13 : Jeux de mort - Le test blu-ray
Publié le 2011-01-04 10:50:03 par Sébastien
8/10
7/10
7.5/10
4.5/10
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Saw a lancé la mode du film à épreuves. Soudainement, et pour le plus grand déplaisir des amateurs d'horreur "à l'ancienne", voilà qu'une quantité faramineuse de films se sont retrouvés sur nos écrans, avec comme principale "qualité" de nous proposer des glandus (généralement) devant survivre et pour y parvenir devant chercher un moyen, généralement glauque et malsain. J'aime bien Saw, le premier, qui avait le mérite d'être surprenant. Mais la série a été traînée dans la boue par la suite et sacrifiée sur l'autel du Dieu Rentabilité (on en est à sept films quand même). Et comme dans le genre, on a surtout eu de la merde, éventée en prime, difficile d'être excité désormais. Bref, le pitch de 13 : Jeux de mort avait donc de quoi me dérouter, mais après avoir eu quelques retours, quelque chose me disait que j'aurais à faire à un film sensiblement différent. Et j'ai été servi !
Puchit est donc le looser type. Il est vendeur, assez peu compétent d'ailleurs, pour une société d'instruments musicaux, sa nana vient de le lâcher parce qu'il n'a pas les moyens de lui garantir une carrière de star (la madame se lance dans la musique), on vient de lui reprendre sa caisse parce qu'il ne la payait plus et voilà que son patron le vire. En plus de ça, il a dépassé son découvert autorisé à la banque alors que sa mère lui demande de lui faire parvenir de l'argent, bref, il est dans la merde jusqu'au cou. Alors fatalement quand son téléphone sonne et qu'un interlocuteur mystérieux lui propose de participer à une petite succession de treize épreuves afin de gagner cent millions de bath (environ 2,5 millions d'euros) son sang ne fait qu'un tour. Surtout que la première épreuve ne consiste qu'à écraser une mouche avec un journal. Facile donc. C'est après que ça va se compliquer...
Et voilà donc que Puchit se retrouve embarqué dans une aventure qui le voit être confronté à un "problème", une épreuve à passer, continuellement tenu au courant par le biais de son téléphone. En effet, chaque fois qu'il réussit une épreuve, il gagne de l'argent, la somme augmentant à chaque fois. Et visiblement, son mystérieux interlocuteur sait tout le temps où il est et ce qu'il fait. Tout semble parfaitement organisé, tout semble parfaitement sous contrôle et à partir du moment où Puchit a accepté d'y participer, il n'a plus de moyens de s'en sortir. Il pourrait bien abandonner mais ce serait renoncer aux sommes qu'il a gagné jusque là. Et il a tellement besoin de cet argent.

S'ensuit donc pour lui un abandon qui semble inéluctable de sa méfiance vis à vis de ce qu'on lui réclame. Surtout qu'entre les questions qu'il peut se poser, la multiplicité des épreuves, l'argent qu'il gagne, tout commence à se mélanger. Et nait un nouveau problème pour lui, c'est que parallèlement, ces agissements ont des répercussions. Des gens portent plainte contre lui, pour les violences qu'il a pu commettre au nom de son jeu. Et une véritable chasse à l'homme commence à s'organiser, une chasse à l'homme destinée à l'arrêter.
Bref, et à la lecture de ces quelques lignes, vous pourrez constater que s'il conserve le découpage typé du film genre Saw, 13 : Jeux de mort va tout de même franchement en dévier pour tout le reste. Déjà sur une chose fondamentale et qui induit un changement de direction complet, à savoir, l'ouverture. Car à la différence des autres, 13 : Jeux de mort n'est pas dans un environnement clos. Puchit n'est jamais enfermé bien au contraire. Il se déplace régulièrement, au gré des lieux qu'il doit rejoindre pour une nouvelle "mission". Ca change complètement l'optique du film. D'habitude, l'abandon signifie la mort. Ici, cela signifie simplement de perdre les sommes engrangées jusque là. C'est une différence totale, ne serait-ce que sur la principale motivation du film, à savoir l'argent. On n'est pas ici dans le schéma classique qui consiste à survivre. Puchit n'est pas en danger de mort, jamais même ou en tout cas pas directement. Il peut abandonner à tout moment.
