Le Prestige - Le test blu-ray

Publié le 2010-01-12 10:11:20 par Aimé
Pochette du film Le Prestige
  • Note HD Avis 10/10
  • Note Vidéo 9/10
  • Note Audio 7/10
  • Note Bonus 4/10
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ATTENTION SI VOUS N'AVEZ JAMAIS VU CE FILM, JE VOUS DECONSEILLE TRES FORTEMENT DE LIRE CE QUI SUIT !!! VOUS AUREZ ETE PREVENUS


Pour sa 5ème réalisation, Christopher Nolan (Memento, Insomnia, Batman Begins, Dark Night) nous offre un de ses meilleurs films à ce jour.

Christopher Nolan nous pose une question déterminante dès le début du film :

"Are you watching closely" ? ("Etes vous attentifs") ?

Il se trouve que nous ne le serons jamais.

Le film est construit en 3 parties comme un tour de magie :

- 1ère Partie : La Promesse

- 2ème Partie : Le Tour

- 3ème partie : Le Prestige

Le film est tiré d'un livre de Christopher Priest. Ce sont les frangins Nolan (Christopher et Jonathan) qui s'occuperont de l'adapter au cinéma mais Priest ne sera pas loin.
La narration n'est pas linéaire à l'instar de celle de Memento, où Nolan nous faisait suivre l'intrigue de son film à l'envers. Ici, pas de film à l'envers, mais la manipulation est reine et les faux-semblants sont aux détours de toutes les images. N'oubliez JAMAIS que nous assistons à un tour de magie.

Tout le monde manipule tout le monde et Nolan nous manipule aussi.

Car, tel un magicien, il nous entraîne dans une spirale infernale où l'intégrité artistique, le sacrifice personnel au nom de l'art des deux protagonistes renvoie à celle de Nolan en tant que réalisateur.

Après tout, un metteur en scène, fait le même métier que les deux personnages du film : à savoir de la magie mais avec de l'image. Et c'est ici que l'exercice de style atteint des sommets de perfection.

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La promesse d'une illusion :

Dans la première partie du film, il nous embrouille en nous livrant des petits bouts d'informations qui, retirés de leur contexte, nous font littéralement prendre des vessies pour des lanternes. C'est bel et bien "La promesse" d'assister à quelque chose d'exceptionnel.

C'est à travers le journal secret des deux personnages que nous allons connaître leur histoire, du moins, ce que l'on veut bien nous en montrer.

Christian Bale (The Machinist, Equilibrium, Terminator Salvation) interprète le rôle d'Alfred Borden et Hugh Jackman (Australia, X-Men) celui de Robert Angier. Le premier est un véritable artiste mais qui se vend très mal tandis que le second emballe bien sa marchandise mais ne possède ni l'étoffe, ni le sens du sacrifice, ni la profondeur du premier. Deux personnages à l'antagonisme destructeur et diamétralement opposés dans leurs démarches personnelles.

C'est comme le cinéma finalement, on préfèrera une bonne bouse intersidérale mais avec un emballage marketing d'enfer plutôt qu'un film tout en finesse. Accessoirement, c'est justement cela que veut nous faire passer Nolan : jusqu'où se prostituer pour pouvoir garder le contrôle artistique total de son oeuvre et du même coup son intégrité. Tout réside dans ce paradoxe.

Lors de cette première partie qui sert d'exposition, nous nous retrouvons en pleine cours de justice, face à Alfred Borden qui est accusé d'avoir assassiné Robert Angier.

Nous apprenons également que Borden tuera, sans le vouloir, la femme d'Angier lors d'une illusion qui tournera mal. Il ne lui pardonnera jamais. Commence alors le jeu de massacre entre nos deux protagonistes.



La deuxième partie nous présente l'objet de la convoitise, "Le tour" :

"L'homme transporté".

Ce dernier fera définitivement basculer Angier dans l'obsession la plus fatale et tragique qui soit.

Il ira jusqu'au Colorado afin de rencontrer le scientifique Nikola Tesla (David Bowie), rival de Thomas Edison à l'époque, pour se faire fabriquer la même machine que celle de Bale pensant ainsi se débarrasser définitivement de son concurrent.

