Dead Silence - Le test blu-ray
Publié le 2011-12-12 11:18:24 par Aimé
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Attention les captures du film illustrant cet article proviennent d'un dvd sd et non pas du blu-ray.
Après la chronique récente d'Insidious sur Planète HD, je vous propose de remonter un peu le temps pour parler cette fois-ci du second film de la filmographie de James"Saw"Wan, Dead Silence.
Pour un budget ridicule de 1,2 millions de dollars, le duo gagnant de Saw avait quelque peu bouleversé la planète Hollywood en produisant un long-métrage de qualité possédant une belle ambiance louchant méchamment du côté de Se7en. Bingo ! Saw fait péter le box-office et engrange plus de 100 millions de dollars dans le monde. Comme quoi il n'y a pas que Paranormal Activity qui rapporte du flouze. Très lucratif mais cependant, Wan et Whannel décident de prendre leur distance et ne participeront pas aux autres films de cette franchise désormais mondialement connue en tant que créateurs mais plutôt en tant que producteurs exécutifs..
Fort de leur succès et notoriété montante, les deux compères partent chez Universal pour débuter un nouveau projet tout d'abord intitulé Shhhh... and Silence puis The Doll and Mary Shaw pour finir en Dead Silence. On les attendait inévitablement au tournant sur leur second long-métrage et si le duo à eu la bonne idée d'entamer un virage à 180 degrés et de revenir à un genre versant davantage dans le Fantastique classique plutôt que dans le "Torture Porn", le résultat n'est pas forcément à la hauteur de nos espérances.

Jamie et Ella Ashen, un jeune couple, reçoivent un paquet avec dedans une marionnette de ventriloque singulièrement étrange. Qui l'a envoyé et plus particulièrement, dans quel but ? Quelques instant après, l'énigmatique poupée fait une victime, Ella. Dévasté, et surtout soupçonné par les flics d'avoir tué sa femme, Jamie décide de repartir dans sa ville natale, Raven's Fair, bien décidé à savoir ce qui s'est passé car cette poupée, il l'a connait bien. Une vieille légende locale nous raconte que Mary Shaw, ventriloque de renom, aurait assassiné de son vivant, toutes les personnes doutant de son talent. Une fois morte Mary Shaw revivrait sous les traits de sa marionnette bien déterminée à se venger en "volant" la langue de ses victimes.

C'est sur ce scénario ultra prémâché que James Wan et Leigh Whannell nous font les honneurs d'une énième "Ghost Story". Oui, de fantôme car c'est bien de ça qu'il s'agit ici. Il l'ont suffisamment répété d'ailleurs. Le duo ne souhait pas refaire un film du genre de Chucky (1988) de Tom Holland ou de l'oublié Magic (1978) de Richard Attentborough avec Anthony Hopkins. Malgré tout et inévitablement situé quelque part entre Chucky, Magic (et même Poltergeist, future référence d'Insidious) et surtout Au cœur de la nuit (Dead of Night - 1945) film à sketches Britannique, référence revendiquée par le duo Wan/Whanell, Dead Silence avait pourtant tout du métrage qui nous traumatiserait pendant un bon nombre d'année. Seulement voilà, le problème, c'est qu'à part son début plutôt bien troussé, Wan a décidé de privilégier la forme plutôt que le fond.
Je m'explique. Réalisé de main de maître, le film ne décollera pour ainsi dire jamais au-delà de son concept de base. Après un magnifique générique à la Se7en et une très jolie introduction, on sent bien que le réalisateur souhaite nous foutre une trouille de tous les diables en utilisant l'imagerie de la poupée si chère aux cauchemars cinématographiques de notre enfance. La réussite est loin d'être évidente. Malgré tout, il y a quelques moments de pure trouille à l’image des quelques rares apparitions du visage de Mary Shaw sortant de l'ombre, ou encore de cette saloperie de pantin bien angoissant conçus dans le but de nous faire nous faire sursauter. Des cadrages somptueux et la photo en Cinemascope superbement léchée de John R. Leonetti (The Woods, Insidious) viennent compléter un ensemble décidément bien bancal.

