Drive - Le test blu-ray

Publié le 2012-01-30 14:24:28 par Jérôme M.
Pochette du film Drive
  • Note HD Avis 9.5/10
  • Note Vidéo 9.5/10
  • Note Audio 9.5/10
  • Note Bonus 5/10

Commençons par un coup de gueule: les nominations pour les Oscars 2012 ont été dévoilées il y a quelques jours et Drive de Nicolas Wending Refn n’apparaît qu’une fois, qui plus est dans une catégorie technique secondaire, celle du meilleur montage son!
De nombreux magazines et sites consacrés au cinéma se faisaient pourtant l’écho du petit culte suscité par le film auprès du public qui l’a découvert dans les salles obscures l’année dernière.
Lors du festival de Cannes 2011, Refn s’était pourtant vu attribué le prix de la mise en scène, la Palme d’Or revenant au Tree of Life de Terrence Malick qui lui, se retrouve à concourir pour les Oscars du meilleur film et du meilleur réalisateur.
Certes, le jury de Cannes n’est composé que d’une dizaine de membres, offrant ainsi une plus grande subjectivité au palmarès. Les votants des Oscars sont eux près de 6000, dont un bon millier d’acteurs, garantissant tout autant une plus grande objectivité qu’une certaine tradition du consensus mou.
Drive serait-il donc un film si difficile et hermétique, qu’il n’a pas su séduire la prestigieuse académie des professionnels d’Hollywood?
Non, au contraire: le film aurait plutôt des allures de petit polar, voire de série B, et s’avère être un film plutôt accessible… en apparence…



Un coup d’œil dans le rétroviseur

Il faut garder à l’esprit que si Drive est le 8ème film de Nicolas Wending Refn, il ne s’agit que de son premier film produit aux Etats-Unis. Originaire du Danemark, le jeune cinéaste (42 ans cette année) s’est déjà fait un nom en Europe en réalisant entre autres la trilogie Pusher - 1996/2004/2005 (dans son pays d’origine), Bronson - 2008 (son premier film tourné en Anglais) et enfin Valhalla Rising - 2009.
Entre polars (hyper-)violents et trip viking méditatif, sa filmographie ne laissait aucun doute sur le fait que nous avions affaire à un « auteur ».  Ses précédentes réussites contribuèrent à ce que le jury cannois puisse envisager que Drive, sous ses allures de polar basique, puisse en fait cacher un chef d’œuvre de mise en scène et d’écriture.
En revanche, ses films étant quasiment inconnus du public américain, il n’y a finalement rien d’étonnant à ce que Drive n’ait pas réussi à s’attirer les faveurs des membres de l’académie des Oscars. Pour eux, c’est un peu comme s’il s’agissait d’une première oeuvre, ne se démarquant pas du reste de la production courante à Hollywood.

Il faut toutefois reconnaître que le pitch de base ne laisse effectivement pas augurer d’un film d’une grande tenue dramatique ou métaphorique. Et vu le nombre d’auteurs qui se sont fait broyer par un studio en s’expatriant aux USA, on aurait pu craindre que Refn avait signé là un film purement commercial, du niveau du peu enthousiasmant du Hard Target de John Woo en 93, pour citer un exemple de talent émasculé lors de son intégration à Hollywood.
Drive raconte l’histoire d’un chauffeur émérite et solitaire, vivant dans l’anonymat, à Los Angeles. Le jour, il réalise des cascades automobiles pour le cinéma et accessoirement, est approché pour devenir pilote dans des courses de stock-car. La nuit, il joue les « transporteurs » pour des malfrats en tout genre, louant ses services pour des casses et des cambriolages, en prenant toutefois soin de ne jamais trop en savoir sur les cargaisons et les personnes qui montent dans son bolide.
Sa rencontre avec sa jolie voisine va compromettre l’équilibre fragile de son existence, lui pour qui la règle d’or est de ne jamais faire de vague et ne jamais se lier à quiconque.

Pour qui n’a pas encore vu le film, on pourrait s’attendre à un film dans la lignée de la trilogie du Transporteur, parsemé de poursuites échevelées, de fusillades rocambolesques. Et il aurait très bien pu en être de la sorte…



Vend Voiture d’occasion, prix à débattre

Drive n’est pas un scénario original, dans tous les sens du terme. Tiré du roman homonyme de James Sallis, le scénario écrit par Hossein Amini (auteur du prochain Snow White and the Huntsman) en reprend l’intrigue, mais lui ajoute une dimension sentimentale avec le personnage de la voisine.
C’est non seulement la première fois que Refn réalise une adaptation, mais c’est aussi la première fois qu’il ne contribue pas au scénario. De quoi renforcer les craintes de voir Refn s’atteler à un pur film de commande…

Neil Marshall (Dog Soldiers, The Descent, mais aussi Doomsday et Centurion) fut tout d’abord engagé en tant que réalisateur, tandis que Hugh Jackman devait incarner le rôle-titre.
Ce dernier, accaparé par d’autres projets (NDR: le très bon Real Steel dont je vous parlerai le mois prochain) céda la place à Ryan Gosling, et qui proposa le projet à Nicolas Wending Refn lorsque Marshall quitta à son tour le navire… ou plutôt, la voiture!
Comme on peut le voir, Drive n’est pas un projet personnel à la base. D’autant que Refn n’entretient aucun intérêt particulier pour les bolides et les courses-poursuites, lui qui n’a même pas son permis de conduire. Pour couronner le tout, il n’est pas familier de Los Angeles, détail important au vu du résultat final puisqu’il a réussi à proposer un point de vue personnel et frais sur une ville vue et revue mille fois au cinéma.

Le danois va pourtant s’approprier le sujet. L’idée de faire de son driver un personnage sillonnant L.A. de nuit au son de musiques à consonances « nocturnes » lui vient alors qu’il n’a pas encore officiellement signé pour le film, un soir que Ryan Gosling le ramenait chez lui après lui avoir fait part de ce projet sans réalisateur dans lequel il était impliqué.
Les deux hommes s’avèrent au final tout aussi emballés par l’ambiance que pourrait dégager le film que par l’histoire qu’il racontera.



