La Vie de Brian - Le test blu-ray
Publié le 2012-01-27 09:25:59 par Jeremy
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Certains comiques ont changé la face de l'humour à la télévision ou au cinéma, et le moins que l'on puisse dire est que les Monty Python ont largement contribué à débrider les foules, briser le tabous, et influencer bon nombre de comiques en activité (ou non). Si Monty Python n'est pas un nom étranger à bien des personnes, bien peu savent qui ils sont, ou encore que leur rencontre et leur création est aussi inévitable que fortuite. Comme le disait le générique du Flying Circus : And now, it's time for...
1- Brian, a boy named Brian!
En l'an 0, en terre de Galilée, Mandy et son bébé Brian reçoivent la visite des Rois Mages, un beau soir de décembre. Ceux-ci s'aperçoivent de leur méprise et filent dans l'étable voisine, poursuivis par la mère de Brian. Il va arriver bien des malheurs au pauvre Brian... Car en l'An 33, un samedi, à peu près à l'heure du thé, un homme fait un discours au sommet d'une montagne, mais ceux du fond gueulent que ce n'est pas assez fort, se disputent, et se tapent dessus. Brian remarqsue une groupe genre révolutionnaire, groupe qu'il intégrera, et s'attirera toutes les peines du monde par la même occasion, car dès lors, il sera toujours au mauvais endroit, et au mauvais moment, poursuivi par les Romains, par les autres personnes de sa communauté, une vie qui sera difficile… à n'en point douter !

2-Les 6 trublions, leurs origines, comment ils se sont rencontrés
Avant de présenter chacun des membres de la troupe, il faut savoir que durant leur enfance, rares étaient les distractions, et seule la radio leur permettaient de s'évader d'un quotidien morose, notamment avec l'émission de Tony Hancock mais aussi et surtout en suivant tous (sans le savoir, puisqu'ils ne se connaissaient pas) l'émission The Goons (grosso modo les cinglés en VF – de Peters Sellers et Spike Milligan - qui fait une apparition dans le film ici). Ces émissions diffusées le dimanche soir et rediffusées le mardi soir obtiennent toute l'attention de chacun des futurs Monty Python. Une autre chose qu'il faut savoir est que les universités d'Oxford et de Cambridge organisent à leur manière des revues théâtrales en fin d'année, et bien souvent certains des acteurs finissent par atterrir à la télévision anglaise (ne cherchez pas, il n'y avait que la BBC). J'en parle car c'est important afin de comprendre le parcours de 5 des 6 Monty Python. Ces hommes sont tous des enfants de la seconde guerre mondiale, nés entre 1938 et 1942, et à l'exception de Terry Gilliam, ont tous un cheminement plus ou moins ressemblant... Toujours est-il que chacune des mini-biographies est une version très très allégée, puisqu'à la base la biographie d'un seul Monty Python me remplissait ce que j'ai conservé pour les 6 réunis! Donc, j'ai opéré des coupes... (sous chacun des boutons vous retrouverez le Monty Python dont il est question).
Le plus grand (par la taille) des Monty Python, est fills d'un employé d'une compagnie d'assurance, et le rêve du père de John est qu'il devienne ACA (comptable certifié associé) pour la fameuse firme Grace, Derbyshire & Todd à Bristol. Ce qui est sans l'ombre d'un doute, la raison pour laquelle de nombreux comptables ennuyeux parsèmeront les personnages du Flying Circus. Dès l'école John Cleese se rend compte qu'il sait faire rire ses camarades, et lorsque vient la possibilité, il joue dans des pièces de théâtre aussi diverses que Faust, Le Tartuffe, ou encore Seagulls & Sorento (qui fût adapté au cinéma sous le titre L'Île du Danger, avec Gene Kelly dans le rôle principal). Arrive le moment où John Cleese est accepté à Cambridge. Il y découvre Peter Cook dans la revue Beyond the Fringe, qui si elle n'est satirique à la base, le devient à cause de la presse. Mais la Chose qui frappe le plus Cleese est que les sketches sont joués par différentes combinaisons d'acteurs, suivant les représentations, ce qui sera repris par la suite par le sextuor. Il participe au Footlights Club, et ses sketches écrits en collaboration plaisent beaucoup.
C'est là qu'il rencontre Graham Chapman, avec qui, il entamera une longue collaboration d'écriture, d'autant que leur revue est retenue pour le festival d'Edimbourg, alors que Cleese n'a toujours pas décidé de devenir acteur ! David Frost achète deux des sketches de Cleese pour son émission That Was the Week That Was, pour la coquette somme de £30, alors qu'en tant que comptable, Cleese ne gagnerait "que" £5 par semaine ! Nous sommes en 1961. Le spectacle retitré Cambridge Circus doit aller se produire dans le West End, et à terme, John Cleese entre directement à la BBC du fait de la forte impression qu'il laisse. Le Cambridge Circus est alors envoyé en tournée, notamment aux Etats-Unis, et lors d'une représentation à Greenwich Village, il est abordé par un jeune homme chevelu, directeur artistique du magazine Help!, et lui demande de poser dans un roman photo, où un home est pris d'une folle passion pour une poupée Barbee (!!), ce jeune homme s'appelle Terry Gilliam. Graham Chapman (alors en Angleterre) dit à Cleese de rentrer en Angleterre, ce qu'il fait, et après quelques galères, John reçoit un appel téléphonique de David Frost afin d'écrire pour son émission The Frost Report...

Fils de policeman, Graham Chapman est traumatisé dès son plus jeune âge, par le crash d'un avion polonais dans le jardin qui se transforme rapidement en lieu de stockage des sacs à cadavres : il a alors 3 ans. C'est d'ailleurs par ce souvenir que Chapman ouvrait son autobiographie passionnante mais malheureusement non traduite chez nous. Alors qu'il a une dizaine d'années, il est passionné par une émission de radio : The Goons. Il est très sportif, et intègre l'équipe locale de Rugby. Sauf qu'après les matches, tout le monde va au pub, et qu'il est trop jeune (15 ans), alors afin de paraître plus vieux, il se met à fumer la pipe, ce qui est ironique car c'est finalement le sport qui l'amènera aux deux éléments qui l'ont détruit : le tabac et l'alcool. Il aime jouer dans des pièces de théâtre, et le journal local le félicite pour son interprétation de Marc-Antoine, dans le Jules César de Shakespeare. Le grand frère de Graham veut faire médecine et ce dernier lui emboite le pas. Il entre à Cambridge sur les conseils de son frère, dans le seul but d'entrer au Footlights Club dont il a vu un spectacle à la télévision, le seul problème est qu'on y entre sur invitation. Il organise alors son propre spectacle comique, auquel il invite les patrons du Footlights Club, dont David Frost. Afin d'arrondir ses ressources très limitées, il organise des spectacles dans des cabarets, où jouent des comiques dont David Frost, mais doit ralentir la cadence au vu des représentations tardives. Heureusement pour lui sa vive intelligence lui permet de briller en médecine et de continuer ses activités théâtrales. Il commence à écrire avec John Cleese.
Ce dernier affirmait dans les années 90 qu'il était agréable d'écrire avec Chapman, mais le développement de son alcoolisme fit que cela devint de plus en plus difficile. Graham Chapman n'arrivait pas à être le moteur d'un nouveau sketch, mais il avait pour lui d'être le maitre incontesté de la suggestion improbable, incongrue, relançant toute la mécanique d'un sketch initié par Cleese. L'exemple le plus flagrant est le sketch imaginé par Cleese durant les années Flying Circus, où un homme venait rendre un grille-pain défectueux à un vendeur de mauvaise foi. Chapman suggéra de remplacer l'appareil par un animal. Un perroquet mort. Impossible de rester de marbre devant ce sketch. Il tourne avec le Cambridge Circus, et traîne dans le pub de la BBC. Lorsque Cleese revient au bercail, ce dernier reçoit un appel pour écrire dans The Frost Report, Chapman est de la partie.
Graham Chapman mourut d'un cancer de la gorge le 4 Octobre 1989 et reçut des funérailles mémorables. Cleese en particulier se déchaina, utilisant la série d'euphémismes loufoques du fameux "Perroquet Mort" et d'autres mots de la langue anglaise habituellement peu employés dans les services funéraires. Michael Palin quant à lui, évoquant ses retards chroniques du temps où il passait le prendre pour les séances d'écriture, annonça à l'assistance : "Graham Chapman est parmi nous en ce moment même. Ou si ce n'est en ce moment même, en tout cas d'ici vingt-cinq minutes."