Le film distillera donc au compte goutte les très rares moments de frayeurs et les moments involontairement comiques, à l'image des quelques face à face entre le héro et son père. Papa visiblement "pété-de-thunes-mais-qui-s'en-bat-les-couilles-de-son-fils", un brin caricatural mais surtout assez mal interprété par un Bob Gunton (pourtant un abonné aux bons seconds rôles - Demolition Man, Les Evadés) assez insipide.
Mais que vois-je à l'horizon ? Ne serait-ce pas ce bon vieux queutard de Jason Stackhouse ? Bingo ! Voici venir l'Australien Ryan Kwanten, parfait inconnu au moment où sort le film et plus habitué aux séries lorsqu'il entame (très jeune) sa carrière. Dead Silence est son quatrième long-métrage cinéma si l'on compte son apparition dans Signal One, un film datant 1994. Heureusement que l'on a pu se rendre compte de son talent dans True Blood et récemment dans Red Hill de Patrick Hugues sinon on l'aurait sans doute pris pour une belle gueule sans avenir dans le genre de Taylor trucmuche qui se fait produire un film par son papa. Ce n'est pas la faute de Kwanten si son personnage se révèle aussi transparent mais celle des auteurs.
Donnie Wahlberg (Sixième Sens, Saw 2 et 3 et le boys band "à l'ancienne" New Kids on the Block) joue le rôle du détective Jim Lipton (comme le thé oui et alors ?) et lui par contre n'apporte rien de très excitant au film. En tout cas, surement pas sa performance. Archétypal au possible, Donnie Wahlberg n'insuffle rien à son rôle. C'est probablement le "comic relief" de Dead Silence. Vous savez, le personnage censé "détendre l'atmosphère" parce que c’est trop tendu du string, mais il est lui aussi tellement prévisible que l'on se demande même à quoi il sert dans le déroulement de l'histoire si c'est pour être autant insignifiant.

A la décharge des acteurs il faut aussi souligner que le scénario de Whannell ne fait pas spécialement la part belle aux dialogues intelligents. Les échanges entre les protagonistes s'avèrent souvent aussi risibles que les situations dans lesquelles ils se trouvent. Il y a dans le scénario un manque singulier de profondeur aussi bien dans la présentation des personnages à la motivation parfois imprécise (l'inspecteur Lipton) que dans l'histoire et ses enjeux tout aussi vagues. Bref, Dead Silence manque considérablement de générosité de la part des deux jeunes auteurs. Ils ont juste évité l'orgie gore habituelle comme on a pu le voir dans pas mal de films des années 2000, dans l'optique de favoriser l'ambiance, la peur, la vraie. Vous savez, celle qui nous poursuit pendant des jours après avoir vu un film ? Encore fallait-il aller au jusqu'au bout de cette démarche. Pour couronner le tout, Wan et Whannell se sentent obligés de nous affubler d'un twist final tellement énorme que l'on ne peut s'empêcher de le trouver jouissif, même si inutile (ben oui, ça fait quand même 1h30 qu’on roupille sec alors l’annonce finale réveille inévitablement tout le monde d'un seul coup).
On pourrait oser comparer Dead Silence à Nightmare on Elm Street (Les Griffes de la Nuit) et mettre le personnage de Mary Shaw en face de Freddy à cause (ou grâce, au choix) du traitement réservé par Whannell à la ventriloque maudite (mise à mort par la population locale) mais nous sommes loin de la réussite de Wes Craven et de son personnage devenu iconique. Donc s'il devait y avoir une franchise mettant en vedette Mary Shaw, c'est mort.
En poursuivant dans le registre hommage, il y a tout de même des éléments assez étranges dans ce Dead Silence. En 2003, Jonathan Liebesman réalise un long-métrage intitulé Darkness Falls (très intelligemment traduit chez nous par Nuits de Terreur) ressemblant comme deux gouttes d'eau au film de Wan et Whannell. Celui de Liebesman traite aussi d'un personnage revenant sur les lieux de son enfance afin de contrer une sorte de malédiction perpétrée par une certaine Matilda Dixon, la maléfique Tooth Fairy (en gros, l'équivalent de notre "petite souris"). Bref, je vous la fait courte parce que je reviendrai probablement sur Darkness Falls le moment venu, mais je peux vous assurer que Mathilda Dixon et Mary Shaw, même combat. On a l'impression d'assister à un joli copié/collé. Coïncidence ? Peut-être mais quoi qu'il en soit inutile de vous préciser que ça m'a un peu tué le film parce que j'avais celui de Liebesman constamment en tête pendant toute la vision de Dead Silence.

