Showgirls - Le test blu-ray

Publié le 2010-12-31 16:18:48 par Aimé
Pochette du film Showgirls
  • Note HD Avis 8/10
  • Note Vidéo 8/10
  • Note Audio 9/10
  • Note Bonus 4/10
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http://planete-hd.com/web/images/caps/interdit-16.jpg "Attention ! Certaines captures/images peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes (c'est pas comme ça qu'on dit ?)"

En ce 31 décembre, jour de l'année où culmine fête, beuverie et débauche intense, je me suis dit qu'il serait tout à fait approprié de parler d'un certain film maudit dont la réputation ferait pâlir d'envie Uwe Boll.
Le film en question est Showgirls de Paul Verhoeven. Alors, je vois déjà poindre un sourire narquois sur le visage de certains sceptiques se demandant pourquoi perdre du temps à essayer de défendre l'indéfendable. Et bien parce que Showgirls est loin d'être le navet que la presse a bien voulu nous vendre au moment de sa sortie et qu'il est temps de redécouvrir voire de réhabiliter ce film.


The Greatest Film Ever Made :


Paul Verhoeven vient de réaliser trois gros succès coups sur coups à Hollywood : Robocop, Total Recall et le sulfureux Basic Instinct.

Désormais "bankable", il en profite pour mettre en chantier son nouveau long-métrage, Showgirls. C'est sans aucun problème qu'il réussit à obtenir une enveloppe confortable de plus de 40 millions de dollars de budget de la part de MGM/United Artists.
Mieux que ça, il obtient un contrôle absolu sur son oeuvre ainsi que le "final cut" si prisé par les réalisateurs aux Etats-Unis. Il impose même la restriction de l'âge et vend un film NC-17 bien plus "violent" pour les américains qu'un simple "R" (l'équivalent d'une interdiction aux moins de 16 ans chez nous). La major accepte sans broncher d'autant plus que le projet inclus la participation du scénariste de Basic Instinct, Joe Eztheras.

Paul Verhoeven s'est pourtant méchamment pris la gueule avec Eztheras mais contre toute attente, il fait de nouveau appel à lui. Les deux compères ont pas mal discuté de leur passion et de leur fascination pour la comédie musicale de l'âge d'or d'Hollywood et sont d'accord pour en faire une, à condition qu'elle ne soit pas traitée de manière traditionnelle. L'auteur a déjà de l'expérience dans ce domaine puisqu'il est à l'origine du super mauvais Flashdance d'Adrian Lyne qui avait tout cartonné au box-office en 1983. Vu la côte du bonhomme à Hollywood, il se fait payer la modique somme de deux millions de dollars pour l'écriture du script. Un record.

L'histoire parle d'une jeune femme bien décidée à faire fortune dans le milieu du spectacle à Las Vegas. Rien que le nom de la ville donne une indication sur ce que risque de donner cette soit-disant comédie musicale entre les mains de Paulo. Au lieu de situer l'action à New-York, patrie incontestée de la comédie musicale, ou même à Los Angeles, Verhoeven et Eztheras nous projettent au beau milieu d'une ville qui ressemble aujourd'hui à un Disneyland version kitsch (c'est presque un pléonasme) et sordide. Une ville en carton pâte propice à tous les excès où il est possible de réussir très vite pour celui qui a décidé de vendre son âme (ou en l'occurrence ici, son cul).


