Darkness Falls - Le test blu-ray
Publié le 2012-01-18 11:53:23 par Aimé
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Darkness Falls est sorti chez nous dans l'anonymat le plus complet (normal c'est un film de genre) en plein mois de juin et surtout en pleine sécheresse de l'année 2002. Exploité sous le titre parfaitement minable et peu attractif de Nuits de Terreur mais bénéficiant d'un concept de départ pour le moins intéressant, c'est le genre de petit film qu'il fait bon voir pour se rafraîchir surtout en pleine canicule comme c'était le cas en ce (un peu trop) beau mois de juin. Manque de bol pour moi, la clim du cinoche était en panne. Oui je sais, je vous raconte ma vie mais c'est pour vous expliquer que ça doit être surement pour cette raison que j'ai trouvé Darkness Falls pas si mal à l'époque. Mais en vérité ce n'est pas le film qui m'a donné chaud mais bien le manque d'air dans la salle parce qu'au final Darkness Falls, et ben, c'est pas si bien que ça. C'est même particulièrement mauvais.

Avant d'aborder l'histoire de ce Darkness Falls, il faut préciser un détail. En effet, de loin, le premier long-métrage de Jonathan Liebesman (encore inconnu au bataillon à l'époque) parle de la "petite souris"...enfin, pas tout à fait. En fait, si je fais allusion à cette créature à priori insignifiante issue de notre folklore occidental et dont le but est de tranquilliser nos chères têtes blondes lorsqu'ils perdent leurs dents de lait en leur faisant croire qu'un rongeur va remplacer leur chicot pourri par de l'argent s'ils décident de le laisser sous leur oreiller avant de s'endormir, ce n'est pas parce que je prend des substances illicites, mais parce que chez les américains, c'est un peu différent. A la place de notre célèbre mulot versé dans la finance, ils ont la "Tooth Fairy". Traduire par : la "Fée des dents". C'est vrai que présenté de cette manière, ça peut paraître étrange mais c'est exactement la même chose. On remplace juste Mickey par une fée et le tour est joué. Bon, ça, c'est fait.
Si vous ne voyez toujours pas où je veux en venir, l'introduction du film devrait vous aider car on nous raconte, par l'intermédiaire d'une voix-off, l'histoire et la légende de Matilda Dixon, gentille dame d'un certain âge qui échange les dents de lait des petits enfants contre une pièce de monnaie. Hélas, un jour, la brave mamie va avoir le visage cramé dans l'incendie de sa propre maison. Suite à ce drame, elle ne sort plus que la nuit et affublée d'un masque. Ce qui devait arriver arriva : deux gamins disparaissent mystérieusement et la population locale va rapidement accuser à tort la pauvre vieille. Condamnée à mort par pendaison par une foule en délire l'accusant d'être une sorcière meurtrière qui aurait tué froidement les deux bambins disparus (on les retrouvera vivants dès le lendemain) de la communauté de la petite ville de Darkness Falls (littéralement "les ténèbres tombent" en français), Matilda Dixon décide de se venger après sa mort. Et hop ! Naissance de la "Tooth Fairy".
Le personnage principal, Kyle, dont la mère à été sauvagement assassinée quand il était gamin par la fameuse "Tooth Fairy" et souffrant d'insomnies chroniques depuis cet évènement tragique, retourne dans sa ville natale suite à un appel téléphonique émanant de son amie (amour) d'enfance Caitlin. En effet, cette dernière a un petit frère souffrant lui aussi d'insomnie et dont les cauchemars sont hantés par Matilda, "of course".
Ensemble, ils vont essayer de combattre cette fée "de la mort" mais il y a un détail à ne pas oublier : elle ne se manifeste que lorsque tout est plongé dans le noir. Il faut donc rester dans ?...la lumière, bien entendu (pour les trois au fond qui ronflent déjà).

J'avais mentionné Darkness Falls dans mon article sur Dead Silence de James Wan à cause de similarités troublantes et évidentes entre le script de Leigh Whannell et celui écrit par Joe Harris, James Vanderbilt et John Fasano. Ben oui, ne serait-ce qu'au niveau du personnage central, Matilda. Dans le film de Wan, une vieille dame ventriloque (sic!) va se faire trucider et revenir se venger dans le bled où s'est déroulé les évènements. Le héros va se retrouver harcelé par l'apparition fantomatique de Mamie Nova. Ca vous rapelle quelque chose ou quelqu'un ? La Mary Shaw de Dead Silence ? C'est normal, sauf que le film de Liebesman est sorti trois ans avant. Hasard ? Plagiat ? On s'en fout nous ce qu'on veut c'est regarder un bon film d'horreur divertissant et qui fout la trouille. Le minimum syndical quoi.
Après avoir revu Darkness Falls en dvd à l'époque, je pensais encore que le film de Wan était inférieur à celui de Liebesman mais après une troisième vision en blu-ray (je suis un peu maso, je l'admet), je dois reconnaître plus de qualités au premier qu'au second.
Parasité par les pires clichetons du genre, Darkness Falls ne nous épargne pas grand chose. J'en veux pour exemple le vieux truc éculé dans le genre du chat venu de nulle part qui tombe inévitablement sur le râble d'un des protagonistes alors qu'on attendait une apparition de la vieille, histoire de nous faire sursauter. Va falloir penser à arrêter de l'utiliser celui-là. Cet effet est mort depuis Alien de Ridley Scott, au moins.
Le reste ? Il est à l'avenant. Pas de quoi se relever la nuit en fin de compte étant donné que le projet d'origine s'est vu saboté au fur et à mesure que tout se mettait en place, avant pendant et après le tournage.

