Le 13ème Guerrier - Le test blu-ray
Publié le 2011-11-17 15:38:03 par Jérôme M.
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Nul n’est prophète en son pays !
Si l’on peut parfois déplorer qu’il faille se tourner du cote de l’éditeur américain Criterion pour se procurer des éditions blu-ray de classiques français que nous ne sommes pas prés de voir sortir dans l’hexagone, le phénomène inverse existe également. Nombreux sont les réalisateurs américains étant perçus comme de simples faiseurs chez eux, alors que l’Europe les considère comme des auteurs à part entière. Les réalisateurs en question officient souvent dans le film de genre, la critique et le public américains persistant malheureusement à considérer leurs œuvres comme de simples divertissements.
Joe Dante (Gremlins, Matinee, The Burbs,…) , John Carpenter (The Thing, Escape from New-York, In the Mouth of Madness) ou encore Brian Depalma (Blow Out, Dressed to Kill, Body Double) auront connu bien des contrariétés dans leur carrière en raison de ces préjugés, alors que le vieux continent, la France en tète, a toujours reconnu leurs qualités artistiques.
On se souviendra aussi que James Cameron n’était pas tenu en très haute estime de l’autre cote de l’Atlantique à l’époque de The Terminator ou Aliens, mais il parviendra à s’extirper du carcan critique dans lequel il se trouvait avec son oscarisable (et multi-oscarisé) Titanic.
Sam Raimi s’en est sorti lui aussi, passant par la case blockbuster avec sa trilogie Spider-man.
Bref, pour se faire un nom à Hollywood, le style et le génie ne suffisent pas, il faut aussi et surtout rapporter de l’argent. Sur la cote Ouest, rien de nouveau donc…
John McTiernan, appartient à la première catégorie d’artistes ignorés par ses concitoyens meme si les recettes de ses films en ont longtemps fait un réalisateur ‘bankable’ pour les majors. Malheureusement pour lui, même sur ses plus grand succès, la star du générique l’a toujours prive de la reconnaissance de son travail. Ceci explique surement le fait qu’aux USA, il est parfois mis dans le même sac que Renny Harlin, voire Roland Emmerich, à savoir : des types capables de mener à un bien un projet lourd d’un point de vue logistique. Des « yes man » compétents.
« McT », comme le nomment ses fans, a réalisé son premier film en 1986. Sa carrière fut interrompue prématurément en 2005, suite à des démêlés avec la justice américaine pour une affaire d’écoutes téléphoniques (les victimes/coupables n’étaient pas des hommes du gouvernement, simplement des agents artistiques).
En 19 ans de carrière, il a réalisé 11 films :
- 1986 - Nomads, avec Pierce Brosnan et sur un scenario de McT lui-même
- 1987 - Predator, avec Arnold Schwarzenegger
- 1988 - Die Hard, avec Bruce Willis
- 1990 - The Hunt for Red October, avec Sean Connery
- 1992 – Medicine Man, encore avec Sean Connery
- 1993 – Last Action Hero, avec Arnold Schwarzenegger
- 1995 – Die Hard with a Vengeance, avec Bruce Willis
- 1999 – The 13th Warrior, avec Antonio Banderas
- 1999 – The Thomas Crown Affair, avec Pierce Brosnan
- 2002 – Roller ball, avec Chris Klein (*)
- 2003 – Basic, avec John Travolta et Samuel Jackson
Comme on peut le voir, les grands noms associes a sa filmographie ont probablement contribue à le priver de la reconnaissance qu’il méritait, les gens se référant plus volontiers a Predator ou Last Action Herocomme des “films avec Schwarzy”, quand ce n’est pas carrément des “fils de Schwarzy”! Idem pour les deux « films de Bruce Willis » et « films de Sean Connery » qu’il a signés…
A priori, les sujets abordes par ces onze films sont on ne peut plus disparates : un remake extra-terrestre des chasse du comte Zarroff (Predator), un film d’action produit par Joel Silver (Die Hard), un petit détour par l’écologie (Medecine Man) ou encore un film de vikings (The 13th Warrior), qui sort en Blu-ray en France ce mois-ci.
Nous verrons pourtant que l’œuvre de McTiernan ne développe pas tant une thématique « transversale » qui s’enrichirait en abordant des sujets complémentaires ou similaires, qu’une thematique « verticale », autrement dit, l’application systématique (obsessions ?) de certaines figures de style et de constantes dans les thèmes abordés, film après film, qu’elle que soit la nature de l’histoire racontée.
101 minutes pour vivre
Au lendemain du succès de Die Hard 3 qu’il réalise pour le compte de Disney (distributeur du film en Europe) et Fox (distributeur pour les USA), on peut dire McT a encore le vent en poupe a Hollywood et ce, malgré les contre-performances précédentes de Medecine Man et Last Action Hero. Il ne sera pas pour autant épargné lors du tournage de ce 13ème Guerrier.
Disney, surfant alors sur la vague du divertissement ‘adulte’ qui leur a tant réussi avec leurs branches Hollywood Pictures (The Rock 1995) ou Touchstone (Con Air) décident de produire l’adaptation d’un roman de Michael Crichton, intitulé Le Royaume de Rothgar – Les Mangeurs de Mort et publié en 1976.
