Black Swan - Le test blu-ray

Publié le 2012-01-09 16:47:10 par Aimé
Pochette du film Black Swan
  • Note HD Avis 10/10
  • Note Vidéo 9/10
  • Note Audio 9/10
  • Note Bonus 5/10
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Pour ceux n'ayant pas encore vu le film et voulant garder un minimum de surprise, réfléchissez-y à deux fois avant de vous plonger dans la lecture de ce test. On s'est grave fait plaisir au niveau des spoils. Vous voilà prévenus !
Pour ce test, outre l'avis, Aimé s'est occupé des parties techniques (Vidéo et Audio)  et Rémy de la partie bonus.

 

Histoire de proposer un réveillon aux petits oignons à tous les membres de la rédaction, Aimé et Rémy font les magasins. Mais lorsque arrive le choix fatidique pour savoir si ça sera une dinde, un chapon ou tout autre bestiole à bec qui sera au centre de la tablée et ravira les convives leurs regards se croisent, un sourire malin se dessine sur les visages et ensemble, comme deux sales gamins, ils crient :"Et si on se farcissait un cygne ?". Une longue conversation s'en est suivie. En voici la retranscription :

 



Rémy : Ça fait maintenant un an que Natalie Portman a reçu l'Oscar de la meilleure actrice pour Black Swan. Avec le recul qu'est-ce qu'on peut en retenir, en dire ? C'est toujours aussi mérité ?
Franchement après avoir revu le film, oui, cent fois oui, Portman mérite amplement cette récompense suprême pour un acteur, elle tient là sa meilleure prestation, elle ne joue pas, elle semble être Nina Sayers. Elle bouffe littéralement l'écran. 

Aimé : Oui qui l'eût cru. L'annonce d'un film sur le monde du Ballet classique réalisé par Aronofsky et interprété par Natalie Portman n'avait pourtant rien d'ultra excitant présenté comme ça. Mais la bande-annonce nous a rassuré et calmé instantanément et résultat des courses, un Oscar pour la princesse Amidala. Et amplement mérité ceci dit.

Rémy : Exactement, on pourrait facilement dire que Portman porte le film sur ses frêles épaules. Alors c'est vrai dans un sens, puisqu'on imagine mal une autre actrice qu'elle mais le film a aussi énormément d'autres qualités qui font qu'on se souvient de l'actrice mais pas que.

Aimé : Et puis ça fait le plus grand bien d'assister au "dépucelage cinématographique" de Miss Portman  habituée jusqu'ici à des rôles avec peut-être moins d'aspérités en général. Une filmo de petite princesse un peu propre sur elle alors que là, c'est l'explosion totale.

Rémy : En espérant qu'elle continue sur la même lancée.

Aimé : Alors oui, il faut l'espérer, puisqu'apparemment elle a enchainé direct sur Your Highness, une sombre comédie médiévale et Thor. Donc on verra bien mais manifestement Hollywood décide de négliger quasi systématiquement les bons rôles marquant au cinéma pour les femmes. Difficile pour elle de trouver des personnages forts à interpréter.
On est loin de la période Streep/Close/Lange/Weaver qui était déjà compliquée pour les femmes à Hollywood et ces mêmes actrices étaient les premières à le faire remarquer d'ailleurs à l'époque.

Rémy : Ça à toujours été compliqué finalement. Les actrices n'ont jamais vraiment pas eu grand chose à dire dans le cinéma, enfin si mais on ne leur demande pas de l'ouvrir à intervalle régulier. Quand on voit le résultat sur Black Swan, c'est quand même dommage. Et Portman est loin d'être un cas isolé, regarde un peu Charlize Theron qui après Monster n'a pas fait de film aussi puissant ou encore Hilary Swank qui après Boy's don't cry et Million Dollar Baby, n'a plus vraiment brillé.

Elles jouent un rôle fort, puissant, un de ceux qui lance une carrière puis pouf, plus rien, comme si elle était des actrices balèzes à usage unique. Bizarre comme concept mais qui plairait à Tyler Durden.

D'autant qu'on voit quand même bien que toutes les actrices dont on parle sont capables de proposer quelque chose de fort, elles ne sont pas là pour jouer les potiches. C'est quand même pas une coïncidence ou de la chance à chaque fois ?

Quoi qu'il en soit, on ne va pas bouder son plaisir, si Hollywood est mysogine sur les bords, tant pis pour lui, sur Black Swan, Natalie Portman s'est donné à fond et ça fait plaisir. Parce que c'était quand même loin d'être un pari gagné au vu du film.

Aimé : En même temps on ne savait pas trop à quoi s'attendre. La bande annonce laissait entrevoir un drame, un thriller teinté de Fantastique mais quoi exactement ?

Rémy : On s'attend à ce que ça soit un film sur la danse en tant que tel et en fait, ben pas du tout, c'est plutôt un film qui nous montre l'envers du décor, les coulisses. Black Swan nous montre ce qui se passe derrière le rideau mais ce n'est pas le seul à l'avoir fait.