Michael Palin eut une enfance plutôt heureuse, et son père employé dans une aciérie de Sheffield, il part quinze jours par an en vacances avec sa famille, ce qui se ressentira, dans ses "reportages" récents sur ses voyages dans le monde. Fan absolu de l'émission radio The Goons, tandis que son père ne l'est pas du tout, et que la radio n'est pas bien réglée occasionnant une difficulté constante pour bien entendre ce qui s'y dit. Michael place the Goon Show sur le même piédestal qu'Elvis Presley. Et ce son interprétation de "Heartbreak Hotel" qui poussera le père à mieux régler l'appareil familial. Tout comme Elvis, The Goon Show est une ligne de partage générationnelle, ce qui est assez drôle puisque le King himself sera un très, très grand fan des Monty Python, en se projettant en boucle (et c'est un euphémisme) les émissions du Flying Circus dans sa salle dédiée (qui était à l'époque réservée aux très très très riches). Ayant l'impression d'avoir raté sa carrière, le père souheterait voir son fils pratiquer une belle profession sans objectif particulier, mais il sait exactement ce qu'il ne veut pas qu'il fasse : Acteur! Michael fait ses première études secondaires dans une "public school" de Shrewbury (exactement ce que les Knights of Ni réclament à Arthur, un jardinet! - comme quoi tout est lié chez les Monty Python). Michael comprend très vite qu'il a le chic pour amuser la galerie en reproduisant à la perfection les attitudes voire les tics du maitre. Il improvise alors de petits spectacles, et entre finalement à Oxford, alors que son père aurait aimé le voir intégrer Cambridge (selon la tradition familiale). C'est à Oxford que Palin rencontre Robert Hewison, avec lequel il partage les mêmes goûts pour la comédie. Hewison réussit à convaincre Palin d'écrire des sketches, ce qu'il fait la nuit tandis qu'il étudie le jour. Il se produit alors dans des cabarets, et découvre sur une affiche, un certain Terry Jones, interprétant le Professeur Taranne dans la pièce éponyme d'Adamov. Terry Jones, vêtu d'un long manteau sombre, cigarette au coin de la bouche, et l'air lugubre intrigue Palin. Ils se rencontrent, et Michael découvre que Terry Jones n'est en rien son personnage et aime particulièrement la comédie.
Ils écrivent alors tout deux pour une revue nommé Loitering with intent (rôder avec une intention malveillante), qui est également un jeu de mots avec Loitering within tent (s'attarder sous la tente), puisque les représentations ont lieu sous un chapiteau. Palin écrit un sketch (celui de la tarte à la crème - qui est visible dans Monty Python à Hollywood), puis un autre sur un raid de bombardement, car à l'époque, la "mode" était à l'humour sur la guerre. Sauf que Palin et Jones apprennent qu'un étudiant de Cambridge nommé John Cleese a écrit un sketch sur le même sujet. Tout comme le Footlights Club de Cambridge, Oxford a la même véilléité d'envoyer une revue au Fringe Festival d'Edimbourg, et c'est là-bas que Palin rencontrera le jeune Eric Idle, dans une revue nommée My Girl Herbert (oui, oui : ma copine Herbert!) Palin et Idle sont tous deux metteurs en scène des revues de leur université (Idle était à Cambridge. Palin se retrouve à vouloir entrer à la BBc, le problème restant est celui de son père. Fort heureusement, on lui propose bel et bien un poste à la BBC, mais pour une de ses filiales : la télévision du Pays de Galles non retransmise chez ses parents. Après quelques déboires télévisés (l'émission Late Night Line Up), la promesse faite par David Frost se concrétise et Michael Palin est engagé tout comme Terry Jones pour l'émission The Frost Report.

Direction le Pays de Galles pour notre quatrième larron! Il ne voit que peu son père, puisque ce dernier est envoyé en Ecosse, et ne reviendra pas de sitôt. Ainsi son retour sera difficile pour Terry. Ce dernier voit déjà sa carrière toute tracée : écrivain, poète même. Bercé par les lectures conseillées de sa grand-mère. Il adore une émission de radio, devinez laquelle? The Goon Show bien évidemment ! Il entre dans une public school, et déclare vouloir être écrivain, mais d'après ses professeurs, ce n'est pas une profession qui gagne bien, et seul un professeur l'encourage dans cette voie. Il joue également la comédie, mais le proviseur ne se prive pas de dire aux élèves que ce genre de carrières est dangereux, et même dégradant : tous les acteurs sont des homosexuels que l'on repère à leurs chaussures en daim vert (?). D'ailleurs, la BBC est qualifiée de ramassis de communistes. Il entre à Oxford, et rejoint la troupe de théâtre expérimental (ETC). Et c'est lors d'une représentation de cet ETC qu'il rencontrera Palin et Hewison. Véritable rebelle dans l'âme, il est vêtu d'un long manteau sombre informe et se déplace en Vespa. Et il faudra bien de la persévérance à Palin pour percer à nu le comique né intransigeant. Car s'il est doué dans son domaine, il n'en est pas moins perfectionniste. A chaque spectacle qu'il écrit et imagine, il se documentera longuement afin de ne jamais commettre d'impair. La suite de ses débuts peut être lue ci-dessus dans la partie consacrée à Palin.
Lui aussi, traumatisé très jeune, puisque son père, est pilote dans la RAF. Et lorsqu'il voit un avion s'écraser près de sa maternelle, il tremble pour son père. Mais c'est rentrant en autostop que Idle père se tue, lors d'un accident de la route, et ce, à 2 jours de Noël 1945. Sa mère sombre dans la dépression, et le petit Eric est envoyé chez sa grand-tante à Manchester. A l'âge de cinq ans, son grand oncle l'emmène au cinéma voir trois films des Marx Brothers. Sa mère est infirmière et le fait revenir auprès d'elle dans la banlieue de Liverpool. Mais devant la difficulté d'avoir un emploi et de devoir s'occuper d'un petit garçon, elle l'envoie en pensionnat. Ayant du mal à parler à son fils, elle l'accompagne jusqu'au pensionnat et profite d'une seconde d'inattention pour disparaître.
Chaque jour au pensionnat, ses internes y chantent les louanges du fondateur de cet ex-orphelinat, un certain John Cleese... tiens donc (mais aucun rapport avec celui qui nous inrésse ici ! Le système éducatif de cette pension peut se résumer en trois mots : répressif, brutal et lugubre. Il se dévoile être un garçon espiègle et farceur, et aussi défenseur des petits contre les grandes brutes. Il organise des spectacles de marionnettes pour lesquels il écrit des sketches, et change sa voix, en imitant ses maitres. Son nom devient un quolibet auprès de certains de ses professeurs, puisque Idle signifie Oisif.
Ainsi, dans Almost the Truth, Eric Idle garde cinquante ans plus tard une rancoeur à toute épreuve à l'égard de ces professeurs anti-pédagogues, dont certains lui répétaient sans cesse : "Idle by name, idle by nature", soit Idle (oisif) de nom, oisif de nature ! Quelle classe. Oui, sauf que l'oisif en question est sorti des examens finaux avec des S-Levels (c'est un peu le 20/20 avec mention demi-dieu, donc très très rares) !! Il entre ainsi à Cambridge, et obtient une bourse. Son année d'entrée est 1962, soit la dernière année d'études de Cleese. Il écrit et joue une parodie du "Cercle de Craie Caucasien" de Brecht, et on lui souffle de devenir candidat pour le Footlights Club. Son jury le trouve terriblement arrogant mais diablement drôle et efficace, il est accepté. Il joue un sketch titré "BBC BC", le journal télévisé aux temps bibliques, écrit par... John Cleese! Par la suite il devient président du Footlights Club, et ouvre définitivement la porte du club aux filles. C'est grâce à lui qu'il y aura un hiatus, où les étudiants passeront directement de leur université à la télévision, comme par exemple, Emma Thompson, Hugh Laurie ou encore Stephen Fry.