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C'est ce que va faire Nomi Malone toute fraichement débarquée de son bled, mais elle ne le sait pas encore. Lorsque nous voyons Nomi pour la première fois à l'écran, elle fait du stop. Un type l'embarque dans son "pick-up truck" avec son unique valise et elle va se faire avoir comme n'importe quelle fille sans expérience débarquant dans une grande ville.
Délestée de ses effets personnels par le conducteur peu scrupuleux, Nomi va tomber sur Molly Abrams, costumière dans un grand show de Vegas qui va la recueillir chez elle. Son rêve de grandeur commence mal et ça ne va pas s'arranger puisqu'elle accepte une place de strip-teaseuse au Cheetah, un cabaret dont le patron affirme à toutes les nouvelles arrivantes : "si tu veux rester plus d'une semaine, ici, il faudra me faire une pipe".
Molly emmène Nomi sur son lieu de travail, l'hôtel Stardust, où elle croisera la grande vedette du show Goddess (Déesse), Cristal Connors. Cette dernière est l'incarnation de ce que veut devenir la jeune danseuse mais la première rencontre se passe mal et Cristal humilie Nomi devant sa copine Molly. Commence alors une rivalité impitoyable entre les deux femmes. Ca, c'est fait.


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"All About Nomi"


J'ai appris il y a peu de temps de cela que Showgirls serait un remake déguisé d'un de mes films préférés, le merveilleux All About Eve (Eve - 1950) de Joseph L. Mankiewicz. A y regarder de plus près, pourquoi pas. Certaines thèmes se rejoignent comme celui de l'ambition démesurée de la jeune Nomi Malone qui essaie de prendre la place de sa rivale vieillissante Cristal Connors par tous les moyens. Tout ça sur fond de pourriture inhérente au milieu du show-biz et de paillettes. Les deux métrages dépeignent avec acidité le monde du spectacle vu depuis les coulisses (ou, par le trou de balle en ce qui concerne Showgirls) et ce n'est pas très reluisant. Sous ses airs de respectabilité, le spectacle proposé par l'hotel Stardust n'est pas moins glauque que celui du Cheetah avec lequel il entretient des similitudes troublantes. En gros, les deux font recettes avec le sexe, l'un d'une façon moins hypocrite que l'autre.
C'est exactement ce qui intéresse Verhoeven qui ne se gène pas pour assener assène un gros coup de matraque au puritanisme made in U.S.A.. Le seul problème de taille est l'existence de ce scénario au moins aussi insipide qu'un épisode estampillé AB Productions. La différence ici, c'est qu'entre les mains du Hollandais furax, Showgirls arrive à captiver la rétine. Pas uniquement parce que c'est LE film américain où l'on voit le plus de nibards ou de foufounes au centimètre carré de pellicule mais parce que derrière ses faux airs de soap-opera botoxé, se cachent les thématiques de notre réalisateur préféré.

On le sait bien Paulo aime montrer des scènes de cul à l'écran ce qu'il est parvenu à faire de façon brillante dans Basic Instinct mais aussi dans un de ses longs-métrages moins connu, La Chair et le Sang (je ne parle même pas de sa période Hollandaise). Soyons réalistes deux secondes et posons-nous la question de savoir si un film comme Basic Instinct pourrait encore se monter à Hollywood de nos jours. La réponse est négative bien évidemment. Ce temps là est bel et bien révolu.

Tout comme Gangs Of New York fut le dernier film utilisant de vrais décors, Showgirls est surement le dernier film américain nous montrant autant de fesses à l'écran. Tout à une fin.
Verhoeven, en véritable schizophrène (vraie réalisme ou toc ?), nous balance des scènes dont l'intérêt dramatique est souvent discutable mais parvient néanmoins à provoquer le doute vu l'effort colossal qu'il fournit pour nous faire exploser tout le continu de Showgirls en pleine poire. C'est amusant parce que ce film est finalement aussi bourrin que Starship Troopers mais pas pour les mêmes raison.
Dans Robocop, Total Recall et Starship Troopers, Paulo utilise la télévision pour faire passer ses idées sur la société et "décale" ses films par rapport au sujet qu'il traite.
Dans Basic Instinct et Showgirls les personnages instrumentalisent le sexe et l'utilisent comme ascenseur social. Tout le monde baise tout le monde chez Verhoeven.
Ensuite, il déconstruit le tout en articulant sa mise en scène sur qui lui est propre en mêlant violence, sang et sexe pour mieux balancer deux ou trois vérités toujours intéressantes à entendre, ce qui le positionne comme le réalisateur étranger à Hollywood parvenant à avoir une distanciation bienvenue vis-à-vis de qu'il filme (il aime bien regarder le chaos qu'il est en train de filmer).
Dans Basic Instinct il renverse les rapports Homme/Femmes et fait de son héroïne principale une "femme-prédateur" ayant les mêmes comportements (sexuels ou non) qu'un homme.
Magnifique tout ça, mais que s'est-il passé dans  Showgirls ? Bonne question car si l'on retrouve dans la mise en scène, la fougue et la rigueur du Hollandais, les réactions épileptiques d'Elizabeth Berkley surjouant à fond, les répliques carrément racoleuses et surréalistes écrites par Eztheras, ainsi que l'ensemble inégal, ne vont pas spécialement aider le métrage à être pris au sérieux.


