The Rocketeer - Le test blu-ray
Publié le 2012-01-31 11:24:55 par Aimé
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On espérait un jour (mais pas aussi vite) une ressortie du fort sympathique The Rocketeer en blu-ray et assez curieusement Disney/Touchstone n'a manifestement pas trop traîné sur ce coup là. Il est donc grand temps de revenir sur ce petit bijou de film sorti en 1991 et passé largement inaperçu aux quatre coins de notre globe, U.S.A. y compris. C'est vrai, de loin, le titre du film peut paraître étrange mais surtout ne rien évoquer du tout, si ce n'est un vieux nanard zédesque ou un zédard nanardesque (pléonasme ?), au choix, surgit d'où on ne sait où. Et bien pas du tout. Si vous voulez tout savoir, The Rocketeer s'était même avéré être une excellente surprise au demeurant. Alors la grande question pour ceux qui connaissent déjà le film de Joe Johnston est la suivante : est-ce que les ravages du temps (20ème anniversaire du film) ont eu raison de cette belle petite "bande" d'Aventures matinée de super-héros d'avant guerre ? Absolument pas. Je vous charrie ? Même pas et je vais tenter de vous dire pourquoi The Rocketeer est resté à juste titre, dans les mémoires les plus difficiles et récalcitrantes de certains d’entre nous.
Roll, Camera...Action !

Au départ, comme c'est souvent le cas à Hollywood, il y a un comic book. Le responsable de ce "roman graphique" est l'auteur, encreur et illustrateur Dave Stevens. Avant de se lancer dans l'écriture de son propre comic book, Stevens fait ses armes avec Russ Manning sur les comic strip de Tarzan. Après, il travaillera même avec le grand Jack Kirby (Les Inhumains, Les Eternels, Captain America) et au sein d'Hannah et Barbera pour qui il dessine des storyboards sur les séries animées Super Friends et The Godzilla Power Hour en compagnie de Doug Wildey. Il continue sur sa lancée de "storyboarder" et là, il se retrouve en train de bosser pour un certain Steven Spielberg sur Indiana Jones et Michael Jackson pour le clip Thriller.
Avec ce bagage Stevens s'attèle à imaginer le héros principal de son futur projet. Ce sera The Rocketeer. Le personnage est né sous l'impulsion de l'influence de l'auteur amoureux de la période des années 30 jusqu'aux années 50, propice aux "Serials" et aux "Pulps" divers et variés tels que Doc Savage ou The Shadow. Au delà de ces références et par la même occasion, Stevens rendra aussi hommage, à travers The Rocketeer, à certains acteurs de ces années là. Par exemple, dans la partie du comic book intitulée "Cliff's New York Adventure", le personnage du méchant Lothar est un clin d'œil à un comédien de films d'horreur atteint d'acromélie, Rondo Hatton que les spécialistes du genre connaissent bien pour son visage si particulier et ses contributions à Quasimodo (1939) de William Dieterle ou à L'Etrange Incident (1943) de William Wellman. En ce qui concerne la gente féminine, Stevens va s'inspirer non pas des actrices en vogue à l'époque mais carrément à la pin-up devenue mythique, Bettie Page. Et on peut raisonnablement affirmer que le dessinateur excèle à mettre en valeur la gente féminine.
A noter qu'à la fin des années 40 (de 1949 à 1953 exactement) un nouveau personnage affublé d'une fusée dans le dos fait son apparition dans une série de quatre films. Son nom ? "Rocket Man". Bon, si avec tout ça on n'a pas encore compris que Dave Stevens essayait de donner dans l'hommage pur et dur avec The Rocketeer...