Puis il reprend des sketches du Cambridge Circus lors du Fringe Festival d'Edimbourg, ce qui lui vaut quelques passages à la télé, et de rencontrer Terry Jones, alors directeur de la revue "rivale" d'Oxford. L'année suivante, c'est Michael Palin qu'il rencontre. Après Cambridge, il comptait créer un groupe mêlant Humour et Rock'n'roll, pour un duo atypique, mais cela ne se fit pas. Il joue dans "Dieu! Que la Guerre est Jolie" à Leicester, mais il s'y ennuie tellement qu'il occupe ses temps libre hors scène à écrire des sketches, quand arriva le jour où alors qu'il écrivait et était concentré, il ne sentit pas la présence à côté de lui qui lui demanda : " Ca va Eric? Ca avance? -Oui, oui! - Ca te dérangerait pas de venir me tenir compagnie sur scène?"
Il lève les yeux pour remarquer le silence de mort dans le théâtre : il avait oublié son entrée sur scène. Il quitte Leicester pour Londres en se jurant de ne plus jamais gagner sa vie de la sorte. Son ami Tim Brooke-Taylor lui propose alors de rédiger des sketches pour une émission très gourmande en scripts : The Frost Report !
Terrence Vance Gilliam, originaire de Minneapolis est l'aimé de trois enfants, et la vie est rude pour cette famille, dont le père a un maigre salaire de charpentier (et ce goût des travaux manuels sera transmis indubitablement à Terry). Comme à chaque fois qu'il passe, Terry se précipite au Clyde Beatty Circus, et lorsqu'il se retrouve dans la tente des phénomènes de foire, il est sidéré, par, je cite, "the amazingness that life can produce" (l'étonnement que la vie peut produire). Il en gardera un goût certain pour le grotesque et l'improbable. Enfant d'une longue de pasteur, il envisage un temps de devenir missionaire pour porter la bonne parole de Dieu en Afrique, et entame ses études grâce à une bourse presbytérienne. Sauf qu'un jour, Terry fait une innocente petite plaisanterie sur Dieu, et se le voit vertement reproché. Abasourdi, Terry Gilliam se demande comment la religion catholique peut-elle être si fragile qu'une si petite plaisanterie peut lui nuire? Il n'en revient pas et perd aussitôt la foi. Il s'engage dans des études de physique pour comprendre que ça ne l'intéresse pas et se dirige plutôt vers un cursus lié aux beaux-arts. Il reprend le magazine de son université, Fang, et le transforme en magazine d'humour, s'inspirant de ses lectures de Mad, du temps où Kurtzman en était encore le rédacteur en chef. Kurtzman quitte Mad pour lancer Help! à l'humour plus sophistiqué, et Gilliam de s'en inspirer ne serait-ce que pour les romans-photos comiques. Il en envoie même un exemplaire à Kurtzman qui le félicite. Gilliam économise un peu d'argent et envoie un courrier (limite CV) à Kurtzman qui lui répond en lui déconseillant de venir car il n'aurait pas d'emploi. Gilliam s'en fiche et part pour New York. Il arrive sur les lieux de son magazine préféré, et alors que Charles Alverson vient de démissionner, Kurtzman propose à Gilliam le poste d'Assistant Directeur Artistique de Help! C'est à ce moment que Gilliam et Cleese vont se rencontrer et que le grand dadet posera pour le roman phot de Gilliam. A la fin de la session, il prend les coordonnées de John Cleese. Pendant trois années Gilliam aide à faire vivre Help!, même s'il est payé deux dollars de moins par semaine que ce que Terry aurait touché au chômage!
Qu'importe le travail le passionne, et il se retrouve parfois à faire le ménage gratuitement dans des studios d'animation (où il apprend l'animation justement). Alors que le contexte politique s'embrouille (notamment avec la guerre du Viet-Nam), Terry Gilliam part pour l'Europe, et rencontre à Paris, René Gosciny et Marcel Gotlib, à qui, il vendra deux trois bricoles. -C'est grâce à cette rencontre que Pataquèsse (And Now for something competely different en VO, qui est une compilation pour le cinéma des meilleurs sketches des deux premières saisons du Flying Circus) sera illustré pour son affiche en France par Marcel Gotlib him-self ! Il signe quelques bandes pour Pilote, et rentre aux Etats-Unis. La guerre éclate au Viêt-Nam et Gilliam, antimilitariste de première repart pour l'Europe, et est surveillé, comme il est en réserve, par un groupe basé en Allemagne. Il dit habiter sur une île Grecque, et passe ses journées à visiter des lieux de tournage comme ceux Blow Up d'Antonioni. Las, il reprend contact avec Cleese, afin de savoir s'il ne pourrait pas entrer à la télévision, et John Cleese le recommande chaudement pour diverses émissions, mais pas pour The Frost Report.

3-The Monty Python's Flying Circus
Note : il y a temps de choses à dire sur cette période pré-pythonienne que je fais effectuer des coupes franches dans les événements, pour aller au plus court.
Voilà, les présentations sont faites, cinq des six bonshommes travaillent sur The Frost Report. Mais le groupe ne s'appelle pas (encore) les Monty Python pour autant !
Malgré tout ce que l'on peut reprocher à David Frost, il est indéniable que cet homme avait un flair imparable pour dénicher les talents. Ce sont John Cleese et Graham Chapman qui tireront rapidement leur épingle du jeu en matière de rapidité et d'efficacité d'écriture, et Frost les envoie écrire à Ibiza, et c'est là-bas que Chapman va rencontrer David Sherlock, dont il va tomber amoureux, et prendre ainsi conscience de son homosexualité, qui lui sera difficile d'annoncer publiquement vu l'homophobie latente des culs-bénis anglais (voilà pourquoi j'en parle, car c'est très difficile pour lui, n'améliorant pas son côté autodestructeur).
Frost rejoint Cleese et Chapman en leur proposant d'être les maitres d'œuvres d'une autre émission, et les deux auteurs de proposer comme auteur de sketches, un certain Marty Feldman, qui sera reconnu, partira pour les States, aura sa propre émission, et triomphera dans les premiers films de Mel Brooks dont le gigantesque Frankenstein Junior, avant de décéder brutalement durant le tournage de Barbe d'Or et les Pirates de ... Graham Chapman.
Cette nouvelle émission, At last the 1948 Show, marque les débuts à l'écran d'Eric Idle, et la première marche vers le Flying Circus. Cette émission comprend comme acteurs, Cleese, Feldman, Idle et Chapman, mais Tim Brooke-Taylor et David Frost. Plusieurs années et projets communs et/ou collaboratifs plus tard, on propose aux 5 bonshommes d'avoir leur propre émission, ce qu'ils acceptent, pour une série de 13 épisodes, et qui sera l'occasion pour eux de sortir du carcan étriqué du sketch à la présentation classique. Plusieurs noms sont envisagés comme The 5 Show (prouvant que Gilliam n'est pas placé sur le même plan que les autres), puis le titre sera momentanément changé pour "Owl-stretching time" (l'heure où les hiboux s'étirent), puis devient "The Toad Elevating Moment" (le moment d'élévation des crapauds), et enfin le préféré de John Cleese : "Arthur Megapode's Cheap Show" (l'émission bas de gamme d'Arthur Megapode), mais aucun ne convainc les pontes de la BBC, qui réclame malgré tout un titre définitif. Les Python (qui ne s'appellent pas encore Monty Python) suggère que le titre pourrait changer à chaque épisode, mais la chaine n'est pas amusée par cette idée.
Comme l'habitude est prise de les nommer "le cirque" ou "le cirque volant", il est décidé par ses membres de conserver ce nom pour l'émission, mais le cirque volant de qui? Car à la base, ce terme désignait les as du pilotage d'avion durant la première guerre mondiale, que Barry Took a réuni. Donc, le premier vrai titre est Barry Von Took's Flying Circus, mais Michael Palin a lu le nom d'une accompagnatrice de piano nommé Gwen Dibley, et propose que leur émission soit titrée Gwen Dibley’s Flying Circus, parce qu’il trouve ça marrant que la dite personne se rende compte que son nom est le titre d’une émission bien barrée. C’est alors que le choix est porté sur Monty Python.

Pour Python, c’est en cherchant un nom d’agent artistique particulièrement retors et véreux, avec les connotations de perfidie et de viscosité liée à l’animal, et qui est très probablement issu de l’esprit de John Cleese, qui aime beaucoup les animaux, et que l’association purement phonétique avec Monty était drôle. L’origine de Monty justement est un peu plus obscure, puisqu’il y a deux versions : la première est que Monty était le diminutif du légendaire Lord Montgomery, Maréchal de la seconde guerre mondiale, tandis que Monty, est d’après Eric Idle (dans un documentaire de 1988) était le nom du pilier de bar, du pub à côté de chez lui. Bref, le nom restera obscur pour toujours, mais toujours est-il qu’une fois le nom de leur troupe choisie, il décide de s’attaquer au nom de leur émission, mais la BBC leur annonce que les affiches sont déjà imprimées, alors ce sera Flying Circus ! Quatre saisons verront le jour (bon je fais rapide, je sais), de 1969 à 1974, avec plus ou moins de succès, car l’ultime ne bénéficiait plus du même intérêt chez ses auteurs, qui désiraient ardemment passer à autre chose !

4-And now for something completely different...
Après ces 4 saisons du Monty Python's Flying Circus, les 6 zozos décident de passer à autre chose : Avec "And Now for Something completely Different" (Pataquèsse - avec affiche signée Gotlib chez nous), sort en 1971 aux USA et en 1974 en France, ils réussissent à monter un film qui est en réalité une compilation des meilleurs sketches des deux premières saisons du Flying Circus. On leur avait promis un film, et on sort un Best Of, la pilule est difficile à avaler pour les Python. Ils ont l'idée et mettent en scène Monty Python and the Holy Grail, mais je ne m'attarde pas, car ce monument, que dis-je cet élément fondateur de toute ma culture familiale, étant enfant (:) ) fera l'objet d'un test approfondi lors de sa sortie en Blu-Ray. Le film est un succès, mais le Python ne récupère autant d'argent que ce qu'ils croyaient. Sorti en 1975 un peu partout. il se remettent aussitôt en selle, pour mettre en chantier un nouveau film, car c'est décidé pour le groupe : la télévision c'est terminé, passons au cinéma ! Alors en pleine promotion de Holy Grail, un journaliste demanda à Eric Idle quel était le titre de leur prochain film, et ne sachant que répondre, Idle répondit : "Jésus-Christ ou la Soif de Gloire". Voyant que ce titre faisait taire les journalistes, cela devint le titre officiel, alors qu'ils ne savaient même pas de quoi allait parler leur film suivant. Le plus drôle est que ce titre vient d'un délire alcoolisé ! En effet, durant la promotion de Holy Grail, Idle et Gilliam picolent à Amsterdam (ou Los Angeles, ou Paris, ils ne savent plus trop où en fait), les deux compères sont ronds comme des queues de pelles, et commencent à imaginer Jésus, charpentier, insulter les ouvriers ayant mal façonné sa croix, et malgré ses conseils, la malfaçon de la dite croix fait qu'elle ne tient pas debout, et Jésus finit le museau dans le sable...

