Mirrors - Le test blu-ray

Publié le 2009-12-01 20:08:47 par Aimé
Pochette du film Mirrors
  • Note HD Avis 5/10
  • Note Vidéo 5/10
  • Note Audio 8/10
  • Note Bonus 5/10
Cet avis porte sur la version "Unrated" du film.

On dit que le miroir renvoie une image identique et parfaite de notre personne. Mais cette image étant inversée, il peut nous renvoyer toute sortes de choses pas toujours très agréables, comme la vérité ou tout simplement nos propres défauts. On dit également qu'il pourrait s'agir d'une "porte" vers un autre monde qui impliquerait une symétrie (de l'âme ?). On retrouve le miroir dans Blanche Neige et les 7 nains (vérité), dans Alice aux Pays des Merveilles et sa suite De l'autre Côté du Miroir, dans Harry Potter, dans le premier Matrix mais également dans le bouddhisme Tibétain où il représente l'idée de la vacuité à travers une réalité que l'on se fabrique tout seul et à laquelle on tente de se raccrocher à tort.

Le miroir, le reflet, tout ce symbolisme fascinant qui nous parvient de la nuit des temps, sert de base au métrage coréen Into The Mirror (Geoul Sokeuro) réalisé par Sung-ho Kim en 2003. Son film fonctionnait sur une partie de cette symbolique et les personnages étaient frappés de plein fouet par tout ce qui en découlait. En toile de fond, on pouvait suivre une histoire de meurtre et par extension, une enquête policière. En résumé c'était un polar sur fond de Fantastique.

Qu'en est-il dans la version de Aja et Levasseur, tout deux responsables de l'adaptation US ?

Et bien nos deux compatriotes vont partir sur les mêmes bases que pour l'original de Sung-ho Kim. Ils conservent donc le personnage de l'ex-flic qui a commis une bavure et qui se retrouve gardien de nuit (il est responsable de la sécurité d'un centre commercial dans l'original) et le plan final que je ne vous révélerais pas, bien entendu. Ils partent donc d'un point "A" pour arriver à un point "B" en tout point identiques mais le cheminement et le traitement seront complètement différents de son petit frère Coréen.

En effet, là où l'original jouait sur la psychologie de son personnage principal à travers le reflet du miroir qui lui renvoyait sa propre "bavure" policière (provoquée par un reflet dans un miroir justement), Aja et Levasseur décident de mentionner le problème mais finissent par l'occulter plus ou moins pour le déroulement et la narration de leur propre version. Dommage.
Aja montre un Kiefer Sutherland brisé mais avec une famille (marié deux enfants) cette fois-ci, ce qui n'était pas le cas du personnage de Into The Mirror qui affrontait sa vie, sa culpabilité et ses angoisses seul face aux reflets que lui renvoient les différents miroirs qu'il croise.

Il paraitrait qu'Alexandre Aja n'aimait pas l'original coréen et voulait le débarrasser de ses défauts et améliorer le concept. Mais du coup on a déjà vu ça ailleurs. Alors comment ce fait-il que très rapidement on décroche et que finalement on est assez peu touché par le combat intérieur de Ben Carson ?

Pourtant, Mirrors n'est pas, comme j'ai pu le lire ailleurs, un film post-Ring/The Grudge/The Eye, tout simplement parce que  le film Coréen, qui est pourtant un film de spectre Asiatique, ne jouait pas systématiquement sur ce registre maintenant usé jusqu'à la moelle.

L'original, Into The Mirror avait des défauts c'est certain : on "grille" le méchant super rapidement, la fin est conforme à d'autres films asiatiques précédemment cités (même si différente sous certains aspects). Mais il possédait néanmoins, une réelle qualité : celle de ne pas en faire des caisses et conservait une subtilité appréciable surtout grâce à l'épilogue inattendu du film, assez triste et qui donnait d'un seul coup un peu plus d'épaisseur au personnage et de profondeur au métrage en tant que tel.

Pouquoi diable a t-il fallut que Aja transforme le dernier quart d'heure du film en "Jack Bauer contre les Fantômes" ? Quelle était l'utilité de tout faire péter à base d'explosions, certes spectaculaires, mais complètement à côté de la plaque pour un tel sujet. C'est cool d'avoir un gros budget et une méga-star mais au bout du compte, ça peut finir par être un désavantage. C'est un peu comme un éléphant dans un magasin de porcelaine ou comme la fameuse montagne qui accouche d'une souris. Bref, vous l'aurez compris ce que je reproche au film d'Aja, c'est son manque de subtilité.

Alors bien sur, le film n'est pas complètement raté. Il subsiste de beaux moments d'angoisse véhiculés par un Kiefer Sutherland en pleine forme (peut-être trop d'ailleurs). Il y a LA scène gore (ouais y en a pas quinze mille non plus contrairement à ce qui disent certains) du film particulièrement éprouvante et réussie. La mise en scène est impeccable et la photo très réussie par moment. C'est aussi plus trash que l'original certes mais de la à taxer le film de grand-guignol il y a des kilomètres que Aja ne parcourra jamais dans son film (sauf peut-être dans la surenchère finale mais elle trop explosive pour être franchement viscérale). C'est même plutôt sobre par rapport a Haute Tension ou La Colline....

