ont vu arriver des pistes françaises (car il aime notre pays), et des sous titres français.
La piste la plus impressionnante est sans conteste la Version anglaise  en DTS-HD Master Audio 7.1, avec sa musique répartie sur chacun des canaux, nous plongeant directement dans cette étrange atmosphère. Puis, une autre version anglaise en Dolby True HD, 7.1, identique à son homologue DTS. Dans les deux cas, l'ensemble est trop frontal, mais de toute façon, la bande son du film n'avait pas été pensée par son réalisateur comme une bande son exubérante, ou extravagante.
Deux autre pistes viennent compléter cette partie audio : 
Une version anglaise en Dolby Digital 5.1 Surround EX, et une version italienne identique.
Dans chacune des pistes, les dialogues seront et resteront parfaitement audibles sur l'enceinte centrale, et je ne peux que vous conseiller de le visionner dans la version 7.1 DTS-HD MA, au vu de la spatialisation de la musique, et des effets d'ambiance (respiration etc.)

D'excellents bonus, qui ont même un goût de trop peu. L'on pourra regretter l'absence d'une interview de Tony Musante. Par contre, pas de sous titres français, et mis à part les suppléments en italiens, les autres ne sont pas sous titrés anglais. Dommage car cela va priver certains d'un commentaire audio excellent!

  • Out of the Shadows - interview with co-writer/director Dario Argento : Le réalisateur parle de son propre passé, et donc de ses influences pour ce film. Il y aborde également la partie psychologique de son chef d'oeuvre (mais il est très humble), ses techniques de réalisation, ses difficultés autour du film, et tellemen,t d'autres choses qu'il serait vain de tenter de les résumer ici. C'est dense, mais passionnant, un excellent supplément d'après-film! (17'58" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - italien sous-titré anglais).

 

  • Painting with Darkness - interview with cinematographer Vittorio Storaro : Le directeur de la photographie commence par annoncer la couleur (si je puis dire) en expliquant à quel point ce film définit la carrière d'Argento, avec son style visuel unique aidant parfaitement la superposition de ses différents messages tant esthétiques que psychologique. Sacré bonhomme que ce Vittorio Storaro! (10'03" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - italien sous-titré anglais).

 

  • The Music of Murder - interview with composer Ennio Morricone : Excellente interview du Maestro, expliquant la façon dont il a travaillé pour renforcer les impressions et les sentiments du spectateur durant le film. Une interview exceptionnelle, tant les apparitions de ce grand homme son rares (surtout sur nos galettes chéries) : A voir absolument! (7'31" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - italien sous-titré anglais).

 

  • Eva's Talking - interview with actress Eva Renzi : interview de l'actrice qui nous parlera de sa carrière et de son expérience durant le film : De loin, le supplément le moins intéressant de ce disque. (11'19" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - anglais non sous-titré).

 

  • US Trailer : Désolé, mais j'adore cette tradition chez Blue-Underground d'ajouter les trailers d'époques, d'autant que celui-ci est presqu'aussi exceptionnel que son homologue italien... (2'46" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - anglais non sous-titré).

 

  • Italian Trailer : Superbe trailer italien, dévoilant ce qu'il faut pour nous faire saliver, mais gardant de belles choses dans es tiroirs, bref, l'exact opposé des bandes annonces actuelles...(3'12" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - italien non sous-titré).

 

  • TV Spot #1 : Spot télé moyen reprenant des images des trailers (0'19" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - anglais non sous-titré).

 

  • TV Spot #2 : Voir ci-dessus (0'28" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - anglais non sous-titré).

 

  • Audio commentary with Journalists Alan Jones & Kim Newman : Excellent commentaire audio, malheureusement pour certains en VO non sous titrée, qui s'attardera sur la mise en place du film, son historique pour ainsi dire, et sa place au sein de l'histoire du cinéma. Pas technique, au contraire, on nage plus dans la perspective historique et c'est un vrai régal.

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Mon, 30 Apr 2012 09:54:14 +0200 http://www.planete-hd.com/The-Bird-with-the-Crystal-Plumage-test-t1056.html http://www.planete-hd.com/The-Bird-with-the-Crystal-Plumage-test-t1056.html Avant-propos : L'article qui suit traite d'un grand film de 1970 : L'ulcello di piume di cristallo (ou the Bird with the Crystal Plumage, ou encore : L'oiseau au plumage de cristal) dans son édition Blu-Ray, par Blue-Underground, la boîte de William Lustig, le réalisateur de Maniac (voir ici l'article le concernant). Toujours est-il qu'il vous sera sans doute difficile de trouver ce film, car suite à un problème de droits, la boite spécialisée dans la ressortie de vieilles pépites seventies a arrêté la production de ce film. Ainsi ce sera sur la toile qu'il vous faudra trouver ce film, et à prix fort élevé (comptez plus $60).

Le Giallo, ou le phénix qui renaît de ses cendres.
Le Giallo est un genre cinématographique particulier, directement issu de ce beau pays qu'est l'Italie. Malheureusement beaucoup de spectateurs pensent (à tort) que si ça vient d'Italie c'est forcément frippon et/ou mauvais. En général, je jette des pierres à ces individus... D'autant que si l'Italie a longtemps été considérée comme un pays de recycleurs éhontés (voir les Mattei, et compagnie), il s'agirait de ne pas oublier qu'elle fut un pays de réalisateurs pionniers, comme l'Espagne est actuellement considérée pour le fantastique et l'horreur. Et c'est dans ce pays ensoleillé que les films les plus sombres d'une époque furent tournés : les Giallis.
Initialement utilisé pour désigner la couleur de ces romans de gare policiers (giallo = jaune), c'est devenu une collection de livres édités par les éditions Mondadori de 1929 à 1960, et c'est Mario Bava, qui en 1963, lui donnera ses lettres de noblesse au cinéma avec son inoubliable La Ragazza che sapeva troppo (La Fille qui en savait trop, que je vous recommande chaudement).
Même si le courant "littéraire" italien fut initialement influencé par le Krimi allemand (avec les écrits d'Edgar Wallace), il a su se parer de ses propres codes, pour devenir un genre à part entière au cinéma.

D'ailleurs, anecdote assez drôle, le Giallo reposant sur le concept du whodunit (contraction de Who Done it? - qui a fait ça), des écrits ultra populaires dans les autres pays comme les livres d'Agatha Christie ou Georges Simenon sortirent en Italie dans cette collection.



Le Giallo a ses propres codes et sont pour les principaux de grandes scènes de meurtres excessivement sanglantes, un jeu de caméra très stylisé et une musique inhabituelle (ceci est particulièrement vrai pour Dario Argento qui collabora avec Ennio Morricone puis avec le groupe Goblin). L'élément whodunit est conservé mais combiné au slasher, filtré par la longue tradition italienne de l'opéra et du grand guignol. D'ailleurs le tueur est toujours ou presque armé d'une arme tranchante (de préférence un rasoir), et ganté de cuir noir. Ces deux dernières caractéristiques ayant été créées par Bava lui-même pour son Six Femmes pour l'Assassin (1964 - celui-ci aussi je vous le recommande !).

Donc, comme je le disais plus haut, Mario Bava "lançait" ce genre avec La Ragazza che sapeva troppo (clin d'oeil évident au film d'Hitchcock, l'Homme qui en savait trop - histoire d'affirmer leur lien d'affiliation avec la culture anglo-saxonne), et quelques autres puis fût rejoint par d'autres grands noms, comme Lucio Fulci et son Perversion Story en 1969, Antonio Margheriti, avec Nude... si muore (Naked You Die - 1968), ou encore Umberto Lenzi avec Così dolce... così perversa (Si douces, Si perverses en 1969).
Mais, c'est en 1970 qu'un jeune réalisateur va littéralement mettre les autres à la rue : il s'agit de Dario Argento. Bon d'accord, j'y vais un peu fort, puisque les autres continueront, mais non sans avoir mis la pédale douce, tant ce jeune homme a placé la barre haute !
Alors âgé de 29 ans, le jeune Dario Argento intéresse les producteurs italiens, suite au succès d'Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone, dont Dario Argento est le co-scénariste (l'autre étant "juste" Bernardo Bertolucci).



L'idée du film L'Oiseau au plumage de Cristal est venue d'une discussion avec Bernardo Bertolucci, et de la lecture de l'ouvrage de Fredric Brown, The Screaming Mimi. Par contre, il va opérer une refonte totale du livre, tout en y ajoutant des références évidentes à "La Fille qui en savait Trop" (comme le personnage principal qui vient de l'étranger, qui est témoin d’un meurtre -ou d'une tentative-, qui doit mener sa propre enquête, etc.).
Il ne reste au jeune Dario qu'à trouver un producteur, ce qui est particulièrement difficile. Le script plaît, mais le réalisateur est jugé trop jeune. Un producteur veut lui acheter son script afin de le faire réaliser par Terrence Young, ce que l'italien refuse. Finalement, il trouvera sa production en la personne de Lombardo. Problème : Ce dernier n'est que rarement d'accord avec le réalisateur, et veut s'en débarrasser, dès le visionnage des premiers rushes, au profit de Ferdinando Baldi (réalisateur de Django, Prépares ton cercueil - avec Terrence Hill et George Eastman, en 1968).
Heureusement pour Dario, une clause dans le contrat signé par les deux hommes donnera raison au réalisateur, et Lombardo laissera sa place à Salvatore Argento (son père).

C'est suite à cela que le réalisateur, ayant dès lors les coudées franches, pourra lui donner une tournure toute personnelle, lui permettant ainsi de se faire un nom dans la profession.

Plutôt que d'utiliser le titre américain (puisque le blu-ray chroniqué ici vient de là-bas), je préfère utiliser le titre italien : L'Uccello dalle piume di cristallo. Ce film est le premier volet d'une trilogie giallesque, bien souvent appelée "la trilogie animalière d'Argento". En effet, ces trois films, n'entretenant aucun rapport les uns avec les autres, porteront tous trois des titres aux noms d'animaux. Le suivant est Le Chat à Neuf Queues (Il Gatto a nove code), et le troisième, 4 Mosche di velluto grigio (Quatre Mouches de Velours Gris).
Cette trilogie fut un réel renouveau du genre de par ses innovations.



Mais, que vous ayez vu ou pas ce film, vous en avez sûrement déjà entendu parler. Alors pour que ça fasse autant de bruit, inutile de dire que le réalisateur doit être talentueux. Et du talent, il en a des caisses complètes! Car jouant constamment sur l'inspiration plagiaire (Hitchcock et son Homme qui en savait trop et Psychose en tête, ou encore Pulsions de De Palma -pour la scène de l'ascenseur), et l'inspiration personnelle du monsieur, le film a un air d'astuce indéniable, grâce à un scénario extrêmement bien ficelé.

Dario Argento réussit à réaliser un film organisé, bénéficiant d'une structure claire, sans être linéaire, surprenant par son monde gothico-onirique, jouant dès ce premier long métrage sur les effets de lumière tout en contraste, et en alternant judicieusement entre réalité et rêveries : le constat est là, dès son premier film Argento nous entraîne ou plutôt nous propulse sur la voie de l'illusion.
Sans dévoiler aucune scène du film, je peux vous assurer que vous vous ferez berner comme tout le monde !
Toujours est-il que les couleurs sont d'une importance capitale dans la filmographie de Dario Argento (souvenez-vous Suspiria), mais d'autres caractéristique de son cinéma font déjà leur apparition dans L'Uccello dalle piume di cristallo.
En effet, et mis à part les bases giallesques, on retrouve un héros (ou personnage principal, au choix) qui travaille dans le milieu artistique, puisqu'il est écrivain (celui de Profondo Rosso est pianiste, et j'en passe). Mais on y retrouve également les œuvres d'art aussi inquiétantes que terrifiantes, qui ont une sorte de pouvoir surnaturel (rappelant immédiatement la Sindrome di Stendhal), la peinture qui y est omniprésente (d'ailleurs, les séquences de meurtres semblent sortir de quelque toile de peintre malade et romantique, à tendance fétichiste - le cuir, l'arme blanche). La musique y est lancinante et angoissante : Dario Argento sait dans quelle direction il va, et impose une patte, une touche personnelle indéniable, et ce, dès son premier long métrage !

Car si pour vous le film peut paraître n'être qu'un bête film policier, vous vous trompez ! Il s'agit d'un thriller solide, dans un environnement moderne, urbain, où le tueur peut venir de n'importe où. Tout se passe à Rome (comme la majorité de ses films), et sa connaissance de sa ville lui permet de nous rabâcher la même phrase : "Faites attention à ce que vous voyez !"
Dans le fond, c'est un film particulièrement ingénieux, détournant les images, les décalant, nous perdant sans cesse, avec ses personnages fouillés (incarnés par d'excellents acteurs), des personnages secondaires croustillants, permettant même à Dario Argento d'introduire des touches d'humour se mariant parfaitement avec leurs séquences (l'antiquaire gay, ou l'artiste mangeur de chats (?)).



Sur la forme, je n'irai pas par quatre chemins : c'est du génie ! (sans bouillir). En emboîtant le pas à de nombreux films d'horreur, les scènes du tueur, en vue subjective (et respiration maladive) nous rendent complices à notre corps défendant de ce malade. D'ailleurs les mises en scène de "meurtres" sont impressionnantes de modernisme, et graphiquement très violentes, sans faire surannées (et loin d'être illisible comme c'est la mode aujourd'hui) : grâce à un montage posé, le réalisateur continue à distiller une ambiance propre à sa vision. La réalisation est empreinte d'un modernisme qui renvoie les détracteurs d'Argento dans leurs derniers retranchements, le tout porté par une musique lancinante et angoissante signée Ennio Morricone ('scusez du peu, hein). A mi-chemin entre cinéma populaire et cinéma expérimental, ce film est proche de la perfection, ne serait-ce que dans cette perversion illusionniste des images, des photographies, de ce qui nous est montré (la première scène offre ainsi une vision incomplète où réside une pièce manquante cruciale dans la résolution de l'enquête).

Niveau suspense, vous serez servi, comme rarement, et démarra à son époque un engouement certain pour le giallo (car jusqu'ici, même les giallis de Mario Bava n'avaient qu'un succès relatif). L'Uccello dalle piume di cristallo est comme une peinture en mouvement, tant l'exercice de style est convaincant et impressionnant !
Je ne veux absolument pas tenter de résumer le film, mais l'histoire pourrait tenir en ces lignes : Sam Dalmas (Tony Musante), un écrivain américain s'étant installé à Rome est le témoin d'une tentative de meurtre dans une galerie d'art la veille de son retour vers l'Amérique. La police confisque son passeport, afin qu'il reste en Italie, car il est un témoin important. Sam est dès lors hanté par ce qu'il a vu cette nuit-là, persuadé qu'un détail important lui échappe.

Et je ne vous en dirai pas plus, si ce n'est qu'il FAUT absolument regarder cette bombe. Avant-gardiste, ténébreux, artistique, expérimental, et surtout passionnant ! Pleurez devant la construction tout simplement parfaite de l'agression de la galerie d'art, et ses sous-entendus (les vitres, et les sons en sourdine, témoins visuels et auditifs d'une impuissance totale).
Un grand giallo, un grand film, un chef d'œuvre, le premier d'une carrière ! Véritablement un immanquable du patrimoine cinématographique européen !
Je sais pertinemment qu'il peut-être difficile pour certains de regarder de vieux films, mais celui-ci, mis à part les coupes de cheveux, et les pantalons en velours côtelé, il est on ne peut plus actuel et moderne...