On entre alors dans le coeur du film, à savoir son message. Et, de fait, à cause de ce changement d'optique, 13 : Jeux de mort devient tout de suite plus glauque que Saw et compagnie. Parce qu'on peut comprendre qu'on en soit réduit à farfouiller dans le corps de quelqu'un pour trouver une clef qui ouvrira des menottes ou mettra fin à un mécanisme simplement parce que notre vie est en jeu. Mais quand l'argent devient la principale et la seule motivation, tout de suite, ça devient déjà moins "confortable". Surtout qu'en grande partie et jusqu'à un certain point, ces épreuves ne sont pas si osées que ça, le scénario jouant avec pas mal d'intelligence sur les différents thèmes liés à l'humiliation. Dès lors, on peut se dire que ce n'est pas grave, qu'on peut le faire, que ça n'implique pas grand-chose. Pourtant, tabasser un SDF pour lui piquer sa cagnotte ou faire pleurer trois enfants, même si ça ne semble pas grave, ça mérite déjà réflexion. Ou comment l'argent peut nous amener à réviser notre propre échelle de valeur.

13 : Jeux de mort aurait peut-être dû s'appeler 13 : Jeux de Morale plutôt. Car si le film aura ses moments "gores", il n'affichera que rarement un quelconque lien avec un Saw où chaque séquence peut être marquée par la mort et les sévices physiques. Ici, ils ne seront que rarement mis en avant. Il y a bien quelques moments, je pense particulièrement à une séance de décapitation collective carrément violente, mais c'est presque malgré lui que Puchit s'y verra confronté. On est beaucoup dans un schéma acte/conséquence. Des conséquences pour lui mais aussi pour les autres. Et bien sûr, présente tout le temps, la morale. Car une bonne partie des épreuves joueront justement sur cette notion. Et parallèlement à ça, on pourra également compter sur l'interprétation de la règle. Un exemple : Puchit doit trouver un moyen de faire correspondre une chaise et le nouveau petit ami de son ex. Il pourrait lui proposer de s'asseoir dessus, il préfèrera le tabasser avec.
En plus de ça, la deuxième couche est bien présente dans ce film. Deux couches même pour le prix d'une. Une réflexion sur l'évolution de la société thaïlandaise ainsi qu'une autre sur la télé réalité et plus particulièrement la "Web réalité". La Thaïlande est en effet un pays qui évolue vite, très vite, trop vite même. Et, comme toutes les sociétés qui optent pour une certaine "occidentalisation" des rapports, des us et des coutumes, c'en est une qui voit l'argent devenir la notion reine, là où c'était traditionnellement le travail et la famille. Les Thaïlandais ont toujours été un peuple travailleur, ils sont fiers. Mais ici, on voit bien l'argent devenir la récompense, logique en un sens, de ce travail mais ici une notion argent qui a tendance à dépasser le simple stade de la conséquence du travail. Après tout, il suffit de gagner à un jeu pour obtenir une somme que je peux vous garantir comme étant énorme pour le Thaïlandais moyen, dont le salaire oscille entre 5 000 et 10 000 baths (en moyenne et à comparer donc aux cent millions promis). On arrive donc à un écart démesuré entre les sommes promises et les moyens pour y parvenir, qui eux, restent relativement simples. Simplement question de morale.
Et puis cette question de la télé réalité puisqu'il apparaît très vite que Puchit est suivi dans tous ses agissements et qu'ils sont retransmis. Pas à la télévision mais sur un mystérieux site internet. Avec à la clef un petit éclairage sur l'importance qu'a pris dans nos vies Internet et sur le côté totalement déconnecté de suivre les tribulations (non pas d'un Chinois en Chine) d'un simple gars, de le voir faire des trucs pas toujours reluisant et d'éventuellement voter pour le repêcher au cas où il manquerait à une de ses obligations. Constat de tout ceci : qui est le responsable ? Celui qui organise le jeu ou ceux, la multitude sans visage, qui suivent le jeu, souscrivent à ses règles et perdent tout sens du bien commun ?

