2001, l'Odyssée de l'espace - Le test blu-ray

Publié le 2009-11-29 11:57:26 par sebhades
Pochette du film 2001, l'Odyssée de l'espace
  • Note HD Avis 10/10
  • Note Vidéo 8/10
  • Note Audio 8/10
  • Note Bonus 9/10
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Prélude

Délire psychédélique incompréhensible pour les uns, oeuvre avant-gardiste extrême pour les autres, 2001 : l'odyssée de l'espace est un film qui ne laisse en tout cas pas indifférent. Et pour cause, le film de Stanley Kubrick s'avère être aussi bien unique et visionnaire que dense et difficile d'accès. Il marque un tournant dans l'histoire du cinéma et spécialement dans le genre de la science fiction. En rupture totale avec les films d'OVNI de séries B qui illustraient le genre précédemment, Kubrick réalise en 1968 une oeuvre réaliste, documentée et scientifique. Autant sur le fond que sur la forme, 2001 est un une expérience déroutante qui pousse chaque spectateur dans les abîmes de son esprit, pour peu qu'il le veuille bien. On peut chercher à le comprendre et à l'analyser mais cette démarche est vouée à l'échec car la puissance évocatrice de cette oeuvre échappe complètement à l'entendement et touche directement les instincts, la spiritualité et l'inconscience de l'Homme. En préambule à cette expérience sensorielle et métaphysique qu'il vous faut faire, tâchons dans un premier temps, et même si elle est vaine, d'analyser les fondements et les mécanismes de ce voyage hors norme ...

Genèse d'une épopée

2001 : l'odyssée de l'espace est un film de Stanley Kubrick sorti en 1968, basé sur la nouvelle La sentinelle (1951) de Arthur C. Clark, auteur britannique de science-fiction et inventeur qui a notamment participé à l'élaboration du système d'alerte radar utilisé pendant la deuxième guerre mondiale ainsi qu'à la conception du système de satellite géostationnaire largement répandu de nos jours. Kubrick qui avait d'abord imaginé de tourner Dr Folamour comme un documentaire réalisé par des extraterrestres, s'intéressa de près à la science fiction et rencontra Arthur C. Clark en 1964, suite à la lecture de sa nouvelle. Les deux hommes entamèrent une collaboration riche qui les conduisit à l'écriture du scénario du film.

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Pour donner vie à la vision des deux hommes, Kubrick s'entoura d'une équipe gigantesque de plus de 130 personnes comprenant des spécialistes en effets spéciaux, et notamment des spécialistes de l'industrie spatiale, ainsi que des décorateurs et des techniciens en tout genre qui participèrent à la création de décors spectaculaires sur les plateaux de tournage. Le décor emblématique est la salle de commande de la navette Discovery qui demanda un investissement colossal pour fabriquer ce qui s'avérait être une centrifugeuse de près de 30 tonnes ! Le tournage se déroula pendant 7 mois mais la post production dura près de deux ans, principalement pour l'ajout des effets spéciaux qui sont visibles dans plus de 200 des plans du film, ce qui entraîna un important dépassement de budget passant ainsi de 6 à 10 millions de Dollars. Le film sorti sur les écrans en avril 1968 avec plus d'un an de retard sur le planning prévu par le studio MGM.

Les chemins de l'évolution

Le film se décompose en quatre parties distinctes, à l'image des différents actes d'un opéra. Chaque partie du film dispose de sa propre unité de temps et/où d'espace, et s'avère être d'une durée variable par rapport aux autres parties. Cette construction atypique à pour volonté première d'offrir une vue globale de l'histoire au spectateur, de son Histoire, sur la base de l'échelle du temps de l'évolution, c'est-à-dire des millions d'années. Chaque élément du puzzle ne prends son sens qu'ajouté aux autres. En effet, le film puise toute sa richesse formelle, thématique et métaphysique dans l'existence de ces parties inter reliées qui permettent d'offrir une vision fédératrice de chaque bribe de l'histoire qui sont individuellement déjà riches de sens.

Voici une présentation ainsi qu'une interprétation personnelle de ces quatre actes :

- Acte 1 :  L'aube de l'humanité, la rencontre

Dans un monde sauvage et inhospitalier, une tribu de primates, ancêtres du genre Homo, essaye de survivre. Chassés de leur point d'eau par un groupe rival, et voués à disparaître, ils découvrent un jour un monolithe noir qui leur cause d'abord frayeur puis attirance. Suite à cette « rencontre », les individus du groupe manipulent des os et ont l'idée de s'en servir d'armes d'abord contre d'autres animaux pour se nourrir puis contre la tribu belliqueuse pour reconquérir le point d'eau et subsister. Cet acte marque un pas important dans l'origine de l'humanité et peut-être même la naissance de l'Homme.