Permis de conduire

Valhalla Rising, le précédent film de Refn, n’entretient aucun rapport avec Drive. Entre les vikings et la pègre californienne, il y a un monde et plusieurs siècles.
Son odyssée viking, sous-titrée Le Guerrier Silencieux dans certains pays, fait pourtant preuve, à l’instar de Drive, d’une belle économie de dialogues. Le héros est un guerrier borgne, dont on ne sait rien, mais qui prendra une dimension mystique, voire christique pour un peuple amorçant une lente conversion à une religion mono déiste.
Le rôle du héros implique traditionnellement qu’il est le moteur principal de l’intrigue. Mais Refn fait du personnage de One-eye l’équivalent du monolithe noir de 2001, l’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick. Ce n‘est d‘ailleurs pas un hasard si Valhalla Rising a été surnommé le 2001 du film de Viking, même si l’analogie entre One-eye et le fameux monolithe n’est pas à l’origine de cette flatteuse comparaison.
Le rythme ouvertement lent et contemplatif du film aura suscité des avis très tranchés de la part du public: nullissime pour les uns, hypnotique pour les autres. En surfant sur la toile, on s’aperçoit qu’il n’y a pas de demi-mesure dans les avis des internautes.
Aussi, malgré son désir de faire de Drive un film d’ambiance, Refn concède toutefois de suivre le cahier des charges imposé par un scénario déjà validé par ses producteurs.
C’est cette approche toute personnelle de la mise en scène (longs plans contemplatifs, personnages mutiques,…) appliquée à une histoire des plus banales qui explique que le film a pu remporter le seul prix de la mise en scène à Cannes, et non pas la Palme d’Or.
Quant aux Oscars, la statuette du meilleur réalisateur est quasi-systématiquement octroyée  au responsable du film ayant le plus plu à l’académie, en dépit de toute considération d’ordre critique ou cinématographique. Nous voici en présence d’un élément supplémentaire qui disqualifiait Drive d’office pour les Oscars 2012...
Mais que Refn se rassure, Kubrick non plus n’a jamais été récompensé et pourtant, tout le monde sait ce que l’homme valait derrière une caméra. D’ailleurs, pour continuer la filiation entre les deux hommes et après le rapprochement entre Valhalla Rising et 2001, il serait tentant de qualifier Drive de Full Metal Jacket  du film de gangster.

Sur le papier, Full Metal Jacket n’est qu’un « bête » film de guerre. C’est la mise en scène de Kubrick, alliée à une écriture comportementaliste décrivant ses personnages par leurs actions plutôt que par leur background qui en fait un film philosophique, voire métaphysique, sur la guerre. Kubrick débute son film avec ses soldats, sans jamais montrer leurs origines sociales et familiales. Ils ne sont « que » des soldats. Leur individualisme s’affirmera au cours des deux heures qui suivront, quitte à laisser le spectateur sans repères lors du premier visionnage du film.
Drive contribue de la même démarche.



On passe la première…

Le plan d’ouverture présente le Driver, de dos, regardant par la fenêtre d’une chambre d’hôtel. Au téléphone, il énonce les conditions de son contrat: il offre ses services de transporteur à des casseurs mais ne sort pas de la voiture. Les types disposent de quelques minutes après avoir été déposé sur le lieu du crime. S’ils dépassent la limite de temps entendue, il les abandonnera. Sans hésitation et sans remord. Si tout se passe bien, il les ramènera à l’endroit convenu, et ne posera aucune question quant à leur identité ou la nature de leur larcin.
Si le Driver prononce les premières lignes de dialogues du film, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il monopolise le temps de parole à l’écran par la suite. Les conditions qu’il rappelle à son interlocuteur téléphonique vont au-delà du simple contrat professionnel. Le film montrera par la suite qu’il s’agit d’une ligne de conduite qu’il applique à sa vie entière.
Mutique et quasi-autiste, il ne parle que lorsque cela s’avère vraiment nécessaire. C’est un loup solitaire. Ses activités hors-la-loi le contraignent à ne pas se lier à quiconque ni à trop faire parler de lui. Il doit être invisible.
Pour se fondre dans le décor, il travaille de jour dans un garage, dont le patron représente pour lui une figure paternelle adoptive. Le film ne nous apprendra jamais rien du passé (et de l’avenir!) du Driver, mais la manière dont il se laisse « infantiliser » par le vieux garagiste nous laisse à penser qu’il n’a pas de famille, et qu’il trouve un certain réconfort dans cette relation, d’autant que ce père de fortune respecte son vœux de silence.



De même que l’on pourrait avancer que son véhicule lui sert de seconde peau, la carapace de métal que représente la carrosserie est concrètement sa meilleure protection dans son travail en tant que cascadeur.
A y regarder de près, on s’aperçoit que Refn établit très tôt un parallèle entre la philosophie de vie du héros et son emploi à haut risque de cascadeur.
En effet, le cascadeur de cinéma est un comédien invisible, un véritable caméléon remplaçant les acteurs principaux et prenant tous les risques à leur place. Pas besoin pour la doublure de connaître tous les tenants et aboutissants de l’intrigue: il se contente de foncer à toute allure et de respecter au millimètre près un plan établi. Un kilomètre/heure de trop, une trajectoire imprécise et le risque d’accident fatal est aussitôt décuplé. Il s’agit donc pour le pilote/cascadeur d’être parfaitement concentré et de s’en tenir au plan. Exactement ce que le Driver expliquait à ses employeurs d’un jour dans le monologue qui ouvrait le film.



… on accélère…

L’unique scène nous montrant le personnage de Gosling sur un tournage établit plusieurs points cruciaux du mode de fonctionnement du driver.
Tout d’abord, son agent vient lui remettre son salaire pour la cascade du jour, et l’informe qu’il lui a dégoté une nouvelle « mission ». Le Driver empoche les billets et accepte le futur contrat sans même poser de question.
Que ce soit lorsqu’il roule pour des malfrats ou pour le cinéma, on se demande si il y trouve un réel plaisir, ou si ce sont là les uniques débouchées lucratives du talent qui est le sien lorsqu’il a un volant entre les mains. Si l’on rapproche la  manière dont il accepte ce paiement du fait que le personnage est dans une chambre d’hôtel lors du plan d’ouverture du film, on pourrait émettre l’hypothèse que Refn a voulu en faire une sorte de prostitué du volant.
L’autre élément important de la scène du tournage de la cascade, est la séance de maquillage.  Le cascadeur est assis devant une coiffeuse à miroir, afin qu’on lui applique un masque assez grossier du véritable acteur du film. Ce maquillage sommaire n’étant destiné à être aperçu que brièvement au travers des vitres de la voiture de cascade, il n’est point besoin qu’il soit trop sophistiqué.
Lors d’un travelling habilement composé, Refn trompe notre perception par un habile placement des différents miroirs des stands de maquillage. Par une disposition trop difficile à décrire ici, le résultat à l’écran est qu’on a tout d’abord l’impression que le haut du corps du driver n’est pas le sien (il s’agit en fait d’un reflet mais on peut voir ses jambes à lui en dessous du miroir), avant de révéler le personnage se faisant appliquer le masque.

Il s’agit encore une fois de montrer que Los Angeles et le monde du cinéma ne sont que jeux d’illusions et de faux-semblants. Un état de fait qui arrange bien les affaires de notre héros, qui cherche constamment à se fondre dans la masse et se contenter de jouer les doublures, à l’écran comme à la ville. Cette possibilité d’incarner un autre lors des tournages sera mise à contribution lors du final du film, comme nous le verrons plus tard.

… et on se fait doubler!


Le thème de la doublure, ou du personnage qu’incarnent au quotidien certaines personnes  revient à plusieurs reprises dans le film.
Ainsi, le rôle de brute épaisse tenu par Ron Perlman est un pur rôle de composition en soi. Ron Perlman a d’ailleurs déclaré qu’il s’était beaucoup amusé à jouer un New-yorkais juif jouant les mafieux italiens. Cette envie qu’éprouve le personnage de se donner des airs d’italo-américain renvoie bien sûr aux nombreux classiques du film de mafia, ce qui constitue une façon de se moquer du personnage, son envie de se faire passer pour ce qu’il n’est pas le rendant quelque peu ridicule. Ridicule, mais pas moins dangereux pour autant, son admiration pour les meilleurs parrains du cinéma l’encourageant à se montrer sans pitié avec qui se met en travers de son chemin. Ron Perlman semble beaucoup s’amuser à interpréter un sacré sale type, détestable à souhait.