A cette époque, Crichton est un producteur tout-puissant a Hollywood : la série Urgences est à l’apogée de sa popularité, Jurassic Park tiré de son roman éponyme est encore dans toutes les mémoires pour les sommes colossales qu’il a récoltées, et son seul nom suffit à monter des projets aussi peu excitants que Disclosure (Harcelement) ou Congo (encore que pour ce dernier, il y avait à la base un vrai bon film d’aventures à faire !)
Crichton, auteur du roman et producteur du film, est clairement en position de force pour exercer son « final cut » sur l’adaptation de son roman, et il ne s’en privera pas.
Le livret inclus dans l’édition blu-ray du 13ème Guerrier, ainsi que les bonus, reviennent de manière précise sur les changements, coupes et ajustements imposés par Crichton, pas plus qu’ils ne cachent les divergences d’opinion entre le romancier et le metteur en scène. Les « révélations » ainsi faites ne manquent pas d’intérêt et éclairent sous un autre angle un film dont la majeure partie des « erreurs » se voient enfin expliquées, à défaut d’être justifiées.
Car des problèmes, le film en recèle quelques uns. D’ailleurs, personne n’a jamais cherché à le nier. Mais depuis sa sortie en 1999, de nombreuses rumeurs sur Internet ont fait état d’une version longue de près de 2h30, soit 45 minutes de plus que la version sortie en salles, avec notamment l’équivalent d’une bonne bobine de scènes coupées se déroulant a Bagdad au début du film. A tous les fans du film (dont votre serviteur), le documentaire présent sur le disque apporte enfin une réponse a toutes vos questions…réponse que je ne dévoilerai pas ici pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découvrir par vous-même !
Le 13ème Guerrier est devenu en quelque sorte un film-culte, dans la mesure ou la passion que lui vouent une minorité de cinéphiles détonnent avec le désintérêt quasi-total qu’il suscite chez les autres. Comment expliquer autrement le caractère évènementiel de la présente édition blu-ray, alors que le film n’est paru qu’une fois en DVD et ne passe que rarement a la télévision ?
Ce qui est intéressant, c’est que même ses partisans ne se basent pas sur le film lui-même pour justifier leurs dithyrambes. La fascination pour le film tient en fait au caractère maudit de l’œuvre, aux mythes et légendes entourant sa production tortueuse. Pour des raisons à jamais mystérieuses, de nombreux cinéphiles, peut-être en raison de leur admiration pour McT, ont fantasmé un film épique définitif, en extrapolant justement sur des « trous » apparents de l’intrigue ou du développement des personnages dans la version sortie au cinéma.
Non que le film soit mauvais en l’état, bien au contraire, disons simplement que l’imagination collective a fantasmé un chef d’œuvre absolu qui, des mots même de son réalisateur, n’a jamais existé.
Le film n’est donc finalement pas plus maudit qu’un autre : un projet de cet acabit ne rencontrant pas d’ embûches est une utopie !
Il faudra donc se « contenter » de la version de 101 minutes que nous avons toujours connue.
Changer le film sans y toucher
Toutefois, après avoir vu les suppléments concoctés par Metropolitan, le film en ressort changé, ce qui d’un peu de vue commerciale est une bonne affaire : alors que le film n’a pas été retouché, la perception que nous avons s’en voit transfigurée !
Comme indiqué plus haut, les supposés problèmes narratifs ou scénaristiques étant tous abordés sans détour, on arrive d’autant mieux a en faire abstraction en revoyant le film, puisque l’on comprend désormais ce qui est du fait du réalisateur ou pas. Finalement, le pire n’est pas d’apprendre que tel ou tel scène a été ajoutée ou supprimée. Non, le plus rageant est d’entendre les raisons qui ont motivé certains changements, parfois plusieurs mois après la fin du tournage principal. Mais encore une fois, il faut garder à l’esprit que TOUS les films produits à Hollywood subissent des modifications, demandées le plus souvent par des producteurs exécutifs ne raisonnant pas à en termes artistiques, mais en fonction d’études de marché et des résultats des fameuses « sneak previews » à des spectateurs tout ce qu’il y a de plus moyen.
A défaut de pouvoir refaire le film, intéressons-nous à sa mise en scène qui malgré certains regrets légitimes, n’a rien à envier aux meilleurs films de certains metteurs en scène moins talentueux que McTiernan !
Un héros venu d’ailleurs
Une mise en scène implique un point de vue. Celui de l’auteur d’abord, qui va «manipuler » le spectateur 24 fois par seconde durant près de deux heures. Pour faciliter l’adhésion de ce dernier, le cinéma choisit souvent de présenter un personnage auquel nous pourrons nous identifier. Cela implique donc que ce personnage doit dégager un minimum de sympathie au sens premier du terme. C’est pourquoi les grandes productions made in USA ont développé depuis longtemps le concept de « the girl next door » ou encore du « all american hero », ces personnages qui statistiquement, plaisent à la plupart des gens dans la plupart des cas. Prenez par exemple l’ensemble des personnages incarnés au cinéma par ou Tom Hanks Bruce Willis au cours de ces 30 dernières années et vous aurez une bonne idée de ce dont nous parlons !
Premier « risque » pris par McTiernan : conserver le personnage de Ibn, un musulman, comme principal point d’encrage du film, rôle qui revient bien évidemment à la tête d’affiche du film, Antonio Banderas.
Imposer un musulman comme personnage référent dans un film de ce calibre allait déjà à l’encontre des canons hollywoodiens, même si les attentats du 11 Septembre 2001 n’avaient pas encore eu lieu.
Mais ce choix participe du discours universel et humaniste qui sera inscrit en filigrane dans l’histoire.