Je ne vois pas comment vous convaincre de regarder ce chef d'œuvre qui a inspiré bon nombre de réalisateurs pour leurs réalisations... Notez qu'une édition anglaise, de chez Arrow Vidéo est prévue pour début Mai. Il n'y aura pasde piste française, mais ne coûtera pas le prix de cette édition américaine, désormais Sold-Out.

Ce n'est pas The Bird with the Cristal Plumage qui deviendra la démo Blu-Ray ultime, mais c'est clairement devant une belle restauration, et surtout la meilleure façon de regarder ce film que nous nous trouvons !
Les couleurs sont superbes (et le rouge du sang ressort particulièrement), les textures sont richissimes (voir le mur en brique dans l'appartement de Sam Dalmas), ou d'une manière générale bien mises en valeur (les étoffes).
Aucune pixellisation dans les plans sombres ou "brumeux", mais un peu de bruit malgré tout vient gâcher tout ça. Le grain erst très présent durant toute la durée du film, et le spectateur attentif notera la présence de quelques pétouilles sur l'image. Mais l'ensemble fait plaisir à voir, et l'on sent le travail effectué sur ce classique.

 

Comme à son habitude, Blue-Underground propose moultes pistes multicanales. Par contre, sachez que les seuls sous titres présents sont des sous titres anglais. Typique des premières éditions de Lustig, les suivantes ont vu arriver des pistes françaises (car il aime notre pays), et des sous titres français.
La piste la plus impressionnante est sans conteste la Version anglaise  en DTS-HD Master Audio 7.1, avec sa musique répartie sur chacun des canaux, nous plongeant directement dans cette étrange atmosphère. Puis, une autre version anglaise en Dolby True HD, 7.1, identique à son homologue DTS. Dans les deux cas, l'ensemble est trop frontal, mais de toute façon, la bande son du film n'avait pas été pensée par son réalisateur comme une bande son exubérante, ou extravagante.
Deux autre pistes viennent compléter cette partie audio : 
Une version anglaise en Dolby Digital 5.1 Surround EX, et une version italienne identique.
Dans chacune des pistes, les dialogues seront et resteront parfaitement audibles sur l'enceinte centrale, et je ne peux que vous conseiller de le visionner dans la version 7.1 DTS-HD MA, au vu de la spatialisation de la musique, et des effets d'ambiance (respiration etc.)

D'excellents bonus, qui ont même un goût de trop peu. L'on pourra regretter l'absence d'une interview de Tony Musante. Par contre, pas de sous titres français, et mis à part les suppléments en italiens, les autres ne sont pas sous titrés anglais. Dommage car cela va priver certains d'un commentaire audio excellent!

  • Out of the Shadows - interview with co-writer/director Dario Argento : Le réalisateur parle de son propre passé, et donc de ses influences pour ce film. Il y aborde également la partie psychologique de son chef d'oeuvre (mais il est très humble), ses techniques de réalisation, ses difficultés autour du film, et tellemen,t d'autres choses qu'il serait vain de tenter de les résumer ici. C'est dense, mais passionnant, un excellent supplément d'après-film! (17'58" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - italien sous-titré anglais).

 

  • Painting with Darkness - interview with cinematographer Vittorio Storaro : Le directeur de la photographie commence par annoncer la couleur (si je puis dire) en expliquant à quel point ce film définit la carrière d'Argento, avec son style visuel unique aidant parfaitement la superposition de ses différents messages tant esthétiques que psychologique. Sacré bonhomme que ce Vittorio Storaro! (10'03" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - italien sous-titré anglais).

 

  • The Music of Murder - interview with composer Ennio Morricone : Excellente interview du Maestro, expliquant la façon dont il a travaillé pour renforcer les impressions et les sentiments du spectateur durant le film. Une interview exceptionnelle, tant les apparitions de ce grand homme son rares (surtout sur nos galettes chéries) : A voir absolument! (7'31" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - italien sous-titré anglais).

 

  • Eva's Talking - interview with actress Eva Renzi : interview de l'actrice qui nous parlera de sa carrière et de son expérience durant le film : De loin, le supplément le moins intéressant de ce disque. (11'19" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - anglais non sous-titré).

 

  • US Trailer : Désolé, mais j'adore cette tradition chez Blue-Underground d'ajouter les trailers d'époques, d'autant que celui-ci est presqu'aussi exceptionnel que son homologue italien... (2'46" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - anglais non sous-titré).

 

  • Italian Trailer : Superbe trailer italien, dévoilant ce qu'il faut pour nous faire saliver, mais gardant de belles choses dans es tiroirs, bref, l'exact opposé des bandes annonces actuelles...(3'12" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - italien non sous-titré).

 

  • TV Spot #1 : Spot télé moyen reprenant des images des trailers (0'19" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - anglais non sous-titré).

 

  • TV Spot #2 : Voir ci-dessus (0'28" - MPEG-2, 480p - DD 2.0 - anglais non sous-titré).

 

  • Audio commentary with Journalists Alan Jones & Kim Newman : Excellent commentaire audio, malheureusement pour certains en VO non sous titrée, qui s'attardera sur la mise en place du film, son historique pour ainsi dire, et sa place au sein de l'histoire du cinéma. Pas technique, au contraire, on nage plus dans la perspective historique et c'est un vrai régal.

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Les Immortels J'ai découvert Tarsem Singh, comme à peu près tout ceux qui connaissent le réalisateur, avec The Cell, Thriller technologique et mystique mettant en scène un serial killer dans le coma et dont les rêves seront pris d'assaut, via un procédé expérimental par une jeune psychologue afin de retrouver l'ultime victime de ce dernier, enfermée dans un lieu secret. Tout un programme oscillant délicatement entre réalisme et Fantastique (pour ne pas dire carrément S.F.).

Le résultat est ce qu'il est mais en 2000, The Cell fait son petit effet grâce au déploiement visuel très fort et très marqué du nouveau venu dans le cinéma Tarsem Singh, connu pour être avant tout, le réalisateur de clips tels que Losing My Religion de R.E.M., Hold On de En Vogue et d'une plâtrée de pubs (pour Coca, Nike, etc...).

Par contre, il faudra attendre six ans pour qu'il remette le couvert. Son second film mettra quatre longues années à se faire car son nouveau projet doit se tourner dans le monde entier et dans des décors naturels. Tout ceci pour nous raconter l'histoire de The Fall, sorte de conte fantasmé à l'univers bien barré, directement inspiré du film Bulgare Yo Ho Ho (d'après un scénario de Valeri Petrov) et du documentaire de Ron Fricke, Baraka (1992).

Aujourd'hui notre Indien préféré s'attaque à la mythologie et ça n'a pas fini de gueuler sur la "planète cinéma". Après avoir été littéralement scotché par les images d'une bande annonce redoutable mais qui en montre trop, beaucoup trop, à quoi pourrait bien ressembler ce gros délire bourrin "made in Singh" ? Pourtant très fan de l'univers de ce metteur en scène, je dirai que le résultat est mitigé même si Les Immortels possède de très beaux atours.

 

 

L'histoire, je ne risque pas de vous la "spoiler", c'est tout bonnement une resucée de celle Thésée (oui, oui le gars avec l'histoire du Minotaure et du fil d'Ariane) dont on vous a probablement parlé lors de votre période au lycée/collège.

Mais oubliez ce que l’on vous a dit à l’école à ce sujet car ça se complique quelque peu : point de Minotaure ou d’Ariane ici mais Thésée (devenu un bâtard et un paysan pour les besoins du scénario) est toujours de la partie. Sa mère, Aethra, a été violée par plusieurs personnes quand elle était plus jeune. Elle vient tout juste de se faire assassiner devant les yeux de son fils par le redoutable Roi Hyperion, ravagé par la vengeance et bien décidé à foutre le dawa chez les Dieux, en libérant les redoutables Titans. Pour accomplir ce méfait, ce dernier espère mettre la main sur le fameux arc d'Epyros (item élite violet, + 300 agilité / + 285 intelligence pour les "gamers" qui seraient dissimulés dans notre lectorat) possédant un pouvoir incommensurable qui lui permettrait de dominer le monde des humains. C’était sans compter sur les Dieux qui ne l'entendent pas de cette oreille et vont faire de leur mieux pour filer un coup de main à Thésée (alors qu’ils n’ont pas le droit d'intervenir) dans le but de contrer le funeste dessein du roi. En chemin, Thésée, lui aussi en "mode vengeance",  fera la connaissance de l’Oracle sibyllin, Phèdre qui tentera d’expliquer à ce dernier ses visions et par la même occasion de le convaincre qu’il est le seul à pouvoir mener cette lutte contre le mal absolu.

 

 

Certains disent de Tarsem Singh qu'il se fout éperdument de l'histoire qu'il raconte, qu'il ne s’intéresse qu'au visuel ou qu'à l'esthétique de ses long-métrages. Ce à quoi le metteur en scène répond par l'affirmative. Bah oui, le cinéma étant une affaire d'image, on serait tout de même assez gonflé de lui reprocher. Pour lui, le cinéma doit passer par un visuel très travaillé avant toute chose. Après tout, comment ne pas lui donner raison car si l'on remonte au temps des films muets, l'image était forcément quelque chose d'important dans ces productions dénuées de son.

Est-ce un mal ? Contrairement à ce que l'on peut lire un peu partout au sujet des Immortels, pas vraiment puisque l'un des aspects du cinéma est de jouer avec l'image, de nous tromper en nous immergeant dans un univers conçus pour nous faire voyager. Non seulement Tarsem Singh a compris ce principe mais il l'applique à la perfection. Dans notre pays à forte dominance littéraire, ça passe déjà beaucoup moins bien. En gros, c'est comme pour la musique. Ce qui est intéressant c'est avant tout la composition mais pas nécessairement les paroles. S'il n'y a que les paroles des chansons dites "à texte" qui soient digne d'un quelconque intérêt alors pourquoi faire de la musique, écrire un livre fera tout aussi bien l'affaire. Autrement dit, dans notre pays, Singh a franchement du mouron à se faire avec nos critiques cinéma. Et d'ailleurs on lui tombe régulièrement dessus à cause du choix qu’il a fait.

Pourtant Singh sait créer une émotion par le biais de l'image. Même si cela parait beaucoup moins évident sur The Immortals que sur le justement très émouvant The Fall, il n'empêche qu'il faut rendre justice au sens esthétique du bonhomme qui a réussi au bout de seulement quelques métrages à imprégner de sa patte toutes les oeuvres qu'il a réalisé. A tel point que l'on reconnait immédiatement son style, son esthétique, sa façon de cadrer, de filmer. Le reste est une affaire de goût.

 

 

Bien évidemment et parce que nous sommes chez Tarsem Singh, ne vous attendez pas à une mise en image fidèle de la mythologie. Ce n'est pas le but recherché par l'artiste. On lui a filé une enveloppe de 75 million de dollars dans le but qu'il s'éclate visuellement. Pas de cas de conscience en ce qui concerne l'histoire mais quelque chose d'esthétiquement grandiose comme il sait les faire. Singh en a eu un peu marre de courir aux quatre coins de la planète pendant près de quatre ans pour mettre en boite son très poétique The Fall avec l'aide de ses deux prestigieux producteurs David Fincher et Spike Jonze. Cette fois-ci il est bien décidé à tourner intégralement Immortals en studio et sur fond vert. Ainsi il aurait le contrôle absolu sur tout, de la lumière en passant par les décors et costumes. Amusant car cette volonté on la retrouve chez Michael Powell et Emeric Pressburger sur Le Narcisse Noir entièrement tourné aux studios Pinewood alors que le film est supposé se dérouler en Inde. Ne criez pas tout de suite au sacrilège suite à ma remarque, je ne m'autorise pas une quelconque comparaison stérile entre Powell et Singh, j'énonce tout simplement un fait et une façon de travailler assez similaire dans l'esprit. J'aurai pu d'ailleurs aussi bien évoquer dans le même genre, Legend de Ridley Scott ou Coup de Coeur de Francis Ford Coppola vis-à-vis desquels les critiques de l'époque s'en sont donnés à coeur joie.

Le parti pris esthétique de Singh pourra en bousculer, voire profondément agacer plus d'un car ce dernier ne lâche jamais rien ni ne fait de concession vis-à-vis de ses "visions artistiques". Il ne travaille pas avec l'aide d'un storyboard car à travers cette technique visant à tous préparer au millimètre près, il se sent mal à l'aise dans le déroulement du processus de créativité qui l'habite. En gros, ça ne le fait pas vibrer de tout prévoir à l'avance.

 

 

Ne faites pas confiance au "marketeux" clamant haut et fort "par les producteurs de 300" car Les Immortels n'entretient aucun rapport avec le film de Snyder adapté du comic book de Frank Miller. A côté de ça Singh se défend d'avoir voulu coller au style "comics" pour son film mais nous sommes obligés de remarquer qu'il est en plein dedans. Certes nous sommes à mille lieux du style graphique de Miller toutefois difficile de ne pas se rendre compte rapidement que les Dieux sont traités comme de vrais super-héros (force surhumaine, ils volent et se posent sur Terre comme Néo dans Matrix, avec une onde de choc tout à fait dans le style super-héros). Mais il n'y a pas que les Comics auxquels Immortels fait référence. En effet, impossible de ne pas voir une référence aux jeux vidéos et à God of War en particulier. Saupoudrez le tout avec des passages faisant directement référence aux peintures du Caravage (cf. l'hallucinant plan de fin d'une beauté à couper le souffle), secouez le shaker et normalement vous obtenez un cocktail, soit vomitif pour certains ou "trop de la balle" pour d'autres.

Immortals est en effet un somptueux bordel mais il a l'avantage de ne pas prendre son public pour un Babar. Vous vouliez du spectacle totalement décomplexé ? Vous en aurez assurément. Vous souhaitiez quelque chose de lisse et commun à tous les Blockbusters ? Ne cherchez pas en direction du travail de Tarsem Singh car vous pourriez être lourdement déçus. Au lieu de s'énerver sur le fait que cela ne ressemble pas à 300, gardez plutôt Sucker Punch en tête (un autre film de Snyder) pour une éventuelle comparaison car son metteur en scène fait à peu près la même chose que Singh en utilisant une imagerie connue de tous mais détournée pour les besoins d'un spectacle.

Pour dépeindre les Dieux, Tarsem Singh a opté pour un look hyper "gay friendly" du plus bel effet (ou ultra kitsch et laid pour certains). Les Dieux paradent donc tout le temps torses nus arborant des corps tous magnifiquement sculptés et les Déesses (en l’occurrence la fille de Zeus, Athena) trimbalent une plastique parfaite en plus d'être blondes comme les blés. Bref l'Olympe c'est plus ce que c'était et alors ? On s'en tape royalement et Tarsem Singh aussi d'où le côté "WTF" du film assumé de bout en bout. A partir de là, vous vous doutez bien que ça ne peut pas plaire à tout le monde. L'esthétique étant une affaire de subjectivité (ce qui est joli pour moi va être profondément ridicule et moche pour toi), c'était le risque à courir.

 

 

L'approche qu'il a des Dieux est vraiment intéressante en ce sens qu'il les "redescend" au niveau des humains. Je m'explique : dans Les Immortels les Dieux sont mortels tout comme les humains mais uniquement entre eux. Entendez par là que les Dieux peuvent s'entretuer à loisir. A partir du moment où Zeus prend la décision d'éliminer un Dieu, il mourra. Un humain ne peut en revanche tuer un Dieu et ce tour de passe-passe remet les Dieux au niveau des humains si l'on peut dire, dans le but de casser la distance, de les rapprocher de nous.