Les références à Tesla et Edison sont les bienvenues car elles renvoient encore à Nolan, à l'artiste, au changement, à la prise de risque, et forcément au duo Borden/Angier. La science commence à prendre une place qui ne cessera de grandir. Les temps changent, le cynisme s'installe et l'innocence ou la candeur n'intéresseront bientôt plus personne. Seule l'esbroufe fera déplacer les foules et cela Angier en est aussi conscient. Borden, lui, est intéressé par la science pour faire évoluer son art.
Tesla reste un personnage scientifique très controversé. Il mit au point des inventions qui sont encore aujourd'hui impossible à expliquer. Il est le Leonard de Vinci de l'époque. Il est à l'origine de la découvert du champ magnétique rotatif indispensable pour tout dispositif utilisant le courant alternatif. Il s'agit de la fameuse "bobine Tesla", un engin à induction qu'on emploie en radio. L'utilisation de ce personnage encre Le Prestige dans une réalité très scientifique mais en même temps, le dénouement fera basculer le film dans le Fantastique le plus inattendu. Encore un de ces paradoxes brillants contenus dans le long-métrage de Nolan.


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La 3ème partie nous révèle le fameux "Prestige"

Toutes les pièces de ce puzzle se regroupent enfin.

Et elles s'imbriquent parfaitement. Les révélations se succèdent et le drame se profile doucement à l'horizon. Les deux illusionnistes vont, tour à tour, perdre tout ce qu'ils avaient de plus cher. Le suicide de la femme de Bale fera une victime de plus dans la bataille entre Borden et Angier. Ce dernier se durcit davantage et son obsession maladive engendre une monstruosité.

Borden est enfermé et attend sa condamnation à mort. Le prix à payer afin de conserver le secret de son tour.

"Abracadabra" comme le dit si bien Bale lorsqu'il est emmené à la potence. Son jumeau dévoilé, il peut désormais se débarrasser de Robert Angier, toujours vivant, puisque sa machine qui produit des clones à l'infini lui a permis de réaliser non pas une illusion mais de la "vraie magie" tel un sorcier qui aurait passé un pacte avec le diable. Il le paiera de sa vie.



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La réalisation est très contemporaine mais jamais tape-à-l'oeil ni clippesque. Pourtant Nolan se permet de filmer caméra à l'épaule ce qui évite un classicisme pompeux parfois relatifs aux "films en costumes" ou "d'époque" à l'instar d'un Michael Mann sur le récent et sous-estimé Public Ennemies. L'image bouge mais ne ressemble jamais à une publicité de luxe branchouille. Ici pas d'esbroufe visuelle mais plutôt un rythme lent, une recherche d'ambiance, d'immersion. Tout est somptueux, des décors aux costumes en passant par la lumière. Lumière qui sera la plupart du temps naturelle et non pas artificielle. Ce qui va donner au film une tonalité particulière qui servira systématiquement le propos.
C'est un film d'une précision très technique mais cette dernière ne nous étouffera jamais. Elle sert à la fois l'illusion et la réalité.


Du côté des personnages secondaires, nous avons affaire à un casting cinq étoiles. David Bowie (The Man Who Fell To Earth, Les Prédateurs, Labyrinthe) joue le rôle de Tesla, et à priori il n'était pas chaud pour faire le film. Il a fallu que Christopher Nolan avance des arguments en béton armé pour qu'il accepte de participer à ce long-métrage. Heureusement pour nous, il a dit oui. Quelle classe, mais surtout quel immense bonheur de le retrouver à l'écran.

On aperçoit également l'excellent Andy Serkis (Le Seigneur des Anneaux, King Kong) dans le rôle de son assistant.

Scarlett Johansson (The Island, Le Dahlia Noir, Iron Man 2) est très bien (mais quelque peu transparente) mais la femme de Bale, Sarah interprétée par Rebecca Hall (Vicky Cristina Barcelona, Frost/Nixon) est prodigieuse de fragilité. Que dire de Michael Caine (les Batman de Nolan, Pulsions, The Italian Job, Hannah et Ses Soeurs) TOUJOURS parfait et il se bonifie avec le temps je trouve . Après Les Fils de l'Homme de Cuaron, il nous livre, encore une fois, une interprétation sans faille et sans cabotinage dans le rôle de l'ingénieur qui met au point les illusions pour Angier.

Christian Bale est décidément un grand acteur. Après son premier film, L'Empire du Soleil de Spielberg et jusqu'à son interprétation dans  The Dark Knight, il confirme qu'il est un des acteurs sur lequel il va falloir compter pendant un bon bout de temps. Hugh Jackman n'est pas en reste. Il nous épate de film en film, révélant une profondeur qu'on ne voyait pas nécessairement à ses débuts. Depuis il y a eu le sublime The Fountain de Darren Aronofski qui confirme le talent du bonhomme. On espère que ses futurs projets seront plus satisfaisants que le récent et très décevant Wolverine.