13 : Jeux de mort se révèle donc assez rapidement surprenant et clairement innatendu ne serait-ce que par sa propension à emmener là où on ne s'attendait pas forcément à aller. C'est pas toujours parfait, mais ça tient diablement bien la route. A ce titre, le réalisateur, Chukiat Sakveerakul, qui est un parfait inconnu pour moi, joue très efficacement sur différentes gammes pour obtenir un résultat vraiment très intéressant. Régulièrement, le film se veut manier un humour noir assez féroce, effet accentué par certaines expositions de la caméra, certains cadres, non pas pour être de mauvais goût, mais bien pour mettre en image le décalage total entre les actes perpétrés, leur importance, et la facilité avec laquelle tout cela se réalise. On peut penser, et même cela se sent de plus en plus au fur et à mesure du film, que Puchit, pour se "protéger", en arrive à quelque peu se détacher pour parvenir à continuer (une épreuve d'ailleurs arrivant assez tôt, se révèle particulièrement dégoutante). Certes, on peut regretter par moments des sortes d'ellipses qui voient Puchit se retrouver à droite et à gauche sans qu'on comprenne bien comment ni une relative facilité de transition entre certaines épreuves (comme celle à laquelle je fais référence plus haut, après avoir tabassé le petit ami de son ex, il l'emmène à l'hôpital et là, paf, épreuve. Que se serait-il passé s'il ne l'avait pas tabassé ou emmené dans un autre hôpital ?). Rien de bien grave et on regarde avec un vrai plaisir, se demandant jusqu'où (dans tous les sens du terme) on va aller.
Du côté des acteurs, c'est clairement Krissada Terrence qui crève l'écran dans le rôle de Puchit. Certes il en rajoute parfois et surjoue quelque peu, mais il passe par une vaste gamme d'émotions tout au long du film et parvient à restituer une bonne partie d'entre elles avec un réel talent, consommé. En plus, pour ma part, et malgré ce qu'il peut faire, Puchit m'est sympathique. C'est juste le pauvre gars lambda, pas mauvais mais avec trop de responsabilité et pas assez de résultats. Forcément, vues les merdes qui lui tombent dessus, il craque et participe. Petit à petit, il multiplie ce qui semble contre nature pour lui, jusqu'au bout, s'accrochant. Bref, un mec lambda, un monsieur tout le monde, perdu dans un monde qui est en train de le broyer, ni le meilleur, ni le plus rapide, qu'a sa charrette de problèmes persos (certains remontant à la petite enfance) à traîner et doit se débrouiller avec. Et Terrence a une bonne gueule, on s'attache malgré tout au personnage. Bref, du tout bon !
Ainsi, 13 : Jeux de mort est parvenu à me surprendre et surtout à me prendre par les tripes jusqu'au bout. En fait, et passer l'ambiance "drôle" à tendance morbide du début, on va assister, un poil halluciné, à la succession des tâches de Puchit, même si de temps en temps l'humour revient. Mais un humour noir, caustique. Et puis, le jeu avançant, les actes seront plus graves, plus discutables et on verra Puchit "glisser" sensiblement, se détacher pour parvenir à réaliser ce qu'on lui demande. Sans d'ailleurs, et j'insiste sur ce point pour les amateurs de gore, qu'on soit dans le déballement visuel du torture porn. A de rares exceptions près, la mort ne sera pas l'enjeu de ces épreuves. D'où le pourquoi du nom qui aurait dû renvoyer à la morale, qui reste, de bout en bout, l'axe autour duquel va tourner le film.

Clairement l'un des meilleurs films thaïlandais que j'ai pu voir, 13 : Jeux de mort et donc une réelle surprise que je ne peux que vous inviter à découvrir également, ne serait-ce que pour constater que l'on peut utiliser un thème déjà éventé (en quelques années du Saw et toute sa clique on en a bouffé à toutes les sauces jusqu'à l'indigestion) mais parvenir à être tout de même inventif et malin. Un film intelligent, ce serait dommage de passer à côté !
Puchit est donc le looser type. Il est vendeur, assez peu compétent d'ailleurs, pour une société d'instruments musicaux, sa nana vient de le lâcher parce qu'il n'a pas les moyens de lui garantir une carrière de star (la madame se lance dans la musique), on vient de lui reprendre sa caisse parce qu'il ne la payait plus et voilà que son patron le vire. En plus de ça, il a dépassé son découvert autorisé à la banque alors que sa mère lui demande de lui faire parvenir de l'argent, bref, il est dans la merde jusqu'au cou. Alors fatalement quand son téléphone sonne et qu'un interlocuteur mystérieux lui propose de participer à une petite succession de treize épreuves afin de gagner cent millions de bath (environ 2,5 millions d'euros) son sang ne fait qu'un tour. Surtout que la première épreuve ne consiste qu'à écraser une mouche avec un journal. Facile donc. C'est après que ça va se compliquer...