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"Know Me I'm Alone" :


Pour incarner Nomi, Paulo attrape Elizabeth Berkley au vol connue uniquement du public pour sa participation au sitcom Sauvé Par Le Gong. Danseuse de formation, elle débute en tant que mannequin chez Elite avant d'atterrir à la télévision. C'est en essayant de se diriger vers une carrière cinématographique qu'elle se fait alpaguer par le réalisateur de Basic Instinct.
Ni une, ni deux, la jeune femme se retrouve rapidement propulsée en haut de l'affiche pour en dégringoler aussi vite.
Sa performance va se faire laminer par tous les critiques bien pensants aux U.S.A. (on fera pareil dans le reste du monde). Comme je le disait, elle surjoue qu'elle soit énervée, heureuse ou triste. Mais tout ceci est bien entendu souhaité par Verhoeven qui s'en donne à coeur joie avec la belle blonde. C'est à croire qu'elle sort d'un "soap" façon Amour, Gloire et Beauté mais il ne faut pas oublier que le réalisateur nous refera exactement le même coup dans Starship Troopers blindé de beaux gosses et de belles nanas, tous aussi cons et factice les uns que les autres, pour mieux les détruire un par un, au fur et à mesure de l'intrigue.
Verhoeven et Ezterhas vont nous faire le coup du symbolisme : ainsi Nomi Malone pourrait en fait se comprendre par "Know Me I'm Alone" ("connais moi, je suis seule").
Elle est une étrangère dont on ne sait que peu de chose au début du film. Essayant par tous les moyens de rester anonyme comme si elle cachait quelque chose où était en cavale, Las Vegas la transforme en une sorte de "Cendrillon version peep-show" perdue dans un milieu qui la dépasse. Ce dernier possède ses propres codes et sa manière de fonctionner.
Son manque de culture générale flagrant va l'exposer aux moqueries de ses futurs employeurs, lorsqu'elle s'affiche en annonçant à la galerie qu'elle vient juste de s'acheter une robe de chez Versayce (Ver-sa-tché). Au lieu de la reprendre et la corriger, tout le monde s'enfonce et se fout royalement de la gueule de la petite "provinciale".
Curieusement, le personnage de Nomi est limite antipathique : elle part au quart de tour, elle a des réactions hystériques, bref, elle est pénible. On ne ressent pas une envie urgente d'aller lui tendre la main mais plutôt de l'envoyer balader. Difficile de s'identifier, non pas parce que son personnage est écrit n'importe comment mais simplement parce que ce n'est pas l'archétype de l'héroïne à la Flashdance. Vous savez, celle qui triomphe de tous les obstacles ? Non seulement elle va se les prendre tous un par un, mais en plus elle deviendra exactement ce qu'elle combattra. La question de savoir si elle a vendu son âme au diable ou pas, sera résolue à la fin du métrage que je vous laisse le soin de découvrir.
Elle finira par vivre son conté de fée, mais de la façon la plus cru qui soit. Elizabeth Berkley ne s'en sort pas mal du tout, à condition d'accepter sa façon de jouer. Tout comme son personnage, elle ose tout et n'a peur de rien. Rafraichissante aussi bien qu'agaçante.