Blanche, incarnée par Christina Hendricks, trompe elle aussi son monde, mais de manière plus classique, celle-ci vendant Standard (Oscar Isaac) et le Driver à ses patrons après avoir acquis leur confiance. Une manière de démontrer que tous les personnages sont des acteurs dans Drive.

De manière plus subtile, le Driver effectue un autre travail de doublure, sans avoir recours à aucun véhicule cette fois, puisqu’il remplace temporairement le mari d’Irène, sa voisine, jusqu’à ce que son mari, Standard, sorte de prison.



(PETITS SPOILERS APRES CE POINT)

« Là où on va, on n’a pas besoin… de route »

En dehors des cascades et des contrats de transporteurs, une troisième forme de conduite est évoquée dans le film, lorsque le Driver se voit offrir l’opportunité de devenir pilote de circuit pour le compte de bandits décidés à se payer une écurie dans des compétitions de stock-car.
La notion de circuit induit un parcours cyclique et répétitif, une forme de sécurité dans la routine d’un tracé toujours identique. Contrairement aux cascades et missions qui obligent notre homme à toujours être sur le qui-vive. De plus, au cinéma, on attend de lui qu’il ne se détourne jamais l’attention de la véritable star du film, celle-ci devant apparaître comme ayant elle-même été au volant de la voiture. Dans le cadre de ses participations à des cambriolages, il est évident qu’il ne peut pas non plus clamer sur tous les toits sa contribution à ces exploits!
Le circuit serait donc pour lui le job idéal car ses talents seraient enfin reconnus pour ce qu’ils sont, sans avoir besoin de se cacher.



Il s’avèrera malheureusement que le driver s’opposera malgré lui à ses futurs patrons pour des histoires n’ayant pourtant aucun rapport avec le monde de la course. C’est ainsi qu’il verra lui échapper une belle occasion de devenir enfin quelqu‘un, sacrifiant une carrière mort-née de pilote parce qu’il aura enfreint sa propre ligne de conduite en s’impliquant trop dans sa relation avec Irène.
Cet écart de conduite l’amènera au finish à se salir les mains, non pas avec de l’huile de vidange, mais bel et bien avec du sang. Or, le meurtre ne fait pas partie des prestations habituellement proposées par le Driver. C’est peut-être pour cette raison qu’en préméditant son geste, il revêtira le masque de latex utilisé plus tôt lors du tournage de sa dernière cascade. Non seulement ce masque lui permet de bénéficier du même anonymat qu’on lui impose habituellement sur les tournages, mais il lui permet aussi de ne pas avoir à assumer ce geste compromettant, de prendre ses distances avec cette acte bien réelle. Porter un masque contribue donc à le déculpabiliser. C’est en par un subterfuge inspiré du seul boulot auquel il a toujours été confiné et qu’il espérait peut-être quitter prochainement, que le Driver scellera définitivement son destin, cette dernière cascade le privant désormais de la vie « normale » à laquelle il pouvait aspirer.

« Les routiers sont sympas« … mais faut pas abuser!

Comme nous l’avons vu, le driver est un solitaire jouant toujours profil bas et évitant d’en savoir trop sur les tenants et aboutissants des scénarios/missions qu’il accepte moyennant salaire.
Naviguer dans la vie implique pour lui une vigilance de tous les instants, car il doit veiller à ne pas entrer en contact avec les « autres ». Une scène illustre son aversion pour toute forme de popularité/célébrité. Lorsque dans un café, un inconnu l’aborde pour le remercier d’avoir été son transporteur pour un casse l’année précédente, le Driver voit rouge et le menace aussitôt de sévères sanctions si il n’arrête pas tout de suite d’attirer l’attention sur lui.
Mais sous la carapace, un cœur bat. Et lorsque son chemin croise par hasard celui de sa voisine, il ne peut résister longtemps à l’attrait de son mystère et de son charme.



Refn situe la première rencontre entre le Driver et Irène dans le parking et dans l’ascenseur de leur immeuble commun. Plans fixes et jeu d’acteur tout à fait banal sont utilisés pour mettre en avant le côté accidentel de la chose. Pas de coup de foudre au premier regard, pas de décor élaboré, chic ou branché: c’est après avoir croisé sa voisine dans l’ascenseur dans les conditions les plus naturelles du monde que l’univers habituellement sous contrôle du héros va chavirer.
Cette rencontre est bel et bien un accident, une anomalie, qui causera la sortie de route d’un conducteur émérite, pourtant habituellement maître de son véhicule.

« Ne parlez pas au chauffeur »

Si le driver parle peu et se contente d’agir, on peut néanmoins constater que le personnage n’en est pas pour autant creux et inintéressant.
Comme indiqué plus tôt, la mise en scène de Refn s’appuie tout autant sur le comportement des protagonistes que sur leurs paroles. Et Refn maîtrise si bien les différents moyens de communiquer des informations au spectateur, qu’il va là encore se montrer inventif.
Si la bande originale de Drive connaît un tel succès depuis la sortie du film, on peut avancer que son efficacité est autant due à ses qualités électro-rétros propres (malgré leurs sonorités 80’s, il faut toutefois noter que les chansons entendues dans le film sont toutes sorties après 2007) qu’à leur intégration dans la trame narrative du film. Elles deviennent ainsi indissociables des scènes qu’elles illustrent.

Le choix des chansons a été dicté par leurs textes. Night call de Kavinsky, entendu au début du film, évoque un personnage passant un coup de fil à une fille en pleine nuit pour partager avec elle ses états d’âme. Il lui parle de promenade nocturne,  et de s’aventurer dans les ténèbres. Que l’on soit anglophone ou pas, la musique parvient à imprégner la scène de son ambiance enivrante, et nous permet de plonger dans l’esprit du personnage.

La chanson Under Your Spell, aux paroles encore plus simples et directes, évoque le coup de foudre d’Irène et du Driver. « Je ne mange plus, je ne dors, je ne fais que penser à toi » entend-t-on en boucle. Pourquoi faire compliqué lorsque la musique parvient à remplacer mille mots, et que l’image et la bande originale se marient de manière aussi organique?



La troisième et dernière chanson pop du film s’intitule A Real Hero, et parle d’un homme qui a prouvé par ses actes qu’il était un vrai héros, mais aussi et avant tout un véritable être humain. Un être humain? …

(GROS SPOILERS)

Un ange passe…à 100 km/h!

Et si justement la nature métaphorique profonde du Driver était autre? Avec sa belle gueule, Goslingsemble parfois aborder son rôle comme si il incarnait un ange. Certains éléments évoqués plus haut, tels son mutisme ou son refus de se mêler des affaires des humains, contribueraient à avaliser cette possible interprétation du personnage.
Sa curieuse résurrection lors du final  tendrait également à corroborer cette thèse. (NDR: je ne prétend que le personnage SOIT un ange, je parle bien sur d’un niveau de lecture métaphorique!) De prime abord, on peut s’étonner de voir le Driver se relever après avoir été copieusement poignardé dans le ventre.