Et voilà donc que Puchit se retrouve embarqué dans une aventure qui le voit être confronté à un "problème", une épreuve à passer, continuellement tenu au courant par le biais de son téléphone. En effet, chaque fois qu'il réussit une épreuve, il gagne de l'argent, la somme augmentant à chaque fois. Et visiblement, son mystérieux interlocuteur sait tout le temps où il est et ce qu'il fait. Tout semble parfaitement organisé, tout semble parfaitement sous contrôle et à partir du moment où Puchit a accepté d'y participer, il n'a plus de moyens de s'en sortir. Il pourrait bien abandonner mais ce serait renoncer aux sommes qu'il a gagné jusque là. Et il a tellement besoin de cet argent.

S'ensuit donc pour lui un abandon qui semble inéluctable de sa méfiance vis à vis de ce qu'on lui réclame. Surtout qu'entre les questions qu'il peut se poser, la multiplicité des épreuves, l'argent qu'il gagne, tout commence à se mélanger. Et nait un nouveau problème pour lui, c'est que parallèlement, ces agissements ont des répercussions. Des gens portent plainte contre lui, pour les violences qu'il a pu commettre au nom de son jeu. Et une véritable chasse à l'homme commence à s'organiser, une chasse à l'homme destinée à l'arrêter.
Bref, et à la lecture de ces quelques lignes, vous pourrez constater que s'il conserve le découpage typé du film genre Saw, 13 : Jeux de mort va tout de même franchement en dévier pour tout le reste. Déjà sur une chose fondamentale et qui induit un changement de direction complet, à savoir, l'ouverture. Car à la différence des autres, 13 : Jeux de mort n'est pas dans un environnement clos. Puchit n'est jamais enfermé bien au contraire. Il se déplace régulièrement, au gré des lieux qu'il doit rejoindre pour une nouvelle "mission". Ca change complètement l'optique du film. D'habitude, l'abandon signifie la mort. Ici, cela signifie simplement de perdre les sommes engrangées jusque là. C'est une différence totale, ne serait-ce que sur la principale motivation du film, à savoir l'argent. On n'est pas ici dans le schéma classique qui consiste à survivre. Puchit n'est pas en danger de mort, jamais même ou en tout cas pas directement. Il peut abandonner à tout moment.
On entre alors dans le coeur du film, à savoir son message. Et, de fait, à cause de ce changement d'optique, 13 : Jeux de mort devient tout de suite plus glauque que Saw et compagnie. Parce qu'on peut comprendre qu'on en soit réduit à farfouiller dans le corps de quelqu'un pour trouver une clef qui ouvrira des menottes ou mettra fin à un mécanisme simplement parce que notre vie est en jeu. Mais quand l'argent devient la principale et la seule motivation, tout de suite, ça devient déjà moins "confortable". Surtout qu'en grande partie et jusqu'à un certain point, ces épreuves ne sont pas si osées que ça, le scénario jouant avec pas mal d'intelligence sur les différents thèmes liés à l'humiliation. Dès lors, on peut se dire que ce n'est pas grave, qu'on peut le faire, que ça n'implique pas grand-chose. Pourtant, tabasser un SDF pour lui piquer sa cagnotte ou faire pleurer trois enfants, même si ça ne semble pas grave, ça mérite déjà réflexion. Ou comment l'argent peut nous amener à réviser notre propre échelle de valeur.

13 : Jeux de mort aurait peut-être dû s'appeler 13 : Jeux de Morale plutôt. Car si le film aura ses moments "gores", il n'affichera que rarement un quelconque lien avec un Saw où chaque séquence peut être marquée par la mort et les sévices physiques. Ici, ils ne seront que rarement mis en avant. Il y a bien quelques moments, je pense particulièrement à une séance de décapitation collective carrément violente, mais c'est presque malgré lui que Puchit s'y verra confronté. On est beaucoup dans un schéma acte/conséquence. Des conséquences pour lui mais aussi pour les autres. Et bien sûr, présente tout le temps, la morale. Car une bonne partie des épreuves joueront justement sur cette notion. Et parallèlement à ça, on pourra également compter sur l'interprétation de la règle. Un exemple : Puchit doit trouver un moyen de faire correspondre une chaise et le nouveau petit ami de son ex. Il pourrait lui proposer de s'asseoir dessus, il préfèrera le tabasser avec.