Avec l'apparition pour la première fois dans le film de l'énigmatique monolithe noir, on découvre que cet artéfact est l'élément central et originel de l'histoire, la clé du mystère, à savoir l'origine de l'apparition de l'Homme et tous les évènements qui en découlent. Suite de séquences sans aucun dialogues, elle montre un monde sauvage et primaire, peuplé d'animaux qui ne cherchent qu'à survivre. La rencontre avec le monolithe, objet probablement extra-terrestre, amorce une nouvelle étape dans l'évolution en étant directement impliquée dans l'apprentissage et l'acquisition des spécificités humaines par les hommes primitifs. L'énigme débute ...

- Acte 2 : L'Homme face à son ignorance

Près de quatre millions d'années plus tard, les Hommes ont conquis l'espace et ont rendu possible le voyage interplanétaire. Le scientifique américain, le Dr Heywood Floyd, se rend sur une base sidérale en orbite autour de la lune afin de préparer sa mission sur le satellite de la terre. A la tête d'une équipe de scientifique, il doit se rendre sur le lieu de la découverte d'un monolithe noir, enfoui à quelques mètres sous la surface de la lune depuis des millions d'années. Sur place, les scientifiques ressentent violement le champ magnétique émit par le mystérieux artefact.

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En un instant, en une séquence, nous sommes plongés de l'aube de l'humanité à un futur immédiat, soit plusieurs millions d'années plus tard. Cette vertigineuse expédition se termine dans l'espace, où flottent vaisseaux, satellites et stations spatiales. Laissant de côté le premier outil de l'humanité, nous sommes propulsés dans ce vide occupé par les plus ingénieuses et complexes créations humaines. Le degré de sophistication des machines est extrême, montrant la domination de l'Homme sur les éléments et sur la nature en générale. Un nouveau monolithe vient d'être découvert sur la lune, mais malgré la technologie et les connaissances, il est impossible d'expliquer son origine, son sens et son but. Le mystère demeure mais l'émission d'ondes du monolithe vers la planète Jupiter est un indice et une piste essentielle dans cette quête mystique. L'Homme, au sommet de son évolution, se retrouve dans le flou face à cette énigme ...

- Acte 3 : Désincarnation

En 2001, 18 mois après les évènements sur la lune, un équipage fait route vers Jupiter à bord du vaisseau Discovery. Il est composé de plusieurs membres dont les astronautes David Bowman et Frank Poole, de trois scientifiques conservés en état d'hibernation et d'un superordinateur HAL 9000. Doué de parole et d'intelligence, bien qu'artificielle, HAL dirige toutes les opérations à bord de l'astronef. Alors qu'il se montre curieux sur la nature de la mission auprès des membres de l'équipage, il détecte une panne imminente. Après vérification par les astronautes, il s'avère que HAL vient de commettre une erreur, ce qui est incroyable puisqu'il est avéré que les superordinateurs HAL 9000 sont infaillibles. Malgré leurs craintes et leurs précautions, les astronautes sont piégés par l'ordinateur qui cause la mort de Franck Poole et des trois scientifiques en hibernation. Bowman qui est le seul survivant, parvient à déconnecter HAL et découvre en même temps que le but premier de la mission de l'équipage du Discovery est de se rendre dans l'orbite de Jupiter, lieu vers lequel est émis une onde radio à partir de l'artefact découvert sur la lune.

Cette partie est la plus longue, la plus détaillée et la seule où l'on n'aperçoit pas l'artéfact. Illustrant à merveille le voyage dans l'espace comme il était, et est toujours, envisagé par les hommes, cet élément du film nous met au coeur du vaisseau Discovery en route vers Jupiter. L'intelligence humaine n'est pas la seule présente à bord, celle de HAL créée de toute pièce, est le symbole absolu de l'évolution de l'humanité, capable de recréer une intelligence à son image et de créer une entité vivante et spirituelle, à l'égal d'un Dieu. Cette intelligence s'avère être très complexe et échappe à tout contrôle. Les relations de confiance, de méfiance, de suspicion et de crainte entre les astronautes et HAL, sont comme autant de marques de rejet qui questionne sur le bien fondé de cette évolution et sur le sens des actes de l'humanité dans ce futur ci.