The Rocketeer c'est l'histoire de Cliff Secord, un pilote casse-cou, ex-cascadeur à Hollywood et têtu comme une mule qui va se retrouver mêlé malgré lui à une embrouille de dimension internationale. Nous sommes à Los Angeles et une voiture fait une embardée endiablée dans les grilles de l'aérodrome où Cliff travaille. Les occupants du véhicule défoncé, planquent un paquet suspect dans un des avions avant de se faire arrêter par les flics. Evidemment, Cliff Secord tombe dessus et découvre une sorte de réacteur en forme de balle. Il comprend assez vite que l'engin risque fort de le faire voler dans les airs. Une véritable aubaine pour lui. Ce qu'il ne sait pas encore c'est que beaucoup de monde est intéressé par cette machine, de la mafia en passant par les flics et les nazis (ça se passe en 1938 pour mémoire) et son constructeur se révélant être nul autre qu'Howard Hughes en personne. Il ne va pas tarder à l'essayer d'ailleurs et avec l'aide de son mécano préféré, Peevy qui lui confectionne un casque spécial pour l'occasion. Cliff va sauver la vie d'un pilote en plein vol mais surtout en pleine exhibition ce qui va inévitablement attirer l'attention sur lui. Au même moment Betty, la petite amie de Cliff se fait courtiser par un photographe expert en photos de charme ce qui énerve passablement notre pilote/cascadeur. Elle et Cliff sont plutôt en froid et la décision de Betty de vouloir partir en Europe avec le pseudo artiste, rend le jeune pilote nerveux.

The Rocketeer apparaît pour la première fois en 1982 dans les numéros 2 et 3 du comic book Starslayer, The Log of Jolly Roger de Mike Grell édité par Pacific Comics et le succès est au rendez-vous. En tout cas suffisamment pour que son auteur ait le loisir de terminer tranquillement de raconter son histoire jusqu'en 1995 chez Dark Horse Comics. Comme vous pouvez le remarquer, Stevens n'est pas pressé parce que lorsque l'on a l'intégrale entre les mains, on se demande pourquoi ça lui a pris autant de temps pour rédiger les aventures de son héros.
La bonne nouvelle, c’est qu’il est aujourd'hui possible de mettre la main sur l'intégralité du roman graphique puisqu’il vient tout juste d'être réédité, pour notre plus grand bonheur et surtout dans notre pays, par les très aimables éditions Delcourt. Autrement dit, il n'est plus possible de passer à côté de ce petit morceau de bravoure des plus savoureux.
Mais bien avant que The Rocketeer ne devienne un film, il a fallu convaincre du monde. Depuis le départ, Stevens développe son personnage en se rendant parfaitement compte de son potentiel pour le cinéma. Steve Miner le réalisateur de Le Tueur du Vendredi et House (le film, pas la série hein) achète les droits pour une éventuelle adaptation cinématographique mais il s'éloigne tellement du concept de base que Stevens les récupère aussitôt.
L'auteur fini pas les céder à nouveau et gracieusement, à deux scénaristes, Danny Bilson (Zone Troopers) et Paul De Meo (Eliminators produit par Charles Band). Changement radical dans l'optique d'une adaptation étant donné que les deux larrons souhaitent réaliser un film à petit budget et en Noir & Blanc, histoire d'appuyer un peu plus l'hommage aux "serials" et à Commando Cody, produit par Republic Pictures en particulier. On demande à William Dear (Harry and the Hendersons) d'occuper la chaise du réalisateur.
Je ne vous refait pas le pitch du film puisque l'histoire reprend en grande partie les élément de l'œuvre de Stevens mais la version que Joe Johnston finira par réaliser, occulte totalement la deuxième partie "The Rocketeer: Cliff's New York Adventure" tout en lui rendant hommage via quelques clins d'oeil. Même si l'esprit du Comic Book reste intact, de sérieuses modifications ont donc été apportées pour la version cinéma. C'est ainsi que Bilson, De Meo et Dear décident de placer l'intrigue à Hollywood, de dégager direct toutes les références visuelles à Bettie Page parce que ça le faire moyen si des petites têtes blondes se pressent en masse pour le film au cinéma. Betty, le modèle nu de la BD et accessoirement la petite amie de Cliff, devient Jenny la gentille petite figurante et actrice en devenir. Pour finir, ils évacuent aussi le "climax" de la BD se déroulant dans un parc d'attraction et l'échangent, pour l'occasion, par un énorme Zeppelin nazi, beaucoup plus visuel (surtout pour le final). Le méchant n'est plus le même, Marco le photographe devenant Neville Sinclair, l'acteur. Et c'est parti pour la tournée des Majors pour les convaincre d’investir dans le projet le projet. Nous sommes en 1986 et pour le moment, Hollywood n'en a absolument rien à secouer des super-héros au cinéma (ça a largement changé depuis). Vous imaginez donc assez facilement tout ce beau monde se faire jeter par les décideurs de l'époque.