Dans le contexte historique du film, le monde arabe s’avère être le plus avancé, sur le plan de l’infrastructure (comparer le palais de Bagdad aperçu dans la scène d’ouverture et le village Viking) mais aussi et surtout de la culture. Ibn est en effet un homme de lettre, sachant écrire et parler plusieurs langues.
La religion musulmane se trouve également être de type monothéiste, ce qui contraste également avec le grand nombre de divinités adorées par les Vikings.
En tant qu’écrivain, Ibn a, par définition, la possibilité de consigner les évènements dont il est le témoin. Il est d’ailleurs un ambassadeur pour son pays. Mieux encore, McTiernan va lui conférer une dimension encore plus moderne en en faisant une sorte de journaliste de terrain, s’immergeant dans une culture étrangère afin de mieux en comprendre le fonctionnement sur un plan social et culturel. Ses observations l’amèneront in fine à réaliser que malgré le fossé qui le sépare en apparence de ses compagnons Vikings, ceux-ci sont avant tout des hommes, aux valeurs pas si éloignées que cela des siennes.
En tant que « journaliste », Ibn va adopter un rôle d’observateur, son but étant par la suite d’en laisser une trace écrite.
Afin d’établir la fonction du personnage, McT démarre le film avec Ibn racontant en voix-off les évènements qui l’ont amené loi de son pays, en pays tartare et plus loin encore vers l’Ouest ensuite.
Cette voix-off s’ «éteindra » rapidement, puisque le reste du film est narré au présent, le spectateur étant métaphoriquement plongé dans le récit de Ibn, comme si nous avions vécu l’aventure à ses côtés et non en tant que simple auditeurs de son récit.
Ibn est donc le personnage référent, par les yeux duquel l’histoire est vécue.
Un film dont vous êtes le héros
Afin de renforcer l’identification du spectateur avec lui, McTiernan va utiliser une petite astuce de mise en scène, simple, discrète, et donc efficace.
Sous la tente, alors que les vikings discutent dans leur langue que Ibn ne comprend, c’est le personnage incarné par Omar Sharif qui assure la traduction, le recours à des sous-titres étant bien sur pro McT force déjà le rapprochement du spectateur et de son héros.
Ensuite, afin de parfaire l’identification, dans les plans durant lesquels Omar Sharif assure la traduction des conversations, celui-ci va s’adresser à Ibn/le spectateur en regardant droit dans la caméra. Pas de champs/contre-champs avec l’épaule de l’interlocuteur en amorce - juste Omar Sharif, cadré depuis le point de vue subjectif d’Antonio Banderas.
La suite de la scène, voyant les vikings partager un crachoir pour se nettoyer la frimousse, provoque un sentiment de répulsion, partagé de part et d’autre de l’écran, scellant la symbiose entre le point de vue de Ibn et le nôtre. Il sera désormais notre témoin privilégié, notre ambassadeur pour l’aventure à venir.
Voilà qui explique pourquoi la scène confrontant Buliwyf à la mère des Wendols est malvenue en ce sens qu’elle brise la règle du point de vue unique établie dès le départ.
Ce point de vue unique conditionne d’ailleurs tout le style de la mise en scène, au-delà des exemples suscités. Depuis son précédent fim Die Hard 3, McTiernan a choisi de déraciner sa caméra et d’utiliser une caméra portée à l’épaule dès que le plan le justifie, afin de procurer un sentiment d’immédiateté et de réalisme accru à l’action. Ici, cette caméra portée permettra de contribuer au style « journalistique » voulu par le réalisateur. L’effet est des plus réussis, les mouvements d’appareil ne s’attardant pas de manière artificielle sur des décors pourtant imposants, préférant jouer la carte du naturalisme, ne cadrant ainsi que ce qui est nécessaire pour l’histoire. La somme de détails et d’informations laissée hors- champs est peut-être importante, mais tout ce qui contribue de l’extra-diégétique permet paradoxalement et tout simplement de crédibiliser tout ce qui apparait à l’écran. La caméra est l’œil de Ibn et tant que telle, elle doit retranscrire le ressenti de ce dernier. Une belle illustration de ce concept est la scène du duel à l’épée entre les deux ouvriers. La caméra accompagne chaque coup d’épee, amplifiant par là même la puissance des impacts. Cette accentuation subjective des coups est en partie liée à la nature peu combattive d’Ibn, pas vraiment habitué à ce genre de spectacle. La caméra nous permet de percevoir la violence des coups du point de vue de celui-ci.
Néanmoins, la caméra a beau être très mobile, elle ne fait pas n’importe quoi. Règle de base : elle doit rester à un niveau humain. Pas de plans aériens, pas de plan filmé depuis un point non-accessible par un homme. Les plans d’ensemble, les panoramas sont tous justifiés par la présence de Ibn ou d’un autre témoin de la scène à condition que Ibn soit également présent. Jamais nous ne le quittons d’une semelle au cours des 101 minutes de métrage.
A l’heure ou la 3D tente de légitimiser son apport en prétendant immerger le spectateur DANS l’histoire, revoir le film de McTiernan nous rappelle que l’immersion du spectateur passe avant tout par la mise en scène et pas forcément par le relief.
Deux héros pour le prix d’un
De manière générale, un film suit le parcours d’un personnage. Ici, puisque McTiernan a décidé de nous placer au même niveau de connaissance et de compréhensin de l’intrigue que Ibn, il va procéder à une mise en abîme nous amenant à suivre un second personnage principal : Buliwyg, le chef du clan Viking. Celui-ci va se lier d’amitié avec Ibn/nous, en témoignant de son intérêt pour l’écriture qu’il maitrise.