Ces derniers ne sont d'ailleurs pas représentés comme des vieillards à la barbe longue et immaculée mais comme de jeunes éphèbes. En même temps et comme l'affirme le réalisateur : "si j'avais été un Dieu, je ne me serais pas représenté âgé mais comme éternellement jeune". Ca parait logique. Et la "réalité historique" dans tout ça ? On s'en fout comme de ma première chemise et d'ailleurs à aucun moment, Les Immortels n'a la prétention de se positionner comme une valeur sûre concernant la mythologie Grecque au cinéma. Thésée et le Minotaure ? Oui, vous le verrez mais pas comme vous avez l'habitude de le voir. Le Minotaure se nomme "la bête" dans le film et porte un casque faisant référence à ce monstre malheureux et l'autre référence directe étant un certain taureau. Au delà de ça, n'attendez rien de plus. Je veux bien que l'on parle d'aberration scénaristique mais pas dans ce contexte précis dans lequel la mythologie est volontairement malmenée par l'artiste qui n'a jamais cherché à restituer les récits de l'antiquité de façon chirurgicale. Une fois cette proposition acceptée, vous verrez, ça passe nettement mieux surtout que d'autres ont fait bien pire dans le même genre. 

 

 

Et la distribution dans tout ça ? Et bien elle est aux petits oignons et vaut bien n'importe quel autre casting de gros Blockbuster qui tâche.

Henry Cavill poursuit son petit bonhomme de chemin. Il n'a pas eu beaucoup de chance au début de sa carrière puisqu'il a auditionné pour les rôles de James Bond, Bruce Wayne/Batman, Clark Kent/Superman (pour le Superman Returns de Bryan Singer) et il s'est fait éjecté à chaque fois. Toutefois, après ses participations remarquées dans Stardust, le Secret des Etoiles (2007) de Matthew Vaughn et la série télé Les Tudors, le beau brun ténébreux voit le rôle de Superman lui revenir dessus comme un boomerang et réussit enfin à décrocher le cocotier de la rangée du haut dans la nouvelle adaptation du super héros au slip rouge de Zack Snyder, Man of Steel, prévu pour 2013. Et on peut affirmer qu'il a le look. Non seulement niveau gabarit il fait le poids mais en plus il ne se dépatouille pas trop mal entre les Titans, les Dieux et tout le tremblement. L'avenir nous dira s'il parvient à faire des étincelles chez Snyder ou des étincelles tout court.

Les hommes ne sont pas les seuls a être avantagés par la nature et nous avons la chance d'avoir la très belle (mais vraiment très belle) Freida Pinto. La nouveauté c'est que pour une fois elle n'est pas seulement présente dans le but de "faire joli" (cf. sa participation proche de l'inutile dans La Planète des Singes : les origines). Traduction : elle a plus de deux lignes de dialogues. Elle interprète le rôle de  l’Oracle sibyllin, Phèdre.

Le méchant de l'affaire, c'est Hypérion et Mickey Rourke pourrait sembler être un choix étrange, inattendu. Dans le genre gros bourrin barbare et sanguinaire, ça fonctionne à plein tube même si on est loin de ses interprétations les plus intenses. Il a au moins le mérite de ne pas systématiquement tirer la couverture à lui et évite ainsi de cabotiner tous azimuts.

 

 

Pour le reste des acteurs, on retrouve Stephen Dorff (Blade, Somewhere) dans le rôle de Stavros, Stephen McHattie (Watchmen, Pontypool) dans celui de Cassandre, le roi du Mont Tartare, le bellâtre Kellan Lutz, transfuge de Twilight, interprète Poséidon et Luke Evans (Les Trois Mousquetaires) qui incarnait déjà Apollon dans Le Choc des Titans de Leterrier, se retrouve cette fois-ci dans la peau du Roi des Rois, Zeus (et oui, il a eu de la promotion).

Quant à John Hurt (Alien, Hellboy), il sera la caution "acteur sérieux" du projet, ramenant ainsi un peu de classe dans tout ce foutoir magnifiquement bariolé. Ses autres camarades font pareil : Peter O'Toole dans Troie et/ou Liam Neeson donnant la réplique à Ralph Fiennes dans Le Choc des Titans et sa suite. Attention ce n'est pas du vulgaire "cachetonnage", tous ces gens sont des "invités prestigieux" bien entendu. Mouais...

Un petit mot sur les costumes (si décriés dans ce film) conçus par la grande artiste Eiko Ishioka, celle qui s'était si brillamment illustrée sur Mishima: A Life in Four Chapters de Paul Schrader et bien entendu l'inoubliable Bram Stoker's Dracula de Francis Ford Coppola (regardez le casque de guerrier de Vlad l'empaleur et comparez le à celui du Roi Hypérion). Ici la recherche n'est pas d'ordre historique mais bel et bien purement esthétique. Eiko Ishioka nous a quittée récemment, le 21 janvier 2012. La version de Blanche Neige de Tarsem Singh sera le dernier long-métrage sur lequel elle a travaillé.

 

 

J'osais discrètement m'avancer à la fin de ma chronique sur The Fall, rédigée il y a maintenant quelques temps sur le site, en claironnant que Les Immortels risquait fort de foutre la pâtée au Choc des Titans version Louis Leterrier et pour ma part c'est chose confirmée. Même si cette énième variation sur la mythologie Grecque possède ses limites, elle se trouve être visuellement nettement plus jolie à regarder. Moins bas de plafond que ce dernier (et sa suite) ou même Troie de Wolfgang Petersen, Les Immortels reste une vraie claque visuelle, à l'image des autres films de Singh (le côté bourrin en plus), uniquement destinée à vous en mettre plein les mirettes. Voyons ce que le réalisateur a bien pu nous faire de l'inoxydable Blanche Neige pour laquelle, il faut bien l'admettre, un petit lifting ne serait pas trop demander.

Quant aux commentaires sur le film? Ils sont souvent édifiants et j'en ai même lu un qui balançait sans aucune vergogne la réflexion suivante : "En même temps, un Indou qui s’attaque à la mythologie grecque, c’était à prévoir!". Absolument énormissime d'intelligence et de tolérance comme vous pouvez le constater. Evidemment, c'est connu, il n'y a que des occidentaux de la "vieille Europe" qui puisse comprendre la Mythologie et surtout qui aient le droit d'en parler ou de l'évoquer. Allez, trêve de plaisanterie et faites vous même votre opinion sur Les Immortels et surtout ne laissez pas les mauvais coucheurs vous ruiner votre enthousiasme, ils seraient trop contents.

Les Immortels fait également parti de la longue série de films en 3D dont on nous gave maintenant depuis plusieurs mois. Si le film n'a pas été tourné en 3D native (75 millions de dollars n'auraient sans doute pas suffit), il a été pensé pour cette technologie. Etant donné que votre serviteur l'a visionné "à plat - à l'ancienne", je laisserai donc mon camarade Jérémy vous dire ce qu'il a pensé des "Dieux-Grecs-dans-ta-face-3D-style".

Au sujet du blu-ray "classique", peu de choses à dire puisque l'on se doute bien que l'on risque de se retrouver devant une véritable démo. Et c'est le cas, Les Immortels possède un rendu assez renversant en HD. Les détails, à tous les niveaux, sont légion. Des costumes en passant par les décors et les textures de peau, rien ne nous échappe. J'ai trouvé une ou deux scènes un tantinet "soft" mais rien de rédhibitoire dans cette magnifique présentation. Singh a tourné le film avec la caméra Panavision Genesis et ça ne passe pas inaperçu. Il y a des profondeurs de champ tout à fait impressionnantes, des noirs très profonds (peut-être un peu trop parfois) et des couleurs très chaudes mais qui "claquent" bien dès que c'est nécessaire (mention spéciale à la couleur rouge qui pète de mille feux). 

 

 

La partie 3D a été rédigée par Jérémy

 

Note : 8/10

 
L'image du Blu-ray 2D est superbe, Aimé vient de le dire. Elle possède une profondeur de champ impressionnante. Et bien la version3D des Immortels nous présente une profondeur proprement hallucinante !! Les spectateurs ayant le vertige feraient mieux de s'accrocher à leur fauteuil ! Et si les noirs sont parfois trop profonds (voire bouchés) en 2D, l'obscurité est, en 3D, accentuée, et fonction de votre ou de votre projecteur, il faudra tripatouiller aux réglages de la luminosité. Par contre, si vous avez du matériel labellisé THX, ça ne devrait pas poser trop de problème. Le volume gagné est ici indéniable. Les séquences les plus réussies sont celles des combats, notamment celui qui oppose les Dieux aux Titans, tout simplement bluffant (et jouissif) ! Les Immortels dispose de la plus belle post-conversion que j'ai vu sur notre support préféré. Reste que l'obscurité ambiante est parfois trop envahissante...

 


Rien à dire à ce sujet non plus. Que ce soit en version originale ou version française, Les Immortels déboîte sévère et en DTS-HD Master Audio en plus s'il vous plait (Merci Metropolitan). Le plus impressionnant reste l'utilisation du caisson de basse qui devrait définitivement vous fâcher avec votre voisinage. Modérez le volume car j'ai bien été obligé de le faire durant certains passages du films étant donné que les vitres de mes fenêtres se sont mises soudainement à vibrer (le dernier film ayant réussi cet exploit, c'est Black Death pour la piste V.O.). A ce titre, le combat final avec les Titans est tout bonnement décoiffant. Personnellement je trouve que ça manque un peu de finesse au niveau du mixage mais c'est un détail. La démo n'est pas loin.

 

Pas de quoi s'énerver, l'édition ne proposant que quelques suppléments. Pas inintéressant mais pas forcément ultime. Jugez plutôt :

 

  • Un travail d’équipe (20mins26, HD) - (trop) court making of mais qui a le mérite de présenter toute l'équipe du film via des interviews et de se pencher sur la fabrication atypique du film grâce à aux outils dernier cri utilisés pour les SFX. Le réalisateur revient sur le fait qu'il n'a jamais souhaité être fidèles aux écrits mentionnant Thésée et le Minotaure. C'est pas comme si on avait pas été prévenu.
  • Ce n’est pas un mythe (5mins27, HD) - Des spécialistes en mythologie reviennent sur le fait que même les Grecs avaient déjà tendance a modifier les récits que nous connaissons tous. 
  • Scènes-coupées (33mins37, HD) - Pas mal de scènes non retenues et une ouverture alternative (enfance de Thésée) ainsi que deux fins alternatives.
  • Le film annonce (VF – VOST)
  • Bandes-Annonces : Rhum Express, Les Marches du Pouvoir, Shark 3D

 

 

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Fri, 27 Apr 2012 12:58:51 +0200 http://www.planete-hd.com/Les-Immortels-test-t1054.html http://www.planete-hd.com/Les-Immortels-test-t1054.html J'ai découvert Tarsem Singh, comme à peu près tout ceux qui connaissent le réalisateur, avec The Cell, Thriller technologique et mystique mettant en scène un serial killer dans le coma et dont les rêves seront pris d'assaut, via un procédé expérimental par une jeune psychologue afin de retrouver l'ultime victime de ce dernier, enfermée dans un lieu secret. Tout un programme oscillant délicatement entre réalisme et Fantastique (pour ne pas dire carrément S.F.).

Le résultat est ce qu'il est mais en 2000, The Cell fait son petit effet grâce au déploiement visuel très fort et très marqué du nouveau venu dans le cinéma Tarsem Singh, connu pour être avant tout, le réalisateur de clips tels que Losing My Religion de R.E.M., Hold On de En Vogue et d'une plâtrée de pubs (pour Coca, Nike, etc...).

Par contre, il faudra attendre six ans pour qu'il remette le couvert. Son second film mettra quatre longues années à se faire car son nouveau projet doit se tourner dans le monde entier et dans des décors naturels. Tout ceci pour nous raconter l'histoire de The Fall, sorte de conte fantasmé à l'univers bien barré, directement inspiré du film Bulgare Yo Ho Ho (d'après un scénario de Valeri Petrov) et du documentaire de Ron Fricke, Baraka (1992).

Aujourd'hui notre Indien préféré s'attaque à la mythologie et ça n'a pas fini de gueuler sur la "planète cinéma". Après avoir été littéralement scotché par les images d'une bande annonce redoutable mais qui en montre trop, beaucoup trop, à quoi pourrait bien ressembler ce gros délire bourrin "made in Singh" ? Pourtant très fan de l'univers de ce metteur en scène, je dirai que le résultat est mitigé même si Les Immortels possède de très beaux atours.

 

 

L'histoire, je ne risque pas de vous la "spoiler", c'est tout bonnement une resucée de celle Thésée (oui, oui le gars avec l'histoire du Minotaure et du fil d'Ariane) dont on vous a probablement parlé lors de votre période au lycée/collège.

Mais oubliez ce que l’on vous a dit à l’école à ce sujet car ça se complique quelque peu : point de Minotaure ou d’Ariane ici mais Thésée (devenu un bâtard et un paysan pour les besoins du scénario) est toujours de la partie. Sa mère, Aethra, a été violée par plusieurs personnes quand elle était plus jeune. Elle vient tout juste de se faire assassiner devant les yeux de son fils par le redoutable Roi Hyperion, ravagé par la vengeance et bien décidé à foutre le dawa chez les Dieux, en libérant les redoutables Titans. Pour accomplir ce méfait, ce dernier espère mettre la main sur le fameux arc d'Epyros (item élite violet, + 300 agilité / + 285 intelligence pour les "gamers" qui seraient dissimulés dans notre lectorat) possédant un pouvoir incommensurable qui lui permettrait de dominer le monde des humains. C’était sans compter sur les Dieux qui ne l'entendent pas de cette oreille et vont faire de leur mieux pour filer un coup de main à Thésée (alors qu’ils n’ont pas le droit d'intervenir) dans le but de contrer le funeste dessein du roi. En chemin, Thésée, lui aussi en "mode vengeance",  fera la connaissance de l’Oracle sibyllin, Phèdre qui tentera d’expliquer à ce dernier ses visions et par la même occasion de le convaincre qu’il est le seul à pouvoir mener cette lutte contre le mal absolu.

 

 

Certains disent de Tarsem Singh qu'il se fout éperdument de l'histoire qu'il raconte, qu'il ne s’intéresse qu'au visuel ou qu'à l'esthétique de ses long-métrages. Ce à quoi le metteur en scène répond par l'affirmative. Bah oui, le cinéma étant une affaire d'image, on serait tout de même assez gonflé de lui reprocher. Pour lui, le cinéma doit passer par un visuel très travaillé avant toute chose. Après tout, comment ne pas lui donner raison car si l'on remonte au temps des films muets, l'image était forcément quelque chose d'important dans ces productions dénuées de son.

Est-ce un mal ? Contrairement à ce que l'on peut lire un peu partout au sujet des Immortels, pas vraiment puisque l'un des aspects du cinéma est de jouer avec l'image, de nous tromper en nous immergeant dans un univers conçus pour nous faire voyager. Non seulement Tarsem Singh a compris ce principe mais il l'applique à la perfection. Dans notre pays à forte dominance littéraire, ça passe déjà beaucoup moins bien. En gros, c'est comme pour la musique. Ce qui est intéressant c'est avant tout la composition mais pas nécessairement les paroles. S'il n'y a que les paroles des chansons dites "à texte" qui soient digne d'un quelconque intérêt alors pourquoi faire de la musique, écrire un livre fera tout aussi bien l'affaire. Autrement dit, dans notre pays, Singh a franchement du mouron à se faire avec nos critiques cinéma. Et d'ailleurs on lui tombe régulièrement dessus à cause du choix qu’il a fait.

