L'âge de raison - Le test blu-ray
Publié le 2011-02-17 10:07:08 par FloP...
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7/10
5/10
2/10
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Avant toute chose, sachez que je mets une note parce qu’il faut bien en mettre une... C’est le jeu, la règle, la contrainte… Et cette note est une moyenne, la plus petite et la plus grande additionnées, la somme divisée ensuite par deux… Parce que ce film, on peut l’adorer (8/10) ou le détester (2/10). De là où je suis – assise en pyjama sur le canapé – je lui trouve un certain nombre de charme, de jolies trouvailles, quelques très beaux cadrages et des images de rêve… Mais pas seulement, et c’est là que le bât blesse (comme je suis en pyjama je ne risque pas grand-chose côté bas, qu’ils soient en résille ou en nylon). Voilà pour l’incipit.
Avant d’aller plus loin, il va de soi que les allergiques épidermiques à Sophie Marceau peuvent passer leur chemin : ce n’est assurément pas dans ce film que les fervents opposants à l’actrice lui trouveront les qualités qu’ils attendent d'une comédienne et qui ont avec elle cessé d’en attendre… Elle y fait plus que jamais sa Marceau (et quel dommage, voire quelle hérésie, que son nom rappelle tant celui du mime du même nom).
Après Jeux d’enfants et My Sassy girl (tourné aux États-Unis), L’âge de raison est le troisième long-métrage de Yann Samuel. A 46 ans, le réalisateur est encore un débutant en quelques sortes, encore jeune, frais, neuf, à peine sorti de l’œuf… une jeunesse dans le métier, un manque d’expérience aussi sans doute qui rendent pardonnables bien des défauts que son film me semble présenter… A commencer peut-être par le choix de l’actrice principale. J’aime énormément Sophie Marceau. Je la trouve gracieuse, rayonnante, belle… mais son jeu, ses mimiques faciales surtout, m'ont semblé ici bien factices. Et certaines scènes en pâtissent énormément, sombrant dans une fausseté malvenue quand on traite de l'enfance et de la tendance singulière qu'ont les petits à prendre à bras le corps et très aux sérieux les fruits de leur imaginaire. Des scènes donc totalement exemptes de crédibilité quant au contraire elles auraient dû transpirer le vécu, le réalisme, l’habité… Dommage.
Le second point exaspérant du film outre le jeu – voire le Je - de Sophie Marceau, est la (sur)présence de la langue anglaise : je m’explique – ou vais tenter de – avant que vous ne fondiez sur moi tels des faucons (crécerelle plus que maltais). Marguerite Flore (le personnage (sur)joué par Sophie Marceau) est une femme d’affaires, donc parfaitement bilingue, qui a une relation avec l’un de ses collègues de travail, Malcom (Marton Csokas, Le seigneur des anneaux, La mort dans la peau, Kingdom of heaven). Comme il est Anglais, Malcom et Marguerite se parlent tantôt français tantôt anglais, et le texte d’être sous-titré, nous faisant profiter de l’accent frantish (français faussement british) de Sophie Marceau. On peut aimer… ou pas ! A vous de voir.
Michel Duchaussoy joue, et avec quel talent, quel âme, ah c’est autre chose que… enfin bref, il est Mérignac, le notaire. Le monsieur a, vu son grand âge, une longue filmographie. Il a pas mal tourné pour la télé et c’est bien un comédien estampillé français mais dans le bon sens du terme, au sens noble, celui de la génération d’un Pierre Vaneck. Son visage et sa voix sont en soi une carte de visite : tous les réalisateurs devraient se l’arracher avant qu’il ne soit trop tard. Il apporte sans doute au film un surcroît non négligeable de consistance.
Jonathan Zaccaï (Le rôle de sa vie) joue Philibert (j’adore ce prénom qui me rappelle le personnage dans Ensemble c’est tout, adaptation par Claude Berri du roman éponyme d’Anna Gavalda). Il a un regard ce gars… que le Blu-ray met à l’honneur ! Mais c’est tout ou presque, tant on le voit peu, le film étant essentiellement centré sur Sophie Marceau et Marton Csokas.
Petit tour d’horizon pourtant des seconds rôles : Alexis Michalik (5 films contre l’homophobie de Rodolphe Marconi, Sébastien Gabriel, Pascal-Alex Vincent, Xavier Gens, Céline Sciamma) joue sur un registre comique l’assistant de Marguerite, sorte d’amoureux discret et transi ; Emmanuelle Grönvold (Jeux d’enfants) joue De Lorca, la supérieure hiérarchique de Marguerite ; Thierry Hancisse (La bûche de Danièle Thompson, Le candidat de Niels Arestrup, Coupable de Laetitia Masson) est Mathieu, le frère de Marguerite, joué enfant par Jarod Legrand ; Roméo Lebeaut incarne Philibert enfant ; Déborah Marigne la mère de Marguerite ; Emmanuel Lemire le père et une mention spéciale à la touchante Juliette Chappey qui joue Marguerite enfant et est la voix off du film.