Cette mise en perspective des deux hommes est en fait le cœur du discours du 13ème Guerrier. En effet, les vikings et Buliwyf apparaissent tout d’abord comme des brutes incultes et répugnantes aux yeux de Ibn, lui qui portent des vêtements d’étoffes précieuses et aux fines broderies. Il découvrira pourtant avec les Wendols, qu’il existe encore plus primitif que ses compagnons d’aventures,
Les wendols sont des hommes préhistoriques, littéralement. Ils semblent ne jamais avoir évolué. Le communauté n’agit et ne réagit que comme une seule entité et non une somme d’individus autonomes. Le caractère monocéphale de la tribu est d’ailleurs suggéré par les habitants du village Viking qui se réfère à un serpent de feu lorsqu’ils évoquent la caravane de cavaliers wendols arpentant les collines en brandissant leurs torches. De même que lors des différentes attaques, les guerriers sont soit totalement indifférenciables les uns des autres, soit ils sont présentés comme d’un seul bloc (les trois cavaliers avançant de front et filmés de face lors de l’attaque de nuit).
Lors de l’exploration des grottes abritant les wendols, nous pouvons récolter quelques informations importantes sur leur mode de fonctionnement : ils ne communiquent pas par la parole. Ce qui renforce l’unité du groupe puisque la communication parlée implique bien évidemment une distinction entre les indivicus. Ensuite, la cérémonie qu’interrompent les vikings à la fin évoque des rites datant assurément d’une ère précédent l’apparition des premières croyances religieuses. La présence d’une Mère Wendol n’est d’ailleurs pas anodine puisque la femme est bien sûr symbole de la Terre, de la fertilité et donc, de la vie, dans les cultures primitives, là ou de nombreux modèles sociaux et religieux plus qui perdurent encore aujourd’hui ont imposé des divinités masculines.
On pourra également se demander si cette mère Wendol n’est pas, à l’instar de la reine des abeilles dans une ruche, la principale génitrice du groupe.
On notera aussi lors de la première attaque, de ne pas laisser derrière eux les cadavres des guerriers tués. De plus, tel que le mentionnent le titre du roman de Crichton et titre provisoire du film, ce sont des « mangeurs de morts ». Plusieurs scènes nous rappellent cette caractéristique, également issue de rites antédiluviens, se nourrir de la chair du défunt revenant à s’approprier ses forces.
Le film ne nous en apprendra guère davantage à propos des wendols, préférant conserver le mystère qui leur confère une aura mystique.
Ils ne sont pas pour autant présentés comme des êtres inférieurs, mais simplement comme un peuple à un stade d’évolution différent de celui des vikins et de Ibn. McTiernan suggère là une réflexion sur le décalage qui peut exister entre différentes nationalités et cultures, qui ne doit pas être considéré sur une échelle de valeur saisissant un instant T, mais en considérant que chaque société, chaque culture évolue à son rythme. Que le décalage et les différends qui nous opposent parfois, ne sont que des problèmes de surface. Ibn et Buliwyf incarnent la réconciliation de deux cultures passent par l’apprentissage et le partage des connaissances. Les wendols représentent les origines communes des deux hommes, mais à un degré zéro de l’évolution. Ces êtres que les villageois qualifient de démons ne sont finalement que le souvenir refoulé de nous-mêmes. Et lorsque les 13 guerriers comprennent qu’ils ont affaire à de simples hommes couvert de peau d’ours, leur peur s’évapore, le mythe obscurantiste qu’ils avaient eux-mêmes crée perdant alors de sa puissance.
La (ré)conciliation des peuples
Le propos de McTiernan ne vise pas à classer les cultures de la plus évoluée à la plus sauvage. Au contraire ! En adoptant le point de vue de « grand reporter » de Ibn, il expose objectivement les faits avérés dont son héros est témoin.
A aucun moment un jugement de valeur n’est donc proféré, Ibn ayant simplement du mal au début à s’accommoder de l’hygiène et des manières rustres des vikings, alors que ces derniers le taquinent en retour sur le petit gabarit de sa monture et ses maladresses au combat.
Malgré la disparation (définitive ?) des wendols et le respect mutuel instauré entre les vikings et le musulman, le film ne sombre pas pour pour autant dans le révisionnisme ou l’utopie en montrant Ibn rester pour vivre aves ses nouveaux amis. Il retourne dans son pays, pour raconter et partager ce qu’il a vécu avec le siens.
Comme nous venons de le voir, le 13ème Guerrier est un film riche, mais sans que le sous-texte et les thèmes développés ne parasitent jamais le bon déroulement du scénario pour qui choisirait de le suivre au premier degré.
C’est la meme chanson...
McTiernan est considéré en France par une partie de la critique comme un auteur. Cette notion étant vaste et un peu fourre-tout, je vous propose de tracer les grandes lignes des thèmes chères à ce réalisateur et de passer en revue la manière dont ils sont intégrés dans la quasi-totalité de sa filmographie.
Comme évoqué plus haut, les thèmes développés par McT ne constituent pas un discours articulé et argumenté. Il s’agit plutôt d’obsessions, de tics, de motifs récurrents qui vont lier tous ses opus entre eux, de manière assez subtile, car non pas sur un plan scénaristique mais plutôt formel, à la manière d’Hitchcock.