Aimé : Exact, c'est loin d'être le seul. On peut comparer Black Swan à d'autres longs métrages comme Les Chaussons Rouges de Michael Powell et Emeric Pressburger, All About Eve de Joseph L. Mankiewicz et même Showgirls de Paul Verhoeven qui lui aussi se basait directement sur le film de Mankiewicz et Les Chaussons Rouges. On pourrait citer la tuerie de Vincente Minelli, The Bad and the Beautiful (Les Ensorcelés) mais ça se passe dans le milieu du cinéma à Hollywood. Ce n'est pas le même délire.

Aronofsky n'a jamais caché s'être inspiré entre autre d'All About Eve. Ce film raconte comment Eve Harrington (Ann Baxter), fan inconditionnelle d'une actrice de théâtre vieillissante Margo Channing (Bette Davis) va réussir par tous les moyens, de se hisser elle aussi en haut de l'affiche et devenir une star. Bien entendu Eve utilisera toute la panoplie de la petite arriviste aux dents longues pour s'immiscer dans la vie d'Eve, devenir très proche d'elle et subitement piétiner ses plates bandes. Eve deviendra l'habilleuse de Margo puis doublure de l'actrice pour finir par lui piquer  sa place. Bien entendu tout ça dans un environnement professionnel transpirant la trahison, les coups bas et tout ce qui peut être de mise dans les coulisses du show business.

The Understudy, nom du premier script envisagé pour ce qui deviendra plus tard Black Swan et écrit par Andres Heinz en 1999, racontait l'histoire d'Alexandra (la future Nina), une actrice de théâtre à Broadway prête à remplacer au pied levé la vedette d'une pièce venant tout juste d'être victime d'un accident de voiture. Nous sommes dans l'univers du théâtre mais pas du Ballet. C'est venu plus tard.

Heinz, pour son script lorgnant au départ beaucoup plus sur un Thriller conventionnel, a dit s'être inspiré de Repulsion et Le Locataire de Roman Polanski et aussi du livre Le Double de Fiodor Dostoïevski.

Et ce ne sont que quelques unes des influences de Black Swan, il y en a encore d'autres dont on parlera après mais c'est déjà un bon début de gros trip parano/schizo du plus bel effet. Aronofsky et les autres scénaristes vont ensuite introduire le concept du Doppelgänger, une sorte de double maléfique qui est là pour vous faire du mal.

Pour Les Chaussons Rouges, je n'ai pas lu tant d'article que ça, rapprochant directement le film de Powell et Pressburger à celui d'Aronofsky. Et pourtant....

La soeur de Darren Aronofsky est une danseuse classique et il a toujours été fasciné par ce milieu. Il va voir une représentation du Lac des Cygnes et se dit qu'il ferait bien un film sur le milieu de la danse. Finalement le projet "Black Swan" remonte à la surface au moment où il taffe sur Requiem For A Dream. Sachez que le film était supposé se faire via les Studios Universal mais que ces derniers n'ont pas voulu financer le projet. Aronofsky rachète le scénario et se barre avec sous le bras. Mark Heyman remplace Andres Heinz et c'est parti pour la version de ce que vous avez tous vu aujourd'hui. Evidemment je raccourci un peu sinon on va en avoir pour un moment.

On peut rapprocher ça aussi et quitte à me faire balancer des caillasses, à Showgirls de Paul Verhoeven. Les méchancetés, les coups de pute, les traîtrises sont les mêmes que ce soit dans le monde des paillettes de las Vegas ou dans celui, ultra coincés et très propre sur lui, des tutus. On sent la compétition entre les danseuses, la volonté que l'autre en face se plante et tout se passe dans le regard. Nomi Malone VS. Crystal Connors, Eve Harrignton VS. Margo Channing, Nina Sayers VS. Beth Macintyre. Même combat.

Au rayon inspiration, hommage et tout le tintouin, finalement est-ce que Black Swan ressemble à Perfect Blue de Satoshi Kon ? On a beaucoup fantasmé Satoshi Kon dans Black Swan. Alors vrai fantasme, fausse illusion, réalité distordue ? Qu'en est-il exactement ?

Rémy : Comme tu le disais, à l'origine le projet Black Swan s'appelait "The Understudy" ce qui signifie la doublure. On pourrait pousser le vice plus loin en parlant carrément de double, comme tu l'as dis. On le constatera à plusieurs reprises avec les visions de Nina ou lorsque Thomas se verra coller l'image de Rothbart lors d'une certaine séquence.
Cette thématique du double on l'a déjà vu dans de nombreux autres films mais c'est plus particulièrement les accointances avec Perfect Blue qui sautent aux yeux, enfin du moins pour moi. Bien évidemment dans le film de Satoshi Kon pas de Thomas mais l'héroïne a les mêmes caractéristiques psychologiques que Nina et forcément, même si on ne veut pas comparer, on le fait quand même parce que certains trucs sautent rapidement aux yeux (surtout quand on a vu le chef d'oeuvre de Kon plus d'une fois).
Je vais pas m'amuser à détailler toutes les similitudes parce qu'il n'y en a pas qu'une (et accessoirement, certaines vidéos sur le net le font très bien) mais disont qu'on sent quand même plus qu'un peu qu'Aronofsky kiffe bien ce que Kon a fait dans Perfect Blue. On avait déjà pu le constater dans Requiem For A Dream avec la séquence de la baignoire mais là c'est un cran au-dessus.