The Prestige fait partie de ces films qui m'ont franchement mis une grosse soufflante. Un de ces longs-métrages qui hypnotisent par leur virtuosité.

J'ai été tellement scotché lors de la première vision que j'ai failli le revoir une seconde fois dans la foulée, tant je suis resté marqué par le déroulement du dernier acte. Je n'en ai revu que le début mais dès le lendemain je le revoyais en entier encore une fois. J'irai même jusqu'à affirmer que le film est encore plus jouissif à la deuxième vision. Le Prestige est un film que j'ai eu du mal à quitter et qui risque de devenir un de mes films de chevet. Pour moi, c'est un film rare, un authentique chef-d'oeuvre.

En tout cas Nolan prouve encore une fois qu'il est un grand metteur en scène et pour le moment il n'a commis aucune faute de goût. Je salive d'avance sur Inception avec Leonardo Di Caprio, basé sur un scénario dont il est l'auteur et qu'il est en train de nous préparer car j'ai hâte de voir la vision de Nolan sur un film de Science-Fiction. Attendre jusqu'au 4 août 2010 risque d'être intenable. Je serai bien entendu au rendez-vous. Pas vous ?

Warner nous livre ici un transfert à l'encodage en VC-1 qui ne déçoit pas. L'édition US édité par Touchstone est quant à elle encodée en MPEG-4 AVC. Je n'ai malheureusement pas pu la voir et je ne peux donc faire de comparaison. Quoiqu'il en soit, on s'apercevra rapidement que le transfert de Warner met en évidence l'incroyable photographie de Wally Pfister nommé à l'Oscar.

Les noirs sont d'une profondeur abyssale et les détails sont absolument renversants.
Le seul petit problème ici, c'est qu'on a parfois l'impression de voir quelques scènes floues et que les couleurs semblent un peu pâles. Son homologue US, chroniqué par certains grands sites (Blu-Ray.Com ou High Def Digest), font état d'une copie parfaite. Dommage pour nous.

Il n'empêche que le Blu-Ray est probablement la meilleur façon pour vous de découvrir ce film. Précipitez-vous sur cette galette bleue.


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Dans sa politique éditoriale parfois étrange, Warner va doter cette édition de pistes Anglaise et Française en Dolby Digital Plus uniquement. Encore une fois, l'édition Américaine possède une piste Lossless LPCM 5.1 (48kHz, 24-bit) qui paraît-il est du plus bel effet. Dommage pour nous, on se sent lésés pour la seconde fois.

Peu de différences entre la V.O. et la V.F.. Les deux possèdent des dialogues clairs et plutôt bien intégrés à l'environnement sonore du film. Toutefois on aurait préféré ce dernier plus enveloppant lors des scènes de spectacle.

On aurait tout de même apprécié un peu plus d'effort de la part de ce grand éditeur HD qu'est Warner.

Ma préférence ira une fois de plus pour la version originale et les accents Anglais absolument délicieux des personnages du film qui apportent une crédibilité supplémentaire à ce long-métrage. Le doublage est passable au mieux.

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Pas grand chose à se mettre sous la dent ici. Il semblerait toutefois que les suppléments de la galette Warner soient les mêmes que ceux de la galette Touchstone.

On aurait fortement apprécié un commentaire audio de Christopher Nolan.

Tous les bonus sont présenté en VC-1, Haute Définition.

[list]
[*]Le Carnet du Scénariste : Le Tour de Main du Scénariste (documentaire divisé en plusieurs parties que l'on peut regarder en continu ou par épisode).

- Le Carnet du Scénariste (3mins47)

- La Magie du passé (5mins10)

- Le Labyrinthe Visuel (3mins28)

- Métaphores de Tromperies (3mins26)

- Tesla, l'Homme qui a Inventé le 20ème Siècle (2mins36)

- Résonances (1min04)

[*]Galeries d'images :

- Film

- Costumes et Plateau

- Affiche

[*]Bande Annonce du film (1min40) en HD
[list]

http://img685.imageshack.us/img685/5324/prestige06.jpg
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Commentaires

12/01/2010 10:22
Quel film  

Je me suis fait totalement happé par l'ambiance et la mise en scène de Nolan.

12/01/2010 10:26
Nolan fait quand même un sans faute depuis le début de sa carrière, c'est en indécent  
Un film superbe, magique, ça tombe bien ! De grands acteurs, de grandes interprétations, vraiment, très impressioné par ce film !

