Le labyrinthe de Pan - Le test blu-ray

Publié le 2009-12-01 20:08:47 par Antho
Pochette du film Le labyrinthe de Pan
  • Note HD Avis 8/10
  • Note Vidéo 9/10
  • Note Audio 8/10
  • Note Bonus 9/10
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ATTENTION SPOILERS !!!

On l'a bien compris, Del Toro continue à explorer sa thématique sur la perte de l'innocence. Après L'échine Du Diable, nous sommes invités une fois de plus à être témoin de l'horreur de la guerre à travers le point de vue d'un enfant. Ce qui caractérisait L'Echine du diable, c'était la façon de filmer à hauteur des yeux d'un enfant. Tous les plans étaient au niveau du regard de ce gamin qu'on amenait dans cet orphelinat. Ici, la mise en scène est différente car le sujet est différent. Ce n'est plus une histoire de fantômes à laquelle nous assistons mais à un conte de fée.

Le conte de fée est tendance en ce moment. Il y a eu récemment : Mirrormask de Dave McKean et Neil Gaiman ou Tideland de Terry Gilliam (que je n'ai pas vu), et le toujours inédit chez nous The Great Yôkai War de Takashi Miike.

La torture, également présente dans ce film, est aussi une tendance que l'on retrouve dans Hostel de Eli Roth mais aussi dans les films Asiatiques comme Audition ou le Master of Horror Imprint (La maison des sévices en Français) tous les 2 de Takashi Miike et aussi le terrible et récent Martyrs de Pascal Laugier.  Bien entendu Del Toro ne l'utilise absolument pas de la même façon dans son film. Malgré tout, elle n'en reste pas moins graphique et terrifiante car désormais associée à un cauchemar collectif ancré dans notre société. Serait-ce un cauchemar typique, où la torture physique représentée crument en image renverrai à une torture psychologique liée à l'après 11 septembre (entre autre) ? Peut-être bien. En tout cas, dans quelques années nous aurons probablement le recul suffisant pour pouvoir en parler. En attendant, Guillermo Del Toro fait mouche aussi bien qu'il fait mal. Très mal même.

Du côté des comédiens, Sergi Lopez est à la fois fascinant dans sa quête de reconnaissance paternelle qui n'arrivera jamais puisque son père est mort, et absolument répugnant, d'une froideur hallucinante en bourreau. La vie ne vaut rien pour lui sauf celle du bébé que porte la maire d'Ofelia (et dont il est persuadé que c'est un garçon) et qui lui permettra de passer à la "postérité" puisqu'il portera son nom. Il cache sur lui la montre de son père tombé à la guerre. La montre, symbole qui revient souvent chez Guillermo Del Toro depuis Chronos ou encore avec le personnage de Kroenen qui remonte son corps comme une horloge dans Hellboy. On avait pas vu plus beau salopard depuis La liste de Schindler. Ofelia, interprétée par la toute jeune Ivana Baquero, est fantastique de fragilité et une révélation.

J'ai vu/lu sur un site quelqu'un qui rapprochait Créatures Célestes de Peter Jackson au Labyrinthe de pan de Del Toro. C'est finalement pas si con que ça du moins sur le plan de la poésie sur fond d'horreur psychologique. Les symboles représentant la magie, la religion ou la sorcellerie sont tous là : de la mandragore, au miel en passant par le f?tus ou "le fruit défendu" qu'Ofélia mangera et qui entrainera forcément un désastre dans le monde des fées.

Pour ma part, difficile de trouver un défaut au film tellement j'ai été happé par les images et l'atmosphère troublante doublée d'une photo somptueuse de Guillermo Navarro (son chef op attitré maintenant). La musique de Javier Navarette vient renforcer le sentiment de poésie douloureuse qui parsème tout le métrage. Douleur qui traverse le film de part en part, jusqu'au dénouement tragique et incroyable (je n'aurai jamais cru que ça finisse de cette manière) qui finit de vous déchirer le coeur en mille morceaux.

Le Labyrinthe de Pan est sans doute un des plus beaux films de Del Toro à ce jour. Il paraissait impossible de faire cohabiter monstruosité et beauté, douceur et froideur. Pari plus que réussi et qui fait entrer ce film instantanément dans le panthéon des classiques. Les derniers exemples de cette alchimie particulièrement difficile à obtenir ne datent plus d'hier. Je pense à des "pavés" tels que Freaks de Todd Browning (1932) ou encore La Belle et la Bête de Jean Cocteau (1946) et peut-être le Dracula de Francis Ford Coppola (1992) (il doit y en avoir d'autres que j'ai oublié ou tout simplement que je ne connais pas...).

Le "bestiaire" de Del Toro possède à la fois une âme et un véritable style (de la même manière que pour les "créatures" de Tim Burton) et c'est ce qui le rend immédiatement attachant et surtout très touchant. Alors qu'on ne viennent pas se plaindre, s'il vous plait, de ce même bestiaire dans le récent Hellboy 2 car c'est la marque artistique (autant visuelle qu'intellectuelle) de Del Toro. En tout cas, ne comptez pas sur moi pour cracher dessus.

Le Labyrinthe de Pan est véritablement et définitivement un chef d'?uvre doublé d'un O.F.N.I. (objet filmique non identifié) et se doit de figurer dans tout vidéothèque de cinéphile qui se respecte. Une sorte d'état de grâce pour Del Toro qui continue de nous émerveiller film après film.
Malheureusement, pas de certification THX pour ce Blu-Ray comme ce fut le cas pour la version HD DVD mais nous sommes en présence du même master quasi-parfait et sans défauts de pellicule apparent.