5-Life of Brian
5.1-écriture
Les vapeurs dissipées, ils en parlent aux autres, et tous reconnaissent que c'est marrant, mais ce qui en ressort au final, dans un consensus général, est que Jésus était un bon gars, et qu'il n'a fait de mal à personne. En effet, la comédie à l'évidence pour le groupe se situait dans l'interprétation de l'Evangile. Dans le fait que d'un côté, nous ayons Jesus-Christ qui prêche un Evangile de paix, d'amour et de charité pour tous. Sauf que depuis 2000 ans, les gens n'arrêtent pas de se trucider et de se torturer car ils ne sont pas d'accord sur la façon dont il a dit ci ou ça, ou dans la manière d'interprétation telle ou telle déclaration.
Par ailleurs, d'après John Cleese (mais les autres sont tout à fait d'accord avec cela), on peut à la rigueur admettre l'existence de Dieu, mais quand on a Marie qui dit à Jospeh : "Je suis enceinte. Je ne t'ai pas trompé, c'est l'Esprit Saint qui a fait ça". Ensuite, on a Jospeh, qui va faire un tour au pub, et il dit à ses amis: "Je suis un peu contrarié à cause de ma femme tout ça... Mais tout va bien, car l'opération du Saint-Esprit". Et ses amis de répondre en cœur :
"Aaaaaaaaah, quel soulagement, tu nous a fait une minute!" Là, effectivement, il y a matière à rire.
L'anecdote de l'origine de l'écriture de la Vie de Brian est sujette à caution (comme chacune des anecdotes des Python puisqu'ils mentent comme des arracheurs de dents), mais toujours est-il qu'alors que Eric Idle est en vacances à la Barbade, et propose à ses amis de venir le rejoindre sur place, afin d'écrire le script loin des pressions de la vie de tous les jours, car Eric sait très bien qu'en restant à Londres, il en manquerait toujours un, occupé sur ci, ou ayant un rendez-vous pour ça. Mais c'est aussi un moyen d'échapper à la fureur du Festival of Light, qui a intenté un procès contre le magazine Gay News pour un poème.
Parlons dudit poème, et du magazine. Ce dernier est un magazine réalisé par des gays pour les gays de Grande-Bretagne, et qui n'est aucunement un outil de propagande, mais plutôt un magazine ciblé comme Têtu de nos jours. Le poème, quant à lui, raconte les réflexions d'un Centurion devant Jésus-Christ crucifié, et dont les blessures l'excitent passablement, et qu'il aimerait tant le serrer dans ses bras et s'occuper de panser ses blessures. Ce n'est finalement qu'une histoire d'amour (certes homosexuelle) pour Jésus. Et là, le Festival of Light (FoL pour faire plus court - et il n'y a aucun jeu de mots avec folle, quoique sa dirigeante l'était passablement mais bon), le Festival of Light disais-je, rue dans les brancards, avec à sa tête Mary Whitehouse.

-Petit Aparté complètement personnel : C'est assez drôle, le nom de cette association : le festival de Lumière, surtout au vu de l'obscurantisme patent de ses membres, non? Fin de l'aparté-
La liberté d'expression permet à l'auteur de ne pas être poursuivi, mais Whitehouse poursuit le magazine pour avoir publié ce poème blasphématoire. Elle gagne le procès, et déclara que cette initiative avait été lancée dans l'unique de tuer dans l'œuf d'autres initiatives de ce genre.
De leur côté, les Python s'en donnent à cœur joie, mais peu de choses en sortent au début, sauf le fait qu'on allait suivre Saint Brian, le treizième apôtre (idée reprise par Kevin Smith dans Dogma, où ce 13ème apôtre est noir !) qui arrive régulièrement en retard et tombe presqu'à chaque fois à côté de la plaque. Quelques choses drôles sont malgré tout écrites, comme Brian désirant réserver une table pour 13, pour la Cène, sauf que le restaurant est bondé, et on lui propose une table de six, et une autre au fond de huit, mais dans l'ensemble les thèmes ont du mal à sortir. Ils sont accompagnés de Keith Moon, l'exceptionnel batteur du groupe (tout aussi exceptionnel) The Who, qui est un admirateur absolu des Monty Python, et qui doit même tenir un rôle dans le film : celui d'un prophète fou (CQFD), les réunions sont détendus, et suivants les horaires de fonctionnaires anglais, une fois la journée, ils retrouvent Keith, pour faire la bringue. Toujours est-il que c'est dans ces réunions, que les idées, fusent, rebondissent, tout comme les suggestions, des scènes entières sont écrites en collectivité, bref on nage dans le cas d'école pythonien ! Au terme de ces réunions, l'équipe rentre à Londres, avec sous son bras (bon, d'accord, sous ses six bras), un script terminé. Etape suivante : les sous !

5.2-Financement
Avant de se mettre en quête d'un financement, les Python soumettent le script à un autorité religieuse, afin de savoir si l'ensemble n'est pas trop excessif, car vu le contexte, on n'est jamais trop prudent. Le religieux affirme (et même 20 ans plus tard!), que rien dans le film n'était blasphématoire, et c'est même lui qui a suggéré la scène de la lapidation! Ouf, tout va pour le mieux, et la troupe se dit que fort du succès de Sacré Graal, trouver un financement ne sera qu'une formalité... Que nenni !! En effet, le patron d'EMI, lors de la dernière réunion traitant de leur contrat, et déjà distributrice de leur premier film chipote beaucoup. L'agent des Python, John Goldstone exige une réponse claire : oui ou non? Et là le couperet tombe : c'est non ! Catastrophe, Terry Gilliam et Terry Jones sont en repérage en Tunisie, et l'équipe technique est en cours de réunion/embauchage. Pourquoi une telle décision? Tout simplement parce que le grand taulier d'EMI est Lord Delfont, qu'il n'est autre que le frère (il a changé de nom) du producteur Lew Grade, qu'on vient de féliciter pour la production de Jésus de Nazareth de Zefirelli. Lord Delfont ne voulait pas risquer un blâme par association, doublement douloureux au vu du triomphe de son frère...

Toujours est-il que la situation est catastrophique pour les Python, et (je fais au plus court), Michael Palin va suggérer à Eric Idle (le plus doué apparemment en affaires) de contacter son ami George Harrison, oui, oui, le Beatle, qui est un inconditionnel du groupe de comiques, et qui avait déclaré à la presse anglaise que les Monty Python étaient les continuateurs (à leur manière) des Beatles! Les Python ont besoin d'un budget de £2 millions, ce qui est bien entendu au dessus des moyens d'Harrison, mais Eric Idle envoie un exemplaire du script, et prend rendez-vous, on ne sait jamais... Arrivé sur place, Idle et Goldstone constatent que l'ex-Beatle a réuni l'argent ! Comment en hypothéquant sa maison, et en créant la maison de production "HandMade Films". Pourquoi? Parce que Geoge Harrison a adoré le scénario, et voulait absolument voir le film. Et comme en rit encore Eric Idle : "On n'a jamais payé une place de cinéma aussi cher!" Harrison prendra goût à la production puisque HandMade Films produira des films comme Bandits Bandits (de T. Gilliam), Mona Lisa de Neil Jordan, Shangai Surprise (avec Madonna qui remporta son premier Razzie Award pour l'occasion), L'hilarant Nuns on the Run (Mettons les voiles, avec Eric Idle et Robbie Coltrane), ou plus récemment : Arnaques, Crimes et Botaniques de Guy Ritchie!
On a le script, on a l'oseille, direction la Tunisie !