Certains ont criés au plagiat et on les comprend mais la démarche d'Aronofsky me semble être honnête puisqu'il a toujours affirmé que le travail de Satoshi Kon était un exemple pour lui. Le seul truc qui est gênant c'est qu'à aucun moment du générique, le Japonais n'est remercié et comme je le dis souvent, un merci ça n'a jamais tué. A croire que les américains ne savent pas le dire (cf. l'affaire du Roi Lion pour l'exemple le plus concret). Et d'ailleurs, après coup, j'ai aussi entendu Aronofsky dire que Perfect Blue n'était absolument pas une référence...

Aimé : Ouais c'est un peu schizo comme comportement à l'image de son héroïne dans le film. Par contre on pourrait au moins rapprocher Black Swan d'un autre long-métrage de la filmographie d'Aronofsky  cette fois-ci, The Wrestler. Tout ça nous ramène aux thèmes évoqués dans ses films. On sent bien qu'il parle de douleur, aussi bien psychologique que physique.

Rémy : Il s'autoréférence. Chacun des films d'Aronofsky nous parle plus ou moins de la même chose, du moins des mêmes thématiques. Même si de prime abord il n'y a rien qui puisse les rapprocher, en grattant un peu on se rend compte que la filmo d'Aronofsky suit une certaine logique, ils possèdent la même ligne directrice.
A chaque fois il nous parle de personnages forts, qui sont souvent seuls, bouffés par leurs propres pensées, leurs façons d'être et quoi qu'il arrive, ils vont toujours au bout d'eux même. Qu'on prenne Pi, The Fountain, Requiem For A Dream, The Wrestler ou Black Swan, c'est la même façon d'aborder le personnage central, la même façon de nous le dépeindre.

Mais c'est clair que quand on voit sa filmo pré-Black Swan, on a quand même du mal à deviner qu'il va partir sur le thème du Ballet. Parce qu'entre nous, et aussi pour beaucoup de monde, le Ballet ce n'est pas quelque chose de très vendeur mais surtout, on imaginait mal comment il allait nous sortir un film dont il a le secret au vu du milieu dans lequel il a voulu faire évoluer son histoire.

Aimé : Tu m'étonnes. C'était sans compter sur la virtuosité de la mise en scène d'Aronofsky  qui n'est plus à prouver. Il nous immerge plusieurs fois au cœur même du ballet. De mémoire je n'avais jamais vu un Ballet filmé de cette manière, même si dans d'autres films sur la Danse, certains metteurs en scène ont été assez loin pour nous plonger dans l'action. Immersion totale ici. Il colle aux danseurs au point de les entendre respirer. Aronofsky nous donne l'idée de ce que peux représenter le fait de danser pour un danseur professionnel. On se rapproche du sentiment de liberté par le mouvement et dans le mouvement. Cette sorte de lâcher prise total permettant de faire fusionner le danseur et son Art dans l'instant présent de la représentation sur scène ou plus simplement lorsqu’il danse.

Aronofsky ne prend pas le même risque que Powellet Pressburger avec Les Chaussons Rouges en incluant dans son film une énorme séquence dansée de 20 minutes. S'il l'avait fait on aurait immédiatement hurlé au plagiat. Mais a l'instar de Powellet Pressburger, il cultive lui aussi et constamment pendant le métrage, cette frontière très floue entre le rêve et la réalité. La réalité est tout de même très présente dans Black Swan et elle est principalement la cause de la descente aux enfers de Nina. Pas de grand passages dansés et pourtant le ballet du Lac des Cygnes est bien présent et n'a pas été choisi au hasard pour la toile de fond du récit. Mais de quoi parle le Ballet original au juste ?

Rémy : C'est tout simple, ça parle d'amour. Mais ça serait très réducteur de dire que le ballet est juste une histoire d'amour. Le Lac des Cygnes est une histoire mettant en scène un trio de personnage (on pourrait dire un quatuor aussi). Siegfried, Odette / Odile et Rothbart et sans ce dernier, pas de Lac des Cygnes, parce que c'est de lui que viendra l'idylle entre Odette et Siegfried. Car Rothbart est un magicien qui a ensorcelé plusieurs filles en les changeant en cygnes et que seul un serment d'amour éternel viendra briser la malédiction. Mais le magicien est, en plus, un fieffé manipulateur.
Il va donc créer un double maléfique d'Odette, la fameuse Odile qui va empêcher Odette de s'unir avec le prince qui lui, a bien été blousé, il n'y a vu que du feu. Mais tout est bien qui finit bien puisque Siegfried va quand même s'apercevoir qu'Odile a un truc qui ne tourne pas rond et va aller à la rencontre d'Odette et va mettre la misère à ce salopard de Rothbart. Ça c'est pour la version happy end.



L'autre version, ben tout le monde meurt sauf Rothbart, comme quoi, être gentil ça n'amène pas forcément que des bonnes choses.  Voilà donc ce qu'est Le Lac des Cygnes, l'histoire d'un prince qui tombe amoureaux d'une fille ensorcelé et qui va devoir s'armer de courage pour la délivrer de l'emprise maléfique de Rothbart. On peut également y voir quelque chose lorgnant du côté du mythe d'Orphée.