Pourtant Singh sait créer une émotion par le biais de l'image. Même si cela parait beaucoup moins évident sur The Immortals que sur le justement très émouvant The Fall, il n'empêche qu'il faut rendre justice au sens esthétique du bonhomme qui a réussi au bout de seulement quelques métrages à imprégner de sa patte toutes les oeuvres qu'il a réalisé. A tel point que l'on reconnait immédiatement son style, son esthétique, sa façon de cadrer, de filmer. Le reste est une affaire de goût.

 

 

Bien évidemment et parce que nous sommes chez Tarsem Singh, ne vous attendez pas à une mise en image fidèle de la mythologie. Ce n'est pas le but recherché par l'artiste. On lui a filé une enveloppe de 75 million de dollars dans le but qu'il s'éclate visuellement. Pas de cas de conscience en ce qui concerne l'histoire mais quelque chose d'esthétiquement grandiose comme il sait les faire. Singh en a eu un peu marre de courir aux quatre coins de la planète pendant près de quatre ans pour mettre en boite son très poétique The Fall avec l'aide de ses deux prestigieux producteurs David Fincher et Spike Jonze. Cette fois-ci il est bien décidé à tourner intégralement Immortals en studio et sur fond vert. Ainsi il aurait le contrôle absolu sur tout, de la lumière en passant par les décors et costumes. Amusant car cette volonté on la retrouve chez Michael Powell et Emeric Pressburger sur Le Narcisse Noir entièrement tourné aux studios Pinewood alors que le film est supposé se dérouler en Inde. Ne criez pas tout de suite au sacrilège suite à ma remarque, je ne m'autorise pas une quelconque comparaison stérile entre Powell et Singh, j'énonce tout simplement un fait et une façon de travailler assez similaire dans l'esprit. J'aurai pu d'ailleurs aussi bien évoquer dans le même genre, Legend de Ridley Scott ou Coup de Coeur de Francis Ford Coppola vis-à-vis desquels les critiques de l'époque s'en sont donnés à coeur joie.

Le parti pris esthétique de Singh pourra en bousculer, voire profondément agacer plus d'un car ce dernier ne lâche jamais rien ni ne fait de concession vis-à-vis de ses "visions artistiques". Il ne travaille pas avec l'aide d'un storyboard car à travers cette technique visant à tous préparer au millimètre près, il se sent mal à l'aise dans le déroulement du processus de créativité qui l'habite. En gros, ça ne le fait pas vibrer de tout prévoir à l'avance.

 

 

Ne faites pas confiance au "marketeux" clamant haut et fort "par les producteurs de 300" car Les Immortels n'entretient aucun rapport avec le film de Snyder adapté du comic book de Frank Miller. A côté de ça Singh se défend d'avoir voulu coller au style "comics" pour son film mais nous sommes obligés de remarquer qu'il est en plein dedans. Certes nous sommes à mille lieux du style graphique de Miller toutefois difficile de ne pas se rendre compte rapidement que les Dieux sont traités comme de vrais super-héros (force surhumaine, ils volent et se posent sur Terre comme Néo dans Matrix, avec une onde de choc tout à fait dans le style super-héros). Mais il n'y a pas que les Comics auxquels Immortels fait référence. En effet, impossible de ne pas voir une référence aux jeux vidéos et à God of War en particulier. Saupoudrez le tout avec des passages faisant directement référence aux peintures du Caravage (cf. l'hallucinant plan de fin d'une beauté à couper le souffle), secouez le shaker et normalement vous obtenez un cocktail, soit vomitif pour certains ou "trop de la balle" pour d'autres.

Immortals est en effet un somptueux bordel mais il a l'avantage de ne pas prendre son public pour un Babar. Vous vouliez du spectacle totalement décomplexé ? Vous en aurez assurément. Vous souhaitiez quelque chose de lisse et commun à tous les Blockbusters ? Ne cherchez pas en direction du travail de Tarsem Singh car vous pourriez être lourdement déçus. Au lieu de s'énerver sur le fait que cela ne ressemble pas à 300, gardez plutôt Sucker Punch en tête (un autre film de Snyder) pour une éventuelle comparaison car son metteur en scène fait à peu près la même chose que Singh en utilisant une imagerie connue de tous mais détournée pour les besoins d'un spectacle.

Pour dépeindre les Dieux, Tarsem Singh a opté pour un look hyper "gay friendly" du plus bel effet (ou ultra kitsch et laid pour certains). Les Dieux paradent donc tout le temps torses nus arborant des corps tous magnifiquement sculptés et les Déesses (en l’occurrence la fille de Zeus, Athena) trimbalent une plastique parfaite en plus d'être blondes comme les blés. Bref l'Olympe c'est plus ce que c'était et alors ? On s'en tape royalement et Tarsem Singh aussi d'où le côté "WTF" du film assumé de bout en bout. A partir de là, vous vous doutez bien que ça ne peut pas plaire à tout le monde. L'esthétique étant une affaire de subjectivité (ce qui est joli pour moi va être profondément ridicule et moche pour toi), c'était le risque à courir.

 

 

L'approche qu'il a des Dieux est vraiment intéressante en ce sens qu'il les "redescend" au niveau des humains. Je m'explique : dans Les Immortels les Dieux sont mortels tout comme les humains mais uniquement entre eux. Entendez par là que les Dieux peuvent s'entretuer à loisir. A partir du moment où Zeus prend la décision d'éliminer un Dieu, il mourra. Un humain ne peut en revanche tuer un Dieu et ce tour de passe-passe remet les Dieux au niveau des humains si l'on peut dire, dans le but de casser la distance, de les rapprocher de nous.

Ces derniers ne sont d'ailleurs pas représentés comme des vieillards à la barbe longue et immaculée mais comme de jeunes éphèbes. En même temps et comme l'affirme le réalisateur : "si j'avais été un Dieu, je ne me serais pas représenté âgé mais comme éternellement jeune". Ca parait logique. Et la "réalité historique" dans tout ça ? On s'en fout comme de ma première chemise et d'ailleurs à aucun moment, Les Immortels n'a la prétention de se positionner comme une valeur sûre concernant la mythologie Grecque au cinéma. Thésée et le Minotaure ? Oui, vous le verrez mais pas comme vous avez l'habitude de le voir. Le Minotaure se nomme "la bête" dans le film et porte un casque faisant référence à ce monstre malheureux et l'autre référence directe étant un certain taureau. Au delà de ça, n'attendez rien de plus. Je veux bien que l'on parle d'aberration scénaristique mais pas dans ce contexte précis dans lequel la mythologie est volontairement malmenée par l'artiste qui n'a jamais cherché à restituer les récits de l'antiquité de façon chirurgicale. Une fois cette proposition acceptée, vous verrez, ça passe nettement mieux surtout que d'autres ont fait bien pire dans le même genre. 

 

 

Et la distribution dans tout ça ? Et bien elle est aux petits oignons et vaut bien n'importe quel autre casting de gros Blockbuster qui tâche.

Henry Cavill poursuit son petit bonhomme de chemin. Il n'a pas eu beaucoup de chance au début de sa carrière puisqu'il a auditionné pour les rôles de James Bond, Bruce Wayne/Batman, Clark Kent/Superman (pour le Superman Returns de Bryan Singer) et il s'est fait éjecté à chaque fois. Toutefois, après ses participations remarquées dans Stardust, le Secret des Etoiles (2007) de Matthew Vaughn et la série télé Les Tudors, le beau brun ténébreux voit le rôle de Superman lui revenir dessus comme un boomerang et réussit enfin à décrocher le cocotier de la rangée du haut dans la nouvelle adaptation du super héros au slip rouge de Zack Snyder, Man of Steel, prévu pour 2013. Et on peut affirmer qu'il a le look. Non seulement niveau gabarit il fait le poids mais en plus il ne se dépatouille pas trop mal entre les Titans, les Dieux et tout le tremblement. L'avenir nous dira s'il parvient à faire des étincelles chez Snyder ou des étincelles tout court.

Les hommes ne sont pas les seuls a être avantagés par la nature et nous avons la chance d'avoir la très belle (mais vraiment très belle) Freida Pinto. La nouveauté c'est que pour une fois elle n'est pas seulement présente dans le but de "faire joli" (cf. sa participation proche de l'inutile dans La Planète des Singes : les origines). Traduction : elle a plus de deux lignes de dialogues. Elle interprète le rôle de  l’Oracle sibyllin, Phèdre.

Le méchant de l'affaire, c'est Hypérion et Mickey Rourke pourrait sembler être un choix étrange, inattendu. Dans le genre gros bourrin barbare et sanguinaire, ça fonctionne à plein tube même si on est loin de ses interprétations les plus intenses. Il a au moins le mérite de ne pas systématiquement tirer la couverture à lui et évite ainsi de cabotiner tous azimuts.

 

 

Pour le reste des acteurs, on retrouve Stephen Dorff (Blade, Somewhere) dans le rôle de Stavros, Stephen McHattie (Watchmen, Pontypool) dans celui de Cassandre, le roi du Mont Tartare, le bellâtre Kellan Lutz, transfuge de Twilight, interprète Poséidon et Luke Evans (Les Trois Mousquetaires) qui incarnait déjà Apollon dans Le Choc des Titans de Leterrier, se retrouve cette fois-ci dans la peau du Roi des Rois, Zeus (et oui, il a eu de la promotion).

Quant à John Hurt (Alien, Hellboy), il sera la caution "acteur sérieux" du projet, ramenant ainsi un peu de classe dans tout ce foutoir magnifiquement bariolé. Ses autres camarades font pareil : Peter O'Toole dans Troie et/ou Liam Neeson donnant la réplique à Ralph Fiennes dans Le Choc des Titans et sa suite. Attention ce n'est pas du vulgaire "cachetonnage", tous ces gens sont des "invités prestigieux" bien entendu. Mouais...

Un petit mot sur les costumes (si décriés dans ce film) conçus par la grande artiste Eiko Ishioka, celle qui s'était si brillamment illustrée sur Mishima: A Life in Four Chapters de Paul Schrader et bien entendu l'inoubliable Bram Stoker's Dracula de Francis Ford Coppola (regardez le casque de guerrier de Vlad l'empaleur et comparez le à celui du Roi Hypérion). Ici la recherche n'est pas d'ordre historique mais bel et bien purement esthétique. Eiko Ishioka nous a quittée récemment, le 21 janvier 2012. La version de Blanche Neige de Tarsem Singh sera le dernier long-métrage sur lequel elle a travaillé.

 

 

J'osais discrètement m'avancer à la fin de ma chronique sur The Fall, rédigée il y a maintenant quelques temps sur le site, en claironnant que Les Immortels risquait fort de foutre la pâtée au Choc des Titans version Louis Leterrier et pour ma part c'est chose confirmée. Même si cette énième variation sur la mythologie Grecque possède ses limites, elle se trouve être visuellement nettement plus jolie à regarder. Moins bas de plafond que ce dernier (et sa suite) ou même Troie de Wolfgang Petersen, Les Immortels reste une vraie claque visuelle, à l'image des autres films de Singh (le côté bourrin en plus), uniquement destinée à vous en mettre plein les mirettes. Voyons ce que le réalisateur a bien pu nous faire de l'inoxydable Blanche Neige pour laquelle, il faut bien l'admettre, un petit lifting ne serait pas trop demander.

Quant aux commentaires sur le film? Ils sont souvent édifiants et j'en ai même lu un qui balançait sans aucune vergogne la réflexion suivante : "En même temps, un Indou qui s’attaque à la mythologie grecque, c’était à prévoir!". Absolument énormissime d'intelligence et de tolérance comme vous pouvez le constater. Evidemment, c'est connu, il n'y a que des occidentaux de la "vieille Europe" qui puisse comprendre la Mythologie et surtout qui aient le droit d'en parler ou de l'évoquer. Allez, trêve de plaisanterie et faites vous même votre opinion sur Les Immortels et surtout ne laissez pas les mauvais coucheurs vous ruiner votre enthousiasme, ils seraient trop contents.

Les Immortels fait également parti de la longue série de films en 3D dont on nous gave maintenant depuis plusieurs mois. Si le film n'a pas été tourné en 3D native (75 millions de dollars n'auraient sans doute pas suffit), il a été pensé pour cette technologie. Etant donné que votre serviteur l'a visionné "à plat - à l'ancienne", je laisserai donc mon camarade Jérémy vous dire ce qu'il a pensé des "Dieux-Grecs-dans-ta-face-3D-style".

Au sujet du blu-ray "classique", peu de choses à dire puisque l'on se doute bien que l'on risque de se retrouver devant une véritable démo. Et c'est le cas, Les Immortels possède un rendu assez renversant en HD. Les détails, à tous les niveaux, sont légion. Des costumes en passant par les décors et les textures de peau, rien ne nous échappe. J'ai trouvé une ou deux scènes un tantinet "soft" mais rien de rédhibitoire dans cette magnifique présentation. Singh a tourné le film avec la caméra Panavision Genesis et ça ne passe pas inaperçu. Il y a des profondeurs de champ tout à fait impressionnantes, des noirs très profonds (peut-être un peu trop parfois) et des couleurs très chaudes mais qui "claquent" bien dès que c'est nécessaire (mention spéciale à la couleur rouge qui pète de mille feux). 

 

 

La partie 3D a été rédigée par Jérémy

 

Note : 8/10

 
L'image du Blu-ray 2D est superbe, Aimé vient de le dire. Elle possède une profondeur de champ impressionnante. Et bien la version3D des Immortels nous présente une profondeur proprement hallucinante !! Les spectateurs ayant le vertige feraient mieux de s'accrocher à leur fauteuil ! Et si les noirs sont parfois trop profonds (voire bouchés) en 2D, l'obscurité est, en 3D, accentuée, et fonction de votre ou de votre projecteur, il faudra tripatouiller aux réglages de la luminosité. Par contre, si vous avez du matériel labellisé THX, ça ne devrait pas poser trop de problème. Le volume gagné est ici indéniable. Les séquences les plus réussies sont celles des combats, notamment celui qui oppose les Dieux aux Titans, tout simplement bluffant (et jouissif) ! Les Immortels dispose de la plus belle post-conversion que j'ai vu sur notre support préféré. Reste que l'obscurité ambiante est parfois trop envahissante...

 


Rien à dire à ce sujet non plus. Que ce soit en version originale ou version française, Les Immortels déboîte sévère et en DTS-HD Master Audio en plus s'il vous plait (Merci Metropolitan). Le plus impressionnant reste l'utilisation du caisson de basse qui devrait définitivement vous fâcher avec votre voisinage. Modérez le volume car j'ai bien été obligé de le faire durant certains passages du films étant donné que les vitres de mes fenêtres se sont mises soudainement à vibrer (le dernier film ayant réussi cet exploit, c'est Black Death pour la piste V.O.). A ce titre, le combat final avec les Titans est tout bonnement décoiffant. Personnellement je trouve que ça manque un peu de finesse au niveau du mixage mais c'est un détail. La démo n'est pas loin.

 

Pas de quoi s'énerver, l'édition ne proposant que quelques suppléments. Pas inintéressant mais pas forcément ultime. Jugez plutôt :

 

  • Un travail d’équipe (20mins26, HD) - (trop) court making of mais qui a le mérite de présenter toute l'équipe du film via des interviews et de se pencher sur la fabrication atypique du film grâce à aux outils dernier cri utilisés pour les SFX. Le réalisateur revient sur le fait qu'il n'a jamais souhaité être fidèles aux écrits mentionnant Thésée et le Minotaure. C'est pas comme si on avait pas été prévenu.
  • Ce n’est pas un mythe (5mins27, HD) - Des spécialistes en mythologie reviennent sur le fait que même les Grecs avaient déjà tendance a modifier les récits que nous connaissons tous. 
  • Scènes-coupées (33mins37, HD) - Pas mal de scènes non retenues et une ouverture alternative (enfance de Thésée) ainsi que deux fins alternatives.
  • Le film annonce (VF – VOST)
  • Bandes-Annonces : Rhum Express, Les Marches du Pouvoir, Shark 3D

 

 

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Sherlock - Saison 02 Note : Pour ceux n'ayant pas encore vu cette deuxième saison, la lecture du test est fortement déconseillée. Il en va évidemment de même pour ceux n'ayant pas encore terminé la première. Vous voilà prévenus.