Celle qui tire son épingle du jeu est la désormais iconique Gina Gershon, adulée, au moment de la sortie du film, par un public Lesbien en manque de représentation au cinéma. Ce n'est pas compliqué, entre Bound et Showgirls, la magnifique Gina Gershon s'est forgée une belle réputation.
Cristal Connors est un peu l'équivalent du personnage vieillissant (version trash) de All About Eve, incarnée par Bette Davis. Alors, énoncé de cette façon, ça peut faire dresser les cheveux sur la tête, mais si l'on considère que le film a servi de modèle lointain à Showgirls, alors la comparaison est légitime. Gershon excelle dans le rôle de la salope manipulatrice et continue à entretenir une ambiguïté sexuelle des plus torrides. Absolument sublime et "bitch" jusqu'au bout des ongles, Cristal Connors est le miroir de Nomi Malone.

Le casting masculin est composé entre autre de Kyle Maclachlan (Dune) dans le rôle du directeur artistique du Stardust et Glenn Plummer (Strange Days) dans celui du danseur sans emploi avec qui Nomi va entamer un semblant de relation.
La copine de Nomi, Molly Abrams, interprétée par Gina Ravera (Get On The Bus) représente probablement la personne la moins malsaine composant cette "cour des miracles".


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Le film de toutes les hontes :


Un petit mot sur la musique car Showgirls est censé être un film musical à la base et à ce niveau là, on est servis :  la musique est composée par Dave Stewart (la moitié du duo Eurythmics) et elle sera entrecoupée de pas mal de titres interprétés par divers artistes. Il y a deux morceaux de Prince (les excellents 319 tiré de l'album The Gold Experience et Ripopgodazippa de l'album Crystal Ball) non inclus sur la B.O. officielle, Siouxie and The Banshees, David Bowie et No Doubt. Le résultat est tonique ou parfois tonitruant (voir les passages musicaux du spectacle "Goddess") mais s'inscrit toujours parfaitement dans l'action.

La maîtrise technique de Verhoeven est bien présente et évidente. Le film est présenté dans un Cinemascope classieux et le rythme de la mise en scène fait que l'on ne s'ennuie jamais pendant la projection (ce qui n'est déjà pas mal). La fin est pour le moins surprenante dans un Blockbuster car d'habitude, la ténacité et l'honnêteté triomphe toujours à Hollywood. On verra que cela ne s'applique pas tout à fait dans Showgirls.

Une fois le film sorti sur les écrans, le toujours très élégant Joe Ezhtheras va définitivement se fâcher avec Verhoeven et déclarera haïr ce dernier au plus haut point. Mais haïr les gens avec qui il bosse, est manifestement la marque de fabrique du bonhomme alors...
Peu importe, le réalisateur a réussi l'impensable : faire en sorte qu'une major laisse sortir au cinéma (plus de 1300 salles), un film estampillé NC-17. Fallait oser. Le marketing autour du film est énorme, agressif et principalement axé sur l'aspect sulfureux pour mieux détourner l'attention de la classification NC-17 (bah oui, va falloir quand même les remplir toutes ces salles).
Pour l'anecdote, lors de sa sortie en vidéo, le réalisateur coupera quelques secondes (quelques plans de la "Lap dance" et celui de la scène d'amour dans la piscine), réduisant l'interdiction à un simple "R". A l'heure où tout le monde sort des director's cut pour en montrer encore plus, c'est assez amusant.