 

Aimé : Et il faut surtout savoir, parce que cela rajoute une dimension supplémentaire au film d’Aronofsky , que Tchaïkovski compose Le Lac des Cygnes, Ballet en quatre actes dont le livret à été écrit par Vladimir Begichev (basé sur une ancienne légende allemande), dans le but d'exorciser un vieux démon auquel il n'arrive pas à faire face : sa propre homosexualité. Le compositeur insuffle sa culpabilité vis à vis de sa sexualité refoulée, dans le personnage de Sigfried. Et on repart sur le thème de la dualité si présent dans Black Swan à travers du personnage de Nina. Tchaïkovski est persuadé être frappée d’une malédiction et cela ne va pas s'arranger à la sortie de son œuvre qui va faire un bide monumental. Le Lac des Cygnes ne sera pas visible pendant près de 18 ans et c'est le fameux chorégraphe Marius Petipa qui remettra ce Ballet au goût du genre en proposant de le remettre en scène.

Puis ce sera au tour du danseur Rudolph Noureev de reprendre le flambeau dans les années 80, en dépoussiérant l'oeuvre mais tout en conservant la majeure partie du travail effectué par Petipa en 1895. Le danseur Etoile accentue l'aspect psychanalytique et introspectif de l'histoire afin d'apporter encore plus de subtilité aux personnages.

En 1995, le danseur et chorégraphe britannique Matthew Bourne reprend Le Lac des Cygnes au Sadler's Wells Theatre à Londres en s'entourant d'un casting exclusivement composés de danseurs. Pas une seule danseuse à l'horizon.

Il semblerait qu'Aronofsky se soit inspiré pour son époustouflant prologue, rêvé par Portman, de la version du Lac des Cygnes montée par l'American Ballet Theatre en 2000. Dans cette version Rothbart est interprété par deux danseurs différents, un beau gosse susceptible de séduire et attirer Odile et une sorte de monstre révélant la nature profonde du magicien.

Tu vois, finalement et pour ceux qui pensaient qu'il ne se passe rien de très intéressant dans la Danse Classique, Le Lac des Cygnes c'est bien intense et fourni en thématiques bien complexes, pesantes et torturées. Ce n'est pas seulement l'affaire d'une bande d'anorexiques en tutu exécutant des entrechats et des ronds de jambes pendant deux heures.

Rémy : Et c'est le cas dans  Black Swan. On peut constater qu'il y a une montée en puissance dans quasiment tous les échanges entre les personnages. Comme lorsque la mère coupe les ongles de Nina, lorsqu'elle lui offre un gâteau pour la féliciter d'avoir eu le rôle de sa vie ou encore les différents échanges entre Nina et Thomas. C'est tendu tout le temps et à chaque fois on se demande jusqu'où la scène va aller et si ça ne va  pas méchamment exploser.
Sensation qui est due, en grande partie, à l'interprétation des comédiens.

Aimé : Justement parlons des acteurs de  Black Swan. C'est un casting cinq étoiles comme on dit généralement. Je commence par l'impérial Vincent Cassel alias Thomas, le chorégraphe. Il ressemble au personnage de Boris Lermontov dans Les Chaussons Rouges. C'est Dieu, le côté Diva en moins, et encore. Il y a nouveau un rapprochement entre Les Chaussons Rouges et  Black Swan dans la représentation de la figure du père absent (on ne voit jamais le père de Nina pas plus que celui de Victoria Page). Seulement dans le cas du film de Powell et Pressburger, Lermontov est montré comme un être ne pouvant pas avoir une relation sexuelle avec son Etoile. Ce n'est plus le cas ici, la sexualité de Thomas étant bien affirmée dès le départ. Du coup la relation Thomas/Nina devient un peu glauque. En plus si l'on adopte le point de vue de Nina pendant le film, c'est carrément malsain.



A tout ça se greffe une ambiance militaire de merde au sein même du corps de ballet dont Thomas est responsable. C'est logique, c'est son boulot comme Lermontov dans Les Chaussons Rouges. Il le faut, ça fait partie du tableau sinon comment obtenir une telle perfection. La pression subie par les danseuses Etoiles n'en est que plus grande. D'ailleurs à aucun moment on n'entend quelqu'un déclamer qu'il ou elle prend son pied juste à faire son métier dans le film. Les intervenants affirment que la danse c'est leur vie mais il semble que le plaisir soit éliminé de l'équation.

Wynona Rider dans le rôle de Beth Macintyre n'est pas une coïncidence. Le choix de l'actrice est judicieux lorsque l'on connait les problème qu'elle eu vis à vis de sa kléptomanie et comment Hollywood lui a tourné le dos, au point de ruiner instantanément sa carrière d'actrice. Has been à 30 ans.
Beth Macintyre est la danseuse Etoile sortante (la pire des positions) passant le flambeau à la nouvelle, Nina. Cela va relativement plus loin que ça puisque Wynona Rider est aussi considérée par la profession en "fin de carrière" d'actrice et passe littéralement le flambeau à Natalie Portman, l'actrice montante à Hollywood. La réalité rejoint la fiction et inversement. Beth est au moins aussi extrème que Nina. Elles ont la même considération vis à vis de leur métier, leur art.