Le test de ce Blu-Ray a été réalisé à partir d'une version test fourni par l'éditeur.

 

On avait laissé nos deux protagonistes dans une position quelque peu désagréable. Pour eux premièrement mais surtout pour nous, spectateurs. La fin de la première saison est très abrupte et sans concession, l'image de fin sur laquelle elle se clôt fait partie des fins les plus rageantes qui puissent exister.
Vous vous souvenez de Lost et de ses fins de saisons tendus du slip où il fallait à tout prix voir la suite sous peine de tout fracasser dans la maison ? Avis aux amateurs, on a le même type de fin ici. Ça sera donc impossible pour vous de vous dire « bon ça c'est fait, c'est vu on passe à autre chose », enfin du moins pas dans l'immédiat tant les derniers instants de la saison sont comme abruptement coupés, comme s'il manquait 30 secondes de bobines.



Merci à ceux de ne jamais avoir vu la série d'arrêter immédiatement la lecture de ce test. Je sais c'est un peu se tirer une balle dans le pied que de dire ça mais je préfère ça plutôt que de vous mâcher la découverte ou pire, qu'on vienne me dire que j'ai honteusement spoiler.
A partir de maintenant, il va être très difficile de parler de Sherlock sans en parler dans les détails (je n'ai pas dit moindre détails, nuance qui a son importance) et que, comme la logique le voudrait, si vous n'avez jamais entendu parler de la série, vous n'avez rien à faire sur ce test.
Les avertissements de rigueur étant balancés, on va pouvoir se concentrer sur la suite des aventures de Sherlock et quelle suite !

On reprend donc directement après la fin de la première saison, d'ailleurs il n'y aura aucune coupe ou ellipse, on reprend à la seconde près. On voit donc Sherlock viser le gilet rempli d'explosifs que Watson portait et qui lui avait été prêté par Moriarty.
Voilà pourquoi il allait être difficile de ne rien dévoiler de cette nouvelle saison, l'ennemie juré de Sherlock Holmes fait son apparition.
Enfin ce n'est pas très exact puisque Moriarty apparaît dès le troisième épisode de la première saison mais vu l'importance de ce personnage, j'ai préféré éluder sa présence. Il va de soi que Moriarty va prendre plus d'importance au cours de ces 3 nouveaux épisodes (enfin surtout dans le premier et le troisième) et que l'attention va être porté sur lui mais on va encore pouvoir constater le génie des scénaristes officiant sur Sherlock.

En effet, toute l'attention de cette saison ne sera pas porter sur ce personnage. Il aura, indéniablement, de l'importance mais sera très en retrait et il ne sera vraiment au centre de l'intérêt que dans le dernier épisode de cette deuxième saison.
On aurait très bien pu tomber dans la facilité et en faire un personnage que le couple Holmes / Watson chercherait à attraper tout au long des trois épisodes.
Détail qui peut paraître anodin mais qui a son importance tant les scénaristes prouvent qu'ils connaissent, une fois de plus, la mythologie Holmésienne sur le bout des doigts. Le Professeur Moriarty comme il est nommé dans l'oeuvre de Conan Doyle, n'apparaît que dans une seule nouvelle, Le Dernier Problème.
Une nouvelle d'une vingtaine de pages qui nous présente le personnage et qui nous montre un Sherlock Holmes totalement subjugué par le génie de son adversaire mais le plus important pour nous et que Moriarty est décrit par Holmes comme le criminel le plus extraordinaire que la Terre ait portée et qu'il est très certainement derrière de nombreuses affaires que lui et son ami Watson ont eu à traiter.



C'est donc la même chose pour la série, enfin c'était puisque maintenant on sait qu'il est là et qu'il était derrière chaque affaire dont a pu être témoin (il est nommé dans L'étude en Rose, il a sous ses ordres la chinoise du second épisode et c'est lui qui mène Sherlock en bateau dans le dernier épisode de la saison) et qu'il en sera également de même pour cette saison (enfin sauf pour le second épisode mais j'y reviendrai).


La présence de Moriarty nous prouve une chose, c'est que les scénaristes n'ont jamais eu en tête de vouloir tout adapter de ce qui s'était écrit sur le détective mais tout en restant proche de ce qu'a crée Sir Arthur Conan Doyle. Déjà, on a pu le constater dans le fait qu'ils utilisaient plusieurs romans ou nouvelles pour un épisode, ça enlève déjà les possibilités de vouloir tout adapter, ensuite on verra dans le premier épisode de cette saison qu'on va très vite passer sous les mystères que Sherlock Holmes a dû résoudre. Certains cas sont évoqués par des clients, on va en voir quelques images et ça sera Watson, dans son rôle de narrateur, qui nous montrera qu'on ne reviendra pas sur ces affaires là (La Blonde mouchetée pour la Bande Mouchetée, L'interprète Geek pour L'interprète Grec entre autre). Dernier point qui prouve que les scénaristes avaient bien un point de mire en tête, c'est que l'utilisation de Moriarty n'est absolument pas anodine en ce qui concerne Sherlock Holmes, la relation que ces deux-là entretiennent est complémentaire.

Moriarty le génie du crime et Sherlock Holmes le génie de l'enquête, forcément les deux vont s'attirer comme un aimant et ils s'attireront dans la mort. Eh bien oui, Moriarty n'apparaît peut-être qu'au cours d'une nouvelle mais il est celui qui fera mourir Sherlock Holmes. Bon en fait Conan Doyle fera revivre son héros et lui trouvera une excuse assez crédible, il n'empêche que pendant un temps il était six pied sous terre le père Holmes et que le seul qui est arrivé à cela, c'est bel et bien Moriarty. Est-ce que les scénaristes vont avoir le même point de vue que Conan Doyle en ce qui concerne le personnage principal ? Je ne vais quand même pas tout spoiler, on sait jamais pour les deux petits masochistes qui liraient le test sans avoir vu la série. Néanmoins, je trouve que leur choix est plutôt bien vu mais surtout, prouve qu'ils ont une idée particulière en tête et qu'ils ne veulent pas s'en éloigner, ni succomber à diverses sirènes. Tout le mérite leur revient.



Vous l'aurez compris, les scénaristes se sont donc inspirés de la nouvelle Le Dernier Problème (qui avaient déjà été utilisé dans la première saison) pour écrire un épisode mais ça sera le dernier de la saison (logique vu ce qu'il s'y passe). Pour les deux autres épisodes, les auteurs ont adapté / se sont inspiré de nouvelles bien connues des amateurs de Sherlock Holmes et notamment une qui est reconnue par beaucoup de monde, même des non lecteurs de la saga. On va donc avoir droit à Un Scandale en Bohème et Le Chien des Baskerville. Lorsque celui-ci a été annoncé, j'ai été particulièrement surpris de voir que ç'allait être adapté pour la série TV (au vu de ce qu'il se passe dans le bouquin) mais c'était sans compter sur le savoir-faire de ces satanés auteurs.
Le deuxième épisode de la série n'est peut-être pas à la hauteur des deux autres mais reste malgré tout de bonne facture. Je pense que le fait d'annoncer l'adaptation du Chien des Baskerville n'a pas du jouer en leur faveur, les gens ont dû méchamment fantasmer sur cet épisode. Malgré tout, c'est finement joué et finalement pas attendu pour un rond. L'impression que l'épisode est un peu à part dans le reste de la série (le fameux épisode ou Moriarty n'apparaît pas enfin pas en tant que génie du crime) comme si les créateurs de la série avaient voulu se faire plaisir en l'adaptant.

L'autre nouvelle adaptée n'est peut-être pas aussi connue mais est tout aussi importante dans la saga et dans l'évolution du personnage. En effet, c'est dans cette nouvelle que l'on s'apercevra que Sherlock Holmes n'a aucune expérience en ce qui concerne les femmes. Il trouve que l'amour est une perte de temps et le méprise. On va voir que ses convictions vont être malmenées en la présence d'Irène Adler, la femme qui aura réussit à mettre Sherlock Holmes à genoux. Dans l'épisode c'est la même chose et la résolution du mystère passe un peu au second plan. Loin de moi l'idée de dire qu'il ne sert à rien mais l'intérêt ici est tout autre, celui d'en savoir un peu plus sur la psychologie de Sherlock et de savoir, enfin d'essayer, ce qu'il a en tête. C'est aussi l'un des seuls épisodes où il apparaîtra très humain, c'est à dire avec des cassures et des doutes.



Nous ne sommes absolument pas en terre inconnue avec cette deuxième saison. On constatera que les auteurs ont le même souci du détail concernant l'œuvre originelle et le même questionnement pour pouvoir en proposer une vision qui plaise autant aux néophytes qu'aux inconditionnels du détective. Ce qui est tout aussi intéressant, c'est que la mise en scène ne perd pas en qualité. Là où on aurait pu avoir quelque chose de moins abouti, on reste sur la même longueur d'onde et l'implication du spectateur sera tout aussi importante, limite plus. Toujours aussi ludique ça va de soi. Point que je n'avais pas évoqué lors du premier test mais Sherlock est une série qui possède de l'humour, ce n'est pas non plus tout sombre. On se marre bien avec les deux compères. Les réparties de Sherlock envers les différents intervenants ou l'incrédulité de Watson sont autant de choses qui sont placées là pour permettre aux spectateurs de souffler un peu. Surtout, cette façon de faire ajoute énormément de crédibilité au couple d'amis / collègues. Sans parler d'une certaine sonnerie de téléphone portable...

Un dernier point à propos des scénaristes et leur roublardise concernant les titres de la série. Je l'avais déjà évoqué dans le test de la première saison mais les titres font aussi partis des différents clins d'œil que l'on pourra apercevoir, on y trouvera même la réponse au mystère d'un épisode. C'est peut-être couillon mais je trouve ça intéressant d'exploiter toutes les pistes possibles et de ne rien laisser au hasard. L'exemple concret pour cette deuxième saison vient avec le titre du dernier épisode, La Chute du Reichenbach. Il s'agit ici d'un lieu qu'on trouve en Suisse et qui a été le théâtre de l'affrontement mortel entre Holmes et Moriarty mais dans la série point de chute d'eau, le Reichenbach sera un surnom donné à Sherlock Holmes après la résolution d'une affaire où il retrouvera un tableau de William Turner mettant en lumière les fameuses chutes d'eau. C'est anodin, ça ne changera pas la série et la façon de l'aborder mais je trouve ça marrant de voir que les auteurs s'amusent à ce genre de petits jeux, comme s'ils étaient pris par la fièvre de l'énigme. En tant que spectateur, ça me conforte dans l'idée que je suis en train de regarder quelque chose qui est fait avec respect et amour. Il ne m'en faut pas plus pour être conquis.



Je ne vais pas revenir sur les qualités d'acteurs de Benedict Cumberbatch et de Martin Freeman, ils sont aussi bons dans cette deuxième saison.
N'ayant pas voulu trop en dévoiler concernant la première saison et les différents évènements qu'ils s'y produisaient, j'ai volontairement mis de côté le personnage de Mycroft Holmes, le frère de Sherlock Holmes. Quand on l'aperçoit pour la première fois dans la série, Mycroft Holmes ne se présente pas, si bien que j'ai cru jusqu'à la fin du premier épisode qu'il s'agissait de Moriarty. Un joli moyen de brouiller les pistes puisque Mycroft se présente comme étant l'archénnemi de Sherlock Holmes. Il aurait été dommage de dévoiler son identité et surtout, sa présence dans la série. Il a une plus grande importance dans la série que dans chez Doyle, enfin il est tout aussi important mais moins présent dirai-je. On l'apercevra à plusieurs reprises dans la série et étant au centre même de certaines affaires.
Pour incarner ce personnage aux allures de gentleman, on a pas été cherché bien loin puisque c'est l'un des co-auteurs de la série, Mark Gatiss, qui lui prête ses traits. On avait déjà pu le voir dans Jekyll et dans certains épisodes de Doctor Who. Le peu qu'on le verra à l'écran ça sera pas mal du tout, l'acteur joue tout en retenu, en flegme, like a sir j'ai envie de dire. Un Mycroft très crédible.

Mais la palme des acteurs des deux saisons confondues revient à celui qui incarne Moriarty, Andrew Scott, tant ce qu'il offre comme palette d'émotions est à tomber. Je me doutais bien qu'on allait parler de Moriarty a un moment donné mais je ne m'attendais absolument pas à ce qu'il soit aussi génial, aussi énorme et qu'il fasse passer le rôle de Sherlock Holmes au second plan. Dès qu'il apparaît, il bouffe l'écran si bien qu'on a d'yeux que pour lui. Ses dialogues, sa répartie, son physique, son charisme, sa voix, rien n'est à jeter chez cet acteur. Lui qui a déjà incarné Paul McCartney ne devrait pas en rester là et il serait honteux de ne pas le voir plus souvent. Sa prestation et le personnage qu'on lui a écrit font que Moriarty rentre directement dans la très sélecte liste des Best.Character.Ever (avec Locke, Ben Linus, Dale Cooper et consors). Un bel exploit.



Si la première saison m'avait mis une belle petite soufflante, c'est carrément une claque que j'ai pris au cours de ses trois épisodes. Comme pour la première saison le deuxième épisode est peut-être un poil moins abouti mais c'est sûrement, pour moi, parce que Moriarty n'apparaît pas, malgré tout le partis pris de l'adaptation reste très intéressant. Une saison qui commence comme la première et qui se termine de la même manière, sur un cliffhanger de bâtard (j'ai pas d'autre mots) mais, à contrario du dernier épisode de la première saison, la série aurait très bien pu s'arrêter là, ça aurait fait une fin excellente en plus d'être très crédible. Maintenant, une troisième saison a été confirmé dès la diffusion de cette épisode de fin. En espérant avoir bientôt des nouvelles de la suite des aventures du plus célèbre détective et surtout, en espérant que le travail d'adaptation continue à être aussi sérieux. Vivement !

Pas grand chose de différent par rapport à la première saison. France TV semble proposer le même master que les Blu-Ray sortis en Grande-Bretagne et qui devaient déjà être ceux utilisés pour la diffusion tv.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sachez qu'on ne perd, ni ne gagne en qualité. Détails nombreux, profondeur de champs intéressante, grain jamais trop présent, couleurs respectées et noirs profonds comme il faut. La même chose je vous dis.



 

J'aurai aimé vous dis que sur ce point aussi c'était la même chose que pour la première saison mais force est de constater qu'en fait, ben non.

Plus de pistes HD pour qui que ce soit, tout le monde au Dolby Digital, 5.1 pour la VO et 2.0 pour la VF. Vous savez ce que je pense de Sherlock en VF, quand bien même le doublage n'est pas de mauvaise qualité, regarder Sherlock dans ces conditions nous approche dangeureusement de l'hérésie. Techniquement la piste souffre un peu de la comparaison avec son aîné, ce qui veut dire moins de prestance et de puissance mais ça passe malgré tout. Ne vous attendez pas à avoir une immersion très poussée. Comme pour la première VF tous les inserts ont été traduits (dommage de ne pas avoir les avoir laisser en VO sur la VO...).