12/01/2010 10:26
C'est simple, j'ai exactement la même vision que toi de ce film.
J'adore ton test qui retranscrit son ambiance et son intensité .
Chapeau ! et quel film !

12/01/2010 10:28
Plus je regarde ce film et plus j'ai l'impression d'être embobiné, ou d'avoir oublier quelque chose. Comme-ci il me manquait encore un explication pour réellement maitriser la narration du film. Un long-métrage bien mystérieux. Très bon test au passage :)

Inception + 10

12/01/2010 10:32
Très bon test et belle construction en 3 parties (correspondant au film)  
Le film est très bon, j'ai juste été un peu déçu de la fin car je trouve qu'on devine trop facilement la fin. C'est un excellent film, d'une grande maîtrise technique par Nolan. Chapeau...  

12/01/2010 10:55
J'avais adoré ce film (que j'ai en HDDVD) contrairement à son concurrent de l'époque "L'illusionniste" franchement bidon, pas crédible pour un sou, et dont on devine le final dès le milieu du film. L'achat de ce Blu-ray est-il utile quand on possède déjà le HDDVD?

12/01/2010 11:04
Merci à tous pour vos très gentils commentaires  

Neocaliméro > non si tu as déjà le HD DVD, le Blu Ray ne te sera d'aucune utilité puisqu'il en est la réplique exacte. Si on avait la chance d'avoir l'équivalent de l'édition US en BR, là je dis pas ^^.
Ah bon tu n'avais pas aimé l'Illusionniste ? Pourtant j'avais trouvé ça pas mal du tout. Je trouve qu'il a eu la malchance d'être sorti pratiquement en même temps. Mais bon on est loin de la réussite du film de Nolan, ça je te l'accorde volontiers :)

12/01/2010 11:37
Super film... et le test aussi. ;)

12/01/2010 12:24
Ah mais le film de fou furieux baignant dans une ambiance superbement romantique visuellement.
J'ai beau l'avoir vu 3 fois, je ne suis jamais déçu ni ne trouve ça lourd, un vrai tour de force quand on sait ce qu'il s'y passe mais preuve qu'il n'y a pas QUE ça dans le film.

Le couple Bale/Jackman est juste à tomber.

Neocalimero > Le HD DVD est terrible, bien content de savoir que tu les as encore ;)

13/01/2010 10:02
Super test pour un super film, merci Aimé.
Je suis vraiment fan de ce que fait Nolan, clairement un des meilleurs réal. du moment.

17/01/2010 16:09
Film en effet sublime voire subliminal ! à voir et revoir indéfiniment... Michael Caine était aussi énorme dans Le Limier de Kenneth Branagh face à Jude Law...

18/01/2010 10:35
J'en avait jamais entendu parler (honte à moi!) avant de voir le test ici, j'l'ai donc commandé et vu vu hier soir... quel film! Comment j'ai pu passer a coté...

18/01/2010 23:05
Oui Michael Caine est très bon dans le Limier mais il avait déjà joué dans la version de Joseph L. Mankiewicz. Certes, il n'avait pas le même rôle (il avait celui de Jude Law) mais il connaissait déjà bien le sujet. 

19/01/2010 09:15
Oui j'en avais entendu parlé, je trouvais ça d'ailleurs intéressant comme principe de faire incarner les deux personnages par le même acteurs à plusieurs années d'intervalles... En soi le film m'a profondément déroutée, je ne peux pas dire que j'ai aimé et je ne peux pas non plus dire que ça ne m'a pas plus... extrêmement troublant... en revanche n'ayant pas vu la première version, je n'ai pas d'éléments de comparaison, mais j'ai beaucoup aimé les cadrages de Kenneth Branagh... On sent d'ailleurs il me semble qu'il vient du théâtre...

19/01/2010 09:44
Grave qu'il vient du théâtre. Suffit de voir des films comme Frankenstein pour s'en apercevoir d'ailleurs. ^^  J'ai la ère version du Limier mais il y a très longtemps.

19/01/2010 13:34
Il a l'air d'être bien ton test, mais comme je l'ai pas (encore) vu, je préfère suivre ton conseil, et ne pas me ruiner le film!

22/01/2010 13:25
Je me rappelle, à l'époque ou il est sorti au ciné, j'avais été le voir sans savoir de quoi ça parlait, eh bah, quel claque !!!
Nolan est définitivement un des meilleurs réalisateur du moment !

Moi aussi, Inception je l'attend, c'est d'ailleurs ma plus grosse attente de l'année !