Et maintenant nous arrivons pour ma part à l'une des meilleures surprise du film, la cerise sur le gâteau, l'actrice Barbara Hershey interprétant Erica Sayers, la mère de Nina. C'est un régal de la revoir. J'avais dit la même chose à son sujet pour le film de James Wan, Insidious. D'ailleurs j'avais dit aussi à propos de sa participation dans ce dernier que c'était la première fois qu'elle renouait avec le genre, le film d'Horreur, alors qu'en fait j'avais oublié que le film d'Aronofsky était presque lui aussi un film d'Horreur dans son genre.
Parce que l'on constatera à quel point, dans les scènes de conflits entre la mère et la fille,  Black Swan commence a ressembler dangereusement à Carrie de Brian De Palma notamment lorsqu'il s'agît de décrire les relations mère / fille. Erica Sayers n'est pas aussi perchée que Margaret White mais le résultat sur leur fille respective est le même. C'est à dire qu'elles ont un comportement toxiques vis à vis de leur progéniture, les deux harpies tentant à leur manière de les modeler et de les manipuler jusqu'à épuisement psychologique.



Rémy : Nina a de gros problèmes existentiels voire effectivement psychologiques. En gros elle a un petit grain mais le vrai problème c'est qu'elle doit gérer ça toute seul. Elle n'a personne sur qui compter pour pouvoir expliquer ce qu'elle est en train de vivre, le personnage est totalement seul, livré à lui-même.
Elle est radicalement introvertie, elle ne se lâche jamais (dixit Thomas) et le pire, c'est qu'elle ne peut même pas compter sur sa propre mère. Pourtant elle devrait tenir son rôle et à plus d'un titre, puisqu'elle aussi a connu les planches. Certes dans une moindre mesure comme lui fera remarquer sa fille.
Au lieu d'être une épaule sur qui Nina peut se reposer, elle lui met un surplus de pression et se positionne comme une rivale potentielle. Un rôle mère / fille qui n'a plus grand chose à voir avec la filiation mais plus avec la compétition.

Aimé : Et compétition il y aura avec l'arrivée impromptue de Lily, interprétée par Mila Kunis. Nina voudrait bien être comme elle. C'est le modèle de femme qu'elle n'arrive pas être : cool, avec une sexualité, qui s'assume de A à Z. Mais les danseuses classiques ne sont pas comme ça. Elles ressemblent davantage à des petites filles et sont traitées en tant que telles. On ne les laisse pas vraiment avoir une personnalité affirmée. Ce serait trop difficile à gérer. Au contraire on les infantilise pour avoir plus de pouvoir sur elles, les rendre malléables et de complètement les modeler à la guise des exigences des chorégraphes. Lily semble être en exacte opposition avec ce monde. C'est l'ennemi, la "tâche" dans le décor, la fille à abattre.

Nina se réveille suite à un rêve où elle dans Le Lac des Cygnes. C'est le début de l'obsession et du traitement à la "conte de fée". Elle se réveille telle Cendrillon ou Blanche Neige, il ne manque que les petits oiseaux sauf qu'on est en fait très loin du conte de fée made in Disney, on serait plus dans la cruauté d'un conte des Grimm ou d'Andersen.



On suit la transformation de Nina : de la petite fille qui a une chambre rose et des peluches partout en jeune femme avec une sexualité (ou du moins qu'elle aimerait avoir), de la danseuse anonyme de compagnie à la danseuse étoile, du cygne blanc au cygne noir, de la raison à la folie, de la vie à la mort.

Rémy : En parlant de transformation, on ne peut pas éluder le changement physique que Nina va subir au fil du film. D'un simple rache au début, on ira jusqu'à l'extrême avec l'apparition de plumes dans le dos ou alors rien du tout, puisque si l'on suit le délire jusqu'au bout, il n'a jamais été question que Nina se transforme. En effet, vu qu'elle se tape un gros délire, elle hallucine tout ça. A la limite, c'est plus de l'ordre du fantasme.
Il n'empêche que visuellement, ces transformations sont impressionnantes et le spectateur en est le témoin direct et en aura l'estomac retourné. Preuve qu'on est bien dans un film d'horreur, voire quasiment dans un film de monstres.

Sincèrement, ces scènes font bien mal. Je pense notamment à la peau qu'elle s'enlève de son doigt, à la plume qu'elle se retire du dos ou encore, lorsque  ses jambes se change en pâte de cygne (le traitement du son assit définitivement le côté "malaise" et anxiogène de l'ensemble). Pendant ces séquences, j'ai eu l'impression que Cronenberg était sur le plateau. Bon nombre des transformations physiques de Nina m'ont fait penser à celle de Seth Brundle dans La Mouche.

Matthew Libatique nous en rajoute une couche avec la photographie du film. A chaque fois que Nina pose ses yeux quelque part, c'est sur une zone d'ombre, du noir. Comme si c'était son côté obscure qu'elle observait.



