L'île - Le test blu-ray
Publié le 2011-06-01 13:33:14 par Remy
7/10
7.5/10
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Monter le projet d'un film à son terme n'a rien d'aisé. Parfois, ça se passe très bien et très vite mais il ne faut pas se voiler la face, c'est le plus souvent quelque chose qui se rapproche de l'enfer. Et parfois, cet enfer dure très longtemps.
Ça c'est probablement ce qu'a dû se dire Olivier Boillot quand il a pu mettre un terme à son projet cinématographique, L'Île- Les naufragés des terres perdues.
Le tournage du film a débuté en 2007 et s'est vu s'étendre sur quatre ans. Quatre ans où le jeune réalisateur et son équipe ont surmonté différents obstacles pour pouvoir proposer le spectacle dont on peut profiter maintenant. Mais les choses n'ont pas été très faciles et le film a bien failli ne jamais voir le jour. Pour faire simple, disons que le projet n'a pas connu les méthodes de production habituelles. En gros, il s'est un peu fait sans une thune, enfin sans la thune d'une boîte de production ou d'un distributeur qu'on pourrait voir sur ce genre de projets, puisqu'ici l'argent vient d'un fond 100% privé, issu d'entreprises du Rhône-Alpes.
Forcément, les méthodes de travail vont être différentes puisqu'il va falloir composer avec de l'argent qui ne sera pas présent en très grande masse, en gros, il va falloir prendre son temps, quitte à arrêter le tournage pendant un long moment à cause du budget. Mais chemin faisant, le film se fait petit à petit dans la sueur, dans la fatigue. Le genre de projet pour lequel on ressent une immense fierté lorsqu'on le termine. C'est donc dans cette idée là qu'il faut appréhender L'ïle. Il ne faudra pas attendre quelque chose pouvant subir la comparaison avec des cadors du genre. Enfin, si toutefois ces cadors existaient dans le cinéma français.
Ben oui, des films d'aventures de ce genre là, je n'en ai pas vu beaucoup dernièrement. Non parce que désolé mais Le Prince du Pacifique d'Hervé Palud ou L'île aux trésors d'Alain Berberian n'ont pas du tout l'once d'intérêt que peut avoir le film de Boillot. Et pourtant ce dernier n'est pas exempt de défauts, faut pas demander.
L'Île nous narre l'histoire de trois hommes dont l'avion a été abattu au-dessus de l'Océan Atlantique pendant la seconde guerre mondiale, en 1942. En dérivant, le trio va s'échouer sur une île qui semble déserte mais un monstrueux cri va éveiller leur curiosité et ils vont décider de s'aventurer dans l'île pour en savoir un peu plus. Plus ils avancent et plus les secrets les plus sombres de l'île se font jour.
On baigne donc clairement dans une ambiance de films d'aventures mais plus on avancera, plus on se rendra compte que l'on est en fait dans un joli mélange de genres où les références seront nombreuses.
Pas besoin de faire un dessin, la première vraie référence qui saute aux yeux est celle de Lost. Des gens qui s'échouent sur une île, des bruit suspects, des mystères qui iront de paire avec la découverte des lieux. Bref, on a connu référence plus subtile mais rien de méchant, ça reste relativement bien carré pour que ça ne déborde pas trop dans le fan-service. Personnellement, j'y ai aussi vu d'autres clins d'oeils comme ceux à certains jeux-vidéo.
Bien avant de voir le film, la cover me faisait furieusement penser à Bermuda Syndrome, un jeu d'aventure mettant en avant le principe de voyage dans le temps où l'on devait s'échapper d'une île infestée de dinosaures (et très étrangement, le pitch de départ est le même que le film). On pourrait aussi y voir un hommage à la saga de jeu-vidéo pour autiste, Myst ou encore, L'Amerzone mais là, c'est un truc de puristes.
On retrouvera également d'autres références / hommages / clins d'oeil et pas qu'au jeu-vidéo. Comment ne pas penser à Jules Verne avec toute l'imagerie de l'aventure, de la découverte de l'inconnu ? Pas pour rien que l'écrivain est remercié dans le générique de fin.