Mais en 1989 (année où sort Batman de Tim Burton sur les écrans), Walt Disney commence à s’intéresser de près à The Rocketeer pour une éventuelle trilogie. Alors il ne faut pas rêver, Jeffrey Kartzenberg le PDG de l'époque et le "K" de Dreamworks SKG aujourd'hui, n'est pas spécialement intéressé par la qualité intrinsèque de l'oeuvre de Stevens mais davantage par son potentiel à devenir une trilogie ce qui permettra de vendre une chiadée de jouets estampillés The Rocketeer. Sous "l'effet Disney" et au profit d'un divertissement familial conçu pour plaire au plus grand nombre, nos trois gaillards ont bien fait de faire disparaître certains éléments du roman graphique. Pas grave, le film n'en souffrira pas vraiment. Parce qu'ils sont d'un légendaire casses burnes, les décideurs commencent à argumenter sur le fait que The Rocketeer ne devrait pas se dérouler dans les années 30 parce que cela pourrait rebuter la majeure partie du public. Immédiatement nos larrons citent, avec raison, la trilogie Indiana Jones, loin de se dérouler dans le futur comme vous le savez. Ca, c'est fait. Calmés les exécutifs donnent leur accord et la production est lancée mais les réécritures du scénario n'en finissent plus. Bilson et De Meo sont renvoyés puis réembauchés trois fois de suite. Ca dure cinq ans en tout avant que tout le monde ne tombe d'accord.
Le technicien Joe Johnston arrive dans la boucle après avoir travaillé sur la première trilogie Star Wars et sur Indiana Jones (pour lequel il obtient un oscar en 1982) en tant qu'artiste conceptuel et superviseur des effets visuels. En plus, il vient tout juste de réaliser son premier film pour Walt Disney, Chérie j'ai rétrécit les gosses qui a remporté un très joli succès international. Très bonne pioche.
Maintenant reste à auditionner des acteurs. Les deux premiers acteurs auxquels la production pense pour le rôle de Cliff Secord seront Matthew Modine (Birdy, Full Metal Jacket) et Kevin Costner (Les Incorruptibles) mais ni l'un ni l'autre ne seront disponibles. C'est alors que commence à pleuvoir des noms aussi divers et variés tels que Dennis Quaid (Wyatt Earp), Emilio Estevez (Breakfast Club), Bill Paxton (Aliens), Vincent d'Onofrio (Full Metal Jacket) et Kurt Russell (New-York 1997). Mais il y en a un petit jeune que Disney courtise c'est Johnny Depp. Finalement ils arriveront à lui mettre le grappin dessus bien des années plus tard pour une série de film sur des pirates que je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter.
De leur côté, Joe Johnston et Dave Stevens jettent leur dévolu sur un inconnu, Billy Campbell n'ayant jusqu'ici officié uniquement que dans des séries télé dont Star Trek: The Next Generation. Disney réplique immédiatement en s'insurgeant sur le fait que Campbell n'est pas du tout connu du public et qu'il vaudrait mieux rapatrier une vraie star pour The Rocketeer afin d'assurer le succès de l'entreprise. C'était sans compter sans la force de persuasion de Johnston et Stevens. L'acteur fini par avoir le rôle et le presque débutant Campbell s’avère être un très bon choix.