5.3-Tournage
Suite aux disputes incessantes concernant la réalisation durant le tournage de Sacré Graal entre Terry Jones et Terry Gilliam (qui a depuis tourné l'excellent mais méconnu Jaberwocky, avec Michael Palin), la décision est prise : Jones sera l'unique réalisateur, et Gilliam sera maitre à bord pour tout ce qui concerne l'esthétique, et la direction artistique, ce qui fût particulièrement judicieux vu son incroyable talent visuel, même si son perfectionnisme crasseux en écoeura plus d'un, avec ses animaux morts, pas de première fraicheur, et les vrais excréments dans les décors! Chapman est dans une forme olympique, et suite à une mauvaise chute, a compris que son alcoolisme était réellement nuisible, et a donc arrêté de boire. Comme ça d'un coup !! Keith Moon l'imite, et alors sous médicaments, il commet l'erreur de boire trop, et décède, une semaine avant le tournage. Mis à part ce drame, le tournage se déroule relativement bien, puisque pour les figurants, ce sont les locaux qui sont engagés, car si les Pythons ont réussi à utiliser les décors utilisés par Zefirelli dans son Jésus de Nazareth, ils utiliseront également les figurants ! Mieux encore, pour la scène de la lapidation, Terry Jones arrête un car de touristes anglaises, distribue des barbes postiches, et le tour est joué ! Alors que le film dispose d'un budget plus coquet que le précédent, ce n'est pas non plus une production hollywoodienne, plusieurs incidents surviennent, comme la caméra qui casse le premier jour de tournage (tout comme pour Sacré Graal), mais qu'à cela ne tienne, elle est promptement remplacée, et le tournage suit son cours, tandis que Graham Chapman les petits bobos de toute l'équipe technique et acteurs entre deux scènes!(n'oubliez pas qu'il fût étudiant en médecine). Les membres des Sacré Graal gardent un excellent souvenir du tournage de La Vie de Brian...

5.4-Casting
Pour le casting, les six fou-fous s'accordent plus ou moins sur la quarantaine de personnages qu'ils joueront, mais John Cleese crie haut et fort qu'il aimerait jouer Brian, car il n'a jamais joué un rôle qui dure tout un film, et qu'il aimerait en faire l'expérience. Personne n'est d'accord avec lui et c'est Graham Chapman qui endosse le rôle du "Pas le Messie". Cleese reconnaitra que cette décision était la bonne. Ils sont rejoint par leurs collaborateurs habituels comme Terence Bayler (que l'on reverra dans Brazil de Gilliam dans le rôle du présentateur télé, ou encore dans le premier film Harry Potter, dans le rôle du Baron Sanglant), mais aussi Carol Cleveland (déjà présente dans le Flying Circus), Charles MCKneown qui sera dans tous les films ou presque de Terry Gilliam (dans Brazil, il est "colocataire" de bureau de Sam Lowry par exemple), et je terminerais en citant Kenneth Colley, inoubliable Amiral Piett des épisodes 5 et 6 de la Saga Star Wars. Citons également Charles McKenna, collaborateur de Graham Chapman pour le film The Odd Job dont la première s'est déroulée pendant le tournage de La Vie de Brian, et pour finir, citons Andrew MacLachlan que l'on reverra dans beaucoup des projets solos de chacun des futurs-ex-Python.

5.5-Analyse
Tentons un peu de voir s'il n'y aurait pas deux trois petites bricoles acides sous cette comédie délirante... Car l'erreur de bergerie au début du film nous indique que la vie complète de Brian sera placée sous le signe de la confusion, on comprend très rapidement que Brian, est le parfait exemple de l'antihéros, toujours en fuite, ou se cachant, il est bien le seul personnage de tout le film a posséder ce que l'on nomme le sens commun face à sa mère tyrannique, à des Romains aussi débiles qu'imbus de leur personne, à des groupes d'extrémistes juifs, et surtout face à une foule en délire, prête à croire tout et n'importe quoi, en l'appelant aussitôt le Messie. Je ne tenterais pas de vous pondre un florilège des meilleurs moments ou réplique, tant ce serait tenter la mission de Don Quichotte, mais toujours est-il que les Monty Python ne font pas les choses à moitié, et parodient tous les genres confondus, alternant jeux de mots fins, et humour ras des pâquerettes, mais diablement efficace! Au sommet de ces moments d'anthologie, citons la mission de Brian au sein de son groupuscule indépendantiste, qui consiste à écrire sur le mur du palais de Pilate : Romains, rentrez chez vous ! Le pauvre Brian se fait surprendre pendant la nuit, par un officier romain, et lui fait corriger ses erreurs de latin comme en témoigne la capture ci-dessous. Notez que dans le jeu vidéo Fallout : New Vegas, on peut voir "Romanes Eunt Domus" (ce que Brian écrit avec les fautes) dans Cottonwood Cove (le coin stylé Romain & César).

Le Centurion lui donne ainsi une punition : recopie cent fois la phrase, ou on les lui coupe ! Et du coup, il passera la nuit à tagger le palais, parfois avec des lettres de plusieurs mètres! Immortel. Citons également le deus ex machina le plus improbable du cinéma : ou comment sauver son héros, chutant d'une tour, alors qu'il est poursuivi par des romains : En le faisant atterrir dans une navette spatiale d'extra-terrestres engagées dans une lutte intergalactique façon Star Wars.
Mais ce n'est pas tout, car l'ensemble du film donne un coup derrière les oreilles de l'imagerie d'Epinal du Nouveau Testament (avec les auréoles et tout le saint frusquin), les films bibliques et les péplums des années 50 (Les Dix Commandements et Quo Vadis en tête), ou encore mettent une petite tape sur la caricature de la mère juive possessive et tyrannique (mais dans notre cas, pas vraiment aimante).
La politique qui était déjà une source inaltérable de gags et de sketches dans le Flying Circus, s'en prend plein la courge, avec l'accumulation de groupuscules indépendantistes juifs, qui passent le plus clair de leur temps à voter des motions visant les autres groupuscules, qui finalement ne savent plus tellement pourquoi ils veulent que les Romains rentrent chez eux, vu que ces derniers leur ont apporté la médecine, l'école, l'aqueduc, le vin, la sécurité, et les routes pavées. Leurs noms sont déjà une source de rigolade, vu qu'ils ne sont que des variations des mots comme Le Front du Peuple de Judée, le Front du Peuple Judaïque, Front Populaire de Judée, le Front populaire Judaïque, et le pire : le Front Judaïque Populaire du peuple de Judée !! Les versions originales sont beaucoup plus drôles, je vus l'assure ! On croirait entendre le nom de parti politique, non? Toujours est-il que tous font référence aux divers mouvements de libération (je pense aux Palestiniens), qui fleurissent et ne s'affrontent qu'entre sigles différents.

Bon, ceci étant dit, il faut également parler de leur incommensurable capacité à voter des motions qui brille par la vacuité, visant du point de vue des Python, les partis gauchistes occidentaux, et surtout l'activisme intellectualisant de certains milieux dits intello, reprenant le phrasé marxiste tendance approximatif, en refaisant le monde, en lui faisant la leçon, mais sans jamais quitter sa table, ou sa demeure!
Voilà ce qui est assez exceptionnel avec l'humour anglais et avec les Monty Python : partir d'un sujet "lambda" pour traiter de tout autre chose ! Notamment la perte complète de libre arbitre de ce que je serais tenté d'appeler des moutons : être persuadé de suivre un messie, et voir en chacun de ses gestes un signe, et là je citerais le cas de la sandale perdue par Brian, un des suivants dirons-nous, la ramasse et crie : c'est un signe !! Il faut que nous portions une seule sandale !! La bêtise humaine dans toute sa splendeur ! Moi, ça me laisse pantois, pas vous? D'autant que Mandy, la mère de Brian leur dit !!
"He's not the Messiah !! He's a very naughty boy!" (Ce n'est pas le messie, c'est un très vilain garçon!), c'est également un clin d'œil à The Messiah d'Haendel.
Après, loin de moi l'idée de critiquer les croyants, les non-croyants, les extrémistes, chacun fait ce qu'il veut, hein, et croire en Dieu est déjà une preuve d'humour, car comme le disais Kevin Smith : Dieu a de l'humour, voyez l'ornithorynque...