Si le long-métrage débute judicieusement sur le logo Universal en noir & blanc, datant de l'époque magique où le studio produisait des films d'horreurs devenus, pour la plupart, des classiques, Dead Silence n'a finalement que peu de choses en commun avec les chefs d'oeuvre de James Whale, Jack Arnold ou Tod Browning mis à part une esthétique vaguement gothique accompagnée d'une atmosphère supposément anxiogène. De plus les créateurs avouent volontiers s'être inspirés davantage du cinéma de Dario Argento à travers l'utilisation de codes couleurs spécifiques (le rouge entre autre).
En fait, et pour en terminer avec le chapitre références, le duo avait en tête pendant la conception du film un épisode de la série La Quatrième Dimension, The Dummy (Saison 3 - épisode 33) réalisé par Abner Biberman datant de 1962. Sur un scénario de Rod Serling et Lee Polk, La Marionnette (titre français) raconte l'histoire de Jerry Etherson, un ventriloque très porté sur la boisson, persuadé que Willie sa marionnette lui en veut personnellement.

D'autre part, il est frustrant de constater que le thème principal, la ventriloquie (LA vraie bonne idée du film), soit en fin de compte si peu exploité et se cantonne à n'être qu'un prétexte afin de mettre en avant autant de situations rocambolesques auxquels personnes ne croit vraiment, ni les acteurs, ni le public. D'un autre côté, on peut remercier au tandem de ne pas avoir succombé une nouvelle fois à l'appel du "Torture Porn", ni au syndrome du film de fantôme à l'asiatique dont nous étions abreuvé pendant une période. On se rend bien compte du désir des deux créateurs de privilégier une atmosphère ressemblant à celles que l'on avait l'habitude de savourer dans les bonnes vieilles bobines Fantastiques. Seulement, entre temps, d'autres metteurs en scène, et pas seulement Shimizu, Nakata ou Kiyoshi Kurosawa, ont eu le temps de récupérer et largement digérer un genre rabâché et recyclé jusqu'à l'écœurement par une production cinématographique Anglo-saxonne agressive et réussir à nous faire flipper tout autant. Je pense à certains réalisateurs Espagnols comme Balagueró (Fragile), Cerda (Abandonnée) ou Juan Antonio Bayona (L'orphelinat) qui ont largement apportés leur pierre à l'édifice depuis une bonne dizaine d'années. N'oublions pas non plus dans la boucle notre Mexicain préféré, Guillermo Del Toro pour la majeure partie de ses long-métrages tournés en Espagnol. Autant dire qu'il y a de la concurrence dans ce genre précis aujourd'hui. Avec Dead Silence nous sommes bien éloignés des réussites précitées même si cette tentative dans la pure tradition du "conte macabre" est louable.

Réalisé avec un budget plus que confortable de 20 millions de dollars, soit 20 fois plus que Saw, le film est un fiasco retentissant lors de sa sortie et ne rapporte que 15 misérables millions de dollars sur le sol américain.
Avec autant d'argent, difficile de pardonner à James Wan et Leigh Whannell ce semi-échec. Le duo explore le thème fascinant de la poupée au cinéma (sujet intarissable) et propose un film sur une poupée de ventriloque (excellente idée de variation au demeurant) associée à une histoire de fantôme vengeur en oubliant finalement le principal : nous faire peur. On ne leur demandait même pas de nous livrer une analyse en profondeur à la Mamoru Oshii sur le rapport poupée/homme, juste quelque chose qui se tienne et qui provoque un malaise tout en restant "fun".
La mise en scène de Wan met en avant de réelles qualités (c'est déjà beaucoup moins le cas pour sa direction d'acteur plus qu'approximative) mais Dead Silence s'avère être un "film-hommage" partant dans tout les sens pour ne pas dire bouffant à tous les râteliers.
A voir pour ne pas mourir idiot si vous avez 1h30 à perdre mais sinon, filez plutôt du côté d'Insidious bien plus réussi, niveau "trouillomètre" que ce fadasse Dead Silence, à propos duquel il vaut mieux se taire parce que comme le disait si justement Emile Gravier : "on ne peut pas tromper une personne 1000 fois... si, si on peut tromper 1000 personnes 1 fois... euh 1000 fois... non, on ne peut tromper pas 1 fois 1000 personnes...". Autrement dit, faut pas nous prendre que pour des cons.
Rien à dire sur ce transfert. L'image était déjà très belle en HD DVD, rebelote sur le blu-ray. Les détails sont impressionnants, les profondeurs de champ aussi et les noirs parfaitement noirs. C'est de toute beauté même dans les scènes les plus sombres et comme beaucoup de films en HD, ce blu-ray restitue toute la beauté de la sublime photo de John R. Leonetti, un des rares éléments à sauver de ce long-métrage. Pour faire le pinailleur, je dirai qu'il subsiste quelques passages à la définition approximative mais dans l'ensemble c'est tout à fait acceptable.