Sa prestation de beau gosse casse cou qui n'en fait qu'à sa tête, convient à merveille au film. C'est surement enfoncer une porte ouverte que d'affirmer qu'il est toujours plus facile de s'identifier à un acteur que l'on ne connait pas ou à peine, plutôt qu'à une star surmédiatisée et que l'on voit partout, mais c'est souvent vérifié. Depuis, Campbell n'a jamais vraiment eu une carrière glorieuse au cinéma (le flop du film ne l'a sans doute pas aidé) et il est retourné à la télévision où l'on a pu le revoir récemment dans la série les 4400 dans laquelle il incarne Jordan Collier. On pourra dire de lui qu'il est un peu trop lisse mais il incarne le rôle du héros et en règle générale, ce type de personnage est souvent moins flamboyant ou charismatique que le méchant (cf. Batman que ce soit ceux de Burton ou ceux de Nolan). Ils n'ont pas moins d'épaisseur pour autant mais c'est juste que c'est quasiment gagné d'avance vis-à-vis du public et c'est pour cette raison qu'on leur tape dessus avec facilité. Campbell n'est pas plus insipide ou transparent qu'un autre, il a juste le désavantage d'être le "gentil". Mais il a la gueule de l'emploi et colle parfaitement au rôle et au personnage du roman graphique.
Le héros se doit d'avoir une belle donzelle à ses côtés et ça commence à se bousculer au portillon pour incarner la Betty du roman graphique, devenue Jenny dans le script adapté pour le cinéma. Comme je vous le disais, impossible d'être fidèle à la BD originale et de faire déambuler une nana à poil chez Mickey.
Ce fut le défilé chez les hommes, ça va être pareil chez les femmes. Elizabeth McGovern (Ragtime, Il Etait une Fois en Amérique), Kelly Preston (Death Sentence), Sherilyn Fenn (Twin Peaks, Boxing Helena) et Diane Lane (Hollywood les a quasiment toutes plus ou moins oubliées depuis d'ailleurs) auditionneront toutes pour le rôle mais c'est finalement une toute jeune Jennifer Connelly qui sera retenue. Elle est tout sauf une débutante puisque l'on a déjà découvrir son talent (et par extension, sa beauté) chez Sergio Leone (Il Etait une Fois en Amérique), Dario Argento (Phenomena), Dennis Hooper (The Hot Spot), ou encore Jim Henson (Labyrinth).

Joe Johnston va profiter du fait que Connelly et Campbell se soient mis "à la colle" pendant la production de The Rocketeer en essayant d'utiliser leur complicité pour les besoins du film. Connelly se débrouille très bien avec ce qu'elle a sous la main mais il faut se rendre à l'évidence, la Betty du roman graphique était autrement plus intéressante que ce personnage de jeune ingénue tentant de percer dans le monde du cinéma à Hollywood. Quoiqu'il en soit, la beauté cinégénique de Connelly peut rappeler sans effort, d'anciennes gloires et beautés de l'âge d'or Hollywoodien. La comédienne aura heureusement l'occasion de briller à nouveau dans d'autres longs-métrages après The Rocketeer. Le duo Campbell /Connelly reste dans la grande tradition des grands couples de l'âge d'or Hollywoodien et appuie ainsi subtilement l'hommage de Johnston.
Le reste du casting est assez classe : Alan Arkin (Edward aux mains d'Argent) incarne A. "Peevy" Peabody, l'ami/technicien de Cliff Secord, Paul Sorvino (Les Affranchis) est Eddie Valentine, le chef des truands (rôle prévu à un moment pour Joe Pesci) et Terry O'Quinn (John Locke dans la série Lost) a l'honneur d'interpréter l'aviateur/constructeur aéronautique/homme d'affaires/producteur cinématographique américain Howard Hughes.
Mais la palme revient au méchant du film Neville Sinclair (rien que son "nom de scène" est une caricature à lui tout seul) interprété par l'ex James Bond, Timothy Dalton. Et il est parfait en "Erroll Flynn like", star adulée du cinéma d'action et de Swashbuckler (films de pirates).
N'oublions pas l'étrange tueur à gages Lothar joué par le comédien Tiny Ron affublé d'un maquillage monstrueux nous donnant l'impression qu'un protagoniste s'est échappé de la "ménagerie" du Dick Tracy de Warren Beatty (sorti l'année précédente) pour tuer Cliff Secord.