La compression est solide au niveau des noirs et l'encodage utilisé ici, est le même que pour celui du HD DVD.

On notera parfois un côté un peu "doux" sur certains passages qui entraveront légèrement quelques détails et quelques profondeurs de champ mais vraiment rien d'alarmant. Les scènes sombres (et il y en a quelques unes) sont admirablement gérées et les détails très bien rendus de nuit comme de jour.

La mise en valeur de la photo de Guillermo Navarro est tout bonnement somptueuse (comme souvent dans les éditions réussies en HD) et la véritable gagnante de cette édition haute-définition.  Les teintes bleutées froides viennent appuyer l'ambiance du film. Les couleurs les plus chaudes (marron, orange dans la scène du "banquet") seront également à la fête.

Quel bonheur de pouvoir profiter à ce point du travail d'éclairage sur un long- métrage comme celui-ci. La HD, quand elle est bien gérée, sert justement à respecter à la lettre la vision et l'intention d'un directeur photo et par extension, celles du réalisateur. C'est ici, le cas.
Malheureusement nous n'avons pas eu droit ici à la même piste audio que sur la galette bleue américaine de chez New Line qui nous proposait du DTS-HD Master Audio 7.1..

Qu'a cela ne tienne.  Ca ne gâche en rien le plaisir sonore que procure la piste V.O. sous titrée Français en DTS-HD Master Audio 5.1 de chez Wild Side. Bien au contraire.

La scène où Ofélia est dans sa chambre et où elle communique pour la première fois avec un des êtres féériques qui peupleront le film de Del Toro est hallucinante de pureté. Tout y est sobre, détaillé et avec une précision au couteau. Ainsi, et plusieurs fois de suite, le son se baladera de part en part de votre pièce créant des effets a 360°. L'immersion dans ce monde fantastique est complète et parfaite. La partition de Navarette est magnifiquement mise en valeur. Les dialogues sont quand à eux, impeccablement intégrés a cet environnement sonore d'une rare justesse. Réellement impressionnant ! Ce qui montre bien que l'on a pas toujours besoin d'une piste sonore à la Iron Man ou à la Transformers pour avoir de quoi faire une démo sur son Home Cinema.

En ce qui concerne la V.F. en DTS-HD High Resolution 5.1, on est pas en reste non plus, je vous rassure tout de suite. Bien que je vous demanderai expressement de regarder le film en V.O. (of course), l'adaptation et de ce fait le doublage en Français sont de bonne facture (ce qui est assez rare de nos jours pour le noter). Bien sur, c'est un poil en dessous de la V.O. qui spatialise à la perfection la musique par exemple. Ici, on perd un peu de cette ouverture frontale (baladez-vous d'une piste à l'autre pour faire le test, c'est concluant)  et de cette enveloppe sonore contenue dans la V.O. Mais attention, la V.F. est également remarquable de précison à tout point de vue. Il vous faudra juste monter un petit peu le son par rapport à la V.O. pour tenter de retrouver la même dynamique.
Le Labyrinthe de Pan est ENFIN dispo à l'unité. Exit, donc l'édition en "bundle" vendue avec (l'excellentissime) L'Orphelinat. Le film de Del Toro est dispo en "stand alone" (qu'est ce qu'on se la raconte sur Planète-HD avec tout ces termes en anglais j'vous jure :) ) ce qui est pratique pour ceux qui n'aurait pas aimé le long métrage de Juan Antonio Bayona.

Bien entendu les geeks que nous sommes regretteront la magnifique édition (une véritable référence en son temps et parfaite à tout point de vue) éditée par Wild Side et qui incluait le HD DVD avec certification THX (une première à l'époque). Cette édition était juste colossale avec ses multiples disques, sa B.O. du film et le somptueux livret. Tous les suppléments y étaient inclus. Ceux de l'édition américaine, espagnole et en plus on avait eu droit a des bonnus exclusivement réservés à la France. C'est ce qui s'apelle mettre les petits plats dans les grands. Nous avions hérité de l'édition la plus complète au monde.

Perso, je m'en fout car je m'étais jeté dessus dès sa sortie et je sais que je ne suis pas le seul :) Il ne vous reste plus qu'a faire comme moi et remplacer votre HD DVD par le Blu-Ray et hop ! le tour est joué. :)

Si vous ne l'avez pas, vous savez ce qui vous reste à faire : écumer vos magasin et le net pour tenter de vous la procurer car elle apporte forcément une dimension "culte" au film de Guillermo Del Toro.

Ce qui n'empêche pas ce Blu-Ray d'être blindé de suppléments tous plus interessants les uns que les autres et qui calmeront votre appétit de cinéphile affamé et hystérique (ça c'est moi) :

       
  • Présentation de Guillermo Del Toro
       
  • Making-of
       
  • Guillermo et les acteurs de l?histoire
       
  • La construction des décors : Le moulin, Le Labyrinthe, L?arbre, Le train
       
  • Guillermo et le labyrinthe cannois
       
  • La mélodie Lullaby?s
       
  • Les effets spéciaux
       
  • Le faune et les fées
       
  • Séquences animatiques
       
  • Guillermo Del Toro par Guillermo Navarro
       
  • Le pouvoir du mythe
       
  • Guillermo le créateur
       
  • Les formes et les couleurs
       
  • Guillermo Navarro et le travail sur l?image
       
  • Les carnets de Guillermo
       
  • Teasers et bandes-annonces + bandes annonces Wild Side
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