Le film scandalise au plus haut point mais concernant le côté gentiment "trash" de cette affaire, Verhoeven ne fait que dépeindre et constater la vulgarité intrinsèque des lieux. Las Vegas "ville mirage" à bien des égards ne brasse que du fric et du cul, c'est bien connu. De ce fait, les Revues/Spectacles sont forcément "Topless" (comme le Lido ou le Milliardaire), "bling-bling" à fond les ballons et pas toujours du meilleur goût visuel. En résumé, la revue se trimballe une grosse image bien ringarde comme il faut et les pauvres danseuses (de qualité au demeurant) sont toujours relativement mal perçues par rapports à celles travaillant dans des compagnies de danse respectées et respectables. De là à affirmer qu'il n'y a pas de différence entre la vulgaire strip-teaseuse de bastringue et la danseuse de cabaret, il y a un pas que je ne franchirai certainement pas.


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Showgirls nous montre un milieu machiste prêt à n'importe quoi pour exploiter les fesses de son prochain (ou de sa prochaine). Un milieu misogyne se servant de l'image de la femme pour vendre du rêve. En ce sens, le patron du Cheetah n'est pas pire ou meilleur que Zack Carey/Kyle Maclachlan et inversement.
Pour ceux qui se poserait la question de savoir si ça se passe vraiment comme ça dans une troupe de "Revue", et bien oui, en effet, ça peut. C'est bien connu, les filles entre elles c'est pas toujours le pied.

Ce n'est donc pas la première fois que le metteur en scène donne de vrais pouvoirs aux femmes dans ses films. Dans  Basic Instinct, Catherine Tramell se balade avec une lesbienne accrochée à ses basques et s'envoie les mecs qu'elle veut. Elle à l'argent et le pouvoir qu'elle utilise de la même manière qu'un homme pourrait le faire (et ça passe forcément par le sexe). Dans Showgirls, Nomi est une novice mais elle apprend très vite, ne se laisse pas faire et prend le contrôle de sa vie (surtout à la fin). Nomi Malone est quasiment une extension de Catherine Tramell, la tendance à l'homicide en moins. C'est sur, ça change du "produit spécial ados" dont le public à l'habitude.

Mais tout ceci n'est pas suffisant et c'est un échec cuisant au box-office US (le film finira par rentrer dans ses frais avec les recettes mondiales). Showgirls sera ressuscité par une exploitation vidéo qui a remporté près de 100 millions de dollars depuis que le film trimbale son statut de film culte et se retrouve régulièrement programmé comme The Rocky Horror Picture Show dans des séances de minuit. Quentin Tarantino a déclaré à propos du long-métrage (qu'il a apprécié) que MGM/United Artist avait produit, sans le savoir, un pur film d'exploitation mais avec un budget de 40 millions de dollars.
La presse s'acharnera dessus sans répit et le film sera nommé 13 fois aux Razzie Awards (un record) et repartira avec sept Golden Raspberry awards (l'équivalent des Oscars mais pour les navets). Paul Verhoeven fera partie des rares personnalités à aller chercher les récompenses lors de l'évènement. Quand je vous dit qu'il a de l'humour notre Paulo.


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Si c'est de la délicatesse que vous cherchez, passez votre chemin rapidement car Showgirls est assurément aussi vulgaire que ses protagonistes.
Finalement, après avoir promis autant de scènes de cul via une opération marketing racoleuse ("Laissez vos inhibitions à l'entrée", "Un film si érotique, si dangereux, si scandaleux que nous ne pouvons vous en montrer des images"...), je m'attendais franchement à pire (ou à mieux, au choix).

Le public ne s'est même pas donné la peine de se déplacer pour se faire sa propre idée. Au lieu de ça, il a préféré de suivre bêtement les conseils de la presse, comme d'habitude. C'est dommage car c'est quand même Verhoeven et un mauvais film de ce gars là vaut n'importe quel film soit-disant réussi d'un "Yes Man" en mal de succès au Box-Office.