Mais les références c'est bien joli mais ça n'a jamais fait un film et bien justement, on évite quelque peu l'écueil ici. Quelque peu puisqu'en fait à trop vouloir mettre des références, on se perd un peu, une impression d'éparpillement se fait sentir mais malgré tout ça, le film dispose d'une vraie personnalité, d'une touche qui lui est propre. Alors c'est vrai que pour certains spectateurs ça peut-être un vrai mauvais point, il n'y a qu'à voir comment Gans est accueilli chez nous (ben ouais les Indiens font du Kung-fu et alors ?) mais, si ça fait kiffer un mec de rendre hommage à Lost ou à Jules Verne, libre à lui, à partir du moment où c'est bien fait, pas lourd ou que ça ne bouffe pas le film.
Personnellement j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures de ces trois-là. Ce n'est pas un chef d'œuvre du genre, ni quelque chose d'inoubliable mais j'ai senti un savoir-faire loin d'être honteux. Et puis il y a de l'envie, les mecs derrière le film sont contents d'être là, ils sont contents de pouvoir exercer une passion et d'en faire profiter les autres. C'est pas tous les jours qu'en France on a un projet de ce genre. D'autant que l'histoire est intéressante à suivre et est prenante.
Bon peut-être pas forcément du début à la fin, il y a un problème de rythme (les flashbacks ne sont pas forcément très bien intégrés au reste, à la limite, ils sont un peu inutiles) au tout début et à la moitié du film, on a l'impression qu'ils avaient une autre idée en tête, en résulte un côté légèrement nébuleux sur certains points mais encore une fois, c'est intéressant et plutôt surprenant. Parce que là où on attendait un film d'aventures en bonne et due forme, on se retrouve devant un film aux bons relents de SF. Et que dire de ce moment où le film basculera dans la gravure animée ? Une vraie approche artistique et au vu du film, c'est quand même un poil couillu. Mais c'est pareil, c'est pas l'idée que les gens retiendront en premier, dans ce monde où le tout numérique commence à avoir plus de poids qu'une idée toute simple de scénario. Que voulez-vous ma petite dame, les temps changent.
Pour faire court disons que le film plaira aussi bien aux spectateurs qui aiment l'aventure, les mystères, la SF, le suspens ou encore les histoires d'amour. C'est un peu tout ça à la fois L'Île et c'est foutrement sympathique.
Bien évidement, des défauts il y en a. Comme je le disais plus haut, il y a certains problèmes de rythme (forcément avec quatre ans de tournage, à un moment je peux comprendre que les idées s'enchevêtrent...) et le fait de vouloir trop en mettre. On pourra également noter quelques effets-spéciaux pas forcément du meilleur goût (notamment certaines séquences de rêves d'un des personnages) et une fin qui est peut-être un poil évasive ou encore le traitement de personnages qui pourrait sembler expéditif. Rien de vraiment gênant en soit ou de pénalisant. Disons qu'il pourrait s'agir là de défauts peut-être dûs à un manque d'expérience ou inhérent au système de production. En gros, le réalisateur a peut-être été un peu trop libre. Enfin ça, c'est bien la preuve qu'il s'agit là d'un film indépendant et qu'Olivier Boillot a fait ce qu'il a voulu, ce qu'il a jugé bon pour son film. Libre à lui, ou non, de prendre conscience de cela et de le modifier pour un autre projet. Et peut-être que je serai le seul à voir cela. Question de ressenti j'imagine.
Niveau acteur, ne vous attendez pas à retrouver de la grosse star bankable. Ici les acteurs sont tous inconnus du grand public. Quoi qu'il en soit, chacun propose quelque chose de correct sans jamais surjouer et chez eux aussi, on voit qu'ils ont fait ça avec plaisir. On pourra donc compter sur la présence de Michel Béatrix qui incarnera Albert le personnage le plus âgé du groupe, sur Jérémy Duplot qui sera Pierre le personnage le plus jeune et aussi l'un des plus fragiles, qui n'a pas l'air d'être totalement adulte ou encore sur Kaddour Dorgham qui jouera le viril Franck, l'homme à poigne du groupe, celui qui prendra les décisions même si elles pourront amener la perte du groupe. Pour les spectateurs qui aiment bien les look-a-like, Kaddour Dorgham a un petit air de Jean-Pierre Martins. De rien c'est gratos. On pourra clore le paragraphe du casting en parlant de Cyrielle Debreuil qui a un rôle que je ne peux dévoiler ici.