Si le scénario est le fait de Yann Samuel, le script sur lequel s’est appuyé le réalisateur est de Rachel Corlet-Soulier qui était déjà derrière le scripte du Hérisson, adaptation par Mona Achache du livre de Muriel Barbery, L’élégance du hérisson.
La maquilleuse Nurith Barkan (De l’autre côté du lit, Belphégor Le fantôme du Louvre) aurait pu être un peu plus inspirée et faire un effort de crédibilité sur la scène du puits… Entre les vagues traces de poussière et le jeu de Sophie Marceau la séquence frise le ridicule.
Encore une chose qui m’agace dans ce film : le titre. Bon ce n’est pas méchant hein quand je dis que ça m’agace. Ça n’est pas fondamentalement rédhibitoire, c’est juste un brin exaspérant, ça irrite un peu, c’est urticant, voilà ! Juste parce que ça me rappelle le plus mauvais des deux volets du Journal de Bridget Jones… Pourtant le titre se justifie sans doute davantage dans le film de Yann Samuel que dans celui de Beeban Kidron. Sept ans, c’est l’âge que l’on dit de raison, c’est celui où le personnage enfant de Marguerite Flore décide de grandir, de devenir une adulte. Donc le titre de Yann Samuel se tient. Seulement voilà, il a le désavantage de passer derrière, de venir après.
Il vient aussi – et ça se sent – après Le fabuleux destin d’Amélie Poulain qui semble l’avoir plus qu'inspiré. Combien de plans rappellent le film de Jean-Pierre Jeunet… sans parler du rapport à l’enfance. Il faudrait peut-être souffler au réalisateur d’Alien, la resurrection cette idée : faire revenir Amélie sur les écrans quand elle aura la quarantaine pour voir ce qu’elle est devenue.
La ritournelle, chanson du générique, interprétée par Lisa Mitchell a été composée par Jean-Philippe Verdun. C'est le genre de chanson qui, dans la bande-annonce, peut nous faire penser : ah tiens il a l'air sympa ce film... le genre de chanson qui, lorsqu'on l'entend la première fois à la radio nous fait dire : elle est sympa cette chanson... le genre qui au bout du vingtième passage sur les ondes FM nous donne envie de péter la guitare sur la tête de la chanteuse...
Cyrille Aufort est derrière la bande originale… et la bande originale est derrière le film... faut croire qu'il a fait écran le film parce que j'ai pas entendu la B.O...
Je dois être franchement stupide aussi je fais appel à vos lumières : quelqu'un pourrait-il m'expliquer le pourquoi du comment du fait que Marguerite passe une partie de son temps à regarder les photos de femmes célèbres et à en dire le nom comme si elle participait à un jeu télévisé ? Marie Curie ? Marie Curie ! Sont-ce les femmes auxquelles elle voudrait ressembler ? Se sent-elle plutôt Elisabeth Taylor un jour, Mère Thérésa le lendemain ? J'ai pas compris... Comme un cheveu, bien long, bien noir, dans la soupe...
Dans l’ensemble L’âge de raison est un film français, pas forcément dans le bon sens du terme, avec quelques pépites mais qu’est-ce qu’il faut en drainer, en tamiser, en draguer de la terre pour les trouver ! Beaucoup des acteurs sont issus de la télé et, comme ce n’est pas la première fois que je constate qu’un film moyen va chercher une partie de sa matière première dans le petit écran, je finis par penser qu’au lieu de mettre le cinéma à la portée de tous, la télé envahit l’écran et tel un cancer détruit le cinéma de l’intérieur… Faites que ce constat un peu pessimiste ne soit que le fruit de mon esprit sans doute trop intransigeant.
Avant d'aller plus loin, sachez que ce qui va suivre est, disons, de l'ordre de l'élucubration mentale... Aussi votre lecture peut s'arrêter là.
Parmi les quelques qualités que je trouve malgré tout à ce film, il y a l'apparent souci du réalisateur de construire quelque chose. J'ai noté l'opposition entre la brune vêtue de noir (Sophie Marceau) et la blanche (parce que vieille et non parce que trop blonde) vêtue de blanc (Emmanuelle Grönvold)... Ici le noir ne semble pas, en opposition au blanc, raconter le mal contre le bien : le froid, le distant est autant incarné par l'une que l'autre couleur. D'ailleurs tout l'univers professionnel des deux femmes est fait de blanc et de noir. Tout est froid, chirurgicale. La transparence du verre qui permet à la lumière naturelle d'éclairer les bureau ne raconte pas - bien au contraire - la transparence des attitudes : seul le ciel gris, couvert, filtre. Jusqu'aux peintures, qui pourraient amener de la vie dans cet espace ultra moderne, se font insensibles, froides, invisibles à force de transparence. Je trouve vraiment intéressant cette présence excessive de la transparence comme matière dans un lieu où la transparence morale n'a pas cours.
