The Killing Room - Le test blu-ray
Publié le 2011-06-15 11:39:54 par Remy
8.5/10
9/10
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Les Américains aiment bien les expériences qui sortent un peu de l'ordinaire. Entre les jeux de rôles gardiens / prisonniers ou les évaluations du degré d'obéissance, il y a de quoi faire.
En tout cas, c'est probablement ce qu'a dû se dire Jonathan Liebesman quand on lui a proposé le scénario de The Killing Room.
Pourtant le pitch de départ n'a rien d'extraordinaire. Prenez quatre quidams (une femme et trois hommes), une annonce parue dans le journal pour attirer des gens qui cherchent de la thune facile, une pièce blanche et bien froide et une expérience gouvernementale que l'on vous explique via un carton informatif en guise d'ouverture. Voilà, vous avez obtenu l'histoire du film. Simple non ? Et bien pour le coup, non, ça n'a rien de vraiment très simple, puisqu'en fait, tout ce que l'on verra dans ce début de film lorgnera énormément du côté du faux-semblant. Juste histoire de bien perdre le spectateur.
Mais en substance, le film parle bien de quelque chose quand même ? Bien évidemment mais là encore c'est assez compliqué. Compliqué de vous en parler sans trop vous en dire déjà et compliqué dans le sens où ce qu'il se passe à l'écran est sensiblement différent de la véritable expérience.
Le Projet MK-Ultra est le nom d'un projet secret ayant été manœuvré par la CIA entre 1950 et 1970, celui-ci consistait à faire prendre des psychotropes à des cobayes pour pouvoir les manipuler mentalement. Comme tout projet de ce type, il y aura des cadavres cachés dans le placard. Cadavres dont on reconnaîtra l'existence un peu après l'arrêt de ces essais scientifiques.
Voilà en gros tout ce que l'on peut savoir sur ce fameux MK-Ultra mais une question subsiste encore, ce projet est-il réellement stoppé ?
Et ça, c'est ce que s'est demandé Gus Krieger, le scénariste du film.
On verra donc que le Projet MK-Ultra, bien qu'ayant été officiellement arrêté par les hautes instances politiques américaines, perdure mais comme je vous le disais, on n'en fera pas la même utilisation ici.
Mais ne comptez pas sur moi pour vous en dévoiler la moindre parcelle. Je sais c'est injuste mais c'est la vie. Tout juste je vous dirai qu'on est loin de certains films de ce genre. Déjà rien qu'avec le traitement on est en présence d'un véritable thriller voire carrément parfois d'un torture-porn. Alors qu'en fait pas du tout. Le tour de force est particulièrement réussi puisque l'on va rester sur ses aguets, attendre le prochain retournement de situation (et il y en aura) mais plus le film avancera et plus le background s'éclaircira, jusqu'à devenir totalement limpide. Le film est un thriller mais au final, pas tant que ça, pas quand on comprend les tenants et aboutissants de l'entreprise.
J'essaie de ne pas vous en dire plus et ce n'est clairement pas évident et en plus, il ne s'agit pas d'un retournement de situation comme on a l'habitude d'en voir de nos jours. C'est-à-dire qu'ici il n'y aura pas de personnage qui aura fait semblant d'être mort pendant tout le film ou de personnages faux-semblant dont on découvre la véritable identité, la fin de The Killing Room est surprenante, c'est un vrai rebondissement et sans en faire des caisses.
Cette fin nous permettra d'établir le lien avec tout ce qui s'est passé précédemment mais aussi de nous conforter dans certaines idées, dans certains dires des différents personnages, mieux, c'est une fin carrément ouverte qui s'offre à nous et qui risque de vous trotter longtemps dans l'esprit. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison qu'elle pose une question directement à nous, spectateurs. Qu'est-ce que l'on pense de ce que l'on vient de voir, est-ce que nos convictions peuvent nous faire accepter cela ?
Voilà en gros, et sans trop en dévoiler ce que l'on pourra retrouver avec cette fin.
Le genre de film qui bouscule les principes du spectateur, qui l'oblige à y réfléchir encore après le film et surtout, qui le renvoie à sa propre façon de penser. Peut-on cautionner les actes qui sont montrés dans The Killing Room ? Peut-on déjà les comprendre ? Et on aura beau dire que ce n'est que du cinéma, que de toutes façons c'est pour de faux, qu'une fois le générique de fin terminé on y pensera plus, tout ceci ne sera pas vrai. Ce n'est clairement pas anodin d'avoir utilisé le fameux Projet MK-Ultra en le transposant de nos jours. En toute sincérité, ça faisait un bon moment que l'on ne m'avait pas jeté mes convictions à la tronche comme ça, comme une sombre loque, c'est déstabilisant mais grisant cinématographiquement parlant.
D'autant qu'en plus Liebesman instaure une ambiance glaciale à son film, loin de permettre au spectateur de souffler un peu. C'est essoufflant, à la limite d'être claustrophobique. Les tons froids, le rendu très métallique, très hospitalier des lieux et la musique plutôt viscérale, n'ont rien de très réjouissant. Habituellement dans ce genre de film, on nous permet de souffler par des intrigues secondaires, par des choses moins importantes pour que le récit avance. Ici on sera systématiquement confronté à ce qui est en train de se passer. Les rares fois où l'on ne sera pas dans la pièce, ça sera pour se retrouver dans le couloir qui la juxtapose.