En plus de ça, la deuxième couche est bien présente dans ce film. Deux couches même pour le prix d'une. Une réflexion sur l'évolution de la société thaïlandaise ainsi qu'une autre sur la télé réalité et plus particulièrement la "Web réalité". La Thaïlande est en effet un pays qui évolue vite, très vite, trop vite même. Et, comme toutes les sociétés qui optent pour une certaine "occidentalisation" des rapports, des us et des coutumes, c'en est une qui voit l'argent devenir la notion reine, là où c'était traditionnellement le travail et la famille. Les Thaïlandais ont toujours été un peuple travailleur, ils sont fiers. Mais ici, on voit bien l'argent devenir la récompense, logique en un sens, de ce travail mais ici une notion argent qui a tendance à dépasser le simple stade de la conséquence du travail. Après tout, il suffit de gagner à un jeu pour obtenir une somme que je peux vous garantir comme étant énorme pour le Thaïlandais moyen, dont le salaire oscille entre 5 000 et 10 000 baths (en moyenne et à comparer donc aux cent millions promis). On arrive donc à un écart démesuré entre les sommes promises et les moyens pour y parvenir, qui eux, restent relativement simples. Simplement question de morale.
Et puis cette question de la télé réalité puisqu'il apparaît très vite que Puchit est suivi dans tous ses agissements et qu'ils sont retransmis. Pas à la télévision mais sur un mystérieux site internet. Avec à la clef un petit éclairage sur l'importance qu'a pris dans nos vies Internet et sur le côté totalement déconnecté de suivre les tribulations (non pas d'un Chinois en Chine) d'un simple gars, de le voir faire des trucs pas toujours reluisant et d'éventuellement voter pour le repêcher au cas où il manquerait à une de ses obligations. Constat de tout ceci : qui est le responsable ? Celui qui organise le jeu ou ceux, la multitude sans visage, qui suivent le jeu, souscrivent à ses règles et perdent tout sens du bien commun ?

13 : Jeux de mort se révèle donc assez rapidement surprenant et clairement innatendu ne serait-ce que par sa propension à emmener là où on ne s'attendait pas forcément à aller. C'est pas toujours parfait, mais ça tient diablement bien la route. A ce titre, le réalisateur, Chukiat Sakveerakul, qui est un parfait inconnu pour moi, joue très efficacement sur différentes gammes pour obtenir un résultat vraiment très intéressant. Régulièrement, le film se veut manier un humour noir assez féroce, effet accentué par certaines expositions de la caméra, certains cadres, non pas pour être de mauvais goût, mais bien pour mettre en image le décalage total entre les actes perpétrés, leur importance, et la facilité avec laquelle tout cela se réalise. On peut penser, et même cela se sent de plus en plus au fur et à mesure du film, que Puchit, pour se "protéger", en arrive à quelque peu se détacher pour parvenir à continuer (une épreuve d'ailleurs arrivant assez tôt, se révèle particulièrement dégoutante). Certes, on peut regretter par moments des sortes d'ellipses qui voient Puchit se retrouver à droite et à gauche sans qu'on comprenne bien comment ni une relative facilité de transition entre certaines épreuves (comme celle à laquelle je fais référence plus haut, après avoir tabassé le petit ami de son ex, il l'emmène à l'hôpital et là, paf, épreuve. Que se serait-il passé s'il ne l'avait pas tabassé ou emmené dans un autre hôpital ?). Rien de bien grave et on regarde avec un vrai plaisir, se demandant jusqu'où (dans tous les sens du terme) on va aller.
Du côté des acteurs, c'est clairement Krissada Terrence qui crève l'écran dans le rôle de Puchit. Certes il en rajoute parfois et surjoue quelque peu, mais il passe par une vaste gamme d'émotions tout au long du film et parvient à restituer une bonne partie d'entre elles avec un réel talent, consommé. En plus, pour ma part, et malgré ce qu'il peut faire, Puchit m'est sympathique. C'est juste le pauvre gars lambda, pas mauvais mais avec trop de responsabilité et pas assez de résultats. Forcément, vues les merdes qui lui tombent dessus, il craque et participe. Petit à petit, il multiplie ce qui semble contre nature pour lui, jusqu'au bout, s'accrochant. Bref, un mec lambda, un monsieur tout le monde, perdu dans un monde qui est en train de le broyer, ni le meilleur, ni le plus rapide, qu'a sa charrette de problèmes persos (certains remontant à la petite enfance) à traîner et doit se débrouiller avec. Et Terrence a une bonne gueule, on s'attache malgré tout au personnage. Bref, du tout bon !