La VO fait du mieux qu'elle peut sans la certification HD. Ca reste correcte malgré tout, seulement voilà un Dolby Digital n'est pas un DTS HD MA. On ne va pas cracher dans la soupe non plus mais bon, disons qu'on aurait forcément gagné sur à peu près tous les niveaux avec une piste HD. Bon allez, c'est pas grave, on va dire que c'est la petite faute de parcours. Faute qui n'a rien d'honteuse non plus vu ce que propose la piste mais disons les choses clairement, ça fait chier.

Pour les fans d'imports pas la peine de s'exciter, le disque disponible outre-Manche est du même acabit.



 

Les bonus sont directement repris de l'édtion UK, un bon point. Malheureusement ça sera le seul puisque aucun sous-titres français n'est disponible. Enfin si sur un seul des bonus, le moins intéressant...Plus que dommage.

  • Commentaire audio sur deux épisodes : Des commentaires audios disponibles sur les deux premiers épisodes de la saison. On y retrouve beaucoup d'intervenants et, chose assez rare, en même temps. Le truc c'est que France TV a dû être frappé du même mal que Warner puisqu'il n'y a aucun sous-titre. Vu les accents pourris que certains se traînent, c'est assez difficile de suivre.

 

  • Sherlock à découvert (HD, 20 mins) : Les acteurs, les scénaristes et d'autres personnes interviennent dans cette featurette qui revient sur la saison et sur Sherlock Holmes. Intéressant mais hélas, bien trop court. On en aurait bien repris pour trente minutes facilement !




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Tue, 24 Apr 2012 13:02:34 +0200 http://www.planete-hd.com/Sherlock-Saison-02-test-t1053.html http://www.planete-hd.com/Sherlock-Saison-02-test-t1053.html Note : Pour ceux n'ayant pas encore vu cette deuxième saison, la lecture du test est fortement déconseillée. Il en va évidemment de même pour ceux n'ayant pas encore terminé la première. Vous voilà prévenus.

Le test de ce Blu-Ray a été réalisé à partir d'une version test fourni par l'éditeur.

 

On avait laissé nos deux protagonistes dans une position quelque peu désagréable. Pour eux premièrement mais surtout pour nous, spectateurs. La fin de la première saison est très abrupte et sans concession, l'image de fin sur laquelle elle se clôt fait partie des fins les plus rageantes qui puissent exister.
Vous vous souvenez de Lost et de ses fins de saisons tendus du slip où il fallait à tout prix voir la suite sous peine de tout fracasser dans la maison ? Avis aux amateurs, on a le même type de fin ici. Ça sera donc impossible pour vous de vous dire « bon ça c'est fait, c'est vu on passe à autre chose », enfin du moins pas dans l'immédiat tant les derniers instants de la saison sont comme abruptement coupés, comme s'il manquait 30 secondes de bobines.



Merci à ceux de ne jamais avoir vu la série d'arrêter immédiatement la lecture de ce test. Je sais c'est un peu se tirer une balle dans le pied que de dire ça mais je préfère ça plutôt que de vous mâcher la découverte ou pire, qu'on vienne me dire que j'ai honteusement spoiler.
A partir de maintenant, il va être très difficile de parler de Sherlock sans en parler dans les détails (je n'ai pas dit moindre détails, nuance qui a son importance) et que, comme la logique le voudrait, si vous n'avez jamais entendu parler de la série, vous n'avez rien à faire sur ce test.
Les avertissements de rigueur étant balancés, on va pouvoir se concentrer sur la suite des aventures de Sherlock et quelle suite !

On reprend donc directement après la fin de la première saison, d'ailleurs il n'y aura aucune coupe ou ellipse, on reprend à la seconde près. On voit donc Sherlock viser le gilet rempli d'explosifs que Watson portait et qui lui avait été prêté par Moriarty.
Voilà pourquoi il allait être difficile de ne rien dévoiler de cette nouvelle saison, l'ennemie juré de Sherlock Holmes fait son apparition.
Enfin ce n'est pas très exact puisque Moriarty apparaît dès le troisième épisode de la première saison mais vu l'importance de ce personnage, j'ai préféré éluder sa présence. Il va de soi que Moriarty va prendre plus d'importance au cours de ces 3 nouveaux épisodes (enfin surtout dans le premier et le troisième) et que l'attention va être porté sur lui mais on va encore pouvoir constater le génie des scénaristes officiant sur Sherlock.

En effet, toute l'attention de cette saison ne sera pas porter sur ce personnage. Il aura, indéniablement, de l'importance mais sera très en retrait et il ne sera vraiment au centre de l'intérêt que dans le dernier épisode de cette deuxième saison.
On aurait très bien pu tomber dans la facilité et en faire un personnage que le couple Holmes / Watson chercherait à attraper tout au long des trois épisodes.
Détail qui peut paraître anodin mais qui a son importance tant les scénaristes prouvent qu'ils connaissent, une fois de plus, la mythologie Holmésienne sur le bout des doigts. Le Professeur Moriarty comme il est nommé dans l'oeuvre de Conan Doyle, n'apparaît que dans une seule nouvelle, Le Dernier Problème.
Une nouvelle d'une vingtaine de pages qui nous présente le personnage et qui nous montre un Sherlock Holmes totalement subjugué par le génie de son adversaire mais le plus important pour nous et que Moriarty est décrit par Holmes comme le criminel le plus extraordinaire que la Terre ait portée et qu'il est très certainement derrière de nombreuses affaires que lui et son ami Watson ont eu à traiter.



C'est donc la même chose pour la série, enfin c'était puisque maintenant on sait qu'il est là et qu'il était derrière chaque affaire dont a pu être témoin (il est nommé dans L'étude en Rose, il a sous ses ordres la chinoise du second épisode et c'est lui qui mène Sherlock en bateau dans le dernier épisode de la saison) et qu'il en sera également de même pour cette saison (enfin sauf pour le second épisode mais j'y reviendrai).


La présence de Moriarty nous prouve une chose, c'est que les scénaristes n'ont jamais eu en tête de vouloir tout adapter de ce qui s'était écrit sur le détective mais tout en restant proche de ce qu'a crée Sir Arthur Conan Doyle. Déjà, on a pu le constater dans le fait qu'ils utilisaient plusieurs romans ou nouvelles pour un épisode, ça enlève déjà les possibilités de vouloir tout adapter, ensuite on verra dans le premier épisode de cette saison qu'on va très vite passer sous les mystères que Sherlock Holmes a dû résoudre. Certains cas sont évoqués par des clients, on va en voir quelques images et ça sera Watson, dans son rôle de narrateur, qui nous montrera qu'on ne reviendra pas sur ces affaires là (La Blonde mouchetée pour la Bande Mouchetée, L'interprète Geek pour L'interprète Grec entre autre). Dernier point qui prouve que les scénaristes avaient bien un point de mire en tête, c'est que l'utilisation de Moriarty n'est absolument pas anodine en ce qui concerne Sherlock Holmes, la relation que ces deux-là entretiennent est complémentaire.

Moriarty le génie du crime et Sherlock Holmes le génie de l'enquête, forcément les deux vont s'attirer comme un aimant et ils s'attireront dans la mort. Eh bien oui, Moriarty n'apparaît peut-être qu'au cours d'une nouvelle mais il est celui qui fera mourir Sherlock Holmes. Bon en fait Conan Doyle fera revivre son héros et lui trouvera une excuse assez crédible, il n'empêche que pendant un temps il était six pied sous terre le père Holmes et que le seul qui est arrivé à cela, c'est bel et bien Moriarty. Est-ce que les scénaristes vont avoir le même point de vue que Conan Doyle en ce qui concerne le personnage principal ? Je ne vais quand même pas tout spoiler, on sait jamais pour les deux petits masochistes qui liraient le test sans avoir vu la série. Néanmoins, je trouve que leur choix est plutôt bien vu mais surtout, prouve qu'ils ont une idée particulière en tête et qu'ils ne veulent pas s'en éloigner, ni succomber à diverses sirènes. Tout le mérite leur revient.



Vous l'aurez compris, les scénaristes se sont donc inspirés de la nouvelle Le Dernier Problème (qui avaient déjà été utilisé dans la première saison) pour écrire un épisode mais ça sera le dernier de la saison (logique vu ce qu'il s'y passe). Pour les deux autres épisodes, les auteurs ont adapté / se sont inspiré de nouvelles bien connues des amateurs de Sherlock Holmes et notamment une qui est reconnue par beaucoup de monde, même des non lecteurs de la saga. On va donc avoir droit à Un Scandale en Bohème et Le Chien des Baskerville. Lorsque celui-ci a été annoncé, j'ai été particulièrement surpris de voir que ç'allait être adapté pour la série TV (au vu de ce qu'il se passe dans le bouquin) mais c'était sans compter sur le savoir-faire de ces satanés auteurs.
Le deuxième épisode de la série n'est peut-être pas à la hauteur des deux autres mais reste malgré tout de bonne facture. Je pense que le fait d'annoncer l'adaptation du Chien des Baskerville n'a pas du jouer en leur faveur, les gens ont dû méchamment fantasmer sur cet épisode. Malgré tout, c'est finement joué et finalement pas attendu pour un rond. L'impression que l'épisode est un peu à part dans le reste de la série (le fameux épisode ou Moriarty n'apparaît pas enfin pas en tant que génie du crime) comme si les créateurs de la série avaient voulu se faire plaisir en l'adaptant.

L'autre nouvelle adaptée n'est peut-être pas aussi connue mais est tout aussi importante dans la saga et dans l'évolution du personnage. En effet, c'est dans cette nouvelle que l'on s'apercevra que Sherlock Holmes n'a aucune expérience en ce qui concerne les femmes. Il trouve que l'amour est une perte de temps et le méprise. On va voir que ses convictions vont être malmenées en la présence d'Irène Adler, la femme qui aura réussit à mettre Sherlock Holmes à genoux. Dans l'épisode c'est la même chose et la résolution du mystère passe un peu au second plan. Loin de moi l'idée de dire qu'il ne sert à rien mais l'intérêt ici est tout autre, celui d'en savoir un peu plus sur la psychologie de Sherlock et de savoir, enfin d'essayer, ce qu'il a en tête. C'est aussi l'un des seuls épisodes où il apparaîtra très humain, c'est à dire avec des cassures et des doutes.



Nous ne sommes absolument pas en terre inconnue avec cette deuxième saison. On constatera que les auteurs ont le même souci du détail concernant l'œuvre originelle et le même questionnement pour pouvoir en proposer une vision qui plaise autant aux néophytes qu'aux inconditionnels du détective. Ce qui est tout aussi intéressant, c'est que la mise en scène ne perd pas en qualité. Là où on aurait pu avoir quelque chose de moins abouti, on reste sur la même longueur d'onde et l'implication du spectateur sera tout aussi importante, limite plus. Toujours aussi ludique ça va de soi. Point que je n'avais pas évoqué lors du premier test mais Sherlock est une série qui possède de l'humour, ce n'est pas non plus tout sombre. On se marre bien avec les deux compères. Les réparties de Sherlock envers les différents intervenants ou l'incrédulité de Watson sont autant de choses qui sont placées là pour permettre aux spectateurs de souffler un peu. Surtout, cette façon de faire ajoute énormément de crédibilité au couple d'amis / collègues. Sans parler d'une certaine sonnerie de téléphone portable...

Un dernier point à propos des scénaristes et leur roublardise concernant les titres de la série. Je l'avais déjà évoqué dans le test de la première saison mais les titres font aussi partis des différents clins d'œil que l'on pourra apercevoir, on y trouvera même la réponse au mystère d'un épisode. C'est peut-être couillon mais je trouve ça intéressant d'exploiter toutes les pistes possibles et de ne rien laisser au hasard. L'exemple concret pour cette deuxième saison vient avec le titre du dernier épisode, La Chute du Reichenbach. Il s'agit ici d'un lieu qu'on trouve en Suisse et qui a été le théâtre de l'affrontement mortel entre Holmes et Moriarty mais dans la série point de chute d'eau, le Reichenbach sera un surnom donné à Sherlock Holmes après la résolution d'une affaire où il retrouvera un tableau de William Turner mettant en lumière les fameuses chutes d'eau. C'est anodin, ça ne changera pas la série et la façon de l'aborder mais je trouve ça marrant de voir que les auteurs s'amusent à ce genre de petits jeux, comme s'ils étaient pris par la fièvre de l'énigme. En tant que spectateur, ça me conforte dans l'idée que je suis en train de regarder quelque chose qui est fait avec respect et amour. Il ne m'en faut pas plus pour être conquis.



Je ne vais pas revenir sur les qualités d'acteurs de Benedict Cumberbatch et de Martin Freeman, ils sont aussi bons dans cette deuxième saison.
N'ayant pas voulu trop en dévoiler concernant la première saison et les différents évènements qu'ils s'y produisaient, j'ai volontairement mis de côté le personnage de Mycroft Holmes, le frère de Sherlock Holmes. Quand on l'aperçoit pour la première fois dans la série, Mycroft Holmes ne se présente pas, si bien que j'ai cru jusqu'à la fin du premier épisode qu'il s'agissait de Moriarty. Un joli moyen de brouiller les pistes puisque Mycroft se présente comme étant l'archénnemi de Sherlock Holmes. Il aurait été dommage de dévoiler son identité et surtout, sa présence dans la série. Il a une plus grande importance dans la série que dans chez Doyle, enfin il est tout aussi important mais moins présent dirai-je. On l'apercevra à plusieurs reprises dans la série et étant au centre même de certaines affaires.
Pour incarner ce personnage aux allures de gentleman, on a pas été cherché bien loin puisque c'est l'un des co-auteurs de la série, Mark Gatiss, qui lui prête ses traits. On avait déjà pu le voir dans Jekyll et dans certains épisodes de Doctor Who. Le peu qu'on le verra à l'écran ça sera pas mal du tout, l'acteur joue tout en retenu, en flegme, like a sir j'ai envie de dire. Un Mycroft très crédible.

Mais la palme des acteurs des deux saisons confondues revient à celui qui incarne Moriarty, Andrew Scott, tant ce qu'il offre comme palette d'émotions est à tomber. Je me doutais bien qu'on allait parler de Moriarty a un moment donné mais je ne m'attendais absolument pas à ce qu'il soit aussi génial, aussi énorme et qu'il fasse passer le rôle de Sherlock Holmes au second plan. Dès qu'il apparaît, il bouffe l'écran si bien qu'on a d'yeux que pour lui. Ses dialogues, sa répartie, son physique, son charisme, sa voix, rien n'est à jeter chez cet acteur. Lui qui a déjà incarné Paul McCartney ne devrait pas en rester là et il serait honteux de ne pas le voir plus souvent. Sa prestation et le personnage qu'on lui a écrit font que Moriarty rentre directement dans la très sélecte liste des Best.Character.Ever (avec Locke, Ben Linus, Dale Cooper et consors). Un bel exploit.



Si la première saison m'avait mis une belle petite soufflante, c'est carrément une claque que j'ai pris au cours de ses trois épisodes. Comme pour la première saison le deuxième épisode est peut-être un poil moins abouti mais c'est sûrement, pour moi, parce que Moriarty n'apparaît pas, malgré tout le partis pris de l'adaptation reste très intéressant. Une saison qui commence comme la première et qui se termine de la même manière, sur un cliffhanger de bâtard (j'ai pas d'autre mots) mais, à contrario du dernier épisode de la première saison, la série aurait très bien pu s'arrêter là, ça aurait fait une fin excellente en plus d'être très crédible. Maintenant, une troisième saison a été confirmé dès la diffusion de cette épisode de fin. En espérant avoir bientôt des nouvelles de la suite des aventures du plus célèbre détective et surtout, en espérant que le travail d'adaptation continue à être aussi sérieux. Vivement !