Dans le 13ème Guerrier, nous avons vu que le contexte, le décor jouait un rôle déterminant. Que ce soit Bagdad, le village Viking ou la grotte des Wendols, chaque environnement visité apporte un grand nombre d’information sur l’histoire. McT a également un don définir la géographie des lieux et toujours clairement situer ses personnages dans le décor. Il possède une parfaite maîtrise de l’espace, contribuant là encore à renseigner le spectateur. La scène ou les vikings investissent la ferme abandonnée dans la forêt, à la manière d’une Swat team de l’armée américaine est un bel exemple d’efficacité. Alors que l’on voit l’ « équipe » se placer, un plan d’ensemble (depuis le point de vue surélevé où se trouvent l’archer et Ibn) montre tout d’abord deux vikings courant vers la maison sur la gauche, puis la caméra se tourne à droite, nous révélant un autre groupe arrivant par la droite. Ce plan anodin et à première vue improvisé (il ne l’est pas – comprenez bien qu’une synchronisation parfaite est requise entre les acteurs et le caméraman afin que chaque pas de la « chorégraphie » soit respecté) est pourtant une des clés de la bonne lisibilité de la scène : non seulement le changement de « cible » de la caméra permet de donner l’échelle du décor, et d’en situer les différents éléments, mais il permet aussi de nous montrer les différents groupes de vikings et de les situer géographiquement ET temporellement, puisque le fait de voir leur déplacement en quasi-simultané (le temps que le caméraman tourne son appareil) rend la scène plus crédible, comme si les choses arrivait là en temps réel, alors qu’une coupe de montage aurait isolé chaque groupe et morcelé le déroulement de l’action, annihilant le côté « direct-live » du moment.
Autre thème que nous avons relevé: l’antagonisme culturel. Dans le 13ème Guerrier, les différences finissent par s’estomper au profit d’un profond respect. Aucun des personnages n’a pour autant changer son mode de vie, mais ils reconnaissent l’apport de leur rencontre sur leur compréhension du monde.
Une extension de cet antagonisme est l’opposition qui peut exister entre l’instinct et l’ordre social ou moral. Les wendols ne sont qu’instincts alors que les vikings et Ibn répondent à des principes moraux et religieux bien plus sophistiqués. McTiernan ne radicalise pourtant pas son point de vue en opposant instinct et ordre, puisque c’est grâce à Buliwyf, lui-même autrefois considéré par Ibn comme un sauvage, que les wendols seront vaincus : lorsque le confort ou la sécurité de la communauté sont menacés, on a toujours besoin d’un homme, un vrai ! (NDR : Laissons les dames qui reprochent à leur chéri de ne pas rabaisser la lunette des toilettes méditer là-dessus…en cas de conflit, ce sont peut-être ces hommes-là qui nous sauveront la mise !!)
Voyons à présent de quelle manière ces thèmes ressurgissent, de manière consciente ou pas d’ailleurs, dans l’ensemble de la filmographie de McTiernan.
L’homme, le milieu et les Autres
La géographie et l’environnement dans le 13ème Guerrier jouent un rôle primordial dans l’histoire. Le héros est en exil, les spécificités de son pays d’origine contrastant avec les contrées hostiles qu’il va traverser. En cela, l’environnement des protagonistes est déterminant pour l’histoire, puisque les origines culturelles sont à la base de l’opposition initiale entre Ibn et Buliwyf. L’environnement d’un personnage nous renseigne beaucoup sur sa personnalité. McTiernan prend donc toujours soin d’inclure dans ses films des repères culturels ou géographiques forts, qui permettent des raccourcis visuels efficaces. McTiernan étant avant tout attache à l’image et au mouvement, il évite ainsi les palabres inutiles.
D’une certaine manière, on peut dire que le lieu de l’action joue un rôle déterminant dans l’action de tous ses films.
Dans Die Hard, John McLane est un flic New-Yorkais venu se perdre à Los Angeles. Le contraste cote Est-cote Ouest est évident. On voit d’ailleurs que les californiens considèrent McLane comme un ours mal léché, un rustre. LA incarne le futur, et New York le passe.
Le héros affrontera les méchants les pieds nus, le renvoyant a sa nature plus primitive, son instinct quasi-animale pour la chasse et la survie, étant la seule chance de survie pour les otages d’abord réfractaires aux allures du personnage. On retrouve bien sur la encore une mise en abime de différents degrés de sophistication sociale. Hans Gruber, le chef des terroristes est un homme intelligent, d’une grande classe (il parle même de costume dans l’ascenseur avec Tadashi), mais dénué de sentiment. McLane est un rustre, mais il est du cote de la justice. Au milieu, il reste les gens « normaux », les otages, qui verront McLane d’un autre œil une fois que celui-ci leur aura sauve la vie (NDR : souvenez-vous de ce que je disais à propos de la lunette des toilettes !!!)
L’action se déroule dans le Nakatomi Building, que l’on ne quitte pas deux heures durant ; on en explore tous les recoins, du sous-sol au toit en passant par les conduits d’aération. Le décor est à tel point important que le building apparaît aux cotes de Bruce Willis sur l’affiche du film. Une vraie star !
Les interactions avec l’environnement sont toujours nombreuses, McT cherchant toujours à physiquement intégrer le personnage (et par ce biais, le spectateur) dans paysage du film. Afin de le rendre plus crédible et réaliste, des éléments divers et variés du décor sont mis à contribution, parfois d’ailleurs contre le héros comme les vitres brisees blessant les pieds de Willis. La lance à incendie, elle, s’avérera une aide précieuse pour redescendre du toit de l’immeuble !