L'espace professionnelle de Marguerite tel que le réalisateur l'a pensé et mis en scène justifie sans doute les plans de paysage qui viennent comme entrer en opposition dans un contraste nature-culture. Toutefois c'est surtout la présence des vieilles pierres plus que des végétaux qui m'a sautée aux yeux. La nature sauvage est en comparaison assez peu présente, comme une denrée rare, vite pervertie, comme l'enfance finalement qui, comme les roses, devient une contrée cultivée.
Les éléments liés à l'enfance - les lettres avec leur cortège de confettis - sont autant de grains de sable qui viennent se ficher dans les rouages de l'adultie ( pour reprendre un mot d'Alexandre Jardin). Certaines séquences sont pleine de fantaisie et non sans rappeler le travail d'un Michel Gondry : je ne saurais trop suggérer à Yann Samuel d'un jour ne réaliser un film qu'avec ces éléments là (bricolages, montages photo, assemblages de papiers découpés), complétés peut-être par les séquences rappelant, par dans une certaine mesure, les livres pop-up. Ces incursions de l'univers enfantin dans la vie adulte d'une femme d'affaire étaient vraiment une belle idée dont je ne suis pas sûre qu'elle ait été suffisamment et bien exploitée.
Manquerait plus que ça soit catastrophique, ça serait le pompon ! Le service minimum est assuré mais si on veut encourager le public à en faire l’achat en Blu-ray faudrait revoir à la hausse car un simple dvd loué au vidéo club me paraîtrait amplement suffisant pour profiter du spectacle. Au passage je ne suis pas fan du tout de l'effet voile vaporeux genre aura de lumière observable sur certains plans montrant essentiellement le visage de Sophie Marceau... ça rappelle le film L'étudiante... Certes Sophie Marceau ne semble pas tellement changer, le temps n'ayant comme aucune prise sur elle, semblant à peine l'effleurer de ses griffes, mais elle vieillit et je suis soulagée quand parfois ça se voit ! Il y a quelque chose de rassurant à constater que le temps passant n'épargne personne... ce n'est pas de la méchanceté, au contraire car c'est à mon sens la plus belle marque de la vie, son sceau royal.
Les scènes de nuit, essentiellement dans la voiture, sont calamiteuses : ça fourmille, ça pique les yeux, sûre que le DVD ne fait pas pire.
Très inégal à mon sens. Certaines répliques sont inaudible, d’autres – du fait de l’accent anglais – sont à la limite de l’incompréhension… En soit ça ne serait pas un problème si la mention spéciale n’allait pas à l’actrice principale ! Côté B.O.... y en a une ? Ah bon ? A part la ritournelle du générique j'ai rien remarqué...
Tellement chiches qu’il eu mieux valu ne rien mettre… Le montage du making-of est exaspérant : entre chaque courte séquence, la ritournelle et la date de sortie du film… Le réalisateur présente les scènes coupées – il a été inspiré de les couper – et parle pour se faire de DVD : un effort aurait peut-être pu être fait pour personnaliser la présentation en fonction du support…
J’ai pris un certain plaisir à voir et entendre – si peu que ce soit – Christophe Rossignon qui est ici à la production et incarne le presque invisible rôle de l’huissier. Il était à la production de Comme les autres de Vincent Gareng et jouait le garçon de café dans Bienvenu chez les Ch’tis : quelque chose de très particulier émane de son visage, un rayonnant singulier… enfin je lui trouve un charme certain.
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Commentaires
J'avais déjà à peine supporté son pourtant pas si mauvais Jeux d'Enfants, j'ai l'impression qu'il creuse le sujet (l'enfance) mais s'enfonce dans des méandres où peu de gens parviennent à le suivre - surtout s'il est moyennement servi par le casting.
Bref, à voir uniquement si c'est le dernier disque sur l'étagère et que dehors il pleut. Très fort.
Je crois que ma chérie se vengera sur Les Petits Mouchoirs...
Merci de m'avoir fait économiser des sous FloP !!
Bref, pas du temps perdu pour tout le monde surtout que certaines personnes, malgré les critiques, apprécieront tout de même le film.
















































































































































