Toujours est-il que la Vie de Brian se regarde comme une comédie barge, ou comme une satire des bigots, ou comme une preuve supplémentaire de leur athéisme. Non, plutôt de leur humanisme athée.
C'est Eric Idle qui déclarait que dans son pensionnat, il devait aller à la messe deux fois le Dimanche, et la paroisse était tenue par un prêtre de 76 ans (Idle avait une dizaine d'années), qui avait fait la première guerre mondiale. Un jour, un des enfants lui demanda s'il y croyait réellement, et le prêtre répondit : "très sincèrement, non, je ne crois pas que tout cela existe..." OK, suivant, on passe à autre chose : c'est que les Monty Python ont voulu montrer dans leur film : on n'y croit pas, alors autant se marrer !!
Bien entendu je ne peux taire certains passages, afin de renforcer mon propos, comme ce mendiant (incarné par Michael Palin), faisant la manche la manche auprès de Brian, en disant : une 'tite pièce pour un ex-lépreux? Et Brian de demander comment on peut devenir ex-lépreux (avouez que déjà l'idée est assez tordante dans son genre, ou alors n'y-a-t-il que moi qui aime de la religion? Ce à quoi répond Palin : Ben c'est Jésus, y m'a touché, et paf! guérri! Maintenant j'ai plus de boulot !! Je suis désolé, mais moi, ça me fait pisser de rire ! Parlons également des dernières minutes du film, où Brian, qui au final est un bon gars, va aider un pauvre homme à porter sa croix, vu comme il peine. Le type est surpris, dit merci, et se barre en courant, et c'est Brian qui sera crucifié ! N'oublions le geôlier, qui à chaque passage de détenus (qui vont tous se faire crucifier, ne l'oublions pas), demande : "Crucifixion?" "Oui". "Très, c'est par là, une croix par personne, s'il-vous-plait". On dirait un Maître d'Hôtel qui dirige les clients d'un restaurant. Déjà là, c'est drôle, mais quand l'un des condamnés réponds non à la question sur la sentence, le Romain est surpris: "Ah bon?" "Oui, oui, ils m'ont dit que je pouvais y aller, je vais aller habiter sur île" "Ah et bien voilà une bonne nouvelle! Ben... Vous pouvez y aller." "Naan, je déconne, crucifixion". Enorme, j'en ris encore en le tapant !

Je ne peux taire d'autres séquences que je cite brièvement, comme Mandy demandant aux Rois Mages de quel signe astrologique son petit Brian est, le Centurion correcteur d'orthographe, Bigus Dickus (Enormus Vergus quoi, oui, bon ben, grosse bite en latin sauce Python), qui occasionne des fous rires chez tout le monde, et je pense notamment au combat intérieur des légionnaires pour ne pas se marrer devant Pilate, qui a un léger défaut d'élocution : il remplace tous les R par des W, "it's widiculous !! swow him on the floow !! and slap him woughly !!" Citons la scène de lapidation qui est intégralement représentée par des femmes portant des barbes (puisqueles lapidations étaient interdites aux femmes), là je eoux vous assurer qu'on se fend la pêche ! Je pourrais vous en mettre des pleines pages, mais tout citer ne serait pas sympa pour ceux qui n'ont jamais vu ce film qui a inspiré les Nuls pour beaucoup de sketches du temps de Les Nuls : L'émission pour ne citer qu'eux...
Je ne vous en dis pas plus sur le film, car il FAUT voir ce film, et s'en faire sa propre idée.
Concernant la musique, ne vous inquiétez pas, il y aura un paragraphe consacré aux chansons...
5.6-Fol
Le tournage s'est bien déroulé, et le groupe rentre en Angleterre pour le montage. C'était sans compter sur les vicieux extrémistes qui composent le FoL (Festival of Light pour ceux qui aurait quelques lignes). Un des leur a chipé onze pages du script, et les font atterrir sur le Bureau du British Board of Film Censors. En signalant la scène (l'ex-lépreux) comme scandaleuse, et que Brian et sa mère Mandy sont des parodies de Jésus et de la Vierge Marie. Oui, sauf qu'on nous montre bien que Brian n'est pas Jésus (puisqu'il habite deux bergerie au dessus), même si l'amalgame peut être fait par un esprit mal intentionné, surtout que la mère de Brian est une prostituée "travaillant" pour les Romains. Afin de ne pas se faire pourrir le film, les Python demandent à l'avocat ayant défendu dans l'affaire de Gay News de donner son avis. Il émet deux petites réserves, que les Python demandent de passer sous silence, afin de rendre un rapport nickel chrome. Le film doit d'abord sortir aux USA, mais c'est la sortie anglaise qui préoccupe les Python.

5.7-Conséquences
Le film sort sur les écrans américains le 17 Août 1979 et est classé R !! Des groupes de religieux catholiques se font rapidement entendre, mais la première attaque est une surprise : le Président de l'Alliance Rabinique d'Amérique, le rabbin Benjamin Hecht (aucun rapport avec le romancier homonyme qui signa les scénarios de certains films d'Hitchcock comme La Corde ou L'Inconnu du Nord-Express). Ce dernier juge le film en ces termes : "Il est si gravement insultant que nous craignons véritablement que la poursuite de sa projection ne suscite des violences". Il continue en déclarant que ce film a dû être produit en Enfer même.
Le Conseil Luthérien suit le mouvement et qualifie l'œuvre de profanatrice, et l'Office Catholique condamne également le film, en ajoutant qu'aller le voir serait qualifié comme un pêché !! Le 16 Septembre, une manifestation incluant plusieurs religions arrive sous les fenêtres de la Warner (distributeur aux USA), et le Révérend Roger Fulton déclare que "la mère du Messie (Brian) est un homme déguisé en femme, en violation directe avec les saintes écritures". Le problème : presque personne de ceux qui le condamne ne l'ont vu ! Et là où je rigole, c'est que ces mouvements religieux ont fait une pub d'enfer (sans mauvais jeu de mot) au film, et deux ans après sa sortie aux USA, le film a rapporté $27 millions !
Le film doit sortir en Angleterre, et le Britisgh Board of Film Censors a autorisé la sortie du film, car la véritable autorité repose entre les mains des conseils généraux qui peuvent forcer un cinéma à ne pas projeter un film en particulier, et j'en arrive à un grand moment de toute cette controverse : A la télévision, John Cleese, et Michael Palin face à Mervyn Stockwood, Evêque de Southwark et Malcolm Muggeridge, ami personnel de Mary Whitehouse, dont l'émission religieuse avait été remplacée en son temps par le Flying Circus...
C'est un grand moment de télévision, car après un court extrait du film, le présentateur Tim Rice (le librettiste de Jésus-Christ Superstar), introduit les deux religieux. Stockwood arrive dans une toge épiscopale violette et un énorme crucifix en argent. Cleese, et Palin, courtois et raisonnables tentent d'apaiser la foule du public déjà acquise à leur cause. Les deux culs-bénis sont hautains, méprisants et insultants, et l'on assiste à une chose unique : Michael Palin en colère, bouillant de rage (lui qui est le diplomate de la troupe), qui va les remettre en place très finement. Par ailleurs les deux religieux se seront ridiculisés lorsque l'un des deux Python leur demandera s'ils ont vu le film : "non, mais on m'en a parlé". Affaire Classée.
Je suis sympathique et vous laisse vous délecter de l'émission en question : L'émission en VO non sous titrée.

Il ne reste plus qu'à attendre les verdicts des conseils généraux : certains l'autorisent, et d'autres l'interdisent. Chose drôle : certains conseils n'ayant pas de cinéma sous leur juridiction interdise quand même le film !! Et l'on se retrouve dans le même cas que lors de la sortie cinéma d'Emmanuelle, où les Espagnols traversaient la frontière française pour admirer la plastique de Sylvia Krystel : des bus entiers de spectateurs s'organisent pour aller voir le film dans un district ayant autorisé La Vie de Brian. Le plus fendard restant l'accroche du film en Suède : "Un film si drôle qu'il a été interdit en Norvège!".
Parlons de notre beau pays, vous savez, celui de la culture, de l'ouverture d'esprit, des droits de l'homme, et bien, nous nous retrouvons dans la même situation qu'aux USA, avec des manifestations de religieux n'ayant pas vu le film (De Gaulle l'a dit, les Français sont des veaux! - Les Deschiens), et ces mêmes extrémistes du Saint trucmuche iront jusqu'à brûler un cinéma du quartier Saint-Michel à Paris en 1988, parce qu'il diffusait La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese. Ouverture d'esprit quand tu nous tiens...
Ce qui est drôle, c'est que ces religieux fanatiques ont critiqué le film pour son blasphème alors que Jésus y apparait deux fois, la première dans sa crèche, et la seconde au sommet de la Montagne, pour le Sermon des Béatitudes. On y entend le prêche de Jésus-Christ, traité avec fidélité et respect, et c'est lorsque la caméra s'éloigne, s'éloigne et s'éloigne pour arriver sur la mère de Brian qui gueule (parce qu'il n'y a pas d'autre mot) : plus fort !! Donc ce n'est pas l'histoire de Jésus mais de ceux qui ont vécu au moment finalement, et Terry Jones déclarait que ce n'est pas un film blasphématoire, mais hérétique, puisque ce sont les dogmes qui sont pris pour cibles, et la façon d'interpréter la croyance (rappelez-vous : jésus dit de s'aimer et ça fait 2000 ans qu'on se fout sur la gueule pour un oui pour non).