Le héros chez McTiernan doit s’adapter, par choix ou par contrainte, à l’environnement étranger dans lequel il est plonge. Il doit l’apprivoiser.
Dans Medecine Man, Sean Connery a fait le choix de venir vivre dans la foret amazonienne. Ses origines citadines l’obligent néanmoins à revoir complètement son mode de vie et ses priorités, notamment au niveau du confort… L’osmose entre le héros et la foret est cristallisée lors des scènes de voltige dans les arbres, l’homme retrouvant alors ses vieux reflexes simiesques et s’élevant aussi bien physiquement que spirituellement pour observer la foret depuis ses cimes.
Quand bien même il s’agit de son premier film, Nomads place déjà l’environnement comme un point essentiel des enjeux de l’histoire : Pierce Brosnan incarne un sociologue/anthropologue étudiant les rites urbains, s’intéressant tout particulièrement aux communautés qui vivent au sein de notre société. La ville du film est donc littéralement abordée comme un lieu d’étude, un biotope que le héros tente de comprendre. 
Predator expédie un groupe de mercenaires menés par Schwarzenegger dans la jungle sud-américaine. Contrairement à Medecine Man, ils n’ont pas choisi cette destination. Le paysage se montrera évidemment hostile a bien des égards et les mercenaires, pourtant pas un modèle de finesse, rencontreront plus sauvages qu’eux en affrontant tout d’abord la guérilla locale, mais un degré encore plus extrême de sauvagerie et de primitivité sera atteint avec la rencontre du Predator. Cette mise en abime de différents degrés de cultures sera reprise dans le 13ème Guerrier comme nous l’avons déjà vu.
La jungle joue bien entendu un rôle important, la boue n’offrant qu’un camouflage salvateur au héros !
Red October met en scène le commandant de sous-marin russe voulant passer à l’Ouest. Faut-il en dire plus pour comprendre que l’opposition culturelle est alors radicale ?
La encore, le héros choisit de s’extirper de son milieu pour tenter de fuir et s’adapter dans un autre.
Autre illustration du changement de décor dans Last Action Hero ou un personnage fictif de film d’action, habitue aux cliches du genre, se voit confronte au monde réel, réalisant qu’une blessure fait vraiment mal de cote de l’écran de cinéma !
Die Hard 3 plante ses cameras dans New York, un décor à l’échelle 1 :1 pour un film d’action échevelé, qui inaugure l’utilisation quasi-systématique de la camera portée, déjà dans le but de mieux coller aux basques des personnages. Cette fois-ci, McClane est dans son élément. Il joue à domicile. Le choc des cultures proviendra de la compagnie forcée de Samuel Jackson, un black raciste envers les blancs. Ou quand McT refuse les cliches sans chercher la démagogie de la discrimination positive forcée dont Hollywood parsème ses films.
Le duo va parcourir New York de long en large, le tournage ne se limitant pas à quelques rues et plans larges d’exposition comme c’est souvent le cas dans les films tournés dans la Grande Pomme. Central Park, le périphérique, Wall Street, … pas de doute, le décor est encore une fois un personnage a part entière.
Même si c’est un remake, McT parviendra à intégrer ses thèmes à The Thomas Crown Affair. On retiendra particulièrement le musée, là encore véritable acteur du film, au point que lors du final, le héros humain, incarne par Pierce Brosnan, s’éclipsera durant quelques minutes, laissant les systèmes de sécurité du musée, les grilles et l’arrosage anti-incendie jouer une scène en solo. Concernant Thomas Crown, c’est son milieu social et non pas son origine géographique qui le définit. La notion du « passage de l’autre cote », présente dans The Hunt for Red October, Nomads ou Last Action Hero est ici légèrement différente : le franchissement n’est pas géographique mais social. Crown est un riche homme d’affaires qui s’ennuie et s’amuse en menant une double-vie de voleur d’œuvres d’art. D’une certaine manière, il cherche à échapper au statut qui est le sien.
Roller ball suit le parcours d’un jeune américain émigrant dans les pays de l’est pour participer aux compétitions du sport du titre. McT en profite pour prendre en compte les évolutions du contexte sociopolitique, Red October étant encore imprégné de l’esprit de la guerre froide. Cette fois, il est moins question de politique que d’économie et la violence, voire l’anarchie qui peut régner dans les pays de l’ex-bloc communiste depuis la chute du mur de Berlin.
Pour finir, Basic avec John Travolta et Samuel Jackson nous introduit dans les coulisses d’une base militaire, un microcosme régi par ses propres codes et valeurs. Au cours du film, on découvre l’existence d’une faction dissidente. L’enquête de Travolta qui le mène sur les traces de ce groupe dans le groupe, rappelle l’investigation anthropologique de Nomads, avec une fin identique, puisque le héros va abandonner le monde « de surface » pour rejoindre les rangs d’un groupe en marge vivant et vivant cache parmi nous.
Le décor n’est jamais un élément secondaire chez McTiernan. Il s’agit souvent d’un véritable acteur interagissant avec les personnages. Predator en est probablement le meilleur exemple, les aptitudes de l’extra-terrestre dans l’art du camouflage étant étendues à la mise en scène tout entière. Le film compte un nombre incalculable de plans dans lesquels le changement de mise au point est utilise pour cache ou faire ressortir un personnage ou un objet, le flou parvenant littéralement à effacer certains acteurs. Le flou est d’ailleurs très proche du procédé de camouflage invente par le predator.