- Acte 4 : Au-delà de la conscience, la renaissance

Près de Jupiter, Bowman quitte le Discovery à bord d'un pod (véhicule spatial monoplace) pour partir observer un monolithe noir flottant dans l'espace. Bowman est alors « propulsé » dans un voyage sensoriel intense et se réveil dans une chambre au style ancien et épuré. Il se voit mourir et face à la mort contemple le monolithe noir qui le fait renaître sous la forme d'un foetus astral retournant vers la terre ...

Partie du film la plus mystérieuse, symbolique et métaphysique, elle conclut 2001 : l'odyssée de l'espace par une avalanche d'émotions viscérales et par une sérieuse réflexion sur la place de l'homme dans l'univers. Dénuée de tout dialogue, comme pour l'ouverture du long métrage, l'humanité incarnée ici par l'astronaute Bowman se retrouve face à son ignorance de l'univers qui l'entoure et face à l'absence de sens et de compréhension de son rôle au sein de la mécanique complexe de la vie universelle. Les évènements échappent complètement à l'entendement et à la conscience humaine, ils sont ressentis physiquement et instinctivement par le spectateur sans possibilité de les identifier clairement. Quand l'Homme est confronté aux limites de son intelligence ...

Briser l'apparence

La richesse foisonnante de 2001 est à l'image de la vision complexe de son auteur, Stanley Kubrick. Bien que Clark a grandement participé à l'écriture du scénario, force est de constater que le film est complètement construit selon les croyances et la volonté de Kubrick. La qualité de travail et le perfectionnisme de son auteur ont permit d'obtenir une représentation du voyage spatiale qui tient largement la route quarante ans plus tard et qui à même inspiré presque tous les films de science-fiction par la suite, faisant de cette oeuvre, le centre de gravité de tout un genre cinématographique.

Avant 2001, la science-fiction se réduisait à des films de séries B farfelus présentant des soucoupes spatiales et des monstres ridicules. Le genre tout entier était mésestimé voir brocardé et en aucun cas considéré comme une représentation plausible de la réalité et de notre futur. Le choix novateur de Kubrick fut de s'entourer d'une équipe de spécialistes de l'industrie spatiale pour l'aider à mettre en place une vision réaliste et techniquement valable du voyage et de la vie dans l'espace. Ainsi l'apesanteur a été mis en avant dans 2001, alors que jusqu'ici il n'avait été que peu représenté au cinéma. Il s'agit quand même d'une contrainte principale pour la vie dans l'espace, et sa représentation dans le film participe grandement à rendre la vision de l'auteur réaliste. L'autre élément réel majeur que Kubrick a utilisé est l'absence de sonorités dans l'espace. Comme la science l'indique, aucun son ne peut se propager dans le vide sidérale.

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Kubrick se joue de ces contraintes et les tournent à son avantage ainsi il utilise l'architecture des vaisseaux pour expliquer l'absence d'apesanteur et il n'utilise que le son de la respiration des scaphandres des astronautes lors de leurs sorties dans l'espace. Dans le premier cas la technologie est ainsi présenté de manière concrète et rapidement expliqué au spectateur sans besoin de détails, il voit de lui-même la différence entre les vaisseaux soumis à la gravité et ceux qui gèrent cette contrainte avec un système rotatif compensatoire. D'ailleurs une scène clé du film est le footing de Bowman à bord du Discovery rendu possible grâce au système antigravité basé sur le principe de la centrifugeuse. Dans le cas de l'utilisation de la respiration comme son unique dans l'espace, Kubrick permet ainsi une immersion profonde du spectateur qui se met à la place de l'astronaute et qui peut même interpréter son humeur et son état d'esprit rien qu'en faisant varier le rythme respiratoire.

La qualité du travail réalisé sur le film au niveau des effets spéciaux, le soin apportés aux maquettes et le respect des règles scientifiques, fait que le film est non seulement toujours aussi crédible et impressionnant d'exactitude mais qu'il demeure encore aujourd'hui un modèle de crédibilité et de précision. Je suis toujours interloqué de voir le résultat alors qu'il faut remettre le film dans son contexte c'est-à-dire le milieu des années 60, époque où la connaissance de l'espace était encore bien mince. Selon la légende, Kubrick aurait détruit après le tournage toutes les maquettes avant de s'écrier « Si d'autres veulent faire un film plus réaliste, il faudra qu'ils aillent le tourner sur place. »

Audace et innovation

Kubrick a renouvelé tous les procédés techniques de l'époque pour filmer 2001. Une imposante machinerie a ainsi été construite pour filmer les scènes d'apesanteur. De plus il a projeté des Ektachromes de 20 x 35mm sur un écran de 35 mètres carrés couvert d'un matériau très réfléchissant : le Scotchlite (de manière à obtenir un piqué d'image optimum) lors de la séquence du mur de lumière à la fin du film. Il convient également de ne pas oublier qu'il a inventé le travelling pas-à-pas : la caméra est couplée à un ordinateur qui gère les images seconde par seconde. Au niveau du son, il a mis au point un système de quadriphonie : le son est développé sur 6 pistes distinctes, ce qui donne une ampleur du son jamais atteinte à l'époque (ce procédé a fortement inspiré le système THX!)