Il est possible que l'on attente trop d'Alexandre Aja et que l'on prête à ce Mirrors, l'étiquette du "remake friqué en cinemascope".
Du coup, Mirrors serait-il le Gothika de Aja ? Si ça lui permet de financer un truc qui tue après, tant mieux puisque c'était le but de la man?uvre pour Kassovitz à l'époque. Parce qu'au bout d'un moment quand on regarde Mirrors on se demande si Aja et Levasseur ont eu réellement le contrôle total de leur film et si la Fox n'a pas eu son mot à dire là-dedans. Le seul problème dans cette réflexion est qu'Aja a bel et bien affirmé lors d'un entretien, avoir eu "carte blanche" pour faire le film qu'il souhaitait voir.  On comprend encore moins ce qu'il s'est passé sur Mirrors car ce qui faisait son charme, c'était la paire de couille qui le différenciait des autres. Cette faculté a malmener le public et le mettre devant des images dures et subversives. De ce côté là du miroir, le métrage reste désespérément lisse et pas crade pour un rond (encore moins subversif).

Mirrors aurait pu être un traumatisme phénoménal mais finalement ça fini par être un film fantastique (mâtiné d'horreur) de plus. Non Monsieur Aja, ceux qui apprécient tout particulièrement votre boulot (et j'en fait partie) ne peuvent se contenter de ça.

Maintenant, il est clair que si l'on est pas trop fan de ce type de film ou que l'on en regarde un de temps en temps, Mirrors peut faire illusion. Pour les fans hardcore et chevronnés (ça c'est moi), le film de Aja est tout simplement un film de plus dans le genre.

Par contre, on va peut-être attendre un peu avant de l'envoyer direct au bûcher parce que c'est ce qui commence à arriver. Soudain, il est devenu mauvais (ou du moins, il ne serait peut-être pas aussi bon que prévu), c'est le mec à abattre, il a atteint ses limites, bla, bla, bla...  On adore faire ça chez nous c'est un fait mais c'est un peu gavant à force et surtout répétitif niveau argumentaire.

Son prochain film ? Un remake en 3D du Piranha de Joe Dante (Gremlins, Matinée). Encore un remake ? Oui, c'est vrai mais laissons le faire et on jugera de toute pièce à ce moment là. En plus ça devrait être plutôt ludique, fun et surtout très gore comme film. Ça m'a l'air plus dans ses cordes que ce Mirrors. Maintenant, je ne vous cache pas que moi aussi j'adorerai voir Aja à la tête d'un projet plus personnel. J'y crois encore en tout cas.
J'avais déjà lu un peu partout que le transfert HD de Mirrors laissait à désirer. Malheureusement je ne vais pas vous dire le contraire.

Un tel transfert est juste indigne d'un film qui n'a même pas un an. Si parfois le niveau de détail est très satisfaisant pendant les scènes très éclairées, il n'en va pas de même sur les scènes plus sombres. Le problème c'est que le film en possède plus d'une.

L'intro/générique en forme de miroirs formant un kaleïdoscope de la ville de New-York aurait pu être phénoménal...à condition d'être net.

La photo de Maxime Alexandre à l'air magnifique car parfois on arrive à distinguer son travail mais ça ne dure jamais très longtemps.

J'ai pu noter quelques zones floues sur les côtés de l'image alors que le centre était net (non ce n'était pas un problème de choix artistique ni d'objectif hein) et ceci lors de scènes en plein jour. Parfois les noirs sont d'une profondeur abyssale et parfois c'est juste granuleux et le niveau de détail s'engouffre totalement dans un marasme visuel où l'on ne distingue plus grand chose. Les couleurs ont aussi un rendu assez étonnant. Ainsi la lumière de la lampe torche de Ben qui parcoure le centre commercial, est parfois orange fluo avec un halo particulièrement disgracieux.

C'est finalement assez étrange : des fois c'est joli et des fois c'est immonde.

Vous l'aurez donc compris, ce transfert est d'une inconsistance permanente et n'aidera certainement pas de futurs acheteurs à franchir le pas de la HD. Dommage car ce titre était assez porteur je trouve.
Par contre (et fort heureusement pour nous), ça s'améliore considérablement au niveau sonore. Mais...

Nous avons droit ici à une piste V.O. DTS-HD High Resolution alors que les américains ont eu droit a une DTS-HD Lossless Master Audio 5.1.  :  mauvais point. Ensuite, nous avons une piste V.F. DTS 5.1 (ceux qui n'aiment que les V.F. vont être, une fois de plus, déçu) : 2ème mauvais point.

La piste en Anglais sait se montrer généreuse en terme de spatialisation et d'atmosphère. Vous sursauterez probablement une ou deux fois (ça m'est arrivé). On appréciera une bonne compréhension des dialogues et une musique enveloppante et angoissante à souhait composée par Javier Navarrete (Le Labyrinthe de Pan). Vos arrières droite et gauche seront également sollicitées lors de séquences spéciales "trouillometre à zéro" (beaucoup de précison).

Votre caisson de basse se déchainera généreusement vers la fin du métrage quand le personnage de Sutherland se transforme en "John McClain meets Jack Bauer" et commence à tout péter.

Malgré le fait que la VF ne soit dispo que en DTS 5.1, elle s'en sort HAUT la main et vous pourrez quand même profiter d'un mixage de haute tenue.
MS = minimum syndical.

       
  • Version "Unrated"
       
  • Malking-of
       
  • "De l'autre côté du miroir"
       
  • Fin alternative (on peut d'ailleurs remercier Aja de ne pas l'avoir utilisée dans sa version Unrated tant elle est clichée). Vous pourrez y acceder via le procédé seamless branching avec ou sans le commentaire du réalisateur + des scènes coupées (8 au total)
       
  • commentaire vidéo en PIP avec Alexandre Aja et  Gregory Levasseur
       
  • Séquence animée - storyboard
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