Aimé : C'est trop intense, impossible de tout vivre de cette façon. La seule issue c'est la mort et on presque soulagé pour elle lorsque la souffrance s'arrête. Tu parlais tout à l'heure de la très belle photo du film mais n'oublions la partition démentielle de Clint Mansell, collaborateur attitré du réalisateur depuis son premier long. Il reprend la musique de Tchaïkovski à son compte ainsi que les autres collaborateurs sur cette B.O., le groupe électro The Chemical Brothers qui ont composé quelques nouveaux titres et retravaillé leur chanson Don't Think en offrant une version alternative pour l'occasion.
Les deux proposent une variation quelque peu distordue de l'oeuvre du compositeur Russe. A l'instar de Hans Zimmer et sa version de Non, Je ne regrette rien pour Inception, Mansell déstructure la musique originale conçue pour le Ballet dans le but de nous perdre et nous faire glisser petit à petit dans une spirale infernale et une descente aux enfers si chère à Aronofsky.

Rémy : Pour ma part, ce que j'ai essentiellement retenu de la musique composée par Clint Mansell, c'est qu'elle a quelque chose de frustrant et malsain.
La mélodie commence, fait petit à petit montée la tension, puis plus rien, elle recommence. Le climax musical n'arrive jamais. Enfin c'est ce que j'ai ressenti à chaque fois.

Aimé : Toutes les frustrations que vis Nina sont très bien retranscrites dans la composition originale de Clint Mansell. Pour moi le climax je l'ai eu dès le début, il est dans les trois premières minutes d'intro et dans la scène finale, le reste n'est que plages musicales qui donnent l'impression d'être inachevées mais dans le bon sens du terme.

Pour terminer, n'oublions pas quand même que  Black Swan est un "petit budget" de 13 millions de dollars. Parfaitement ridicule pour un projet de cette ampleur et pourtant les qualités techniques du film sont telles que nous avons l'impression qu'il à coûté bien plus que ça. Esthétiquement, le film est difficilement attaquable. C'est une claque et la classe à tous les étages. Le film sort sur les écrans le 3 décembre 2010, prêt pour les Oscars, et c'est un succès surprise. On ne pouvait pas se douter que  Black Swan dépasserait les 100 millions de dollars au box-office.



Rémy : Comme quoi de nos jours, il est encore possible de faire des films sans avoir recours au P.I.B du Lésotho, et des bons en plus. Les gens ne s'y trompent pas, puisque comme tu le dis c'est un succès au box-office. Niveau récompense aussi c'est une belle réussite, le film n'est peut-être pas le rouleau compresseur qu'on aurait pu attendre mais il ne repart pas souvent bredouille des différentes compétitions dans lesquelles il est en lice. Puis bien sûr, Natalie Portman qui rafle l'Oscar de la meilleure actrice.

Un succès loin d'être immérité mais qui a aussi son lot de choses un peu moins "glamour". Les controverses sur la doublure de Natalie Portman (la page us de wikipedia est hyper détaillée), celle sur la paternité des costumes et je suis sûr qu'en cherchant un peu on en trouve d'autre.
Comme d'habitude ces controverses arrivent trois plombes après la guerre, ça me rappelle le mec qui s'était offusqué parce que Séraphine c'était son idée et qu'on lui avait volé...Bizarre que ce genre de controverses n'existent pas sur les films qui n'ont pas de visibilité.
Bref,  Black Swan fait partie de ces films qu'on voit de plus en plus rarement à Hollywood et si c'était ça le vrai message du film ?...



Fin de retranscription...

On le sait, l'image chez Aronofsky c'est toujours quelque chose de très particulier. Si l'on se réfère au "look" de ses autres films, Black Swan ne dépareille dans sa filmographie dans le sens où, l'image d'une netteté exemplaire ou toute lisse ne lui convient tout simplement pas. Aronofsky et son chef opérateur Matthew Libatique font donc le choix sur ce film de tourner en 16mm avec des caméras Arriflex et avec deux caméras Canon HD.

Le résultat est parfaitement retranscrit par le transfert proposé par la Fox. Il y a du grain (assumé) avec des noirs très profonds. Mais on ne voit pas toujours parfaitement dans les scènes les plus sombres. En effet, un peu de bruit vidéo viendra quelques rares fois, ternir la perfection de l'ensemble mais sans toutefois poser de réels problèmes pendant le visionnage. Evidemment les coupables sont les fameuses caméras HD limitées dès qu'il y a un manque de lumière mais on peut rajouter dans la boucle l'utilisation du 16mm qui enlève du piqué à l'image par rapport au 35mm. Donc et vous l’avez bien compris, nous ne sommes pas en présence d'une qualité digne d'un film d'animation en images de synthèse mais ce n'est pas du tout le but esthétique recherché par le réalisateur et son chef opérateur. Au delà de ces choix, tout le reste est à l'avenant : les couleurs sont magnifiques et très naturelles. Il en va de même pour l'éclairage qui nous montre parfaitement tout ce qu'il est supposé nous suggérer. 

En d'autres termes, difficile d'accuser la Fox pour les choix artistiques d'Aronofsky. Ceci étant vous pouvez vous ruez sur cette somptueuse galette très respectueuse des intentions visuelles de l'oeuvre...si ce n'est pas déjà fait.