La mélodie du silence

Grâce à 2001 : l'odyssée de l'espace, Stanley Kubrick a marqué à tout jamais l'imaginaire collectif avec des souvenirs visuels uniques et fantastiques, mais il a également laissé une empreinte indélébile chez chaque spectateur avec la composition musicale inoubliable. Virtuose dans l'art délicat d'élaborer des associations narratives évocatrices entre les images et la musique, Kubrick a puisé dans le répertoire classique pour transcender chaque plan de son film. Comme par magie, il a réussi l'incroyable défi de faire ressentir au spectateur l'apesanteur intersidérale, en utilisant toute la légèreté et la grâce du chef d'oeuvre classique Le Beau Danube bleu. L'ouverture du film et certains séquences clés sont marqués par la puissance de Ainsi Parlait Zarathoustra composé par Richard Strauss, il faut aussi noter la présence magique de Requiem et Lux aeterna de Gyögy Ligeti.

Puisant à volonté dans les autres répertoires musicaux, Kubrick fait ainsi chanter Daisy, Daisy ... (dans la VO) par l'ordinateur HAL dans ce qui peut être interprété comme un véritable chant du cygne. La musique rythme précisément le film, mais le silence est tout aussi important et son utilisation magistrale offre une dimension unique à certaines scènes qui subjuguent totalement. Le dialogue inaudible par l'ordinateur HAL, entre les deux astronautes, est une séquence captivante où le silence inhabituel fige le temps aux lèvres des deux hommes. De même, lors de la périlleuse rentrée de Bowman par le sas de secours, l'absence totale de bruitages où de musique donne une signification toute particulière aux images. Cette balance entre musique et silence confère une aura unique et étonnante au film, elle est d'autant plus marquante que le film contient très peu de dialogues et qu'il faut d'ailleurs attendre près de 25 minutes pour entendre les premières paroles humaines ...

La scène évocatrice

Une des scènes du film est souvent considéré comme le pivot central de l'histoire et comme le symbole absolu d'une évolution de plusieurs millions d'années illustré avec un seul geste humain. Il s'agit bien sur du moment où le primate qui vient de découvrir le premier instrument, outil symbolisant le premier pas de l'humanité, lance un os dans les airs et où ce plan est directement suivit par la vision d'un vaisseau flottant dans l'espace, le tout enchaîné avec un rythme et un équilibre parfait.

Kubrick avec ce plan, réalise une ellipse de près de quatre millions d'années entre le premier pas de l'humanité et son degré d'évolution le plus élevé connu.La réussite du plan tient avant tout dans le fait que le mouvement est continue entre l'os et le vaisseau, rapprochant les deux objets à l'écran et permettant de les voir quasiment comme les deux composantes d'un élément unique. Des millions d'années sont assimilés par le spectateur en une fraction de seconde, un peu comme le symbole de la brièveté de la présence de l'espèce humaine dans l'univers depuis l'origine.

Universalité

Les thèmes soulevés par ce film sont nombreux et intemporels. Parfois évidents mais souvent mystérieux de prime abord. 2001 questionne sur la nature de l'humanité, l'intelligence humaine et notre place dans l'univers. Teinté des convictions profondes de Kubrick, le film propose une vision de l'humanité plutôt désenchantée et pessimiste.

Montrant l'évolution sous un jour cruelle quoique réaliste, le réalisateur propose une évolution de plusieurs millions d'années basée sur la mort, en passant "d'un meurtre à un autre", résumé thématique qui illustre l'oeuvre de Kubrick de façon évidente. En effet, alors qu'à l'aube de l'humanité le pré Homme commet un meurtre pour assurer sa survie, dans le futur proche c'est le "meurtre" du super ordinateur HAL qui permet également à l'Homme de se sauver.

Cette vision peut être qualifiée de pessimiste à propos de la nature humaine, mais elle ne fait que s'inspirer de la nature même de la vie et de l'évolution sauvage sur terre.