C ‘est pourtant là que se joue le véritable du drame du personnage. Si il aurait pu paraître plus réaliste que le héros meurt à la fin, le déchirement éprouvé par Irène et lui-même est d’autant plus intense de cette manière. Car c’est par la force seule de leur raison qu’il leur faudra lutter contre l’envie de se revoir un jour. De même, la dernière image montrant le Driver reprendre la route fait office d’une réaffirmation du principe de vie énoncé dans la scène d’introduction du film: ne jamais s’impliquer dans quelque histoire que ce soit. Ne jamais chercher à savoir ce qui se passe avant ou après la cascade/mission. Certains personnages n’auront jamais le premier rôle. Le driver doit continuer sa route sans se retourner. Après l’histoire d’amour qu’il a vécue, il fait figure d’âme damnée destinée à errer seule et à jamais sur les routes tortueuses de l’existence.

Il faut signaler que certaines rumeurs font état d’une fin alternative qui aurait été tournée et dans laquelle le driver mourrait. Au vu du résultat à l’écran, cette rumeur est tout à fait plausible, les dernières images montrant le héros conduire pouvant provenir de chutes de tournage d’autres scènes du film. Cette modification du final improvisée au montage serait alors un excellent exemple illustrant les possibilités créatives offertes d’un art souvent mésestimé (le montage est invisible lorsqu’il est accompli avec toute la maestria requise!) par les amateurs de cinéma.



Ange ou pas, la mystique du personnage est renforcée par son look kitsch. Comment ne pas évoquer ce blouson matelassé et doré, orné d’un magnifique scorpion rose dans le dos?
Personne ne semble pourtant faire particulièrement cas du bon/mauvais goût vestimentaire du Driver au cours du film. Mais ce dernier fera lui-même allusion au scorpion lorsqu’il téléphone à Bernie (Albert Brooks) à la fin du film. Il lui raconte l’histoire du crapaud qui porte un scorpion sur son dos pour l’aider à traverser la rivière. A mi-parcours, le scorpion pique le crapaud et ils se mettent tous deux à couler. Le crapaud demande alors  au scorpion pourquoi il a fait ça, sachant qu’il se condamnait lui-même. Et le scorpion de répondre: « c’est dans ma nature ».
Le Driver est donc cet animal impulsif et instinctif. Si il est le meilleur dans sa discipline, c’est parfois aussi contre lui-même. Sa nature et sa fameuse ligne de conduite le poussent à agir sans toujours penser aux conséquences de ses actes. La tranche de vie du Driver qui nous est racontée au cours des 100 minutes que dure le film, nous montre le personnage sur le point d’accéder à une vie d’homme libre et honnête, en devenant bientôt un pilote reconnu. Ceci avant que sa nature ne l’amène à scier la branche sur laquelle il se trouve, et le condamne à continuer son chemin de manière solitaire comme nous l’avons déjà mentionné plus haut.



(FIN DES SPOILERS)

« Tout droit, toujours tout droit » (Les fous du stade - Claude Zidi-1972)

Le scénario et la mise en scène de Drive font preuve d’une jolie sophistication dans leur manière d’étoffer une trame hyper linéaire.
La route et la conduite sont utilisées comme métaphore de la philosophie de vie d’un homme se voulant socialement invisible. S’ajoute à cela un jeu sur les apparences tel que le pratique depuis toujours le cinéma.
Le jury Cannois a semble-t-il été sensible à la manière dont Refn a su insuffler une dimension métaphysique à son polar urbain. Et tant pis si les Oscars n’y ont pas vu matière à nommer Refn parmi les meilleurs réalisateurs de 2011. Il lui auront préféré l’intelligence « de surface » de Michel Hazanavicius pour The Artist, les expérimentations vaines sur fond de scénario brouillon de Martin Scorsese pour Hugo Cabret, ou encore la longue séance de photo improvisée de Terrence Malick pour son Arbre de vie. Notez bien que l’impact émotionnel des films cités n’est pas remis en cause. Il s’agit simplement d’établir une distinction entre la mise en scène et le film lui-même. Si Tree of Life est considéré à juste titre comme un magnifique trip sensoriel, la mise en scène se repose un peu trop sur des improvisations captées par une caméra accumulant plus d’image que de raison. Dans Hugo Cabret, l’hommage à Méliès est certes magnifique, mais amené de manière pachydermique dans un second acte qui fait complètement abstraction des enjeux narratifs exposés dans la première partie. Dans The Artist, la reproduction des standards techniques du cinéma muet est certes fidèle, mais elle n’en constitue pas pour autant une mise en scène très riche, le sujet et l’émotion de l’histoire étant tout entier contenus dans les bancs-titres et le jeu des comédiens.



Mais qu’importe la reconnaissance des Oscars. Pour ceux qui l’ont vu, Drive est un petit chef d’œuvre. Un voyage de près d’une heure et quarante minutes, sur la banquette arrière de la Chevy Malibu d’un conducteur dont on ne connaîtra jamais le nom, mais que l’on suivrait volontiers jusqu’au bout de la nuit au son du Night Call de Kavinsky.
Avant Nicolas Winding Refn, seul Michael Mann avait su nous transporter dans des endroits urbains à la fois familiers et pourtant tellement cinématographiques. Mais que ce soit Mann ou Refn, pas besoin de relief pour emporter dans un autre monde. Preuve encore une fois que le sentiment d’immersion est avant tout une question de mise en scène et pas de stéréoscopie… Quand on vous dit que Refn méritait bien d’être au moins nommé à l’Oscar du meilleur réalisateur!

Une image qui tue. Tout simplement. Sincèrement, vu que le film est très récent il aurait été très étrange d'avoir une image reprochable (c'est vrai qu'on est jamais à l'abri).

Un Blu-Ray démo tant par le respect des couleurs, de la photographie (tantôt froide que chaude), des détails ou de la profondeur de champ et un petit grain ciné pas dégueu. Franchement, je ne vois pas quoi vous dire d'autres.

Le genre de Blu-Ray qui fait plaisir aux yeux.

 

Là aussi Wild Side joue le jeu. Pistes HD pour tout le monde et, encore mieux, deux pistes HD qui n'ont pas grand chose de différent (tout juste un léger ton en dessous pour les dialogues en VF).
Les pneus crissents, les coups pleuvent, les balles explosent, bref, un vrai spectacle auditif qui plus est très immersif.
Une utilisation des surronds très parcimonieuses et un caisson de basse qui fait le boulot sans pour autant se retrouver en plein milieu de la pièce.

Une piste qui rend grâce aux nombreuses musiques du film et que leur offre un fort bel écrin. Si vous voulez découvrir Kavinsky et vous rendre compte de son savoir-faire, vous pouvez sauter sur ce Blu-Ray sans aucune hésitation.

Le plaisir retombe avec cette partie. Seulement deux modules proposés et comme un goût d'inachevé lorsque ceux-ci se terminent. Dommage de ne pas avoir aussi bien soigné les bonus.
Par contre le documentaire NWR, il est où ?