James Horner dont le vent est déjà largement en poupe avec les "scores" inoubliables de Star trek II : La Colère de Khan, Aliens ou Willow, nous compose une belle B.O. ayant le mérite d'avoir traversé le temps grâce à des qualités au moins aussi indestructibles que notre héros. La musique sait se rendre bruyante (mais jamais envahissante) et efficace (sans être racoleuse) tout en collant parfaitement avec l'esprit "comic book". Encore un bel hommage mais cette fois-ci aux musiques de films de films d'aventures ou d'action d'un autre temps. Le style Horner des grandes années.
Côté SFX, rien à dire puisque ce sont les inévitables techniciens d’ILM et Ken Ralston himself (Star Wars 4,5,6 / la trilogie Retour Vers le Futur / Star Trek 2,3,4) qui se charge de faire voler Cliff Secord. La révolution CGI n'étant pas encore commencée (Terminator 2 sort la même année), nous aurons donc droit à des effets "à l'ancienne". Il paraît évident que ces effets sont aujourd'hui datés mais pas plus que ceux du Superman de Richard Donner (enfin, c'est moins flagrant dirons nous, mais quand même). Le métrage offre encore quelques belles scènes bien plus respectables que certaines aperçues dans des téléfilms SyFy. D'accord ce n'est pas bien difficile, je vous l'accorde mais ça mérite d'être souligné.
Le tournage s'est bien déroulé mais l'énorme problème pour Disney c'est que le planning n'a pas été respecté et The Rocketeer affiche près de 50 jours de dépassement à cause de conditions météo désastreuses et de problèmes techniques divers. Apparemment la major s'est retrouvée un peu dépassée par les évènements en estimant à tort que la logistique sur une telle production serait relativement simple. C'est raté et l'enveloppe du budget initial qui était de 25 millions de dollars va rapidement grimper pour atteindre la coquette somme de 40 millions en tout. Coup dur lorsque l'on sait que le film se viandera au box-office anéantissant au passage toute idée de trilogie.
Johnston réussit son coup en livrant un bon film d'action et d'aventures où les courses poursuites sont bien foutues (traduire : lisibles et pas épileptiques), et où les scènes de baston ressemblent à des scènes de bastons à base de gros bourre pifs (traduire : pas de Kung-Fu).

Alors je vous l'accorde volontiers, Joe Johnston n'est ni Steven Spielberg, ni Joe Dante. Il ne "convoque" peut-être pas le génie du 7ème art au détour de chacune de ses idées ou de chacun de ses plans mais il a un savoir-faire indéniable et c'est un technicien à toute épreuve, connaissant son boulot sur le bout des ongles. Cela en fait-il un bon réalisateur inspiré et génialissime pour autant ? Je ne dirai pas ça, mais un réalisateur généreux, surement. On voit bien sur The Rocketeer qu'il a un amour immodéré pour le "cinéma d'autrefois". Qui lui en voudrait ? Il fait se croiser Cliff Secord et les "vraies" gloires anciennes d'Hollywood, W.C. Fields et Clark Gable, nous rappellant au passage que le cinéaste, à l'instar d'un Spielberg qui avait lui aussi rendu un hommage vibrant aux années 30/40 avec l'incompris Indiana Jones et le Temple Maudit, à grandi avec l'énorme machine à rêver que fût Hollywood pendant cette glorieuse époque. Il ne possède pas la faculté d'être aussi "magique" que Spielberg, ni une "patte" aussi reconnaissable sur ce type de production, il n'est pas non plus aussi incisif et brillant que Dante, mais on peut lui reconnaître un certain talent pour nous emmener là où il a décidé de nous embarquer. Johnston est un peu à l'image d'un Stephen Sommers en début de carrière (cf. sa sympathique version du Livre de la Jungle, l'excellent Un Cri dans l'Océan et "l'Indiana Jonesque" La Momie - pardon pour ce néologisme douteux), un "bon faiseur" dans le sens noble du terme.
Je ne sais pas si l'on peut se permettre de parler de "classique" dans ce cas précis mais Johnston a fait tout ce qu'il a pu pour faire en sorte que The Rocketeer ressemble à quelque chose. En fait, The Rocketeer est tout ce que le très moyen The Shadow de Russell Mulcahy (qui sortira trois ans plus tard sous la bannière Universal) ne sera malheureusement pas, c'est à dire un film d'époque avec une reconstitution aux petits oignons (décors et costumes) et qui en jette, avec un héros à l'ancienne (pour ne pas dire désuet) censé secourir sa dulcinée, le tout emballé avec de jolis sfx. On frise parfois le ridicule et les situations sont presque limites mais le second degré est salvateur et évite au film de sombrer dans une débilité profonde. Au contraire, la naïveté amusante de quelques scènes renforce un peu plus le charme du long-métrage.
Plus réussi que Captain America avec lequel il entretient quelques similitudes, un peu moins maîtrisé qu'un Wolfman duquel dégage un véritable amour pour le genre, The Rocketeer gagne encore à être vu et revu pour toutes les raisons déjà évoquées dans cette chronique. Que l'on ne viennent pas me dire que The Rocketeer a mal vieilli parce qu'à part des sfx obligatoirement vieillissant (après tout n'est-ce pas le lot commun de tous les films s'appuyant sur des trucages visuels ?), le reste gagne à être (re)découvert.
Il n'est finalement pas si loin que ça, le temps où Disney savait encore faire du divertissement familial sans avoir recours à une batterie d'effets visuels pour masquer un manque d'ambition artistique flagrant. Exit donc les concepts fumeux véhiculant les morales hautement douteuses et puantes des Alice et autres (é)Tron Legacy et place au divertissement, le vrai et à l'Aventure sans prise de tête. Vous me dites ? Les "kids" d'aujourd'hui ne sont pas ceux d'hier ? Et bien tentez le coup, montrez leur The Rocketeer, histoire qu'ils vous disent eux-mêmes ce qu'ils en pensent. Vous seriez peut-être surpris.