Interprétation

Pour beaucoup, 2001 : l'odyssée de l'espace est une oeuvre opaque et incompréhensible. Mais en y regardant de plus près, les grandes lignes et grandes idées du film sont abordables par le plus grand nombre. Certes on ne peut pas expliquer chaque plan et chaque idée du film mais la trame de fond est tout à fais claire.

Acte 1 :

Dans un premier temps, Une puissance extra-terrestre, représentée par le monolithe, donne le coup de pouce qui permet le commencement de l'évolution de l'Humanité. Au contact explicite du monolithe, le primate découvre l'outil, signe de la première étape majeure de l'évolution de l'Homme. Cette rencontre et cette assistance a rendu le primate plus intelligent.

Acte 2 :

Toujours à l'aube de l'humanité, un monolithe est enterré sous la surface lunaire, lorsqu'il est découvert il émet un signal en direction de Jupiter comme pour prévenir que l'Homme est parvenu jusqu'à "l'ère spatiale". Le monolithe découvert sur la Lune a été enterré délibérément, comme indiqué dans le film, et il agit comme une "sentinelle" chargée de prévenir sa civilisation extraterrestre du stade d'évolution de l'humanité.

Acte 3 :

Le signal radio, unique et puissant, émis en direction de Jupiter est un message qui permet d'affirmer que la source de la civilisation extraterrestre se trouve dans cette zone. La mission du Discovery est d'entrer en contact avec cette intelligence extra-terrestre. L'homme part à la recherche du sens de son existence.

Acte 4 :

Sur place, Bowman voyage et rencontre une forme d'entité extra-terrestre, qui lui permet de passer à un stade d'évolution supérieur.

Ces étapes sont expliquées par Kubrick lui-même, qui dira lors d'une interview que l'astronaute Dave Bowman est entraîné dans « un voyage intérieur et interstellaire ... jusqu'au zoo humain où il est placé, qui n'est pas sans rappeler un milieu hospitalier terrestre, sorti tout droit de ses rêves et de son imagination. Plongé dans l'éternité, il passe de l'âge mur à la sénescence puis à la mort. Il renaît, sous la forme d'un être supérieur, un enfant étoile, un ange, un surhomme, si vous préférez, et revient sur terre, prêt pour le prochain bond en avant de la destiné évolutive de l'homme. »

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Un dernier regard mélancolique

Le monolithe intervient à quatre reprise dans le film. Chaque apparition peut être interprété d'un point de vue philosophique et existentiel.

1. La première apparition du monolithe correspond au passage du pré homme vers une humanité technique et supérieure.

2. On découvre un monolithe enfoui dans le sol lunaire, il émet une onde radio en direction de Jupiter. C'est le signal de l'évolution accomplie de l'humanité.

3. Bowman parvient à déjouer les plans criminels de l'ordinateur Hal, puis se lance dans une traversée des temps. Le monolithe, tel un guide, dirige le nouveau voyage de l'Homme.

4. Une dernière fois pour absorber le centenaire et pour le faire revivre sous forme d'un embryon de lumière, foetus à l'échelle planétaire qui pose un regard à la fois émerveillé et mélancolique sur la terre.

Quelle est la signification du monolithe noir dans le film de Kubrick ? On peut lui donner plusieurs sens et plusieurs buts, mais le symbole premier de l'artéfact est de marquer les étapes de l'évolution humaine, le passage d'un état d'espèce naturelle vers une ère de progrès.

Concernant la forme de l'objet, c'est une stèle noire qui reflète la lumière (du soleil). Cette association étroite du monolithe d'origine extraterrestre avec la lumière peut être interprétée comme une représentation de l'intelligence supérieure. L'Homme devient Homme à son contact et change de statut dans le règne animal. Mais pour autant on ne peut pas qualifier cette intelligence évoluée d'humaine, car son origine demeure non terrestre.

Mais le monolithe est aussi le symbole d'une évolution vers un futur unique, élitiste et sélectif. A partir d'une richesse naturelle et d'une vie multiple, l'Homme évolue et s'impose comme centre de l'existence terrestre.

1. Dans un premier temps, une espèce animale se détache du monde naturel pour créer son histoire, une histoire dictée par des techniques guerrières. L'humanité se sépare ainsi de tout le reste de l'univers.

2. A l'intérieur même de l'espèce humaine, fortement diversifiée, un groupe va s'affirmer et dominer l'ensemble. Ce sont les hommes blancs.