 

  • Drive without a Driver (HD, 26 mins) :  Nicolas Winding Refn se confie face à la caméra de Wild Side. Il va nous raconter les soucis qu'il a eu avec Hollywood, ce qu'il pense d'Hollywood et nous dire qu'Hollywood c'est quand même pas que des gentils. Il parlera quand même du film, de comment il est arrivé sur le projet à l'explication de certaines scènes (notamment celle de l'ascenseur). Le réalisateur nous expliquera qu'il va enchaîner les projets avec Ryan Gosling, peut-être même un remake de Logan's Run.

    Pas l'interview la plus géniale au monde (Refn est le genre de mec a prendre des chemins de traverses pour aller d'un point A à un point B, c'est vite chiant) mais pas quelque chose à zapper non plus.

 

  • Making-of (SD, 14 mins) : Des acteurs interviennent pour parler du film, les producteurs aussi, on entrevoit quelques images de tournages. Un making-of qui n'en a que de nom. Rien de vraiment bien folichon...

 

  • Bandes-annonces du film (HD) : Deux bandes-annonces, une US et l'autre FR. Le genre de bande-annonce débile qui spoile comme c'est pas permis. On y voit des choses importantes, très importantes. Franchement, la prochaine fois faut s'abstenir les mecs.

 

  • Bande-annonce de l'éditeur (HD)

 

  • DTS Sound Check

 

 

Petit bonus personnel :)

Partager

Commentaires

30/01/2012 14:47 - Edite le 30/01/2012 14:54
Film magnifique, blu-ray à se procurer absolument !  
J'ai lu sur certains forums un débat concernant la fin, comme quoi il était mort ou vivant. Pour moi c'est clair, mais bon...

30/01/2012 14:53
arf :(( attention aux spoilers les gens siouplait   Ryuji je n'ai pas vu le film encore et je ne dois pas être le seul   oui, je sais c'est inadmissible mais pas eu le temps d'aller le voir au ciné. Du coup Jérome je m'abstiens de te lire pour découvrir ça dans les meilleures conditions possibles. je repasserai quand je l'aurai maté :))

30/01/2012 14:55
Absolument désolé   

30/01/2012 15:03
Faut que je voie ça, j'aime tout ce qu'a pu faire Refn jusque là (je fais partie de ceux qui ont trouvé Valhala Rising hypnotique   )

30/01/2012 15:10
J'allais moi aussi revenir sur le final (je ne l'avais pas vu sous l'angle métaphorique que tu évoques Jérôme) mais je vais m'abstenir pour ne pas remettre une couche de spoil, Aimé a déjà les yeux qui piquent pas mal je crois   Autrement, rien à rajouter : ce film est juste une grosse claque. Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de cette édition vraiment trop chiche en suppléments. Comme je l'ai déjà dit et redit dans les précédents topics concernant la sortie du BR, même si ça m'emmerde pas mal, j'attendrai patiemment une ressortie collector pour me procurer la galette...

30/01/2012 15:44
pour des raisons pratiques et puisque je n'ai pas visionne le blu-ray-test fourni par l'editeur, je tenais a revenir sur la partie 'bonus' redigee par Remy (a moins que ce ne soit Antho?) et sur le commentaire de thegentlemanbat:

Je lis tous les jours des commentaires sur Planete-HD ou on demande des editions toujours plus speciales des films que nous aimons.

Dans le cas de Drive, mis a part l'interessant documentaire sur Refn dispo sur l'edition belge, je ne vois pas bien ce que l'on pourrait attendre de plus. Un making-of de 2 heures? un journal de tournage facon LOTR?
Recemment, quelqu’un reclamait aussi plus de supplements pour BlackSwan.
Blackswan et Drive ne sont ni Avatar ni Titanic. Leur tournage ne justifierait probablement pas un traitement sur 4 disques ):

Je crois que pour ce genre de film, le meilleur bonus qui soit, c’est une interview face camera du realisateur, comme c’etait le cas pour Valhalla Rising. Si la demi-heure de bonus avec Refn sur Drive est du meme acabit, je nuancerais dans ce cas le propos de Remy (ou Antho!) qui dit que Refn a tendance a prendre des chemins detournes pour exprimer ses idees. Je crois qu’il s’agit la du meilleur moyen de ‘comprendre’ l’oeuvre de l’interieur.

Et puis, la meilleure source d'information pour etudier et comprendre le cinema, a part le fait de regarder des films, c'est encore de lire sur le sujet. Jetez-vous sur les ouvrages de James Monaco, ou "the 5 C's of cinematography"! Ces livres hautement theoriques permettent ensuite d'aborder de maniere plus approfondie les techniques de mise en scene!

30/01/2012 15:57
Nan mais entre un traitement making-of/storyboards/sfx bla, bla, bla de 4 heures et que dalle ou presque à l'arrivée, je suis sur qu'il doit y avoir un juste milieu non ?  
Et puis les techniques de mise en scène en bouquin, c'est sympa (j'en ai) mais ça ne remplace pas le réal qui te parle de son taf directement :)) enfin, je trouve

30/01/2012 16:25
oui, je suis d'accord, d'ou mon commentaire concernant Drive parce qu'il y a justement 30 minutes de discussion avec Refn.
On aimerait que ce soit plus long, voire meme qu'il y ait un commentaire audio. Mais en meme temps, je comprends que certains reals n'aiment pas disserter sur leurs films. Voir par exemple le manque d'enthousiasme d'un McTiernan quand il parle de ses films. Son "genie" ne l'etonne pas outre-mesure. Pour lui, il fait des films. point.

30/01/2012 16:26
Bah ouais, entendre Florent Emilio Siri te dire ça : "En France, on essaie toujours d’intellectualiser le cinéma et on aime bien conceptualiser la mise en scène. Par exemple, on fait un film entièrement en caméra à l’épaule parce qu’on croit que c’est comme ça que l’on va retranscrire la réalité. C’est évidemment très réducteur et ça vient, en général, de gens qui ne maîtrisent pas complètement leurs outils. Or, la mise en scène, ce n’est pas de l’ordre du concept, c’est de l’ordre du senti."

C'est quand même la classe  

30/01/2012 16:35
Pis c'est surtout qu'il y a des types simplement pas intéressants. Peut être géniaux quand il s'agit de réaliser mais incapable d'accorder une interview ou de faire un commentaire audio sans que ça devienne chiant.

La communication c'est tout un art et certains ne veulent pas ou ne peuvent pas tout simplement. A l'inverse, t'as des tacherons qui parviennent à te rendre ça presque intéressant à force d'enthousiasme, genre Michael Bay  

Le monde est mal fait.

30/01/2012 16:57
Encore un super test de Jérôme, c'est toujours un plaisir de te lire.
Je vais pas revenir sur le film en lui même, pour l avoir vu au cinéma c'est une belle tuerie, une histoire banale au ciné mais magnifié par le grand Refn et sa patte graphique si particulière.
Pour les bonus, j'aurai bien voulu un peu plus de biscuit, ne serait ce que le doc de la version Bénélux, et surtout j'aurai bien aimé un module sur la musique qui est dantesque (merci Kavinsky) et qui fait partie intégrante du charme du film.