Walhalla maison maintenant…
Le rapide survol de la filmographie révèle bien la présence d’un artiste derrière la camera. Certes, nous ne sommes pas en présence de films à message au sens populaire du terme. C’est sans doute pourquoi le talent de McTiernan n’a jamais été récompensé, que ce soit dans les cérémonies mondaines, ou les festivals, ou il suffit souvent qu’un film fasse couler une petite larme pour qu’on lui trouve toutes les qualités de mise en scène et d’écriture du monde.
McTiernan n’a jamais vise une satisfaction immédiate de la soif d’émotion du spectateur. Il travaille le fond avant tout, même si sa maitrise visuelle le place souvent dans la catégorie des formalistes. C’est également oublier qu’il est un directeur d’acteurs hors-pair. Et même si il a eu régulièrement l’occasion de diriger des stars énormes, ses héros n’ont jamais été caricaturaux ou définis par des critères commerciaux. The Thomas Crown Affair est un bel exemple de maturité à l’écran dans la manière de traiter l’action et l’histoire, mais surtout en montrant un couple adulte se comportant comme des adultes, l’âge mur des acteurs étant totalement assumé. De même, les brèves scènes de nudité sont abordées avec un naturel rare à Hollywood, rappelant encore une fois que McTiernan aborde la réalisation sous un angle souvent proche du documentaire.
Bref, le bonhomme fait le cinéma qu’il aime, un cinéma qui lui ressemble, impression renforcée après avoir visionne les bonus du 13ème Guerrier que j’espère vous avoir donne envie de voir si vous ne l’avez jamais vu, ou revoir s’il ne vous avait pas convaincu a sa sortie. Le film mérite une seconde chance que la présente édition blu-ray ainsi que la remise en perspective de sa place dans la filmographie de son auteur, lui offriront peut-être !
Autant tout de suite le dire : la qualité du nouveau transfert n’éblouira personne.
Non pas que le travail soit bâclé. Au contraire, puisque l’éditeur a pris soin de créer un nouveau master 1080p à partir de l’interpositif original, celui-là même qui a servi à tirer toutes les copies salles (et DVD) du film. Les puristes regretteront que l’on n’ait pas plutôt pris le négatif original comme base de travail. Dans l’absolu, on leur donnera raison. Dans les faits, cela n’aurait pas forcément change grand-chose.
Le relatif manque d’éclat de l’image est en fait simplement lié à la photographie du film, qui privilégie les sources de lumière naturelles, qu’il s’agisse de la lumière ambiante (et donc, l’absence de soleil !) pour les extérieurs ou les flammes des torches pour les scènes de nuit et d’intérieur.
Pas de couleurs chatoyantes donc, mais cela fait partie des choix artistique de McTiernan et son directeur photo, Peter Menzies.
Au niveau de la définition par contre, c’est du tout bon. Tout ce qui est éclairé (ce qui représente donc parfois bien peu !) s’avère détaillé comme il se doit a l’image. Les plans filmés en extérieur, en plein jour et sans trop de nuages se distinguent d’ailleurs du reste, la preuve si il en fallait une que le côté anti-spectaculaire du transfert est bien du au style de la photographie et non des carences de l’encodage.
Globalement, on peut donc qualifier l’image d’agréable. Le surplus de définition est bien présent, mais on ne redécouvre pas le film comme cela a pu être le cas pour Alien ou Blade Runner (pourtant également des films contenant leur lot de scenes sombres !). Mais on imagine bien que le budget investi dans le nouveau transfert du 13ème Guerrier n’est en rien comparable avec les 2 films de Ridley Scott, en raison du plus faible potentiel commercial de cette édition francocorico-française.
La qualité de la piste sonore 5.1 DTS HD est dans la même bonne moyenne que l’image.
Pas de fulgurances acoustiques donc, mais les sons d’ambiance sont très présents, contribuant à nous faire voyager dans les forets et les plaines de l’action. Vent, oiseaux, pluie,… voila en gros ce qui vous attend.
Niveau basse, c’est tres discret, hormis les quelques plans du drakkar sur une mer déchainée.
Quant à l’excellente bande originale de Jerry Goldsmith, le mixage ne la met pas toujours en valeur. Mais des années d’écoute du CD biaisent peut-être mon appréciation, m’attendant à plus d’ampleur et de dynamique dans le film. En l’état, elle soutient l’action et contribue, avec les sons naturels ambiants, à instaurer un climat oppressant au cours de cette exploration d’une contrée hostile aux côtés des vikings.
- Making-of (50 minutes)
Voici un excellent making-of ! Certes, sa durée est ridicule comparée à des mastodontes du bonus comme Blade Runner et son making-of épique de plus de 3h30, mais il a le mérite d’être dense et de répondre de manière aussi définitive que possible à la question que les adorateurs du film se posaient depuis maintenant 13 ans : Quid de la version intégrale du film ? Fantasme ou réalité ?
Les acteurs se montrent loquaces et carrément enthousiastes pour se remémorer leurs souvenirs de tournage.
Toutes les interviews datent de 2011, seules celles de McT datent de 2003 et l’éditeur, qui a pourtant rencontré l’intéressé pour la préparation de cette édition, en donne la raison : lors de l’entretien récent accorde par McT, celui-ci parla de tout, sauf du 13ème Guerrier ! Une manière implicite également de nous dire qu’il est passé depuis longtemps a autre chose et que le film restera a jamais tel que nous l’avons toujours connu, pour le meilleur et pour le pire !