3. Finalement, à l'intérieur même de ce groupe plus réduit, c'est la technologie qui va se charger de restreindre le groupe. Cela correspond à le révolte et à la dictature de l'ordinateur à bord de la station spatiale, qui a pour volonté d'exterminer les habitants humains.

4. Mais un homme résiste et sort vainqueur de la confrontation avec la machine. Mais cette victoire n'est qu'apparence car le survivant qui avait déjà perdu ses racines terrestres et spatiales, perd à présent ses racines identitaires et temporelles.

A partir d'une vie riche et variée, on arrive à une vie unique et limitée, sous forme d'un embryon inédit.

L'aventure spatiale de Kubrick prend à la fin un sens plus précis, en se focalisant sur une seule entité humaine, alors que le voyage évolutif initié dans le film débutait à partir d'une large population d'individus, animale puis humaine. L'odyssée s'achève dans une solitude bien triste pour l'humanité. Le regard mélancolique du foetus sur la terre en est bien l'ultime symbole ...

Kubrick ne condamne pas directement la volonté de progrès et de technique de l'homme, mais sa propension à l'agressivité et à la violence qui le pousse à pervertir un outil en arme.

Par ailleurs Kubrick est surtout virulent envers l'évolution au sein de la société humaine, celle qui pousse l'Homme vers une quête de pouvoir et de domination, dévastatrice pour l'humanité en générale. Ainsi la sélection du plus fort chez l'homme, permet à ceux qui sont le mieux équipé technologiquement de détruire et d'asservir. C'est le côté obscure et sombre de l'intelligence humaine. Le monolithe noir est présent, tel une stèle funéraire, pour rappeler à l'Homme dominant que sa victoire est inutile car il règne à présent sur un désert, un cimetière, seul.

La descendance

Qui aurait pu dire au début de sa carrière que Kubrick allait marquer si profondément son art et les cinéastes pendant des décennies ? Peu de gens, mais l'immense Orson Welles déclara en 1963 « Parmi la jeune génération, Kubrick me paraît être un géant ».

2001 : l'odyssée de l'espace est un triomphe dont l'influence est gigantesque autant d'un point de vue technique et scientifique, la NASA à emprunté les noms de Jupiter, Discovery ou Ulysse pour certains de ses projets ; que d'un point de vue cinématographique en inspirant profondément un grand nombre de talentueux et célèbres réalisateurs. Parmi les plus célèbres on peut citer Spielberg, Lucas et Cameron.

Steven Spielberg s'intéressa de près à la science-fiction et réalisa notamment ET l'extraterrestre qui fut l'un des plus gros succès de l'histoire du cinéma. Son film Rencontre du troisième type marque aussi une étape importante dans le genre de la science-fiction. Très proche de Kubrick, Spielberg réalisa IA : intelligence Artificielle, scénario envisagé par Kubrick mais qu'il ne put jamais traiter. Avec ce film, Spielberg s'éloigne de son style habituel et rends un dernier hommage posthume à l'un de ses maîtres et amis. Partageant la même passion de la science-fiction, le film reste très marqué par l'ombre de Kubrick, par la volonté constante d'initier la réflexion chez le spectateur. L'intelligence artificielle est le thème majeur de ce film et on ressent l'influence évidente du super-ordinateur HAL 9000 de 2001.

Pour George Lucas, réalisateur de la saga Star Wars, il y a un avant et un après 2001 dans l'histoire du cinéma et spécialement dans celui du genre de la science-fiction. Il alla même jusqu'à déclarer après la mort de Kubrick que s'il n'y avait pas eu ce film, il n'aurait probablement jamais réalisé sa saga culte.

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A 15 ans, James Cameron voit 2001 : l'odyssée de l'espace. C'est un choc absolu et fondateur dans sa carrière. Il dira de ce film "Je l'ai revu une dizaine de fois parce que je n'arrivais pas à comprendre comment ils avaient fait". La carrière de Cameron, très riche dans le genre de la science-fiction, est très marquée par l'influence de Kubrick. Abyss, de l'aveu même de Cameron, est une réponse à 2001 : l'odyssée de l'espace. Au delà de l'esthétique, le réalisateur ajoute ses propres réflexions sur les thèmes majeurs déjà abordés dans le chef-d'oeuvre de Stanley Kubrick. Ainsi Cameron traite dans ses films du rapport de l'homme avec la machine, et Abyss en est le parfait exemple. Comme dans le vaisseau Discovery, les hommes sont à la merci des machines pour survivre dans des endroits aussi inhospitaliers que l'espace ou les grands fonds. Alors que chez Kubrick les astronautes utilisent des machines autonomes et intelligentes pour effectuer leurs travaux, même les plus élémentaires, les ouvriers de Cameron, à l'inverse, utilisent des submersibles qui ne sont que outils dénués d'intelligence artificielle. Vers la fin du film de Cameron, le voyage de Bud dans les entrailles du vaisseau extraterrestre est un hommage évident au voyage de l'astronaute David Bowman dans les méandres du monolithe.