30/01/2012 17:28 - Edite le 30/01/2012 17:50
Attention, le "bonusophile" compulsif (Black Swan, je crois que c'était moi aussi !  ) revient à la charge ! Donc pour te répondre Jérôme, je ne demande pas la lune et des making-of fleuves de 4H ou + comme pour la trilogie TLOTR (tous les films ne se prêtent pas à un tel décorticage). Non, ce que je demande/espère souvent c'est juste une intéractivité décente qui permette de prolonger un peu plus l'expérience cinématographique. En l'occurrence, d'en apprendre davantage sur les conditions de tournage, les choix du réal' (l'aspect visuel/artistique par ex. me passionne énormément), ce genre de petites choses quoi. Et Drive est à mon sens très très loin de remplir ce cahier des charges, ne serait-ce parce qu'il ne propose même pas de commentaire audio comme tu le fais toi-même remarquer (et encore moins le fameux documentaire NWR propre à l'édition belge qui a l'air excellent !). Last but not least, au risque de radoter, par 2 fois les Années Laser ont relayé l'info semble-t-il issue de la bouche même du réalisateur qu'une autre édition, + fournie, verrait le jour d'ici environ 1 an, peut-être davantage. C'est donc bien la preuve qu'il y a matière à proposer du matériel supplémentaire et une volonté derrière. De ce point de vue, ma déception me paraît donc compréhensible, justifiée et partagée par certains visiblement...

30/01/2012 18:24 - Edite le 30/01/2012 18:30
Bonsoir à tous. Je voulais revenir sur une confusion que beaucoup de gens semblent faire ici. Quand je lis "la musique du film est dantesque, merci Kavinsky" ou encore "si vous voulez découvrir Kavinsky et vous rendre compte de son savoir faire, sautez sur ce film", je me dis qu'il y a un souci ! Car il n'y a qu'un seul morceau de Kavinsky dans Drive ! Il s'agit du titre "Night Call" qui sert d'introduction au film. Tous les autres morceaux entendus dans le film ne sont absolument pas de Kavinsky. Pour tous ceux qui se demandent d'où proviennent les autres morceaux, je vous invite à jeter un oeil sur le détail de la bande originale à cette adresse : http://www.amazon.fr/Drive-Bande-Originale-du-Film/dp/B0067ZIZR2/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1327944028&sr=8-1. Bien à vous !

30/01/2012 18:48
Oui oui je suis d ailleurs un grand fan de cette BO mais je cité juste la chanson la plus reconnaissable du film, il y a aussi la très bonne " a real hero" de College

30/01/2012 19:24 - Edite le 30/01/2012 19:25
Ouais ben moi j'ai quand même vachement trouvé le truc un peu ronflant quand même. Sympa sans gros plus, Gosling est bien classe, la réal aussi mais alors ça vaut carrément pas tout le foin qu'on fait autour du film et je me suis pris à regarder le timer à certains moments. Les autres films de Refn (Fear X et Pusher en tête) sont bien plus aboutis. AMHA.

30/01/2012 20:39 - Edite le 30/01/2012 20:43
@thegentleman: je crois qu'un commentaire audio serait effectivement riche d'enseignement sur les choix artistiques et thématiques voulus par Refn.
Mais j'avoue que les bonus ne sont justement que des "bonus" pour moi. Si il y en a, je suis le premier à applaudir, si il n'y en pas et que le film m'intéresse, je prends quand même.

@DrManhattan: merci pour les compliments, tout le plaisir est pour moi de pouvoir partager ma passion!

@Sébastien: tout à fait d'accord, le talent d'un artiste est parfois inversement proportionnel à sa capacité à l'expliquer!

Concernant la BO, c'est vrai que j'ai moi-même fait l'impasse sur la BO "ambient" de Cliff Martinez (ex-batteur des Red Hot), certes moins emblématique que les chansons entendues au cours du film, mais tout à fait réussie.
Pour ceux qui en voudraient encore, je vous conseille la BO de Martinez pour le Solaris de Soderbergh.

30/01/2012 20:49
au fait, personne n'est allé jeté un oeil du côté de mon petit bonus perso?

dommage, il y avait 4 milliards de dollars de bon d'achat à gagner sur "à ma zone.com" pour le premier à me donner le titre dont l'extrait était tiré (un indice: c'est pas Drive)  :-p

30/01/2012 21:11
Superbe test, et j'ai transpiré à grosses jusqu'à l'ultime paragraphe où (enfin), tu cites Michael Mann, car en plus de rendre copie sublime concernant sa vision de L.A, la photographie est très "Mannienne", avec ses bleus, et ses plans (notamment celui d'ouverture), qui me rappelle ce Michael Mann a réalisé pour le plus grand bonheur de mes yeux.

Concernant Kavinsky (boyfriend de SebastiAn, lui aussi de l'écurie Ed Banger! Fuck yeah, french guys!), je suis on ne peux plus d'accord avec Jired, mais l'amalgame vient certainement du fait que ce morceau (qui n'est même pas son meilleur), est tellement lié organiquement au film, collant littéralement aux images que tout le monde s'est gouré, j'en veux pour preuve : la dernière fois que je discutais avec Jérôme, je lui signalais la présence de Riz Ortolani, compositeur de la B.O de Cannibal  Holocaust, dans le quatrième morceau : Oh My Love avec Katina Ranieri !!

Quand au look très eighties du film (le blouson, la zik, et j'en passe), cela vient aussi d'une mode, dont les instigateurs ne sont autres que (en partie)... le Ed Banger Crew, justement, écoutez l'album de Kavinsky, vous comprendrez, écoutez le second album de Justice, que les "non initiés" trouveront hyper ringard, alors que c'est une ôde au cinéma italien des années 80, sorte de mélange improbable entre Daft Punk, Rondo Veneziano, et Goblin, vous trouvez ça ringard? Retournez sur Foune Radio ;) , alors peut-être cheche-je trop la petite bête, mais je pense que Refn aime autant la musique que le cinéma et a réussi à "adapter" certaines scènes et séquences à la musique qu'il voulait y entendre.
Et en cela, respect, bon en plus, le film m'a décroché la machoire, au cinéma, et j'attends ardemment la réception de mon BD, que j'aurais certainement un jour ou deux avant sa sortie (merci Mamazon!)

Superbe test, et j'ai particulièrement apprécié ton approche métaphorique du film, puisque c'est ainsi que je l'avais vu au cinéma, et lorsque j'en parlais, je me sentais bien seul... Merci d'annihiler ma solitude Jérôme !

30/01/2012 21:45
Vous vous demandez où est passé le documentaire "bonus" intitulé NWR ? Ne cherchez plus : http://video.fnac.com/a3899508/Drive-Blu-Ray-Combo-Coffret-Edition-Prestige-Speciale-Fnac-Ryan-Gosling-Blu-Ray. Il faudra donc débourser 50€ pour y avoir droit... Sympa les mecs !

30/01/2012 22:18
Ah mais on sait bien où il se trouve ce doc' Jired ! C'est bien ça le problème : ces escrocs de la Fnac avec leur pseudo coffret prestige à base de dvds se l'ont accaparé !  