Avouez qu'il y a de quoi se demander si ça vient du bon film, non?
5.8 - Musique
Comme à chaque fois que je rédige un article pour Planète-HD, je vais vous causer de musique, et ici, l'on peut dire que c'est important. Je commencerais par le score général du film, qui est d'excellente facture, et composé par Geoffrey Burgon, celui là même qui avait composé la superbe musique des Chiens de Guerre de John Irvin, avec Christopher Walken et Tom Berenger. Mais ce n'est pas sur son score épique qui n'a pas à rougir face à des poids lourds comme Miklos Rozsa pour Quo Vadis, quoiqu'ici c'est plus léger.
Je m'attarderais sur l'exceptionnelle musique du générique de début, aux accent jamesbondiens évident, dont voici les paroles, et leur traduction, afin que vous compreniez un peu de quoi je parle, parce qu'il faut imaginer que c'est que l'on voit très tôt dans le film, et qui va nous annoncer ce qu'on va voir durant l'heure et demie à venir :
Imaginez un peu : Sur fond de musique "à la James Bond", on nous sort une chanson aussi affligeante que débile : voilà du décalage, et une totale absence de prise de sérieux. D'ailleurs, le générique, avec cette chanson est accompagné des animations et dessins de Terry Gilliam, et l'on peut dire que ça a de la gueule ! La chanteuse, prend une voix à la Shirley Bassey, histoire d'accentuer le côté Bond. C'est énorme...

J'en viens maintenant à la conclusion du film : tout comme Sacré Graal, Les Monty Python ne savaient pas comment finir leur film, et c'est le troubadour du groupe, Eric Idle, qui écrivit la chanson "Always Look on the Bright Side of Life" (Toujours regarder du bon côté des choses), en à peine vingt minutes. Au ton joyeux, voire primesautier, cette chanson ne l'est en réalité pas du tout ! Désormais entrée au panthéon des musiques connues issues du cinéma, avec son légendaire air sifflé, elle reprend pour mieux les parodier et les passer au mixer, les codes des chansons typiquement moralisatrices des films d'animation Disney. Eric Idle prenant pour l'occasion l'accent "cockney" (pou les non initiés, cet accent est celui des cockney, soit un accent populaire dénotant une classe sociale basse. Les cockneys étaient les Londoniens issus de la classe ouvrière habitant l'est de la capitale anglaise, et ayant leur propre argot).
Cette chanson disais-je reprend les codes "à la Disney" avec la phrase "When you're chewing on life's gristle, Don't grumble, give a Whistle", ce qui renvoie directement au "Give a Little Whistle de Pinocchio. Ironie particulièrement cinglante, puisqu'à ce moment là du film, le héros est voué à une mort lente et douloureuse sur la croix.
Le contenu de la chanson est assez simple : les aléas de la vie ne tiennent à rien, et La Vie de Brian, perpétuellement à l'endroit où il ne devrait pas être, l'illustre de fort belle manière.
Cette chanson a eu une belle vie, puisqu'elle fût quinze durant la chanson la plus utilisée lors des enterrements au Royaume-Uni (alors que nous avons droit "Trouver dans ma vie, ta présence - c'est ça l'Angleterre : le second degré jusqu'au bout !), par ailleurs l'équipe de Manchester United prend cette chanson comme hymne du club au début des années quatre-vingt dix (comme quoi, yen avait au moins un de bien), Always Look on the Bright Side of Life devint la chanson finale de tous les spectacles musicaux des Python, détrônant la fameuse chanson du bûcheron (I always wanted to be a Lumberjack !). Notez que ces deux chansons apparaissent en final, lors de l'Opéra Pythonien : Not the Messiah (He's a Very Naughty Boy!)
La Chanson, rien que pour vous :

Oui, oui, ils dansent sur les croix...
6-what now?
Véritable délire aussi bien dans le ton que dans l'interprétatif (tout est signe), le fétichisme des reliques (les partisans de la sainte sandale contre ceux de la gourde sacrée), l'adoration moutonnière (les adeptes hurlant d'une seule voix : "Nous sommes tous des individus ! Nous sommes tous différents !"), l'absurdité ("Seul le véritable Messie nie sa propre divinité !") sont autant d'aspects qui n'attaquent pas tant les croyants que les fanatiques sans esprit critique ni libre arbitre. Faisant preuve d'une grande culture biblique (documentation oblige), les Monty Python critiquent la religion en tant qu'institution pervertissant le message véritable en s'attachant davantage aux symboles plus ou moins légitimes qu'à la parole. Irrévérencieux, diablement efficace, gags presque en continu sur tout le film, mais mieux scénarisé que Sacré Graal (beaucoup moins de non-sens par exemple), La Vie de Brian a pour lui de mettre un bon coup de pied au cul du fanatisme religieux, et à ses symboles qui n'en sont pas toujours.
Si le croyant trouvera peut-être le film blasphématoire, c'est d'humanisme qu'il est question ici, et de fous rires garantis (sauf pour ceux qui aiment Lagaf', et les autres relou... vous allez vous faire chier à cent sous de l'heure).
Indispensable, tout simplement, à montrer à toutes vos connaissances, et à revoir, car chaque visionnage nous permet de dénicher de nouvelles choses aussi drôles que terrifiantes (vu ce que les gags critiquent).
Pourquoi pas 9,5 ou 10? Tout simplement, parce qu'il faut laisser de la palce à Sacré Graal !!
Et souvenez-vous:
Always look on the bright side of life ! fiu-fiu, fiu-fiu-fiu-fiu, fiu fiu ! (sifflement).

N'y allons pas par quatre chemins : Je n'ai jamais vu La Vie de Brian avec une telle qualité ! Alors qu'à la base le film était particulièrement granuleux, on peut dire que Sony a fait un excellent travail sur ce titre. Il suffit de faire une petite comparaison avec le DVD de la même époque (l'édition immaculée) pour aussitôt s'apercevoir de la force des noirs sur le Blu-Ray et de ses couleurs beaucoup plus chaudes! Le niveau de détail est assez impressionnant compte tenu du matériel de base (rejetez un oeil sur le LD Criterion Collection pour comprendre, ou sur la première édition DVD zone 2 - celle avec le script papier), et l'on découvre des choses, notamment dans le marché, que l'on avait jamais vu ! On notera tout de même une tendance rougeâtre sur la peau et quelques artefacts ici et là, mais je le répète : ce disque est la meilleure façon de découvrir ou de revoir ce film.

Il y a trois pistes qui nous intéressent, et elles sont la VO en Dolby TrueHD 5.1, la VO en PCM 5.1, et la VF en Dolby TrueHD. Toujours est-il que si Sony a fait du très bon travail concernant l'image sur ce film, on ne peut pas en dire en autant du son : premièrement pas ou trop peu de différence entre le Dolby TrueHD et le PCM, et en plus de cela, c'est souffle, bande son étouffée, et parfois un peu rude, criarde. La musique ressort par contre et aussi surprenant soit-il, du lot, avec un générique de début sauf que ça manque de coffre, et l'impression est que l'no assiste à une bande son dont on aurait augmenté le volume, et ce pour les trois pistes précédemment citées. Voilà qui est bien dommage, mais je doute que le matériel original devait être dans un état assez piteux, et l'ensemble a une qualité assez typique de cette époque (la fin des 70's, le début des 80's).
Notez que la VF n'est pas la VF d'origine, puisque dans cet antique doublage (dispo sur la VHS), Michael Palin était doublé par Patrick Poivey, le doubleur français officiel de Bruce Willis. Qu'importe, les Monty Python, ça ne se regarde PAS en français, mais en VO sous titrée! J'en viens au sous titrage. Le problème est que le sous titrage n'est pas très fidèle au texte anglais, et s'il y a malgré tout de bonnes choses, les noms des factions dissidentes de Judée se retrouvent parfois avec les même traductions dans leur "appellation" ! Dommage que l'éditeur n'ait repris le sous titrage créé par Arte lors de sa diffusion à la télé, car là, on tenait quelque chose de fantastique et surtout de beaucoup plus fidèle !