Pas grand chose de différent par rapport à la première saison. France TV semble proposer le même master que les Blu-Ray sortis en Grande-Bretagne et qui devaient déjà être ceux utilisés pour la diffusion tv.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sachez qu'on ne perd, ni ne gagne en qualité. Détails nombreux, profondeur de champs intéressante, grain jamais trop présent, couleurs respectées et noirs profonds comme il faut. La même chose je vous dis.



 

J'aurai aimé vous dis que sur ce point aussi c'était la même chose que pour la première saison mais force est de constater qu'en fait, ben non.

Plus de pistes HD pour qui que ce soit, tout le monde au Dolby Digital, 5.1 pour la VO et 2.0 pour la VF. Vous savez ce que je pense de Sherlock en VF, quand bien même le doublage n'est pas de mauvaise qualité, regarder Sherlock dans ces conditions nous approche dangeureusement de l'hérésie. Techniquement la piste souffre un peu de la comparaison avec son aîné, ce qui veut dire moins de prestance et de puissance mais ça passe malgré tout. Ne vous attendez pas à avoir une immersion très poussée. Comme pour la première VF tous les inserts ont été traduits (dommage de ne pas avoir les avoir laisser en VO sur la VO...).

La VO fait du mieux qu'elle peut sans la certification HD. Ca reste correcte malgré tout, seulement voilà un Dolby Digital n'est pas un DTS HD MA. On ne va pas cracher dans la soupe non plus mais bon, disons qu'on aurait forcément gagné sur à peu près tous les niveaux avec une piste HD. Bon allez, c'est pas grave, on va dire que c'est la petite faute de parcours. Faute qui n'a rien d'honteuse non plus vu ce que propose la piste mais disons les choses clairement, ça fait chier.

Pour les fans d'imports pas la peine de s'exciter, le disque disponible outre-Manche est du même acabit.



 

Les bonus sont directement repris de l'édtion UK, un bon point. Malheureusement ça sera le seul puisque aucun sous-titres français n'est disponible. Enfin si sur un seul des bonus, le moins intéressant...Plus que dommage.

  • Commentaire audio sur deux épisodes : Des commentaires audios disponibles sur les deux premiers épisodes de la saison. On y retrouve beaucoup d'intervenants et, chose assez rare, en même temps. Le truc c'est que France TV a dû être frappé du même mal que Warner puisqu'il n'y a aucun sous-titre. Vu les accents pourris que certains se traînent, c'est assez difficile de suivre.

 

  • Sherlock à découvert (HD, 20 mins) : Les acteurs, les scénaristes et d'autres personnes interviennent dans cette featurette qui revient sur la saison et sur Sherlock Holmes. Intéressant mais hélas, bien trop court. On en aurait bien repris pour trente minutes facilement !




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Sherlock - Saison 01 « Élémentaire mon cher Watson ». S'il y a bien une phrase que tout le monde va citer pour parler de Sherlock Holmes, c'est bien celle-ci.
La célèbre tirade est devenue comme une espèce de cliché qui caractériserait le mieux le personnage crée par Sir Arthur Conan Doyle.
En vérité, ce n'est même pas du fait de Doyle, cette phrase n'est jamais apparue dans les écrits de Doyle concernant le détective. La première fois qu'on va l'entendre, ça sera dans l'une des nombreuses adaptations cinématographiques.
En pointant ceci du doigt, ce n'est absolument pas pour faire le malin mais pour dire qu'en fait, on pense tout connaître de Sherlock Holmes alors que ce n'est que la partie cachée de l'iceberg, tant l'univers du personnage foisonne de détails divers et variés.
Comme si on se contentait de ce qui ressort le plus du personnage, un peu comme quand les français ont tous été caractérisés par la baguette et le béret. C'est bien plus que cela mais les gens ont comme été conditionnés par certains choix d'adaptations.



Cet état d'esprit, les créateurs de la nouvelle itération l'ont, semble t-il, dégagé de leurs esprits. Point de phrase "culte", ni d'objets directement identifiables. On évite les clichés pour se recentrer sur l'essentiel. Bon à vrai dire c'est un peu faux puisque les clichés seront présents mais d'une manière complètement différente, plus vu comme un clin d'œil (je pense notamment au deerstalker).
Tout ça c'est bien beau mais Sherlock Holmes on connait me direz-vous et je serai tout à fait d'accord. Quand j'ai entendu parler de la série, je me suis dis que ç'allait encore être du déjà-vu et il m'a suffit de voir le premier épisode et là, grosse sensation. Sherlock Holmes nouveau est arrivé et il va mettre un bon petit coup de pied dans la fourmilière des adaptations Holmesiennes.
Force est de constater que les versions antérieures ont pris un joli coup de vieux, sans toutefois les dénigrer mais ça ne sera plus jamais la même chose après cette vision-là du célèbre détective.
On gardera les prestations et l'ambiance des films avec Christopher Lee ou Peter Cushing pour la mémoire et parce que, dans leurs genres, ils sont immanquables mais cette mise au goût du jour les balaie sans concession.
Je comprendrai qu'on me dise que ces versions là sont désuètes mais il ne faut pas cracher dessus pour autant, juste garder en tête qu'elles ont été faite à un certaine période et que les méthodes d'alors ne sont pas celles d'aujourd'hui.

A partir de là, l'équipe en charge de donner vie à ces nouvelles aventures de Holmes va pouvoir se dédouaner totalement de ce qui a déjà été fait auparavant et pouvoir proposer la vision qu'elle a de ce personnage ô combien mythique. Quand à la tête de cette équipe on retrouve l'un des écossais contemporains le plus connu après Sean Connery, on se dit qu'on est sur de très bonnes bases. Ce grand gaillard n'est autre que le scénariste Steven Moffat. On ne va pas se refaire sa biographie mais Steven n'est pas le premier venu dans le monde du scénario mais aussi, de la série télé. On peut même dire qu'il en a un peu fait sa spécialité et qu'il a sublimé chacune des choses sur lesquelles il a bossé. Qu'il ait simplement été de passage ou officiant à temps plein, Moffat ne laisse pas indifférent. Il a cette façon de faire qui fait mouche à chaque fois et pas forcément dans des ambiances matures. En disant ça je pense très fortement à Six Sexy, une série qui parle de sexe et comment des amis abordent cette question. Un humour so british mais pas que, l'ensemble des situations faisant souvent mouche et sans parler des dialogues.
Bref quand on voit sur quoi l'Écossais (à l'accent dégueulasse) a bossé on ne peut qu'être admiratif. Là où on peut aussi l'être c'est sur son degré d'implication en ce qui concerne les adaptations  et c'est là où ça devient intéressant pour nous dans le cas de Sherlock, c'est que Moffat connait son sujet avec le plus grand des sérieux. Enfin du moins, c'est ce qu'il ressort, il a peut-être juste tout pompé sur Wikipédia et, à l'heure actuelle, il se gausse grave en se tapant le bide.



Plus sérieusement, ce n'est pas la première fois que le scénariste nous montre son talent pour les adopter une œuvre déjà existante. Ceux qui ont vu la mini-série Jekyll ont déjà pu le constater. La plupart des gens ont également pu s'en rendre compte avec le dernier film de Spielberg : Tintin. Mis à part l'aspect visuel, ce qui faisait un peu peur aux aficionados du petit reporter, c'était comment ils allaient pouvoir proposer une histoire digne de ce nom. Il ne faudra pas longtemps pour voir que c'est un pari remporté haut-la-main et que Moffat (accompagné de deux autres scénaristes) arrivent à proposer du neuf malgré le fait que l'on connaisse déjà les aventures. Et bien pour Sherlock, c'est pareil. Il ne va pas se contenter de bêtement adapter mot par mot, situation par situation, aventure par aventure, il va piocher dans ce que Sir Arthur Conan Doyle a écrit pour en tirer trois épisodes.

Ces épisodes seront des références directes aux œuvres de Doyle mais n'existeront jamais en tant que telles. Moffat va piocher, assembler, découper, recoller des morceaux des œuvres appartenant au canon Holmesien et les mixer pour nous servir les trois épisodes de la première saison. Pour les personnes qui ne connaissent pas vraiment le Sherlock Holmes, le canon Holmesien est ce qui appartient à la mythologie du célèbre détective et forcément écrite par Doyle. Ce canon comprend 4 romans et 56 nouvelles, Moffat s'est donc inspiré d'Une Étude en Rouge, de La Vallée de la Peur, des Hommes Dansants, du Traité Naval ou bien encore du Dernier Problème, entre autre, pour écrire cette première saison.

Pour ceux qui n'ont absolument jamais ouvert un roman ou une nouvelle mettant en scène Sherlock Holmes, je pense que la série peut faire office d'avant-goût à l'univers, à la mythologie du détective. On peut aussi très bien se passer des lectures et se contenter de la série, le travail y est relativement pointu pour présenter un excellent palliatif. Ceux qui ont la phobie de la lecture peuvent donc se sentir rassérénés, ils ne passeront pas à côté d'une référence difficile à comprendre. Par contre, pour les autres, la série devient jouissive. Le plaisir de retrouver tel ou tel personnage, de voir ce qu'il en a été fait, de voir le rôle qu'il a par rapport à sa version papier. C'en devient carrément ludique, l'intérêt dans l'intérêt. Balèze. Ce qui l'est encore plus c'est d'avoir réussi à calquer les évènements des livres, donc du 19ème siècle, sur des évènements contemporains, donc du 21ème. Ce qui rend l'ensemble encore plus crédible qu'il n'aurait pu être. Un vrai travail d'adaptation, on en revient toujours au même. Le genre de travail qui demande une connaissance accrue du matériel d'origine dont on parle. Pas l'adaptation de pécore donc.



Pour ceux qui ne savent pas du tout qui peut bien être ce Sherlock Holmes et qui se demandent ce que peut proposer la série, je leur dirai qu'il s'agit de résolutions d'enquêtes policières sur fonds de mystères. Forcément à l'heure des Experts et autre Police Judiciaire, il va falloir être proche de l'innovation pour conquérir un public plus forcément intéressé par ce genre de série.
Sincèrement, je ne suis pas loin de penser que Sherlock innove vraiment, pas forcément sur le fond (encore que) mais plutôt dans la forme. Les trouvailles de mise en scène sont nombreuses, le coup du SMS en sur-impression, les personnages qui passent d'un lieu à un autre sans bouger un orteil ou encore la carte d'un certain quartier de Londres qui s'affiche sous nos yeux. C'est vivant et très immersif, le spectateur ne se sent pas QUE spectateur, on a véritablement l'impression d'être un membre de l'équipe de Sherlock Holmes. Je ne sais pas pour vous mais je n'ai jamais vu ou ressenti cela dans aucune autre série, européenne du moins. Enfin si, dans une, Kaamelott, où là encore le travail d'adaptation est tel qu'on ne laisse personne sur le carreau et qu'on se sent totalement impliqué (surtout dans la seconde moitié de la série).

Tout ça c'est bien beau mais on a beau avoir les meilleures idées du monde, il faut que celles-ci soient servies sur un plateau d'argent aux spectateurs. Si sur la réalisation c'est presque parfait, il faut que ça le soit aussi en ce qui concerne les acteurs parce que sans ça, on peut vite tourner au ridicule voire à l'ennui. Il faut bien dire que le sujet a déjà été maintes fois abordé et que passer après des acteurs comme Christopher Lee ou Peter Cushing il ne va pas falloir se louper sous peine de se prendre l'ire des fans en pleine tronche.
Arrêtons les palabres et coupons court à tout mystère, la réussite de la série tient en partie grâce aux rôles qui la compose, et plus particulièrement les deux protagonistes Holmes et Watson.



Pour le rôle du Docteur qui va suivre Holmes comme son ombre et être celui qui sera vu comme le narrateur (on s'en apercevra plus tard en ce qui concerne la série) ça sera sur Martin Freeman que le choix se portera.
L'acteur britannique tient ici l'un de ses meilleurs rôles, du moins, le plus important. On avait déjà pu l'apercevoir dans H2G2 où il était plutôt pas mal, proposant un joli éventail de ses possibilités, ici il explose littéralement. Il arrive à donner du corps à Watson, il apporte une crédibilité au personnage mais et c'est le plus important, on y croit, on croit à son histoire et à l'amitié qu'il va découvrir avec le détective. Ce qui est aussi intéressant avec l'acteur, c'est qu'il ne se fait absolument pas bouffer par son camarade de jeu. Il a autant d'importance. C'est con à dire mais à le voir on se rend bien compte que sans Watson pas de Holmes et réciproquement. Là encore les créateurs de la série ont capté l'essence de la relation de ces deux là. On aurait pu facilement tomber dans le rôle de faire-valoir et ce n'est pas le cas du tout.
Pour l'autre partie de cette dichotomie, ça sera à l'avenant, enfin forcément un peu plus au dessus au vu du personnage incarné.

Avant de parler de l'acteur, j'aborderai le personnage. Celui-ci est légèrement différent des œuvres de Conan Doyle puisque son comportement, son caractère vont être quelque peu exacerbés. Pour ceux qui le connaissent, Sherlock Holmes n'est pas très porté sur la sociabilité et n'hésite pas à dire ce qu'il pense de ses congénères, dans la série il sera un peu plus ouvertement méprisant avec certains autres personnages et même avec ceux qui lui sont proches. Pouvant passer d'un état de sombre connard à celui d'ami compréhensif,il excelle dans l'art d'expliquer aux gens pourquoi il leur est supérieur. Le pire, c'est qu'il a carrément raison.
Pour incarner ce personnage haut en couleur, on a fait appel à Benedict Cumberbatch. Derrière l'acteur au nom imprononçable se cache un acteur plus que convaincant. Le rôle de Sherlock lui va à ravir et on a l'intime conviction que ce rôle lui est entièrement destiné. Je ne suis pas convaincu qu'un autre acteur aurait fait aussi bien.

Tous les superlatifs sont bons pour évoquer la prestation qu'il offre au cours des six épisodes que comptent les deux saisons. Il suinte la classe, tout simplement et a un charme de gentleman. L'acteur passe d'une émotion à une autre sans aucune difficulté, là encore une très bonne trouvaille.
Il y a d'autres acteurs évidemment, mais je ne vous en parlerai pas pour vous laisser un peu de surprises mais sachez qu'aucun des acteurs n'est à jeter. Du moins dans les personnages importants de la saga Holmesienne.



La série se suit très rapidement malgré la longueur des épisodes (3x1h30) et on en redemande. Bien sûr tout n'est pas parfait à l'instar d'un deuxième épisode un poil moins abouti et tombant peut-être un peu plus dans la facilité. Néanmoins, il ne faut pas bouder son plaisir puisqu'on tient là une très bonne série, du genre dont on parlera pendant longtemps et qui va être difficile de venir bouger. Le dernier épisode se terminant sur un cliffhanger insoutenable, il vous faudra vite enquiller sur la seconde saison pour bien comprendre. Les fans de « toutélié » apprécieront !

France Télévisions nous offre cette première saison de Sherlock en Blu-Ray et l'éditeur fait les choses comme il faut.
L'image est de très bonne qualité avec du détails, de la profondeur de champs, des couleurs bien rendues et des noirs bien profonds comme on les aime. Le grain est très appréciable et ne se montre jamais trop proéminent.

Pour ceux qui se demandaient si le disque disponible en Grande-Bretagne est le même, je ne saurai leur répondre ne l'ayant pas encore vu j'imagine mal France TV sortir un master différent. Je peux me tromper.