Attend ! C’est presque fini. Si vous n'en avez toujours pas assez, sachez que Delcourt devrait sortir vers la fin de l'année 2012 un nouveau tome sobrement intitulé Rocketeer Adventures. Ce sera une sorte de compilation/hommage à Dave Stevens par des pointures du genre, à commencer par Alex Ross (Kingdom Come), Mike Mignola (Hellboy), Dave Stewart (The Umbrella Academy), Jim Silke (Jungle Girls), John Cassaday (Planetary), Kurt Busiek (Darkman vs. Army of Darkness), Michael Kaluta (Starstruck) et Mike Allred (Madman). C’est votre âme d'enfant qui va vous remercier.
C'est pas mal, pas mal du tout même surtout si l'on compare ce blu-ray au dvd sorti en 1999 (déjà!). Alors évidemment si Disney y avait mis un peu plus de blé, on peut imaginer que le résultat aurait été sans doute encore plus impressionnant mais nous devrons nous contenter de ça. Et ce n'est pas si mal car l'ensemble affiche une belle définition même si quelques plans "soft" viendront entacher un master très propre. Ces plans plus "soft" viennent peut-être d'une manipulation numérique (cf. les plans à sfx du film) dont personne n'est friand mais à priori rien de grave ou qui vous empêchera de profiter de cette toute nouvelle édition.
Les couleurs possèdent un très bon rendu et l'aspect général assez naturel. Les intentions visuelles d'Hiro Narita et de Johnston ont l'air d'être respectées. Les noirs sont très profonds, les contrastes assez bien gérés et les contours relativement propres. Maintenant de là à affirmer que nous tenons le plus beau blu-ray de l'année entre nos mains, faut pas exagérer non plus. Toutefois, cette nouvelle édition devrait ravir les fans et permettront à ceux qui ne connaissent pas encore cette petite perle cinématographique, de la découvrir dans les meilleures conditions à ce jour. Les autres peuvent d'ores et déjà jeter leur dvd.


Là, c'est déjà un peu moins bien sans être catastrophique non plus. Disney nous propose un mixage en DTS-HD Master Audio 5.1 pour la version originale (sous-titrée) mais ne vous attendez à une explosion sonore du type Captain America. Pourtant, la bande son est loin d'être pourrie. C'est quand même assez frontal et assez peu d'effets seront distillés sur vos enceintes arrière. Le caisson de basse n'est pas complètement timoré pour autant et si vous mettez le son assez fort, vous pourriez être surpris même si l'on est bien loin de ce qui peut se faire aujourd'hui sur un Blockbuster du même type. Les dialogues sont quant à eux parfaitement intégrés à l'ensemble et leur compréhension, excellente. La musique de James Horner est probablement l'élément sonore qui s'en sort le mieux.
Disney nous fait également la grâce d'une piste en français mais attention, Dolby Digital 2.0 seulement. Inutile de vous dire que cette dernière est forcément largement en dessous de la piste originale mais elle a le mérite d'exister.


Aïe, aïe, aïe, ça se complique (ou pas) sur cette partie. Le blu-ray a beau arborer fiérement un bandeau "spécial 20ème anniversaire", Disney n'a pas jugé nécessaire de rajouter quoique ce soit en terme de suppléments. On pourra donc gentiment aller se faire rhabiller. Inutile de préciser que ça craint quand même fortement sur ce coup là. Ah si, pardon, on me dit dans mon oreillette qu'il y a une bande-annonce du film présentée en SD et en 4:3...mouais.