Ce qu'il faut savoir c'est qu'à la base Darkness Falls était un court-métrage plutôt sympatoche et efficace qui s'appelait The Tooth Fairy (dont voici le lien ICI ). Joe Harris est à l'origine de ce projet mettant en scène un gamin qui a décidé d'attendre la fée des dents afin de voir ce qu'elle fabrique pendant qu'il est supposé dormir. Harris est un artiste éclectique, il est auteur/scénariste de Comic Books (X-Men, The Tripper - devenu également un film de David Arquette) mais il est également réalisateur comme l'atteste le court-métrage susmentionné. Il aime mélanger l'univers des super-héros et l'horreur ou le surnaturel. Tourné en vidéo pour un budget proche du néant, The Tooth Fairy va intéresser plusieurs personnes dont John Fasano qui sera producteur et co-scénariste sur le futur Darkness Falls. Fasano avait une ouverture avec la société de production Distant Corners Entertainment Group ce qui a permis de financer le court. En retour, cette boite de production avait quant à elle un deal avec Revolution Pictures et c'était le moment de leur proposer de développer un long-métrage. C'est sous l'égide de Revolution Pictures via Sony Pictures que Darkness Falls voit le jour. Mais, parce qu'il y a un "mais", le projet va rapidement virer au nawak total et ça va commencer avec l'artiste en charge de dessiner la créature pour le film, le pauvre Steve Wang.

Darkness Fall est un film avec une créature dedans, ce serait donc pas mal qu'elle soit un minimum effrayante. Et Wang va accoucher d'un superbe concept : une créature somptueuse aux cheveux longs avec des ailes de papillon, tout à fait effrayante et attirante à la fois mais non dénuée de poésie. Il bosse sur un costume en latex que devait porter le comédien Doug Jones que l'on connait pour ses prestations mémorables dans la peau d'Abe Sapiens dans les deux Hellboy de Guillermo Del Toro et dans celle de l'impressionnant "Pale man" du Labyrinthe de Pan toujours de Del Toro. Mais d'un seul coup la production change d'avis et appelle Stan Winston (Terminator 2, Jurassic Park) pour participer au projet. Steve Wang est gentiment remercié et se retrouve dégagé du projet en faveur d'un "nom" beaucoup plus porteur. Wang se barre avec son concept et ses dessins et finira par vendre son concept à McFarlane Toys. Sa superbe version de la Tooth Fairy verra donc le jour mais uniquement sous la forme d'une figurine. Il n'a pas tout perdu mais nous par contre on se retrouve à la place avec un concept tout pourri avec tout le respect que l'on doit à un artiste de la stature de Stan Winston. Vous pouvez voir à quoi ressemble le concept de Steve Wang en cliquant ici ou encore ici.
La nouvelle Tooth Fairy ne ressemble plus à rien. L’apparition fantômatique du personnage est ainsi réduite à sa plus simple expression c'est à dire à une silhouette affublée d'un vulgaire masque blanc et d'une robe/cape/boubou (rayez la mention inutile) à la "Belphégor meets The Phantom of the Opera". Bref, aucun intérêt et on repassera pour l'aspect frayeur et épouvante de la chose. Avec le nom de Winston rattaché au projet, on comprend encore moins ce ratage mais par contre on avait bien compris que le studio souhaitait saisir l’occasion de lancer le film avec un "nom" au générique, quelqu'un de connu, pour le prestige et rameuter les gens. Finalement ça n'a pas trop mal fonctionné puisque le film finira par rapporter tout de même 47 millions de dollars pour 11 millions de budget de départ.

Que reste t-il de Darkness Falls aujourd'hui ? Pas grand chose. Un casting assez peu alléchant, mais qui fait ce qu'il peut pour "aider", composé de Chaney Kley (La Revanche d'une Blonde) dans le rôle du traumatisé de naissance Kyle Walsh, Emma Caulfield (Anya dans la série Buffy contre les Vampires et Susan Keats, petite amie de Brandon, dans Beverly Hills) dans celui de Caitlin. On croise également une toute jeune Emily Browning (Babydoll dans Sucker Punch de Snyder) dans un de ses premiers rôles.
Nous voilà devant une ribambelle de personnages censés avoir peur du noir et nous communiquer leur stress. Ça parle obligatoirement à tout le monde mais c'était sans compter sur l'horrible mise en scène de Liebesman associée à un montage épileptique transformant le film en "actioner" inutile. Exactement le même type de problème rencontré lors de la vision de Mirrors d'Alexandre Aja dans lequel la dernière demi-heure se transforme en "Die hard chez les Fantômes". Autant vous dire que pour désamorcer toute tension horrifique, il n'y a pas mieux. L'ambiance, si tant est qu'il y en ait une, est d'emblée tuée par un déploiement sonore particulièrement bruyant et une dictature du plan pas du tout adaptée pour un long-métrage supposé prendre son temps pour installer un malaise.