Les mecs du marketing qui ont apposé un joli « Dans la tradition de Cube et Saw », ont tout compris. Bon pour la référence au film de Natali c'est évident, par contre je cherche encore celle à Saw. Faudrait faire attention à pas mal vendre le film, gentils messieurs du marketing. J'imagine tous les spectateurs qui pourraient être déçus à cause de ce genre d'annonce. Je vous préviens de suite, il n'y a rien de gore dans ce film. Des flaques de sang oui, mais pas de clefs à récupérer dans quelconque intestin ou bombe anale à désamorcer avant le compte-à-rebours.
A partir du moment où on est prévenu de ce dans quoi on met les pieds, on ne risque pas d'être déçu du côté des attentes.
Les acteurs ne sont pas en reste non plus et offrent tous, et je dis bien tous, une prestation vraiment balèze.
Commençons par le mec qui a joué avec les plus grands, de Spielberg à Terry Gilliam en passant par Lars Von Trier, je veux bien sûr parler de Peter Stormare. Il incarne ici un médecin militaire assez mystérieux (et non, il n'est pas vieux) et particulièrement charismatique. Autant vous dire qu'il dégage énormément.
Du côté militaire on pourra également compter sur Chloé Sévigny, elle sera la personnification du spectateur, celle qui nous permettra de ne pas être totalement bouffé par l'ambiance.
L'actrice semble être un peu perdue mais plus elle comprend ce qui lui arrive, plus elle va se montrer sous un autre jour, se maintenir pour montrer toute l'ambiguïté de son personnage.
De l'autre côté de l'expérience, les cobayes donc, on pourra compter sur Clea DuVall, Nick Cannon. Ces deux là sont très bien dans leurs rôles mais sont un peu en retrait par rapport aux deux autres (on reste quand même dans le très bon). Il faut bien avouer que Timothy Hutton et Shea Wigham sont au top du top. Les deux acteurs sont totalement habités par leurs rôles, on aura l'impression qu'ils vivent véritablement l'expérience. Bluffant. Ca faisait longtemps que je n'avais pas ressenti autant d'empathie pour chacun des personnages. Balèze là-aussi.
Après avoir réalisé Massacre à la Tronçonneuse : Le commencement, on aurait pu croire que le reste de la filmographie de Liebesman allait ressembler à quelque chose de pas très intéressant. Arrive alors The Killing Room petite surprise indépendante où le metteur en scène nous propose un film à l'ambiance bien travaillée, et parano comme il faut. Il nous montre aussi qu'il sait diriger ses acteurs et arrive très bien à faire passer leurs émotions. Un film réussi de bout en bout (allez pour chipoter disons que le rythme s'essouffle pendant un léger instant).
En espérant que ce The Killing Room ne soit pas un simple coup d'épée dans l'eau. Quand on voit que le prochain gros film de Liebesman est Le Choc des Titans 2, le doute est vraiment permis...
C'est Seven 7 qui s'occupe de nous proposer ce film en Blu-Ray et l'éditeur nous offre une copie très correcte. Les tons très froids sont bien rendus, le détail est présent (notamment sur les textures des différentes matières de la pièce), la définition et le piqué sont plus qu'intéressants.
Bref, une image très bonne. Qui manquera fatalement d'ouverture au vu du lieu où ça se trouve mais rien de vraiment dramatique. Vous pouvez y aller, c'est du bon.

Comme d'habitude avec l'éditeur on retrouve deux pistes HD que ce soit pour la VO ou pour la VF. DTS HD MA 5.1 pour tout le monde donc et rendu technique identique également, comme ça, vraiment pas de jaloux.
Je ne dirai pas que la piste de The Killing Room est puissante, le film ne s'y prête pas du tout. Par contre, elle est plus qu'immersive, prenante et étant une compagne parfaite à l'ambiance dérangeante. La musique (qui utilise pas mal de basses) est très bien rendue également. La pièce la plus importante de ces pistes, les dialogues, ne souffrent d'aucun manque de puissance, ou de résonnances quelconque.
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Commentaires
http://leblogdegandalf.over-blog.com/article-test-dvd-killing-room-66595072.html
A la lecture du scénario, on pouvait s'attendre à un nouvel ersatz de Saw, mais ici point de débordements gores mais de la tension psychologique.
L'entame du métrage est efficace. La mise en place de l'expérience nous intrigue, son début est un véritable choc... Malheureusement, le film s'enlise par la suite.
Les scènes à l'intérieur de la salle d'expérience sont les meilleures. Le mérite en revient en grande partie aux interprètes des "cobayes", tous très bons. Mention spéciale au sous-estimé Timothy Hutton. A contrario, les scènes dans la salle d'observation désamorcent la tension. L'affrontement psychologique, entre une Chloé Sevigny transparente et un Peter Stormare peu concerné, n'est guère passionnant. Ces scènes apportent certes des explications sur l'expérience qui se déroule sous nos yeux , mais elles plombent le rythme du film.
Le réalisateur nous livre au final un film bancal, qui ne tient malheureusement pas toutes les promesses entrevues au départ. Il aurait gagné à jouer la carte du huis clos intégral. Mais il reste malgré tout intéréssant dans sa description pessimiste de la nature humaine et des Etats-Unis post 11 septembre.
Le Choc des Titans 2 ? Oh mon Dieu, le premier opus n'aura donc pas suffit...





































































