Ah et pour les rageux du 1080i, le disque ne leur plaira sûrement pas mais c'est pas grave, on commence à avoir l'habitude.



 

Pour cette partie aussi on écope de quelque chose de vraiment bien foutu. Autant crever l'abcès de suite pour les VFphiles, vous n'aurez pas droit à du DTS HD MA 5.1, seulement du 2.0. C'est triste mais c'est comme ça. La piste ne sera pas honteuse pour autant, elle bénéficiera de moins de pêche, de puissance et de moins d'immersion.
Non, je ne donnerai pas mon avis sur la qualité de la VF, c'est pas toujours intéressant de dire du mal du travail des autres.

En ce qui concerne la VO, là par contre, c'est du tout bon concernant la technique. La musique de Michael Price et David Arnold saura être à propos. En gros elle ne sera jamais trop présente et ne prendra pas le pas sur les autres caractéristiques de la piste à savoir les dialogues ou les détails sonores. Une DTS HD MA 5.1 de très bonne facture qui offre une belle immersion. Je ne vois pas quoi demander de plus.



Aucun bonus...Dommage, sur le disque UK il y avait des trucs sympa comme un pilote d'une heure ou des commentaires audio pour les trois épisodes. Tant pis.

Ah en fait si il y a un bonus ! La bande-annonce de la série. C'est toujours mieux que rien...


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Mon, 23 Apr 2012 14:00:49 +0200 http://www.planete-hd.com/Sherlock-Saison-01-test-t1052.html http://www.planete-hd.com/Sherlock-Saison-01-test-t1052.html « Élémentaire mon cher Watson ». S'il y a bien une phrase que tout le monde va citer pour parler de Sherlock Holmes, c'est bien celle-ci.
La célèbre tirade est devenue comme une espèce de cliché qui caractériserait le mieux le personnage crée par Sir Arthur Conan Doyle.
En vérité, ce n'est même pas du fait de Doyle, cette phrase n'est jamais apparue dans les écrits de Doyle concernant le détective. La première fois qu'on va l'entendre, ça sera dans l'une des nombreuses adaptations cinématographiques.
En pointant ceci du doigt, ce n'est absolument pas pour faire le malin mais pour dire qu'en fait, on pense tout connaître de Sherlock Holmes alors que ce n'est que la partie cachée de l'iceberg, tant l'univers du personnage foisonne de détails divers et variés.
Comme si on se contentait de ce qui ressort le plus du personnage, un peu comme quand les français ont tous été caractérisés par la baguette et le béret. C'est bien plus que cela mais les gens ont comme été conditionnés par certains choix d'adaptations.



Cet état d'esprit, les créateurs de la nouvelle itération l'ont, semble t-il, dégagé de leurs esprits. Point de phrase "culte", ni d'objets directement identifiables. On évite les clichés pour se recentrer sur l'essentiel. Bon à vrai dire c'est un peu faux puisque les clichés seront présents mais d'une manière complètement différente, plus vu comme un clin d'œil (je pense notamment au deerstalker).
Tout ça c'est bien beau mais Sherlock Holmes on connait me direz-vous et je serai tout à fait d'accord. Quand j'ai entendu parler de la série, je me suis dis que ç'allait encore être du déjà-vu et il m'a suffit de voir le premier épisode et là, grosse sensation. Sherlock Holmes nouveau est arrivé et il va mettre un bon petit coup de pied dans la fourmilière des adaptations Holmesiennes.
Force est de constater que les versions antérieures ont pris un joli coup de vieux, sans toutefois les dénigrer mais ça ne sera plus jamais la même chose après cette vision-là du célèbre détective.
On gardera les prestations et l'ambiance des films avec Christopher Lee ou Peter Cushing pour la mémoire et parce que, dans leurs genres, ils sont immanquables mais cette mise au goût du jour les balaie sans concession.
Je comprendrai qu'on me dise que ces versions là sont désuètes mais il ne faut pas cracher dessus pour autant, juste garder en tête qu'elles ont été faite à un certaine période et que les méthodes d'alors ne sont pas celles d'aujourd'hui.

A partir de là, l'équipe en charge de donner vie à ces nouvelles aventures de Holmes va pouvoir se dédouaner totalement de ce qui a déjà été fait auparavant et pouvoir proposer la vision qu'elle a de ce personnage ô combien mythique. Quand à la tête de cette équipe on retrouve l'un des écossais contemporains le plus connu après Sean Connery, on se dit qu'on est sur de très bonnes bases. Ce grand gaillard n'est autre que le scénariste Steven Moffat. On ne va pas se refaire sa biographie mais Steven n'est pas le premier venu dans le monde du scénario mais aussi, de la série télé. On peut même dire qu'il en a un peu fait sa spécialité et qu'il a sublimé chacune des choses sur lesquelles il a bossé. Qu'il ait simplement été de passage ou officiant à temps plein, Moffat ne laisse pas indifférent. Il a cette façon de faire qui fait mouche à chaque fois et pas forcément dans des ambiances matures. En disant ça je pense très fortement à Six Sexy, une série qui parle de sexe et comment des amis abordent cette question. Un humour so british mais pas que, l'ensemble des situations faisant souvent mouche et sans parler des dialogues.
Bref quand on voit sur quoi l'Écossais (à l'accent dégueulasse) a bossé on ne peut qu'être admiratif. Là où on peut aussi l'être c'est sur son degré d'implication en ce qui concerne les adaptations  et c'est là où ça devient intéressant pour nous dans le cas de Sherlock, c'est que Moffat connait son sujet avec le plus grand des sérieux. Enfin du moins, c'est ce qu'il ressort, il a peut-être juste tout pompé sur Wikipédia et, à l'heure actuelle, il se gausse grave en se tapant le bide.



Plus sérieusement, ce n'est pas la première fois que le scénariste nous montre son talent pour les adopter une œuvre déjà existante. Ceux qui ont vu la mini-série Jekyll ont déjà pu le constater. La plupart des gens ont également pu s'en rendre compte avec le dernier film de Spielberg : Tintin. Mis à part l'aspect visuel, ce qui faisait un peu peur aux aficionados du petit reporter, c'était comment ils allaient pouvoir proposer une histoire digne de ce nom. Il ne faudra pas longtemps pour voir que c'est un pari remporté haut-la-main et que Moffat (accompagné de deux autres scénaristes) arrivent à proposer du neuf malgré le fait que l'on connaisse déjà les aventures. Et bien pour Sherlock, c'est pareil. Il ne va pas se contenter de bêtement adapter mot par mot, situation par situation, aventure par aventure, il va piocher dans ce que Sir Arthur Conan Doyle a écrit pour en tirer trois épisodes.

Ces épisodes seront des références directes aux œuvres de Doyle mais n'existeront jamais en tant que telles. Moffat va piocher, assembler, découper, recoller des morceaux des œuvres appartenant au canon Holmesien et les mixer pour nous servir les trois épisodes de la première saison. Pour les personnes qui ne connaissent pas vraiment le Sherlock Holmes, le canon Holmesien est ce qui appartient à la mythologie du célèbre détective et forcément écrite par Doyle. Ce canon comprend 4 romans et 56 nouvelles, Moffat s'est donc inspiré d'Une Étude en Rouge, de La Vallée de la Peur, des Hommes Dansants, du Traité Naval ou bien encore du Dernier Problème, entre autre, pour écrire cette première saison.

Pour ceux qui n'ont absolument jamais ouvert un roman ou une nouvelle mettant en scène Sherlock Holmes, je pense que la série peut faire office d'avant-goût à l'univers, à la mythologie du détective. On peut aussi très bien se passer des lectures et se contenter de la série, le travail y est relativement pointu pour présenter un excellent palliatif. Ceux qui ont la phobie de la lecture peuvent donc se sentir rassérénés, ils ne passeront pas à côté d'une référence difficile à comprendre. Par contre, pour les autres, la série devient jouissive. Le plaisir de retrouver tel ou tel personnage, de voir ce qu'il en a été fait, de voir le rôle qu'il a par rapport à sa version papier. C'en devient carrément ludique, l'intérêt dans l'intérêt. Balèze. Ce qui l'est encore plus c'est d'avoir réussi à calquer les évènements des livres, donc du 19ème siècle, sur des évènements contemporains, donc du 21ème. Ce qui rend l'ensemble encore plus crédible qu'il n'aurait pu être. Un vrai travail d'adaptation, on en revient toujours au même. Le genre de travail qui demande une connaissance accrue du matériel d'origine dont on parle. Pas l'adaptation de pécore donc.



Pour ceux qui ne savent pas du tout qui peut bien être ce Sherlock Holmes et qui se demandent ce que peut proposer la série, je leur dirai qu'il s'agit de résolutions d'enquêtes policières sur fonds de mystères. Forcément à l'heure des Experts et autre Police Judiciaire, il va falloir être proche de l'innovation pour conquérir un public plus forcément intéressé par ce genre de série.
Sincèrement, je ne suis pas loin de penser que Sherlock innove vraiment, pas forcément sur le fond (encore que) mais plutôt dans la forme. Les trouvailles de mise en scène sont nombreuses, le coup du SMS en sur-impression, les personnages qui passent d'un lieu à un autre sans bouger un orteil ou encore la carte d'un certain quartier de Londres qui s'affiche sous nos yeux. C'est vivant et très immersif, le spectateur ne se sent pas QUE spectateur, on a véritablement l'impression d'être un membre de l'équipe de Sherlock Holmes. Je ne sais pas pour vous mais je n'ai jamais vu ou ressenti cela dans aucune autre série, européenne du moins. Enfin si, dans une, Kaamelott, où là encore le travail d'adaptation est tel qu'on ne laisse personne sur le carreau et qu'on se sent totalement impliqué (surtout dans la seconde moitié de la série).

Tout ça c'est bien beau mais on a beau avoir les meilleures idées du monde, il faut que celles-ci soient servies sur un plateau d'argent aux spectateurs. Si sur la réalisation c'est presque parfait, il faut que ça le soit aussi en ce qui concerne les acteurs parce que sans ça, on peut vite tourner au ridicule voire à l'ennui. Il faut bien dire que le sujet a déjà été maintes fois abordé et que passer après des acteurs comme Christopher Lee ou Peter Cushing il ne va pas falloir se louper sous peine de se prendre l'ire des fans en pleine tronche.
Arrêtons les palabres et coupons court à tout mystère, la réussite de la série tient en partie grâce aux rôles qui la compose, et plus particulièrement les deux protagonistes Holmes et Watson.



Pour le rôle du Docteur qui va suivre Holmes comme son ombre et être celui qui sera vu comme le narrateur (on s'en apercevra plus tard en ce qui concerne la série) ça sera sur Martin Freeman que le choix se portera.
L'acteur britannique tient ici l'un de ses meilleurs rôles, du moins, le plus important. On avait déjà pu l'apercevoir dans H2G2 où il était plutôt pas mal, proposant un joli éventail de ses possibilités, ici il explose littéralement. Il arrive à donner du corps à Watson, il apporte une crédibilité au personnage mais et c'est le plus important, on y croit, on croit à son histoire et à l'amitié qu'il va découvrir avec le détective. Ce qui est aussi intéressant avec l'acteur, c'est qu'il ne se fait absolument pas bouffer par son camarade de jeu. Il a autant d'importance. C'est con à dire mais à le voir on se rend bien compte que sans Watson pas de Holmes et réciproquement. Là encore les créateurs de la série ont capté l'essence de la relation de ces deux là. On aurait pu facilement tomber dans le rôle de faire-valoir et ce n'est pas le cas du tout.
Pour l'autre partie de cette dichotomie, ça sera à l'avenant, enfin forcément un peu plus au dessus au vu du personnage incarné.

Avant de parler de l'acteur, j'aborderai le personnage. Celui-ci est légèrement différent des œuvres de Conan Doyle puisque son comportement, son caractère vont être quelque peu exacerbés. Pour ceux qui le connaissent, Sherlock Holmes n'est pas très porté sur la sociabilité et n'hésite pas à dire ce qu'il pense de ses congénères, dans la série il sera un peu plus ouvertement méprisant avec certains autres personnages et même avec ceux qui lui sont proches. Pouvant passer d'un état de sombre connard à celui d'ami compréhensif,il excelle dans l'art d'expliquer aux gens pourquoi il leur est supérieur. Le pire, c'est qu'il a carrément raison.
Pour incarner ce personnage haut en couleur, on a fait appel à Benedict Cumberbatch. Derrière l'acteur au nom imprononçable se cache un acteur plus que convaincant. Le rôle de Sherlock lui va à ravir et on a l'intime conviction que ce rôle lui est entièrement destiné. Je ne suis pas convaincu qu'un autre acteur aurait fait aussi bien.

Tous les superlatifs sont bons pour évoquer la prestation qu'il offre au cours des six épisodes que comptent les deux saisons. Il suinte la classe, tout simplement et a un charme de gentleman. L'acteur passe d'une émotion à une autre sans aucune difficulté, là encore une très bonne trouvaille.
Il y a d'autres acteurs évidemment, mais je ne vous en parlerai pas pour vous laisser un peu de surprises mais sachez qu'aucun des acteurs n'est à jeter. Du moins dans les personnages importants de la saga Holmesienne.



La série se suit très rapidement malgré la longueur des épisodes (3x1h30) et on en redemande. Bien sûr tout n'est pas parfait à l'instar d'un deuxième épisode un poil moins abouti et tombant peut-être un peu plus dans la facilité. Néanmoins, il ne faut pas bouder son plaisir puisqu'on tient là une très bonne série, du genre dont on parlera pendant longtemps et qui va être difficile de venir bouger. Le dernier épisode se terminant sur un cliffhanger insoutenable, il vous faudra vite enquiller sur la seconde saison pour bien comprendre. Les fans de « toutélié » apprécieront !

France Télévisions nous offre cette première saison de Sherlock en Blu-Ray et l'éditeur fait les choses comme il faut.
L'image est de très bonne qualité avec du détails, de la profondeur de champs, des couleurs bien rendues et des noirs bien profonds comme on les aime. Le grain est très appréciable et ne se montre jamais trop proéminent.

Pour ceux qui se demandaient si le disque disponible en Grande-Bretagne est le même, je ne saurai leur répondre ne l'ayant pas encore vu j'imagine mal France TV sortir un master différent. Je peux me tromper.

Ah et pour les rageux du 1080i, le disque ne leur plaira sûrement pas mais c'est pas grave, on commence à avoir l'habitude.



 

Pour cette partie aussi on écope de quelque chose de vraiment bien foutu. Autant crever l'abcès de suite pour les VFphiles, vous n'aurez pas droit à du DTS HD MA 5.1, seulement du 2.0. C'est triste mais c'est comme ça. La piste ne sera pas honteuse pour autant, elle bénéficiera de moins de pêche, de puissance et de moins d'immersion.
Non, je ne donnerai pas mon avis sur la qualité de la VF, c'est pas toujours intéressant de dire du mal du travail des autres.

En ce qui concerne la VO, là par contre, c'est du tout bon concernant la technique. La musique de Michael Price et David Arnold saura être à propos. En gros elle ne sera jamais trop présente et ne prendra pas le pas sur les autres caractéristiques de la piste à savoir les dialogues ou les détails sonores. Une DTS HD MA 5.1 de très bonne facture qui offre une belle immersion. Je ne vois pas quoi demander de plus.



Aucun bonus...Dommage, sur le disque UK il y avait des trucs sympa comme un pilote d'une heure ou des commentaires audio pour les trois épisodes. Tant pis.

Ah en fait si il y a un bonus ! La bande-annonce de la série. C'est toujours mieux que rien...


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