C'est vraiment très con d'avoir ruiné un potentiel intéressant via un concept relativement alléchant mais ruiné à la fin par une major frileuse et par le tout puissant Stan Winston Studio qui viendra mettre son grain de sel tout puissant en imposant SA créature plutôt que celle du très doué Steve Wang gentiment remercié du jour au lendemain. Peur du noir et croquemitaine, tout était réuni pour faire de ce Darkness Falls un pur moment de cauchemar avec traumatisme à la clé si seulement les décideurs avaient fait en sorte de laisser le projet "respirer".
Si Dead Silence de James Wan était inoffensif mais démontrait une certaine maîtrise visuelle, Darkness Falls est, quant à lui, juste pitoyable la plupart du temps. Peu de séquences viennent sauver ce radeau de la méduse cinématographique et il ne faut pas non plus compter sur un éventuel savoir faire d’un réalisateur bridé sur un projet pour lequel il n’a eu pas grand-chose à dire. Depuis, Liebesman a eu l’occasion de s’illustrer sur d’autres longs-métrages tels que The Killing Room ou l'involontairement comique World Invasion : Battle Los Angeles.
C'est donc avec regret que je vous annonce que Darkness Falls fait partie de ces petits films d'horreur bien merdiques issus de la "vague post-Scream PG-13" qui nous ont accompagné pendant toute la fin de la décennie 90 jusqu'une bonne moitié de la décennie 2000. Heureusement que les Rob Zombie, Eli Roth, Lucky McKee ou autre Ty West sont passés par là depuis, histoire de nous rappeler que le cinéma d'horreur "made in U.S.A" est toujours vivant et pas trop mal portant.
ATTENTION Darkness Falls est un blu-ray région A.
Alors, à mauvais film, blu-ray pitoyable. En fait, je n'ai pas trop bien compris. Darkness Falls sort en blu-ray sous la bannière Image Entertainment alors que le dvd avait été édité en 2003 par Sony ce qui semble logique étant donné que c'est le studio qui a distribué le film. Pourquoi Darkness Falls est-il passé d'un catalogue à l'autre ? Mystère. Surement une obscure histoire de droit. Mais à priori on s'en fout. Ce qui nous intéresse c'est de savoir si cette purge est regardable en HD. Et bien pas vraiment, surtout si l'on connait les performances du 1080p à condition de ne pas faire n'importe quoi, bien entendu.
Les couleurs ressortent pas mal et les gros plans nous montrent bien que nous sommes en présence de HD mais alors pour le reste, c'est juste improbable. Image Entertainment a certainement dû trafiquer substantiellement l'image pour en arriver à ce résultat. Conséquences de ce je-m'en-foutisme intégral consistant à ne pas retravailler un transfert dvd pour l'upgrader en HD ? : Des scènes dans l'obscurité durant lesquelles on ne distingue pas grand chose (couplées à un montage digne de Parkinson, vous imaginez ce que ça peut donner), des profondeurs de champ quasi inexistantes et trop de plans larges sans une once de piqué. Bref, ça ou le dvd anciennement édité par Sony, c'est pratiquement la même chose et je ne vois pas exactement où se situe le gain de la haute définition sur ce coup là. A éviter, tout comme le film.


Là, ça s'arrange un peu. Tout en n'étant pas le mixage le plus impressionnant que j'ai pu entendre sur ce support, il faut avouer que la piste son se débrouille nettement mieux que l'image. Une seule et unique piste nous est proposée en DTS-HD Master Audio 5.1.
Les dialogues sont bien retranscrits dans le vacarme pourtant bien bordélique des attaques vénère de la vieille Matilda. Tous les canaux sont parfaitement utilisés, caisson de basse inclus. Entre les chuchotements flippants de Matilda, les craquements de plancher et autres bruits hautement suspects, Darkness Falls pourrait bien vous faire sursauter grâce à ses deux ou trois effets "boo!". Heureusement qu'ils sont de la partie ceux là parce que si l'on doit compter sur le reste, c'est mort. La musique bénéficie aussi grandement de l'apport de cette piste HD et d'ailleurs on entend beaucoup trop bien l'espèce de Rock F.M. moisi qu'écoute le héros du film et qui sonne comme une bande originale des années 90. Aaaah, les goûts et les couleurs...


Bande annonce du film en HD et…rien d’autre. Dommage car il y aurait surement pas mal de choses à dire concernant la production du film et à propose de la raison pour laquelle nous sommes passés d'un concept alléchant à une bouse sans saveur PG-13. Enfin bon, moi j'dis ça hein...


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Commentaires
sans compter le temps que tu as pris pour rédiger ce test que j'ai lu en entier,
rien que pour tout ça, je te dis : Chapeau ! ^^


