- La vie, l’amour...les films – entretien avec McTiernan
Cette interview d’à peine 30 minutes nous permet de rencontrer le réalisateur, chez lui, dans sa ferme, et le résultat ressemble parfois à un sujet du 13h00 sur France3 Lorraine (je suis moi-même mosellan).
Sauf que ce petit bonus parvient à nous donner l’impression d’avoir passé une journée avec le maître, comme si nous avions remporté un concours dont le premier prix nous permettrait de passer une journée avec votre idole. McT ne nous apprend pas grand-chose sur son art mais nous montre que derrière le génie attendu, se cache simplement un homme qu’Hollywood ne fait pas/plus rêver –En cela, il confirme que tous les conteurs sont tous un peu des magiciens d’Oz en puissance !!
En nous accueillant chez lui et en conversant sans fard et sans langue de bois, McT nous donne l’impression de le connaitre un peu mieux, ce qui risque bien de changer notre perception lors du prochain visionnage de ses films !
- Electronic Press Kit
30 minutes d’interviews promo réalisée a la sortie du film et destinées a la presse écrite et audio-visuelle afin d’illustrer leur sujet. Rien de croustillant a se mettre sous la dent mais l’éditeur a au moins le mérite d’avoir proposé tout ce qui était à sa disposition.

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Commentaires
Je gardais un sacré bon souvenir de ce film dans pas mal d'aspects, l'ambiance générale, la photo, les personnages sympathiques, la réalisation. Je retrouve pas mal de choses que j'aurais pu dire dans ton article et ça me fait bien plaisir !
Le revoir m'a vraiment fait passer un très bon moment malgré une qualité inégale dans le traitement HD. Tes observations, Jérôme ne font que me renforcer ce que je pensais.
Mais l'édition de ce 13eme Guerrier est tout même très soignée niveau packaging, on en a pour notre argent avec des bonus très intéressants, un livret qui l'est tout autant et de jolies photos !
un bel objet quoi !
Test pour le moins complet et intéressant malgré la tuile qui t'es arrivée ;)
Bravo !
je crois en effet qu'on ne peut que saluer le travail accompli par Metropolitan. On sent les gars animés par la passion: C'est une édition généreuse, pas tant au niveau quantitatif que qualitatif.
Ils peuvent être fiers de leur boulot!
Même si je n'ai pas vu ce film depuis 5 ou 6 ans, j'en garde un excellent souvenir. Me tarde de le recevoir du coup!
Dans Nomads le personnage de Brosnan est Français (Allemand en VF, avec un accent ridicule) et apprend l'anglais avec sa femme et lui apprend des mots en français.
Dans Predator la seul femme du film parle espagnol. Et l'un des dialogue insiste sur la traduction d'une de ses rares phrases "Il a été enlevé dans la foret ... non... c'est la foret qui l'a enlevé.... ?"
Dans Die Hard les "terroristes" sont allemand et parle entre eux pour certains dans cette langue. Hans qui a un accent a coupé au couteau le perd lorsqu'il se fait passer pour un des otages qui a échappé a ses ravisseur.
Dans Red October les russe parlent en russe au début du film. Un zoom/de zoom sur les bouches nous permet de passer du russe à l'anglais. Le moment est plutôt bien choisi par rapport à l'intrigue. vers la fin du film quand les américains montent à bord les russes se remettent à parler russe (idée absolument génial).
Etc etc ...
et donc dans The 13th Warrior: le traducteur au début du film (tu en parle dans ton article) et ensuite la scène du feu de camp ou Ibn apprend le langage des Vikings et peu a peu les mots en langue étrangères sont remplacé par des mots en anglais ...
tout d'abord, bienvenue a toi sur Planete-HD!
Oui, j'ai omis de parler de la barriere de la langue. Mon texte devenait deja bien lourd et je n'ai pas voulu rajouter un paragraphe complet sur le sujet (-;
J'ai pense que le fait de pointer l'importance du 'decor' (au sens large du terme) permettait deja de mettre en evidence une des constantes du cinema de McTiernan.
Quant a la scene du feu de camp dans le 13eme Guerrier, elle fait preuve d'une inventivite n'ayant d'egal que son efficacite narrative!
Je te remercie en tout cas pour ta contribution, il semblerait que tu sois toi-meme un fervent admirateur de McT. (tout le monde n'a pas vu 'Nomads'!)
Moi perso, j'ai adoré ! Le film est vachement bien mis en scène, la lumière est splendide et Antonio Banderas a grave la classe !
Sans oublier le Score de Jerry Goldsmith, qui est l'un de ses meilleurs !
Dommage qu'on ne puisse pas voir la version Director's Cut tant attendue...
Sinon, le Blu-ray est de bonne facture. L'image est très belle (après les comparatifs avec le DVD, y a quand même pas photo), j'ai trouvé le son très bon et les bonus sont complets. Quant au packaging, au livret et aux photos, je ne peux que féliciter l'éditeur.
Merci pour cette édition limitée !









































































