Même si l'intégralité des bonus de ce Blu-Ray sont repris de l'édition DVD, dite Édition Immaculée, on ne peut que se réjouir de voir que Sony les a repris, puisqu'au moment de la sortie de ce film sur notre support préféré, les éditeurs ne maitrisaient pas encore l'espace de stockage des disques, et nous nous retrouvions avec des films aux bonus anémiés, voire intégralement absents ! Pas ici, heureusement.
Je déplorerais malgré tout l'absence du script intégral sous forme papier, disponible lors de la première édition DVD (et donc avant l’Édition Immaculée), mais bon, je chipote car si les différents suppléments sont tout simplement indispensable (je pense au documentaire et aux commentaires), l'éditeur nous inclue le script sous forme vidéo, et lue!
Pour le sous titrage des bonus et/ou des commentaires, il faut aller les chercher dans le menu des bonus et non dans celui des sous titres.
- Commentaire audio de Terry Gilliam, Eric Idle, et Terry Jones : Excellent commentaire audio plutôt orienté sur la technique, ce qui n'est au final pas très étonnant au vu de la présence de Gilliam et de Jones, ainsi que celle du "troubadour" Eric Idle, auteur de la fameuse chanson. Bien que je soupçonne que ce commentaire soit en réalité trois pistes audio séparées et mixées entre elles, il faut reconnaitre une totale absence de langue de bois, ce qui, premièrement, nous change, et deuxièmement est très plaisant! On y entend notamment la rivalité entre Jones et Gilliam sur le contrôle du film. Passionnant tout simplement.
- Commentaire audio de John Cleese et Michael Palin : Un second commentaire nettement plus orienté vers les généralités. Cleese et Palin explique par exemple qu'il y aurait eu 4 pôles d'écriture composés des duos Cleese/Chapman (comme au bon vieux temps de Cambridge), Jones/Palin, alors que Idle et Gilliam écrivaient chacun de leur côté. Aussi intéressant concernant leur façon de travailler, mais plus léger, plus frais que le premier commentaire.
- Galerie de Photos : Courte vidéo (1'48") montrant des photos de tournage, plutôt sympathique, mais j'aurais aimé des commentaires ou plutôt des souvenirs des personnes y figurant (sauf Chapman bien entendu).
- Documentaire : "L'histoire de Brian" : ATTENTION !! Posséder ce Blu-Ray et ne pas regarder ce documentaire serait qualifié de blasphème, que dis-je d'hérésie ! En effet, j'aimerais tant que chaque film que je teste propose tel documentaire, car durant une heure ou presque, l'équilibre est tout simplement parfait, ne serait-ce que dans le débit d'informations, qui est assez élevé. Alors on pourrait reprocher quelques répétitions avec les commentaires, mais franchement c'est un plaisir de voir ce mélange d'images d'époques, d'interviews datant de la promo du film, voire d'images beaucoup plus récentes, le tout dans une décontraction inégalable. Tout simplement fabuleux, une mine d'or que tout fan des Monty Python se doit de regarder, et d'apprendre par coeur !! Intérro flash-éclair, un quart de feuille suffira, je ramasse les copies dans une heure !
- Lecture du Script : Si l'éditeur n'a cru bon d'insérer le script papier, alors il nous est fourni sous sa version lue !! Le langage y est plus vert que dans le film, car les grossièretés étaient adoucies durant le tournage même, par les Python eux-même, mais ça reste du Monty Python, et même les descriptions sont marrantes, 1h40 de bonne poilade, prouvant que la force des mots des Python est encore intacte. Par contre, concentrez-vous sur le texte, car le soutitrage laisse parfois à désirer dans sa traduction...

- 4 Spots Radio : Mise en garde : ce bonus pourrait être dommageable pour votre mâchoire, tant c'est drôle, alors ne venez pas vous plaindre si vous vous la décrochez... En effet, ces quatre spots promo du film m'ont tiré des larmes ! Voici ces spots:
- Mme Cleese : La maman de John, Muriel nous explique qu'elle a 102 ans, et qu'elle vit dans une maison de retraite où elle se sent bien. Son fils lui a dit que si son dernier film, La Vie de Brian ne marchait pas, il ne pourrait plus continuer à payer sa maison de retraite, et partir de là, ça la tuerait, alors aidez Mme Cleese, allez voir La Vie de Brian !
- Mme Idle :La maman d'Eric dit que son filsjoue dans un nouveau film. Elle n'a pas vu son fils depuis longtemps, car il doit rester dans les Caraïbes pour payer ses impôts. Malheureusement Eric ne pourra en Angleterre que si le film marche vbien, alors faut aller le voir, d'autant qu'elle garde le fills d'Eric, et qu'il n'a pas vu son père depuis longtemps...
- Mme Gilliam :La maman de Terry dit qu'il faut aller voir le dernier de son fils. Elle ne l'a pas vu parce que ce serait trop difficile à expliquer aux membres de sa chorale...
- Le Dentiste de Michael Palin :Le dentiste de M. Palin nous explique que les dents de Michael sont un état pitoyable, mais que les soigner toutes, coùte cher, alors si vous voulez que Michael Palin puisse garder ses dents dans sa bouche et non dans le bac du dentiste, il faut aller voir ce film!
- Scènes inédites avec Commentaire Audio Optionnel : Au nombre de 5, ces scènes ont été enlevées par problème de rythme mais mis à part les deux dernières, elles sont carrément géniales, surtout que nous avons droit à l'énormissime scéne coupée prétendument perdue d'Otto, que les Python avait enlevé en s'auto-censurant. Les commentaires expliquent pourquoi ce sscènes ne figurent plus dans le film, et la qualité image et son va de moche à affreux.
- Les Bergers (4'28") : Trois bergers s'extasient sur leurs moutons, comme quoi ce sont de bonnes bêtes, calines et tout, alors que derrière eux, passe l'étoile qui annoncer la naissance de Jésus-Christ, et eux s'en battent l'oeil comme jamais, ce qui important, ce sont leurs moutons. Et c'est bel et bien ce qu'ils pensent de leurs moutons qui est ici hilarant!
- La Femme de Pilate (2'30"): Deux groupuscules dissidents se rencontrent dans des sous-sols, Campaign for Free Galilea et ceux People's Front of Judea (le groupe où est Brian). Ces deux groupes ont la même idée : kidnapper la femme de Pilate, et demander rançon, mais comme ils ont la même idée, ils commencent à se mettre sur la tronche, et Brian crie : "Nous devrions unir nos forces contre notre ennemi commun, ce à quoi les chef répondent en choeur : "The Judean People's Front !! Bon déjà à, c'est marrant, mais ça se corse après avec la tentative de kidnapping de cette "femme", qui tient plus du catcheur chevalin que de la femme comme on se l'imagine, du coup, elle vire tout le momnde à grand coup de pompe dans l'oignon!
- Otto (4'26") :LA meilleure scène coupée, mais aussi une scène qui sans ne jamais avoir été intégrée au film est devenue culte, par son irrévérence! En effet, Brian se morfond et il est approché par un guerrier au look un peu ottoman, mais dont le casque arbore une étoile de David gammée !! Il s'agit d'Otto, chef d'un groupe de Kamikaze intégriste juifs, qui ne veulent qu'une chose : laver la Judée de tous ces sangs impurs ! Il affirme à Brian qu'ils sont doués, et peuvent se suicider en 20 secondes! Brian est surpris et Otto croit qu'il doute de cette rapidité. Alors il ordonne à ces ouailles de s'enfoncer leur épée dans le plastron. Otto, tout fier, montre à Brian qu'ils sotn tous morts, quand on entend un des guerriers lacher une caisse : en fait, aucun d'entre eux n'est mort, car ils croyaient que c'était un exercice, et que pour simuler le sang, ils ont utilisé des vessies de moutons. Otto est furieux et leur donne leur punition : manger des saucisses de porc ! Franchement, c'est hyper drôle mais, pour le coup, vu les problèmes avec les personnes d'obédiance judaïque, ils ont bien fait de la couper (la scène hein!).
- Le Signe qui est le signe (1'14") : Après la scène d'Otto, attardons-nous sur cette scène qui était une scène coupée de la scène coupée précédente( ah ben ce sont les Monty Python hein !). Là, Otto réclame le signe qui est le signe, et Eric Idle en extrémiste juif est à se faire dessus !
- Souvenir de Vendeur (0'37") : Tandis que Brian, croyant bien faire porte la croix d'un condamné, et s'est donc bien fait avoir, Judith le voit s'éloigner, et à peine s'arrête-t-elle qu'elle est apostrophée par un vendeur qui veut lui vendre des rideaux et des crucifix souvenirs.
- Bandes Annonces : Deux malheureuses bandes annonces qui n'ont malheureusement aucun rapport avec le film, mais le blu-ray, puisque la première est la B.A de Rencontres du Troisième Type édition 30ème anniversaire (1'29"), et un spot publicitaire pour le format bleu, avec lequel je suis surpris à chaque fois : comment ont-ils réussi à en vendre en vantant les mérites d'un format en montrant des extraits d'Ultraviolet, Hitch, ou Ghost Rider ? :) (0'29")

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Commentaires
Je crois que la diffusion matinale des flying circus en VOST sur FR3 durant l'été 91 avait pas mal contribué à familiariser le (jeune) public français d'alors avec cet humour so british. Si je ne m'abuse, il s'agissait là de la première diffusion de cette série dans l'hexagone, non?
En tout cas, même si Spamalot et Not the Messiah triomphent à broadway, l'esprit python manque au 7ème art!
ps: si vous aimez Holy Grail et les "vraies" comédies musicales (comprenez: pas les productions françaises ridicules qu'on nous sert tous les ans depuis Notre-Dame de Paris!!), si vous êtes anglophones, et si vous passez à Londres prochainement, offrez-vous des billets pour Spamalot: grosse poilade garantie!! je n'ai jamais autant ri au théâtre!
Et quelque chose me dit que Jérémy validera mes dires!
J'ai également acheté le BluRay il y a peu et ça sera avec plaisir que je me marrerai une n-ième fois :D.
@Tous : Effectivement, je confirme que c'est absolument fabuleusement drôle, et que si j'abhorre les comédies musicales "Live", je dois bien avouer que celles des Monty Python sont hilarantes.




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