Ainsi, 13 : Jeux de mort est parvenu à me surprendre et surtout à me prendre par les tripes jusqu'au bout. En fait, et passer l'ambiance "drôle" à tendance morbide du début, on va assister, un poil halluciné, à la succession des tâches de Puchit, même si de temps en temps l'humour revient. Mais un humour noir, caustique. Et puis, le jeu avançant, les actes seront plus graves, plus discutables et on verra Puchit "glisser" sensiblement, se détacher pour parvenir à réaliser ce qu'on lui demande. Sans d'ailleurs, et j'insiste sur ce point pour les amateurs de gore, qu'on soit dans le déballement visuel du torture porn. A de rares exceptions près, la mort ne sera pas l'enjeu de ces épreuves. D'où le pourquoi du nom qui aurait dû renvoyer à la morale, qui reste, de bout en bout, l'axe autour duquel va tourner le film.

Clairement l'un des meilleurs films thaïlandais que j'ai pu voir, 13 : Jeux de mort et donc une réelle surprise que je ne peux que vous inviter à découvrir également, ne serait-ce que pour constater que l'on peut utiliser un thème déjà éventé (en quelques années du Saw et toute sa clique on en a bouffé à toutes les sauces jusqu'à l'indigestion) mais parvenir à être tout de même inventif et malin. Un film intelligent, ce serait dommage de passer à côté !
Ca reste un transfert honnête vu le budget du film. L'image est souvent granuleuse et jamais très propre, c'est aussi voulu en un sens, mais les parties en plein jour sont souvent assez agréable à regarder. On regrettera quelques artefacts par ci, par là, principalement à la fin.
Un transfert donc conforme au "statut" du film et qui retranscrit avec une certaine efficacité, le côté glauque et malsain.
Un transfert donc conforme au "statut" du film et qui retranscrit avec une certaine efficacité, le côté glauque et malsain.
Du DTS-HD Master Audio 5.1 c'est bien. Je ne pourrais que vous conseiller de vous tourner vers la VO, comme souvent VF et asiatique riment un peu avec agaçant.
Techniquement en tout cas, les deux se valent pour un son d'ambiance plutôt qu'impressionnant même si votre installation sera régulièrement sollicitée par une myriade de petits bruits d'ambiance.
Techniquement en tout cas, les deux se valent pour un son d'ambiance plutôt qu'impressionnant même si votre installation sera régulièrement sollicitée par une myriade de petits bruits d'ambiance.
De l'anecdotique et une très bonne idée, celle d'avoir placé "12", la préquelle de 13 : Jeux de mort !
- La préquelle "12" : Hop, 30 minutes, en VOST, se déroulant pile poil avant le début du film. Intéressant, instructif et vraiment bien vu de l'avoir mis dans cette édition, un très gros plus.
- Clip vidéo
- Liens Internet
- Bandes annonces : Certaines valent réellement le coup d'oeil, les asiatiques sont fous !
- La préquelle "12" : Hop, 30 minutes, en VOST, se déroulant pile poil avant le début du film. Intéressant, instructif et vraiment bien vu de l'avoir mis dans cette édition, un très gros plus.
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Commentaires
04/01/2011 14:09
Ah bah je suis ouvert clairement, le cinéma Thai gagne à être connu
04/01/2011 14:29
Ah ben tiens Aimé, moi aussi je pensais que c'était le remake Thaï de 13 Tzameti
Sinon ben après lecture ça me tente pas mal moi ce 13 : jeux de morts, surtout au vu des thématiques abordées. Tu sais donc ce qu'il te reste à faire
Sinon ben après lecture ça me tente pas mal moi ce 13 : jeux de morts, surtout au vu des thématiques abordées. Tu sais donc ce qu'il te reste à faire
04/01/2011 14:48
Je te ramenerais ça


De loin je pensais que c'était le remake de 13 Tzameti
En tout cas tu as titillé ma curiosité :)