L'histoire se répète pour notre réalisateur Hollandais préféré et après avoir quitté son pays pour des raisons de censure, les Etats-Unis lui reprochent la même chose. Verhoeven rejoint ainsi la longue liste de metteurs adulés pendant un certain temps, puis rejeté et broyé par la machine Hollywood (je pense à Shyamalan et aux Frères Wachowskis).
Et dire que Le Dernier Tango à Paris a été longtemps considéré comme le film le plus choquant du monde. Il y a de quoi rire à l'heure où des émissions comme Secret Story sont les dignes représentants d'un certaine télé qui se veut "trash" mais dont l'hypocrisie ne lui permet même pas de donner dans le porno franc du collier. Elle est là, la véritable vulgarité. Showgirls c'est Blanche Neige en comparaison.
Aujourd'hui, même une série télé comme Californication est bien plus "hardcore".

Showgirls est un projet couillu voire suicidaire car tout est assumé de la première à la dernière image. Des navets comme celui-là, je veux bien m'en taper plus souvent au lieu de perdre mon temps à regarder de gros blockbusters en 3D à la con blindés d'effets visuels dont la plupart ne me font même plus bander.
Verhoeven nous fout directement le nez dans la merde pour nous réveiller. Il gerbe sur le système qui le finance, ce qui pourra paraitre inconcevable et débile pour certains , et fout un énorme coup de pied dans la fourmilière du puritanisme et du politiquement correct à l'américaine. Même si Showgirls n'est pas le meilleur film de son réalisateur, il n'est surement pas "honteux" ou d'une vacuité à toute épreuve comme on veut bien nous le faire croire. Bancal mais jamais malhonnête, cette oeuvre a conduit Verhoeven à pécher par excès et alors ? Que l'on jette la première pierre au réalisateur qui ne l'a jamais fait. Allez, ça suffit les conneries là, reviens Verhoeven parce que tu nous manques bordel !!!
!!! ATTENTION IL S'AGIT D'UN BLU-RAY REGION A !!!

Cette réédition est une bénédiction car on se souvient encore du médiocre dvd édité par Pathé à l'époque (il y a bien 10 ans de çà déjà). Le laserdisc import U.S. était bien plus réussi.
Chez les américains, c'est MGM qui se charge de transformer tout ça en haute définition et même si le résultat n'est pas des plus exceptionnellement parfait, Showgirls n'a jamais été aussi joli à regarder.
Inutile de vous dire (mais je vous le dis quand même) que les couleurs explosent dans ce nouveau transfert. Les détails sont à la fête malgré certains passages un peu plus softs faisant perdre un peu de piqué à l'image, mais rien d'alarmant.
Deux ou trois petits défauts de pellicules traversent très furtivement l'écran dans un ensemble plutôt éclatant.
On gagne énormément en précision lors des spectacles gargantuesques présentés sur la scène du Stardust. Les noirs sont très profonds mais auront tendance à bouffer une fois de plus quelques détails. La faute à une gestion approximative des contrastes ?
Quoiqu'il en soit, les fans seront ravis d'avoir en leur possession le meilleur transfert du film de Verhoeven à ce jour. Ça se fête !!!


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En 1995, Showgirls fait partie de la "génération Dolby Digital 5.1" entamée par Batman Returns en 1992.
Je ne voudrai pas en remettre une couche sur le dvd édité par Pathé en France mais le public hexagonale du se contenter d'un pauvre Dolby Digital 2.0 pour un film qui mise énormément sur sa B.O.. Il fallut, se rabattre une fois de plus sur l'import DVD Zone 1 édité par MGM.

Cette fois-ci, nous avons droit à du DTS-HD Master Audio 5.1 et la différence va se faire sentir très vite. Ce sont les passages musicaux du film qui en profiteront le plus mais l'environnement sonore est très bien restitué de manière générale.
La foule se fait plus présente lors des scènes se déroulant au Cheetah, le cabaret de Strip-tease, et dans le casino au début du film. Votre caisson de basse va rugir lors des extraits du spectacle "Goddess" et le reste de votre installation sera sollicité de nombreuses fois durant la séance. C'est définitivement un apport considérable par rapport à l'ancienne piste en Dolby Digital 5.1 de l'édition DVD.