Superbe, magnifique, énorme seulement voilà, la piste en V.O. sous titrée proposée en DTS-HD Master Audio 5.1 manque encore de quelque chose et ce quelque chose et bien c'est tout simplement l'impact du son dans une VRAIE salle de cinéma. Je m'explique : la première fois que j'ai vu Black Swan dans une salle, je me suis ramassé une claque sonore monumentale. Si le blu-ray peut délivrer une piste son non compressée, elle s'avère tout de même en deçà de l'expérience que j'ai pu vivre en salle. Evidemment, vous me direz : "mais t'as qu'a monter le volume si t'es sourd". En même temps je voudrais bien savoir qui utilise son ampli HD au maximum de son volume. Peu de monde à mon avis, surtout si vous vivez en appartement. Autrement dit, sur Black Swan, même si l’expérience Home Cinema est d'une immense qualité, elle ne rivalisera JAMAIS avec celle vécue au cinoche. Point barre !

J'attendais la même chair de poule que je me suis chopé pendant les trois premières minutes du film et qui m'ont fait me demander si le reste du métrage allait être à la hauteur de cette intro de malade (et oui, en fait ça a été le cas pendant 1h48 de film). Malheureusement je n'ai pas vécu cette même intensité malgré une belle envergure attribuée à la musique de Clint Mansell. Finalement c'est assez révélateur et ça me fait bien comprendre qu'un système Home Cinema ne remplacera jamais celui d'une salle obscure. C'est vrai pour ce que l'on appelle communément "un film à grand spectacle" (au hasard Transformers ?) mais aussi pour n'importe quel autre type de film, surtout si la bande son a été bossée à ce point là. Ce qu'il manque ? L'immersion avec un grand I mais ce n'est surement pas la faute à ce grand mixage proposé sur ce blu-ray "mis en oreille" par des artistes/techniciens hors pairs.

Concernant la piste audio en français, elle est bien sympa mais un cran en dessous de la piste audio originale. Donc après mon speech sur la V.O. pourtant impressionnante, vous imaginez bien ce que je m’apprête à vous dire...

Le "simple" DTS ne convient tout simplement pas à un film utilisant ou comptant à ce point sur la musique. L'expérience en est fatalement amoindrie et l'immersion encore moins facile. Cependant, en V.F. comme en V.O., les dialogues sont parfaitement retranscrits et intégrés à l'environnement sonore, toutes les voies de votre installation serviront à quelque chose et votre caisson de basse aussi. C'est juste dommage de perdre autant de pêche, d'énergie, de détails  et de précision par rapport à la piste originale.



Une bien belle édition dans l'ensemble (packaging et technique au top) qui se voit un peu ternie par les bonus. Pas mal de modules mais qui dans l'ensemble ne valent pas grand chose. Dommage tant le film aurait mérité que l'on s'attarde sur sa conception. Un ensemble plus que promo par moments.

 

  • La Métamorphose de Black Swan (HD, 48 mins) : LE gros morceau de cette interactivité (enfin je cherche encore où c'est interactif...) et s'il n'y avait qu'un seul bonus à voir, c'est sur celui-ci qu'il faut vous précipiter. Beaucoups de points vont être abordés comme la photographie ou le montage. Un making-of à la limite de l'intime mais entâché par quelques interventions promos. L'autre point négatif, est que ce document aurait mérité de durer 1h de plus.

 

  • Ballet (HD, 2 mins) : Trop court pour se faire une idée. Du remplissage quoi...

 

  • Les coulisses de la production (HD, 4 mins) : Pas grand chose de plus par rapport au making-of.


 

  • Les costumes (HD, 4 mins) :  Vous voyez le document de 48 minutes ? Oui ? Franchement ne vous fatiguez pas à regarder les autres bonus.

 

  • Portrait Nathalie Portman (HD, 3 mins) : Même chose que depuis le début de cette partie du test, remplissage et pas franchement intéressant...

 

  • Portrait de Darren Aronofsky (HD, 2 mins) : Idem. Mais que voulez vous faire avec à peine 3 minutes.

 

  • Conversations avec Natalie Portman et Darren Aronofsky (HD, 5 mins) : Ici on apprendra que Natalie Portman a fait beaucoup de danse étant plus jeune mais, entre nous, ça on le savait déjà. Franchement le genre de bonus qui sent bon et qui, au final, se révèle être à la lisière de l'inutile.

 

  • Fox Movie Channel présente : Le truc promo bâteau habituel de l'éditeur. On passe.

          Nathalie Portman dans la peau de Nina (SD, 6 mins)
          Winona Ryder dans la peau de Beth (SD, 2 mins)
          Barbara Hershey dans la peau d'Erica (SD, 3 mins)
          Vincent Cassel dans la peau de Thomas (SD, 5 mins)
          Darren Aronofsky  (SD, 6 mins)

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Commentaires

09/01/2012 19:10
Bon après avoir lu la première ligne je suis parti direct commenter : je n'ai pas encore vu le film  

09/01/2012 22:19
Un pur chef d'oeuvre, il y en a un seul comme ça tous les 10 ans.
J'ai rarement vu une densité dramatique monter aussi fort, jusqu'à l'apothéose de la scène finale qui est juste MAGISTRALE  

09/01/2012 23:01
Un pur chef d'oeuvre effectivement, pour paraphraser Dr Manhattan. Le seul hic concernant le BR c'est que comme le souligne Rémy, à part le making-of de 48 min, le reste est un peu indigne d'un tel monument. Du coup, j'ai bien conscience que c'est un peu con de me priver du plaisir de revoir le film mais pour l'instant, je préfère attendre une hypothétique ressortie avec une interactivité revue à la hausse dite (super) collector pour me choper la galette (on ne sait jamais, les studios/éditeurs sont tellement forts dans cette discipline !).