30/01/2012 22:29
Eh bien voilà, tu n'es plus seul jeremy! (-;
concernant les points communs, l'utilisation de chansons plus ou moins obscures est une autre similitude avec Mr Mann.

Malgré les similitudes avec le style de ce dernier, j'ai trouve que Drive trouvait sa propre voix, loin des emprunts trop voyants d'un 36 quai des orfèvres par exemple...

30/01/2012 22:31
Et au fait, il y une chose qui me fait hurler tres fort, ce sont les sous-titres français imposés sur la VO!!

30/01/2012 23:02
@ Jeremy

Tu as bien sous-entendu que Kavinsky et Sebastian étaient... en couple ? D'où est-ce que tu tiens cette information ?

31/01/2012 08:01
@Jired : oups, mes doigts ont rippé !! sorry! Ils ne sont pas en couple, même si SebastiAn s'affiche sur la pochette de son album embrassant un garçon, qui a déchainé les passions aux stazuni. Donc désolé pour cette bourde. Je voulais mettre "best friend" et non "boyfriend".

@Jérôme : il est vrai que la B.O fait aussi un pont entre Refn et Mann, mais je suis complètement d'accord avec ce que tu dis : Drive trouve sa propre voix, clairement !

31/01/2012 09:53
Joli test qui complète à merveille la vision du film. Et pourrait constituer un bonus à lui seul !
A quand les tests PH-D sur les éditions Blu-ray ?  

31/01/2012 21:04
thegentlemanbat : je suis un peu comme toi, je veux la version avec plus de bonus, mais pour un film que j'aime ou que j'adore, je me suis fait ruiner les scenes magnifiques un jour, c'était CAST AWAY, j'ai vu les SFX sur les scenes pour lesquelles je croyais que c'était du réel. Ca m'a détruit! Depuis, je ne regarde plus les bonus des films que je vénère.

Mais j'essaie quand meme d'acheter l'edition avec le maximum de bonus. Juste au cas où...

Tu as raison d'attendre la sortie de la version de Drive dans 1 an avec plus de bonus, car dans 1 an, le film sera aussi bien (mais je ne l'ai pas vu encore hein!), et le BR coutera moins cher ! ^^

en attendant tu peux le downloader... ah merde , megaupload ça marche plus! T T  

Ps : tu vois, on n'est pas obligé de se friter ! ^^

01/02/2012 10:43
Je m'étonne, par ailleurs, qu'il n'ait pas été fait mention de l'ambiance très GTA, notamment sur la scène d'ouverture qui est tout simplement époustouflante.
Je me suis demandé à plusieurs reprises si la série de jeux GTA avait joué un rôle, une influence, mais malgré mes lectures et les bonus vus, je n'ai jamais entendu cet écho.

N'est-ce pas un truc dans l'air du temps (avec un public cible considérable) qui a pu jouer en faveur de la production hollywoodienne ?
Qu'en pensez-vous ?

01/02/2012 10:43
Encore une fois, article intéressant ! Merci Jerôme !
Moi ce qui me gêne un peu c'est que j'ai l'impression que ta frustration vis à vis du manque de reconnaissance de Drive te pousse à être un tantinet expéditif avec des films qui ne méritent pas forcément d'être démontés gratuitement.
The Artist, Hugot Cabret, The Tree of Life en plus d'avoir été réalisés par des cinéastes confirmés proposaient un peu d'originalité. A l'inverse, même si Drive dispose de qualités indéniables, prend une direction pour le moins connue...
Perso, je garderai sûrement plus de souvenirs de ces long-métrages qui m'ont proposé autre chose que de Drive même si j'ai passé un bon moment devant le film.

01/02/2012 11:55
@mathieu: tu auras peut-etre remarque que dans mes articles, je ne descends jamais les films pour le plaisir (voir mes tests pour Pirates4 et Scream4) et que j'evite encore plus de comparer les films entre eux, car chaque possede ses qualites et defauts propres qui, selon moi, doivent etre analyses le plus objectivement possible.
Le debut de critique que je formule a l'egard des autres films nommes aux Oscars des meilleurs films ou realisateurs n'entame en rien le plaisir que j'ai pu prendre a voir ces films. J'ai ete emu aux larmes par l'hommage rendu par Scorsese au 7eme Art dans Hugo, j'ai passe un excellent moment avec the Artist, et j'ai ete hypnotise par The Tree of life. Simplement, je ne veux pas que le plaisir que j'eprouve a la vision d'un film puisse entamer mon sens critique. (tu trouveras un bon exemple d'opposition entre plaisir subjectif et analyse objective dans mon test du Retour du Jedi) Et objectivement, je pense que The Tree of Life n'est pas un film. C'est un bout-a-bout de rush qui s'est fait au montage (la preuve, c'est que Malick est parti d'un premier montage de 5h et qu'il a vire entre autres toutes les scenes avec Sean Penn). Un peu comme une seance photo pour une couverture de magazine: on shoote, on shoote et on choisit LA photo qui fait ressortir le mieux ce qu'on voulait dire. C'est une approche de la mise en scene tout a fait valable et interessante, mais qui fait le choix de laisser une grande place au hasard. Alors que Drive, a l'oppose, est un film hyper carre.

Je ne les ai donc pas "demontes" comme tu le crois et j'ai pris soin de le mentionner dans mon texte. Le point que je tenais a etablir justement, c'est que les Oscars, et particulierement celui du meilleur realisateur, recompensaient souvent de maniere systematique le realisateur associe au film remportant la statuette du Meilleur Film. Or, ce n'est pas forcement lie.
Le travail de mise en scene de Refn sur Drive me parait autrement plus abouti, reflechi et maitrise que ce qu'a pu faire Scorsese sur Hugo. Scorsese s'est beaucoup amuse, ca se voit. Il nous fait des plans hallucinants, mais pas toujours en rapport avec le contexte de la scene. De plus, le scenario ressemble pour moi a un premier jet: les situations, les personnages ne sont pas clairement definis, l'histoire semble tout simplement changer d'enjeu en cours de route,... Je ne vais pas m'etaler maintenant sur Hugo - peut-etre en redigerai-je le test d'ici quelques mois?

donc, si frustration il y a, elle ne concerne pas tant Drive que le fait que les Oscars (et le public en general) confondent toujours "bon film" et "bonne mise en scene".

Tu fais bien de rappeler que Drive n'est pas un film suprenant dans son deroulement. C'est tout a fait vrai, mais la maniere dont Refn developpe ses themes et les illustre en fait a mon avis un exemple de mise en scene reussie. C'est un film tres riche thematiquement, tres reflechi, comme j'ai essaye de le demontrer dans mon analyse. Et je suis pourtant conscient d'avoir fait l'impasse sur d'autres details et scenes qui enrichissent encore les points dont je parle!

Les attentes d'un film varient d'un spectateur a l'autre. Je me suis ennuye comme un rat devant Transformers3 alors que je pourrais regarder Valhalla Rising deux fois de suite sans m'endormir.