Pour commencer, il y a une très bonne piste DTS-HD Master Audio en V.O.. Là, on y gagne à coup sûr car le HD-DVD (à l'époque le titre n'était disponible que sur ce format) possédait une piste en Dolby Digital Plus. Autant vous dire que ça "respire" encore plus et comme pour toute bonne production horrifique qui se respecte, les ingénieurs du son ont fait du bon boulot et il y a de quoi se mettre dans l'ambiance direct. Tous les canaux seront sollicités pour essayer de vous faire décoller de votre siège. Bon après le film ne fait pas spécialement peur mais là, ce n'est plus la faute des techniciens.
Pour les allergiques à la lecture, une piste en V.F. DTS tout simple est aussi disponible mais même si elle est efficace, elle reste tout de même moins impressionnante et immersive que la version originale.


Et ils sont passés où tous les bonus inclus sur les galettes US que ce soit HD-DVD ou DVD ? Je n'irai pas jusqu'à dire "dans ton cul" mais c'est pas loin. Dead Silence bénéficie malheureusement du même traitement que The Game de Fincher. Et en plus, on se tape un menu pourri à la sauce dvd du début des années 2000 ? Ouch ! mal joué, très mal joué.
"Exit" donc "The Making of 'Dead Silence" (12 minutes) + "Mary Shaw's Secrets" (7 minutes) + "Evolution of a Visual FX" (4 minutes) + 19 minutes de scènes coupées comprenant également une ouverture et une fin alternative + un clip vidéo. Vous me direz que ce n'était effectivement pas grand chose déjà à la base mais au moins c'est quelque chose.


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Commentaires
Les 4 (si j'ai bien compte) films de Wan souffrent tous d'un meme probleme: de bonnes intentions et des pitchs accrocheurs, mais ca manque un peu de maturite dans la maniere de traiter les personnages voire les relations humaines en general.
Voire par exemple Death Sentence, plutot bien fichu et tendu, mais dont l'aspect humain n'est pas particulierement credible. C'est plus un film d'action qu'un drame. C'est peut-etre voulu mais ca limite l'impact du film.
Pareil pour Saw, Dead Silence ou encore Insidious.
peut-etre bien apres tout. moi aussi, je trouve que Death Sentence prend moins l'eau que les autres Wan et si Whannel n'y a pas touche, on peut se poser des questions.
Il reste que la mise en scene de Wan fait un peu trop la part belle a des effets de cameras virevoltantes au detriment de l'emotion de la scene.
Un peu de retenue (et de maturite) dans sa maniere de filmer et je pense qu'on aura un type capable de realiser des films elegants et haletants.
une chose est sure chez whannel et wan: ils ont envie de faire plaisir. ca se sent au travers de leurs films, et c'est deja pas si mal!
Bababaloo avait défendu ce film bec et ongles, et je lui avais promis de redonner un chance mais ton test Aimé, m'a refroidi un peu ! ...
Bon bin je garde le DVD dans ma collection, mais je ne le verrai pas avant longtemps...
ou alors ,,je me retape Dolls de Stuart Gordon que je n'ai pas revu depuis sa sortie ciné...
ou Chucky alors ?
attends voir MAGIC????
adapté du génial bouquin de William Goldman, le gars qui a écrit Princess Bride ???
Naaaan mais trop fort quoi, j'avais completement oublié qu'il avait été adapté en film.
Bon ok, je l'ai jamais vu, il est sorti en DVD ? en BR? il est dispo en divx??? vite des infos stp Aimé !
Soit dit en passant, le bouquin est une perle, tout comme Rouge Vegas, toujours de William Goldman, adapté sous le titre Banco je crois avec burt Reynolds, mais c'est pas un bon film... C'est un super bouquin. Mais ça ne parle pas de marionnettes là. . .
Je ne suis pas objectif c'est sûr, car William Goldman, je le venere !
Magic est dispo en BR mais region A uniquement. Pas de français mais des sous-titres anglais sur la galette :). Dispo aussi en DVD Zone 1 dans la même édition chez Dark Sky Films.


Vu y'a un ptit moment, et j'en garde aucun souvenir, mauvais signe Effectivement, go vers Insidious, nettement plus intéressant