09/01/2012 23:47
Je ne voudrais pas paraitre pessimiste mais espérons que les éditeurs n'attendront pas le 10ème anniversaire du film pour concevoir une hypothétique édition ultimate :((

10/01/2012 09:55 - Edite le 10/01/2012 09:59
J'ai appris à être patient mais bon 10 ans, je ne tiendrai pas jusque là. S'ils ne nous pondent pas une nouvelle édition d'ici... allez, 2/3 ans grand max, je crois que je ferai contre mauvaise fortune bon coeur et acheterai le BR pour enfin me revoir ce petit bijou.

10/01/2012 13:00
@ thegentlemanbat : Bof, dans 1 an il passe sur Canal+ et dans 2 ans sur TF1 ou France 2. Tu n'auras plus aucune excuse si tu n'as toujours pas vu ce chef d’œuvre dans les 2 prochaines années.  

10/01/2012 13:13 - Edite le 10/01/2012 15:00
Ah peut-être neocalimero mais ça sera en VF et moi la VF je peux pas, ça me provoque de violentes crises d'urticaire !  

16/01/2012 09:35
Je n'ai strictement rien aimé de ce film. Les goûts et les couleurs :

Mlle Portman ne sait pas gérer son stress, sa mère possessive, son maître de ballet excentrique (comme quasiment tous les maîtres à ce niveau là) et en plus elle veut juste être la meilleure. Du coup, elle va sombrer dans la folie.
Voilà, paf le chien, le scénar est servi.
Maintenant, pour assumer un scénario ultra connu et ultra utiliser, on va faire que dans sa folie, elle va devenir le cygne noir qu'elle a tant de mal à danser de la manière dont le veut son maître, vu que c'est le ballet, Le Lac des Cygnes, qui fera l'ouverture de la saison.
Voilà, la pression va la rendre dingue... Bah oui, c'est dure la vie, snif.

Sur ce, Aronofsky va nous faire le coup du "tu m'vois, tu m'vois pas". Un coup c'est la vision de sa folie, un coup c'est la réalité. Le tout taillé à la serpe, gros comme une maison. J'ai trouvé ça fait très vulgairement, très chiant et très pompeux.
Donc, on va aller jusqu'au bout, là où Nathalie va s'autodétruire en tuant son double, soit elle.

C'est juste étouffant comme atmosphère, de la masturbation psychologique, on en ressort même pas en ce disant que la danse est un métier extrêmement dure quand on veut en faire le sien, mais juste qu'une fille parmi tant d'autre à pété un câble.

Tout ça servi sous une image avec du gros grain, mais c'est pas grave hein, c'est voulu !!

Ma frangine doit avoir plus de 20 ans de danse derrière elle. La pression qui est montrée dans le film est ridicule. C'est limite celle du conservatoire.

La pression que ferait un maître pour la représentation du Lac des Cygnes, qui plus est à l'encontre de son étoile, serait bien plus grande que ce que l'on nous sert ici.

Sincèrement j'ai peu eu le ressentit de pression extérieur.
Elle a une mère possessive et son "prof" exigent, mais sans plus, rien de bien méchant. Le cas typique d'un nombre incalculable de danseuses.
La seule pression s'est elle qui se la fou toute seule, parce qu'elle ne sait pas gérer.
Bon bah désolé, fait autre chose ou pend toi.

Je sais bien que l'image était faite sciemment pour donner la sensation d'oppression, mais j'avoue que comme j'ai pas accroché au film, bah en plus j'ai eu l'impression de me taper un truc qui serait passé à la TV en 1985.

Ah oui, j'oubliai, un manque de surprise total. On sait exactement ce qu'il va se passer, au fur et à mesure. Aussi bien le peu de déroulement d'histoire que la chute, et ce malgré le fait que le réalisateur essaie de nous perdre entre la réalité et la folie.


J'aurai peut être plus de chance avec les Chaussons rouges.

16/01/2012 13:35
Ton avis est tout à fait respectable et se défend sans problème. Par contre pour avoir aussi fréquenté un bon nombre de danseurs, cette histoire de pression n'est carrément pas exagérée je trouve et montre relativement bien le genre de pression que l'on peut avoir dans ce domaine. Les Chaussons Rouges aborde aussi cet aspect de la profession, le côté Thriller parano en moins évidemment :))

16/01/2012 15:53
J'ai quand même trouvé cet aspect "pression", du maître, assez léger, comparé à ce qu'il m'a été donné de voir. Avec les "collègues" c'est pas mieux. Limite tu leurs file des armes, ils se tirent dessus.
Mais bon, si encore le film m'avait surpris à un moment, ça aurait atténué ma déception.