Il y a une piste en Français sur ce blu-ray mais attention c'est une VFQ et elle n'est franchement pas terrible. Non seulement le doublage est assez mauvais, pour ne pas dire pénible, mais en plus il vous faudra vous contenter d'un simple Dolby Surround 2.0. Autant vous dire que le film y perd énormément.

La grande interrogation réside dans l'étrange absence de sous-titres français sur ce blu-ray alors qu'ils existent sur le DVD qui accompagne le blu-ray dans cette édition double. Pourquoi n'ont-ils pas fait le voyage de la version SD jusqu'à la version HD est un mystère que l'on n'est pas prêt de résoudre. C'est surtout très énervant.


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Pour une édition spéciale, on ne peut pas dire qu'elle ait grand chose de spéciale. De vieux bonus tous claqués viennent compléter ce blu-ray qui aurait pu être tellement mieux géré éditorialement que ça. Fallait pas rêver non plus.
Ce qui est vraiment regrettable, c'est de ne pas avoir de commentaire audio de Paul Verhoeven sur cette galette. Tant pis, on attendra une future réédition du film dans quelques années.

* The Greatest Film Ever Made : Commentaire audio de David Schmader grand spécialiste et ultra-fan du film de Paul Verhoeven. Malheureusement aucun sous-titres ne sont proposés afin de profiter de cet commentaire atypique et souvent très drôle.

* Pole Dancing: Finder Your Inner Stripper (11mins54, HD) - bonus tout pourri où on vous apprend, mesdames, à toucher et danser autour d'une barre. Vous savez,  celle utilisée par les danseuses pendant leur numéro ? VOI-LA, c'est exactement ça, à vous maintenant !

* Lap Dance Tutorial Featuring The World Famous Girls of Scores (4mins56, SD) - Et on continue dans les bonus moisis avec ce mini module censé servir de "tutoriel" pour réussir une super Lap-Dance (cf. la scène ou Elizabeth Berkley danse "sur" Kyle Maclachlan). Il ne manque plus que la présence de Cathy Guetta et on aurait eu un bonus encore plus craignos (si ça pouvait être encore possible). Pathétique.

* A Showgirl's Diary (10mins54, SD) - seul bonus avec le commentaire audio évoquant véritablement le film. Ce module est composé de quatre parties mettant en avant certains dessins préparatoires, storyboards divers et images de tournage (on voit Verhoeven au travail). Excellent mais hélas, bien trop court.

* Pop-Up Trivia Track - aucun intérêt.

* Theatrical Trailer (1min59, HD)

Et c'est tout. Au secours !!!!


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Commentaires

31/12/2010 16:10
Tout à fait d'accord avec Aimé, ce qui était choquant en 1995 l'est nettement moins maintenant, les séries Californication et Nip/Tuck sont allées beaucoup plus loin depuis. Très bonne et juste critique de Showgirl.  Bravo Aimé !

31/12/2010 17:00
J'adore Showgirls, c'est sexy et sulfureux, c'est Verhoeven tout craché quoi  

31/12/2010 17:34
Je l'ai vu peu de temps après sa sortie, dans le dos de mes parents...  

31/12/2010 20:41
L'année de sortie de Showgirls fut une belle année pour moi, pas moins de trois qui m'ont énormément marqué : Showgirls, Strange Days, et White Man (avec Harry Bellafonte).

Je me souviens même être allé voir ce film de Verhoeven 5 ou 6 fois au cinéma (la séance de onze heures à 10 balles).

Excellent test, pour un film qui me fait pétiller les yeux aux moment où Nomi découvre le spectacle Goddess en live : Cette musique !! J'ai même acheté la B.O sur CD à l'époque pour ce titre!

Gina Gershon en "bitch", je dirais même en biatch!!    Elle dégage vraiment un truc cette nana!
Et la séquence entre Molly et Andrew Carver me fait toujours froid dans le dos, et porte indubitablement la marque de Verhoeven.

Bon réveillon à tous !