Terminator aborde le thème de la rébellion des machines créées par l'homme, d'une révolte de l'intelligence artificielle de nature semblable à celle du superordinateur HAL 9000 dans 2001. Dans Aliens, Cameron rend aussi hommage à Kubrick. La séquence d'ouverture où le vaisseau flotte et dérive dans l'espace est une séquence qui fait bien sur penser à l'illustre modèle.

Chaque oeuvre de science-fiction de Cameron indique la filiation thématique évidente avec le film de Kubrick. Pour son prochain projet de science-fiction nommé Avatar, Cameron a mis au point et développé lui-même des techniques spécifiques, qui utilise pour les prises de vues réelles une caméra numérique 3D appelée Fusion. Son but est sans équivoque : « Mon but est de réactiver ces instants stupéfiants que ma génération a ressenti devant 2001 : l'odyssée de l'espace ».

Visions d'homme

On peut chercher pendant des années les clés de l'interprétation de ce film, mais ce ne serait que passer à côté de l'intérêt majeur du métrage, comme l'a explicité le réalisateur lui-même :

« J'ai essayé de créer une expérience visuelle, qui contourne l'entendement et ses constructions verbales, pour pénétrer directement l'inconscient avec son contenu émotionnel et philosophique. J'ai voulu que le film soit une expérience intensément subjective qui atteigne le spectateur à un niveau profond de conscience, juste comme la musique ; "expliquer" une symphonie de Beethoven, ce serait l'émasculer en érigeant une barrière artificielle entre la conception et l'appréciation. Vous êtes libre de spéculer à votre gré sur la signification philosophique et allégorique du film, mais je ne veux pas établir une carte routière verbale pour 2001 que tout spectateur se sentirait obligé de suivre sous peine de passer à côté de l'essentiel » - Stanley Kubrick -

Trip ultime, film fascinant, oeuvre culte ou juste éloge de l'ennui total, comme l'exprime justement Kubrick, il appartient à chacun de s'interroger sur le sens et la signification du film, autant d'un point de vue philosophique que symbolique et esthétique.

La richesse du film est justement d'être impalpable et abstrait et de ne pas proposer de ligne directrice pour une compréhension standardisé. Il y a autant d'interprétations que de spectateurs. Le fait de s'interroger est justement l'indice que le film à réussi à emmener le spectateur à un niveau avancé de réflexion et de questionnement. Comme le dit Kubrick, « Généralement, si le travail est bon, rien de ce qu'on en dit n'est pertinent ».
Au niveau de l'image, l'édition HD est tout simplement renversante ! Malgré les 40 années qui nous séparent du tournage de cette oeuvre, on découvre une qualité d'image exceptionnelle. Jamais nous n'aurions espérés redécouvrir ce film culte dans de telles conditions.

Le résultat est tout simplement unique, d'autant plus qu'il est extrêmement rare de (re)découvrir une oeuvre de cet âge dans des conditions techniques irréprochables. C'est véritablement un petit miracle. Ce sont surtout les couleurs qui profitent de cette qualité incroyable d'image, chaque plan rend ainsi hommage aux couleurs éclatantes des décors, des costumes et des vaisseaux.

Le niveau de détail gagne également en finesse avec un degré de précision jamais vu pour un film de plus de 40 ans. Par ailleurs, les séquences sombres gagnent aussi en contraste. La qualité d'ensemble est ahurissante et rend pleinement hommage à l'esthétique hors du commun du film de Kubrick.

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Au niveau sonore, les musiques et les bruitages sont parfaitement spatialisés et les canaux arrières sont largement mis à contribution. Le sentiment d'être entouré par les effets sonores est omniprésent, que ce soit la respiration des astronautes, la voix de l'ordinateur HAL, le bruit des vaisseaux où encore les alarmes et équipements de bord.

Ce disque numérique Haute Définition propose au spectateur d'assister au film dans des conditions optimales, dignes de celles d'un cinéma, pour peu que l'on soit équipé du matériel adéquat. Les voix sont plus percutantes en VO, mais la VF reste d'excellente qualité.