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Commentaires
je crois bien que je l'ai vu au ciné à sa sortie à l'époque , mais malheureusement je ne garde AUCUN souvenir de ce film !
est ce qu'il y a une scene dans un silo (de mais) dedans?
si oui, c'est sur que je l'ai vu.
Bon faut que j'essaie de le revoir alors !
rien que pour jennifer quoi!^^
La comparaison fumeuse ne sert que lorsqu'il n'y a plus d'arguments?
C'est de mauvais goût et assez déplacé.
Sinon je ne garde pas un grand souvenir de ce Rocketeer... entre le casting et les sfx, ça faisait assez cheap je crois...
Donc ce n'est pas de mauvais goût.
A l'époque j'étais assez jeune et les super-heros de ce style ne se bousculaient pas comme maintenant.
Même si les effets spéciaux (mais ça on n'y peut rien) ont un peu vieilli, l'époque donne un vrai côté sympathique à ce film. Je le reverrai surement un de ces jours, pour le faire découvrir à Olivia !
@Bline : Je ne comprend pas ta réaction BLine, je n'ai pas relevé ce que tu mentionnes...
Et franchement, j'aurais compris que tu fasse la remarque sur Drive (je l'ai faite d'ailleurs) mais là, je vois pas.. éclaire-nous ! ^^
Sinon, je suis surpris que tu n'aies pas mentionné le deuxième rôle (connu) de Campbell, et que tout le monde a oublié apparemment : Quincy Morris, le beau texan moustachu courtisant la bougresse de Lucy (la belle rouquine) dans le Dracula de Francis Ford Coppola...
Ca reste Disney quand meme a la base, mais cela confirme que la maison de la souris a su modifier son image et n'a plus besoin de se cacher de peur de faire fuir les plus de 10 ans, ce qui etait la raison premiere de la creation des branches Hollywood Pictures (The Rock) ou Touchstone (Roger Rabbit, Con Air)
C'est bien d'un changement de politique vis à vis du divertissement qu'il s'agit. L'afflux massif d'argent dans la prod en est plus une conséquence qu'une cause à mon avis.
Jusqu'au milieu des annees 90, avant que les CGI ne deviennent le principal outil pour creer des effets, on ne pouvait pas tout faire, tout montrer. Par consequent, les scenarios etaient differents. Pour 'meubler' deux heures de metrage, il fallait, entre autres, proposer de plus nombreuses scenes de dialogue, la ou aujourd'hui, on sait qu'on peut realiser une scene d'action de 10 minutes avec des acteurs filmes sur fond bleu.
Apres, les sommes investies aujourd'hui font que les studios se sentent obliges de servir la soupe et limiter les prises de risque (si tant est que Rocketeer representait une prise de risque quelconque).
Puisqu'ils sont l'oeuvre du meme realisateur, et si l'on compare Captain America et The Rocketeer, on s'apercoit pourtant qu'en depit de la presence de CGI dans quasiment chaque plan du film, le Captain America de Joe Johnston n'est pas si eloigne que ce de l'esprit de son predecesseur. Ce qui aurait tendance (et c'est une heureuse chose!) a confirmer le fait que la technologie, quand elle est entre de bonnes mains, ne reste qu'un outil et pas une fin en soi!













































































































Comme tu le dis, Johnston n'est pas Spielberg (et la comparaison directe avec son mentor lorsqu'il signera Jurassic Park3 ne fera que le confirmer), mais c'est un honnete faiseur, qui a toujours semble mettre tout son coeur dans son travail.
Pour moi, The Rocketeer, c'est 2 chouettes souvenirs persos en matiere de cinoche:
- l'achat du premier numero de SFX - un magazine dont les 10 premieres annees furent d'une qualite editoriale incontestable, et qui constituait a lui seul une alternative plus que valable a tous les bonus Laserdisc et DVD du monde a l'epoque!
- les magnifiques portraits de Jennifer Connelly tirees du dossier de presse parus dans tous les magazines cool a la sortie du film. Jerome Wybon les a d'ailleurs recemment exhumes sur son sitre www.forgottensilver.com. Pour les fans de la dame, ca vaut le coup d'oeil !