Pour en revenir au parallele avec Michael Mann, je crois que Drive est un film qui peut s'enrichir a chaque vision, alors qu'a priori, on se dit que c'est juste un 'petit' film policier.
Heat, Collateral,... sur le papier, ce sont des films de video-clubs. A l'ecran, on assiste a des oeuvres profondes sur la nature humaine!

01/02/2012 12:03
@EricP > J'ai pas vraiment trouvé l'ambiance GTA. A la limite pour le côté voyage sur les routes de LA mais sinon je vois pas.
Et même si c'est le cas, vu comment la série GTA est pestiférée, ça m'aurait étonné que nous dise qu'elle a été une influence / référence.

Faudrait demander aux mecs de Rockstar ce qu'ils pensent de Drive tiens :)

01/02/2012 12:13 - Edite le 01/02/2012 12:15
@ Jérôme : C'est bien que tu te sois justifé, ça le méritait vraiment et à mon humble avis, le paragraphe de ton test concernant ce passage aurait plus mérité de figurer parmi les commentaires qu'au sein du texte mais ce n'est que mon avis, qui n'a aucune valeur de vérité universelle, hein !!
Mais comme tu le dis, c'est de Drive dont il est question ;) et tu l'avais très bien fait !

01/02/2012 12:43
@Mathieu: j'etais conscient du fait que resumer mes avis sur ces tres chouettes films en une ligne pouvait paraitre un peu sentencieux et c'est pourquoi j'avais ajoute cette phrase:
"Notez bien que l’impact émotionnel des films cités n’est pas remis en cause. Il s’agit simplement d’établir une distinction entre la mise en scène et le film lui-même"

Je suis egalement tout a fait conscient du fait que de prime abord, Drive peut etre pris pour un bete petit polar, fait confirme par l'absence du film parmi les nominations des Oscars alors qu'il avait recu plutot bonne presse depuis sa sortie. J'ai essaye tout au long de mon test, de faire ressortir les partis pris de mise en scene de Refn, afin de demontrer que le film vaut plus que son synopsis mille fois vus.

@EricP:
meme si le roman d'origine n'entretient aucun rapport avec l'univers du jeu video, on peut effectivement soupconner Universal (qui en acheta les drois des 2004) d'avoir ete tout d'abord interesse par le sujet pour l'attrait potentiel qu'il peut representer pour les gamers...
D'autant qu'a la base, c'est Neil Marshal et Hugh Jackman qui devaient s'y coller. Le film aurait surement ete envisage sous l'angle du film d'action pur et dur, et peut-etre que le scenario aurait inclus plus de "missions"?

En l'etat, Drive evite justement de ressembler a un jeu video, sa realisation aux antipodes du video-clip empechant tout rapprochement direct.

Mais puisque tu parles de GTA, je m'etais justement demande a l'epoque, quel avait ete l'influence de Vice City sur Bad Boys 2.

01/02/2012 13:23
En l'etat, Drive evite justement de ressembler a un jeu video, sa realisation aux antipodes du video-clip empechant tout rapprochement direct.


J'ai pas joué souvent à des jeux étant mis en scène (ou réalisé) comme des video-clips. Même les millions-sellers comme Modern Warfare (je cite celui vu que je n'ai pas touché à Battlefield) n'ont en rien une réalisation de video-clip.
Je ne dis pas que ça n'existe pas, ça arrive, mais ce n'est clairement pas une majorité des jeux qui sortent ou qui sont sortis.

01/02/2012 13:39
le montage etant encore tres peu present dans le deroulement d'un jeu, et les cadrages etant principalement dictes par les actions du joueur, j'employais simplement un raccourci pour dire que le style de Drive etait loin d'etre du dynamisme associe aux video-clips et au jeu video et que cela tuait dans dans l'oeuf toute tentative de rapprocher le film de GTA.

01/02/2012 13:54
C'est vrai que la mise en scène est le plus souvent limité dans les jeux vidéos. Uncharted est une des rares tentatives assez réussies dans le genre.

01/02/2012 14:00
paranthese jeu video - suite (-;
oui, c'est vrai que Uncharted parvient a faire du montage pendant l'action sans que l'on s'y perde. Resident Evil, premier du nom,  avait deja amorce cette evolution il y a bien longtemps, mais il fallait se contenter d'un enchainement de plans fixes, la ou Uncharted parvient a monter des "plans" en mouvement.

01/02/2012 14:02
Toutafé  

01/02/2012 14:26
Seb, va vraiment, mais alors vraiment falloir qu'un jour tu joues à MGS hein :)

01/02/2012 14:40
Nan mais je sais bien qu'Uncharted est pas le seul, c'est bien pour ça que je met " une des rares tentatives assez réussies". Bien entendu y'en a d'autres.

Mais le plus souvent, la mise en scène dans le jeux vidéos consiste à copier (mal) ce qui fait dans le genre au cinéma. Heureusement y'a des exceptions, et dans l'absolu je m'en fiche puisque je suis là pour jouer, pas pour voir un film et donc, que dans ma grande mansuétude, je pardonne ces errances  

Et effectivement, connaissant un peu MGS 2, c'est très fort à ce niveau là.

01/02/2012 16:04
Concernant Drive et GTA : je pense notamment à la stylisation (aux archétypes mêmes) des personnages et de leur traitement dans le film et les jeux (personnellement, c'est surtout sur GTA IV que j'ai découvert la série, et encore assez récemment puisque j'ai profité d'une offre Steam tout à fait irrésistible).

Quand on voit le look des différents perso et qu'on compare aux artworks de GTA IV (sans parler des dialogues avec un perso principale en retenue et quasi-mutique) c'est assez frappant.

06/02/2012 11:47
Le docu NWR de 65 min, qui est super bien foutu, est dispo sur l'édition belge. Possible de le commander par là: http://boutique.rtbf.be/index.php ou http://www.fnac.be/fr/Search/Search.aspx?categoryN=DVD&cIndex=2&catalog=dvdVhs&str=drive

06/02/2012 21:45
merci Salomon, je cherchais justement un site belge pour me procurer cette édition SANS SOUS-TITRES FRANCAIS IMPOSES EN VO (je sais, j'ai déjà beaucoup insisté sur ce point...)

je n'avais pas pensé à cette bonne vieille Fnac implantée chez nos voisins belges!

08/02/2012 09:56
les 2 sites belges dont parle Salomon n'effectuent les livraisons qu'en Belgique et au Luxembourg )-:

08/02/2012 09:58
Essaye Mediadis.com, il me semble qu'ils livrent en France  

10/02/2012 10:45 - Edite le 10/02/2012 11:50
Bon enfin vu hier soir et comme Rémy je ne comprends pas le tapage autour du film. Certes je n'ai pas passé un mauvais moment de cinéma. J'y ai même trouvé une atmosphère parfois hypnotique à mi-chemin entre Mann pour la personnification de la ville et Lynch dans la noirceur insondable des personnages et la fulgurante violence de certaines scènes (ça m'a vachement fait penser à "Sailor et Lula" et "Blue Velvet"). Mais bon, c'est pas non plus LA révélation dont on nous a tant rebattu les oreilles depuis Cannes...

Dans le genre polar urbain, je lui préfère La Peur au Ventre (avec Paul Walker) injustement passé inaperçu il y a bientôt 6 ans