La bande sonore se rapproche ici de la perfection, et avec l'image juste sublime permet à la « magie » d'opérer à son maximum.

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   * Commentaires audio: Les deux acteurs Keir Dullea et Gary Lockwood évoquent leur expérience exceptionnelle avec ce film à part, ils racontent le plus simplement du monde leur vision du film et l'aventure extraordinaire du tournage. Ils parlent avec un grand respect de Kubrick un homme passionné, et rejette la réputation de maniaque voir de sadique du réalisateur. Ils révèlent certains effets spéciaux du film mais ne parlent pas en détails des aspects techniques préférant se focaliser sur le film. Ce commentaire est emprunt de fierté et de nostalgie, les acteurs reviennent avec une certaine joie communicative sur ce moment unique de leur vie.

   * Dans les coulisses d'un mythe (60m) : Le co-scénariste et auteur du livre original, Arthur C. Clarke, parle de ses échanges avec Kubrick et présente les motivations profondes de l'homme. D'un point de vue technique, on apprend une multitude de secrets de tournage et un expert en intelligence artificielle présente les créations technologiques du film qui sont devenues réalité, montrant a quelle point cette oeuvre de science fiction était visionnaire et anticipait le futur.

   * Odyssée dans l'espace : l'héritage de Stanley Kubrick (22m) : Spielberg, Lucas, Cameron, certains des plus grands réalisateurs actuels évoquent cette oeuvre fondatrice et rendent hommage à la vision et au talent de Stanley Kubrick. Chacun est profondément respectueux et en admiration du travail réalisé par ce génie, et l'impose comme source d'inspiration majeure pour tous leurs travaux de science-fiction.

   * Vision d'un passé futur : La prophétie de 2001 (22m) : Ce reportage présente l'aspect intéressant de la vision de l'image et de l'écran dans le film, qui a anticipé la réalité et l'explosion de l'écran dans la vie courante des Hommes.

   * 2001 l'odyssée de l'espace - Un regard sur le futur (23min) : Reportage d'époque qui revient sur les technologies présentées dans 2001: l'odyssée de l'espace. On découvre que beaucoup de ces technologies se sont concrétisées par la suite.

   * Qu'y a t-il au delà? (20m) : Keir Dullea évoque les différentes interprétations théologiques, philosophiques, scientifiques et humanistes qui ont été faites sur 2001 : l'odyssée de l'espace.

   * 2001 : effets spéciaux et conception graphique (10m) : Reportage exceptionnel qui présente en détail les secrets des effets spéciaux utilisés pour les séquences spatiales les plus spectaculaires du film, depuis la conception jusqu'à la réalisation.

   * Regardez : Stanley Kubrick (3m) : Montage de photographies très intéressant mais très court qui montre un Kubrick méconnu, un Kubrick jeune photographe professionnel pour les grands magazines autour des années 50.

   * Bande annonce

En conclusion, l'apport de la HD pour 2001 : l'odyssée de l'espace est une chance inespérée de redécouvrir un grand nombre de détails et surtout de voir et revoir le film selon la vision la plus proche possible de celle de Kubrick. On peut parler de renaissance ...

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Commentaires

24/01/2011 15:09
Bonjour,

je me permet d'intervenir car je viens d'acquérir ce blu-ray et je trouve que globalement l'image est très satisfaisante mais quand même pas au top comme la majorité des tests l'on dit, je m'explique:

Tout d'abord, je visionne mes galettes HD à partir d'un lecteur Pana DMP-BD65 relié à un lcd Sony 46" KDL-EX500 via un câble HDMI de chez Hifi-câbles  & Cie. J'ai effectué les quelques réglages nécessaires afin d'obtenir une image vraiment optimale (aucun problème de clouding ou autres...).

Ceci étant dit, j'ai remarqué que sur certains des plans montrant le noir intersidéral, ce noir n'était franchement pas si bon que cela a été dit mais ce qui m'a le plus interloqué, ce sont comme des traces de passage d'éponges ou de brosses (je ne sais pas trop) que l'on peut observer dans les différents ciels des plans larges dans la partie "The Dawn Of Man" (entre notamment 7"05 et 7"12).
Même défauts constatés sur l'édition SD, logique.

D'où cela peut-il venir? J'avoue que ça gâche un peu le plaisir lorsque l'on est en HD...

15/05/2011 20:38
Salut désolé pour la réponse en retard (lol), mais je viens de le mater et je crois qu'il s'agit simplement de traces sur le cyclorama qui figure l'arrière-plan ^^