Avec ces multiples casquettes de scénariste / producteur / réalisateur / monteur, Olivier Boillot a mis du temps à sortir son film, beaucoup de temps et également à le terminer (presque deux ans de post-prod'). Par la force des choses, le jeune réalisateur a dû attendre avant de pouvoir faire retentir le clap de fin mais au final, il peut être content du travail qu'il a accompli. Certes c'est loin d'être parfait mais c'est une très belle entrée en matière dans le monde du cinéma. Pas loin du tableau d'honneur mais de sincères encouragements. En attendant son nouveau projet, s'il n'a pas été dégoûté du milieu.
Saluons déjà l'initiative d'Emylia qui a su prendre le risque et l'envie de sortir ce film. Commençons par les choses qui fâchent, on est en présence de 1080i mais rien de vraiment dramatique, ni de gênant.
Le film se passe souvent dans la pénombre et le transfert s'en sort fort bien, sans présenter de grains surabondant. C'est détaillé, avec de jolies couleurs, l'image semble quand même un poil trop soft par moment et la profondeur de champ m'a semblé également bouché à certains endroits.
Néanmoins, le résultat final est très plaisant et n'a rien de honteux.
Pour l'audio c'est un peu moins réussi et pour une simple et bonne raison, c'est qu'il faut monter le volume en conséquence si l'on veut entendre les dialogues. Ils sont assez faibles et se font quelques fois bouffer par le reste des sonorités.
Plus on avance dans le film et moins le problème se fait ressentir mais ne vous attendez pas à quelque chose de vraiment énorme niveau audio. Le film ne s'y prête pas vraiment, mis à part les quelques bruits de férailles et de monstres, rien de vraiment puissant. Dommage donc que les dialogues soient un peu étouffés. C'est peut-être dû à la musique qui elle est trop forte (mais qui est très intéressante et très à propos).
Encore une fois, ile ne faut pas se focaliser sur ces défauts, ils sont là mais n'empêchent en rien le plaisir d'immersion. Disons que cela aurait pu être bien mieux rendu.
La seule piste proposée sera une DTS HD MA High Resolution 7.1, comme à l'accoutumée avec l'éditeur. Et chose intéressante, ils proposent des sous-titres français.
L'Île est disponible dans l'offre triple play d'Emylia. On retrouvera donc le DVD du film, la copie digitale et ce qui nous intéresse ici, le Blu-Ray. A savoir que le Blu-Ray contiendra des bonus qui ne sont pas sur le DVD. Et pour une fois, il ne s'agit pas d'une galerie ou d'un trailer. Tous les bonus sont proposés en HD.
- Commentaire audio du réalisateur et des deux acteurs principaux : Les trois intervenants ne sont pas avares en anecdotes, ils reviennent sur le long processus de création du film, l'expérience que chacun en a tiré. C'est intéressant et sans temps mort.
- Les secrets de L'Île (HD, 20 mins) : Ce documentaire, scindé en deux parties, fait office de making-of. Ici on verra que les décors naturels cotoient les plans numériques, on pourra constater aussi que certains décors ont un côté maquette en coupe transversale, ce qui permet de pouvoir filmer l'action comme il se doit. Un documentaire sans langue de bois, pas promo. On sent bien que c'est bourlingue mais que l'ambiance a été très bonne. Petite surprise avec la présence rapide de Stéphane Margot aka Calogrenant dans Kaamelott.
- Post-production (HD, 11 mins) : Où l'on reviendra sur la création musicale en plein enregistrement et sur un comparatif montrant ce qu'apportent les effets spéciaux.
- Scènes supprimées (HD, 3 mins) : Rien de très palpitant, si ce n'est une fin différente faisant écho au début du film. Rien qui vous fera relever en pleine nuit.
- Anecdotes du photopgrahe de plateau (HD, 5 mins)
- Galerie d'images de plateau
- Galerie sur la recherche graphique
- Notes de production
- Bonus caché : Bêtisier (2 mins) : Pas franchement indispensable mais c'est toujours marrant de se casser la tête pour savoir où se trouve le bonus. Vous voulez le savoir ? Vous allez rire mais je ne me souviens plus de la manipulation... Non mais sans déconner en plus (cela dit, c'est assez facile à trouver).
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Commentaires
Tu m'as donné envie de le revoir tiens, et dire que je l'avais dans les mains y'a pas si longtemps
Enfin bref, je pense que ça peut vous plaire !




























































































